ES missiles Cruise n'ont pas encore été déployés aux
Pays-Bas, et le mouvement Jeunes contre les armes nu-
/cléaires (JTK) a décidé de tout faire pour qu'ils ne le soient jamais. Le JTK est une organisation indépendante qui, depuis quelques mois, est capable de discuter au niveau national avec les organisations « adultes ». C'est la preuve qu'enfin on prend ce mouvement au sérieux.
Le JTK a été créé comme organisation nationale en février
Wineke 't HART
Pour revenir aux débuts du mouvemissiles aux
Pays-Bas, ment contre les il faut se reporter au 21 novembre 1981, lorsqu'eut lieu une grande manifestation
Environ pour la paix à Amsterdam.
400 000 personnes y exprimèrent leur opposition aux missiles Cruise et, parmi elles, de nombreux jeunes.
La plus importante force organisée dans cette manifestation était le Conseil œcuménique pour la paix (IKV). En
1977, PIKV avait lancé une campagne
« pour un monde sans armes nucléaires, à commencer par les Pays-Bas ». C'était une large, qui était aussi orientée campagne vers les lycées. Grâce à son travail et à la démocratie interne qui le caractérisait, l'IKV finit par compter plus de la moitié de ses forces hors des Eglises. En conséquence, ces dernières ont aujourd'hui qu'auparavant d'importance moins au sein de cette organisation.
La deuxième force ayant participé à la manifestation de 1981 était le groupe Non à la bombe à neutrons! (Stop N-bom), qui avait été créé à l'initiative du Parti communiste néerlandais (CPN) et qui, à la différence de l'IKV, n'était pas organisé de façon très démocratique. Suite à cette manifestation, le gouvernement déclara
Manifestation contre les missiles aux Pays-Bas. (DF
MET RAKE TENGELD
WORDT ONZE SOCIALE
ZEKERHEID GEVELDI
EEN NIL blier un journal. Auparavant, ner les activités du mouvement. qu'il prendrait sa définitive en 1983. Les différentes organisations de la paix créèrent alors le Comité de coordina tion des organisations de la paix (LOVO). Il comprenait, entre autres, l'IKV, Stop N-bom, Femmes pour la paix (VvV) et l'organisation Pays-Bas hors de l'OTAN,
Best une coordination de groupes pacifistes radicaux. De plus, au niveau local, des conseils pour la paix ont été créés pour mieux synchroniser les actions.
LE MOUVEMENT ANTIMISSILES
S'ÉTEND La décision fut prise d'organiser une nouvelle grande manifestation, pour le 29 octobre 1983. Le Comité contre les missiles Cruise (KKN) fut créé pour organiser cette manifestation. Au sein du KKN étaient représentés différents groupes pacifistes, partis politiques et syndicats. Environ 550 000 personnes manifestèrent à la Haye, ce qui amena le gouvernement à reporter sa décision définitive au mois de juin 1984. En mai de cette année-là, le KKN organisa une semaine d'action contre les missiles Cruise, au cours de laquelle les syndicats appelèrent à un arrêt de travail de 15 minutes le 10 mai, auquel répondirent près de 900 000 personnes. Ce jour-là, le JTK organisa une grève dans les
PAYS-BAS 1983. A cette époque, divers groupes de jeunes décidèrent, au cours d'une rencontre de militants de la paix de mettre en place une structure de liaison au niveau national, ainsi que de pudes groupes JTK avaient existé au niveau local, pour certains d'entre eux depuis 1981. Quelques mois plus tard, un secrétariat national fut créé pour mieux coordonlycées, à laquelle participèrent environ 50 000 lycéens. Durant la semaine de la paix, un total de 400 000 personnes ont participé aux différentes actions (1).
Le gouvernement - une coalition entre les démocrates-chrétiens et les libé. raux - se trouvait dans une situation difficile. Les libéraux voulaient installer les missiles sans plus attendre, mais les démocrates-chrétiens, eux aussi favorables à l'installation, avaient peur des conséquences d'une telle décision sur le plan électoral. Le Premier ministre, Ruud Lubbers, fit tout son possible pour proposer diverses solutions. Finalement, le gouvernement trancha, et sa position peut se résumer ainsi: « Nous allons prendre notre décision définitive en novembre 1985. Si les Russes n'ont pas déployé les SS-20, aucun missile Cruise ne sera installé aux Pays-Bas. Si les Russes déployent des SS-20 mais si les négociations entre l'URSS et les Etats-Unis offrent la possibilité d'un accord, alors quelques missiles seulement seront déployés aux Pays-Bas S'il n'y a pas d'accord et si l'URSS dé ploye des SS-20, alors les Pays-Bas installeront la totalité des 48 missiles Cruise prévus. »
En fait, cette solution proposée par le gouvernement n'était qu'un rideau de fumée pour masquer le fait qu'il avait dé cidé d'installer les missiles. Lubbers voulait centrer l'attention du mouvement de la paix sur ce que faisaient les Russes, ce qui lui a permis d'éviter une crise gouvernementale. Evidemment, sa proposition était ridicule, parce qu'en Grande-Bretagne, en RFA, en Italie et aussi en Belgique, la décision d'installer les missiles avait déjà été prise et qu'il était évident que les Russes allaient réagir.
Néanmoins, on peut considérer la solution • choisie par le gouvernement comme une victoire du mouvement de la paix. Grâce à la pression de ce dernier, Lubbers ne pouvait pas simplement dire « oui » à l'installation des missiles, et la décision définitive à leur sujet fut encore une fois reportée. Mais, après que le gouvernement ait opté pour cette solution, il y eut une grande confusion dans le mouvement de la paix dans la mesure où il ne perçut pas cette décision gouverne-
1. Sur les actions de mai 1984 aux Pays Bas, voir l'article de Robert Went dans Inprecor numéro 175 du 11 juin 1984.
teurs en Pologne. Vous pouvez aider à sa diffusion en vous abonnant ou en verexemplaire : 15 francs. Le reglement peut se faire comme pour Inprecor français, mentale comme une victoire. On entendait souvent la question : « Est-ce que des actions de masse servent toujours à quelque chose? » Trois courants sont apparus. Le premier, celui représenté par les dirigeants de l'IKV, affirmait : « Il faut essayer de convaincre le gouvernement par la force des arguments. Par exemple, en proposant un plan de défense alternative ». Pour leur part, les dirigeants de Stop N-bom disaient : « Il faut attirer les démocrates-chrétiens dans nos actions. Il faut donc modérer les revendications du mouvement de la paix. » Le troisième courant, en réaction contre les deux premiers, disait : « Il faut mener des actions plus dures. » Ce dernier courant avait perdu toute confiance dans les dirigeants du mouvement de la paix et ne voulait plus militer avec eux.
LE JTK PREND L'INITIATIVE Ces trois courants représentaient des obstacles à la continuation des actions de masse. Heureusement, beaucoup de gens comprenaient toujours l'importance telles actions. Pendant toute une période, rien ne se passa. Seul le JTK exerçait une pression, en organisant une conférence et en préparant un plan d'action. Cette initiative fut prise en collaboration avec d'autres organisations de gauche, telles que les Jeunesses socialistes, les Jeunesses communistes, le Comité de soldats contre les armes nucléaires, Syndicat de soldats, Rebel (organisation de jeunesse en solidarité avec la section hollandaise de la IVe Internationale) et quelques autres groupes. Le 10 novembre, à cette conférence, les jeunes donnèrent le bon exemple en adoptant un plan d'action destiné à couvrir la période allant jusqu'au mois de novembre 1985, date à laquelle le gouvernement devrait prendre sa décision. Lorsque cette décision sera prise, une autre conférence sera organisée pour analyser la nouvelle situation et éventuellement décider d'autres actions.
En ce qui concerne le contenu du plan d'action jusqu'à l'été 1985, il prévoit d'organiser une campagne d'information. Par ailleurs, une grève lycéenne est prévue pour le mois d'octobre, période à laquelle est également prévu un festival de jeunes pour la paix. Enfin, un mois après cette conférence, plusieurs organisations de jeunesse se regrouperont dans le JTK, ce qui représente un grand pas en avant pour ce mouvement. En janvier 1985, le JTK a pu envoyer deux représentants au KKN et au LOVO. Cela signifie qu'il peut dès à présent mener des discussions avec les organisations adultes.
LE ROLE DE REBEL Les militants de Rebel ont joué un rôle important dans la construction du JTK, bien qu'ils aient compris son importance avec un certain retard. En 1983, Rebel commença à s'orienter vers le JTK et a y investir des forces. Le secrétariat national du JTK en vint alors à ne comprendre exclusivement que des membres de Rebel, du fait de la faiblesse du JTK et l'expérience des militants de Rebel pour diriger une organisation nationale.
Après l'été 1983, le JTK devint une priorité pour Rebel, dont les militants commencèrent à créer des groupes JTK partout, en essayant de mobiliser le plus grand nombre possible de jeunes pour la manifestation du 29 octobre. Ce travail impliquait un engagement très astreignant pour les militants de Rebel, mais fructueux. Pensant à l'exemple de la CDNJeunesse (Campagne pour le désarmement nucléaire) en Angleterre, ils continuèrent dans cette voie (2). Par la suite, après la semaine d'action de mai 1984, ils préparérent avec les autres organisations de jeunesse la conférence du 10 novembre 1984, où ils furent les plus proches des « vrais » militants du JTK et où leurs propositions furent largement adoptées.
En construisant le JTK, les militants de Rebel essaient de ne jamais oublier le travail de construction de leur propre organisation, travail qui a parfois été négligé. Cela veut dire qu'il faut aussi avoir d'autres activités et conserver un caractère propre dans le JTK. Les militants de Rebel vendent donc leur journal dans les réunions du JTK et avancent le mot d'ordre « Des emplois, pas des bombes ! » Ils soulèvent également dans les débats la question de l'OTAN et celle de la « guerre des étoiles ». Il faut qu'à l'avenir ils organisent des discussions plus ouvertes dans le cadre de Rebel, auxquelles
Au sommaire de ce numéro, vous trouverez : - un dossier sur les perspectives de la gauche polonaise ;
cialisme réel », par Zbigniew Kowalewski ;
sant votre souscription à notre compte.
en mentionnait « Pour Inprekor polonais ».
INPREKOR 018905
MEDZYNARODOWA Wyzysk klasy robotniczej w "realnym socjalizmie" O IV MIĘDZYNARODÓWCE rozmowa z Danielem Bensaidem Dossier Problemy i perspektywy lewicy rewolucyjnej Cona 75 zk 15 FF. 2,5 $. 7 FS. 7 DM. 75 Skr. 100 FB pourraient être invités des contacts du
Du 3 au 6 juillet 1985, la 4e convention de l'Organisation européenne pour le désarmement nucléaire (END) doit se tenir à Amsterdam. A cette convention, il y aura une commission des jeunes des mouvements de la paix, pour lancer de nouvelles idées, pour appeler à une journée internationale d'action des jeunes pour la paix et pour discuter de possibles actions internationales. Il est important que beaucoup de jeunes participent à cette conférence, et pas seulement à la commission spécifique. Les jeunes doivent faire entendre leur voix, parce qu'ils sont beaucoup plus radicaux que le reste du mouvement de la paix. A la convention de l'END qui s'est tenue l'année dernière à Pérouse, en Italie, les jeunes étaient beaucoup trop peu nombreux. Les femmes étaient presque les seules à exprimer des opinions radicales. Maintenant, les jeunes aussi doivent idées sur les perspectives du mouvement de la paix et sur les actions à entreprendre pour repousser les missiles Cruise et
Pershing et les renvoyer à Reagan.
Wineke 't HART,
Amsterdam, 10 mai 1985.
2. Sur le développement du secteur jeune de la Campagne pour le désarmement nucléaire
(CND-Jeunesse), voir l'article de Piers Mostyn dans Inprecor numéro 176 du 25 juin 1984.
INPREKOR POLONAIS NUMÉRO 18 EST PARU !
— une analyse de la crise du mouvement social polonais et des moyens de la
— une analyse de l'exploitation de la classe ouvrière dans les pays du « so-
— un entretien avec Daniel Bensaid sur la IVe Internationale aujourd'hui ;
— des nouvelles du mouvement pacifiste indépendant dans les pays de l'Est.
Inprekor en polonais a besoin de vous pour parvenir régulièrement à ses lec-
Abonnement (6 numéros) : 75 francs français (ou équivalent). Prix d'un
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KRYZYS
RUCHU SPOLECZNEGO