Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER AFRIQUE DU SUD

Question ethnique et question nationale ; un point de vue au sein du Forum national

· Inprecor n° 204, 7 octobre 1985 · p. 18-21 · 3 679 mots

Afrique australe Inde et Asie du Sud

L Nertie Alexander loton la union du Forum natto par E document ci-après est un extrait d'un discours intitulé

Neville Alexander lors de la réunion du Forum national des 11 et 12 juin 1983. Neville Alexander mité du Forum national. Neville ALEXANDER

(...) L'Afrique du Sud a connu un développement particulier. Ici, la bourgeoisie nationale est composée d'une classe de capitalistes blancs. Parce qu'ils ne pouvaient exploiter d'une facon rentable les fermes et les mines d'or et de diamants qu'en utilisant une source illimitée de main d'œuvre, ils ont trouvé nécessaire de diviser le marché du travail : un pour la main d'œuvre noire à bon marché et l'autre pour la main d'œuvre qualifiée (essentiellement blanche). Cette division a été facilitée par le fait que pendant la période coloniale pré-industrielle, les relations entre Blancs et Noirs étaient essentiellement celles entre maîtres et domestiques. Les attitudes racistes sous une forme ou une autre étaient très répandues dans le pays à cette époque. Pour pouvoir obtenir une main d'œuvre comme elle le désirait, la bourgeoisie nationale en Afrique du Sud a dû créer et perpétuer un système qui niait les droits politiques de la population noire, restreignait sa liberté de mouvement, l'attachait à la terre dans des réserves indigènes, lui refusait le droit d'être propriétaire terrien où que ce soit en Afrique du Sud, refusait une éducation à ses enfants. Et lorsque ceux-ci en recevaient une, c'était pour « les préparer à vivre dans une société subordonnée ». A l'inverse de ses prédécesseurs européens du 18ème et 19ème siècle, la bourgeoisie nationale coloniale en Afrique du Sud ne pouvait pas achever la révolution démocratique bourgeoise. Elle a réalisé un compromis avec l'impérialisme britannique en 1910 pour pouvoir maintenir son fructueux système de surexploitation de la main d'œuvre noire.

Les capitalistes n'ont pas intégré la totalité de la population dans le nouvel Etat sur la base d'une égalité devant la loi, ils ne pouvaient pas unir la nation. Au contraire, depuis 1910, des stratégies complexes ont été élaborées et mises en œuvre pour diviser les travailleurs en groupes de plus en plus petits et potentiellement antagonistes. Le principe de diviser pour mieux régner, qui constitue l'essentiel de la politique de n'importe quelle puissance impériale, a été la boussole de tous les gouvernements d'Afrique du Sud depuis 1910.

Pour justifier cette politique, l'idéologie du racisme a été élaborée systématiquement et répandue partout. Les gens ont été jetés dans un système où ils étaient définis en catégories raciales. Ils

Un point de vue au sein du Forum national est membre du co- vue sur la même question. ont été élevés en pensant qu'ils étaient Blanes, Métis, Africains, Indiens. Depuis 1948, les gens ont été contraints de se reconnaître dans des références encore plus microscopiques telles que Xhosa, Zoulou, Malay, Musulman, Hindou, Griqua, Sotho, Venda, etc. Expliquons ceci d'une manière différente : l'idéologie dodes politiciens conservateurs et fascisants était de maintenir ces races séparées. Les éléments prétendument libéraux luttaient pour des « relations harmonieuses entre les races dans le contexte d'une société multiraciale ». Le développement de la biologie mit en doute le concept de race et les conséquences désastreuses de la politique raciste du peuple des seigneurs (Herrenvolk) de l'Allemagne hitlérienne jetèrent le discrédit sur les théories socio-politiques basées sur le concept de race. Les sociologues de la classe dirigeante se tournèrent alors vers la théorie des « groupes ethniques », qui était devenue un instrument politique et économique reconnu aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Il faut remarquer qu'en Afrique du Sud la théorie d'ethnicité continuait à être fondée sur l'idéologie des races. Cependant, du point du vue de la classe dirigeante, la théorie des « groupes ethniques » était un instrument d'une qualité supérieure parce que, comme je l'ai noté plus haut, elle pouvait expliquer et justifier une fragmentation encore plus grande des travailleurs dont l'unité était vue en elle-même comme la ruine du système d'apartheid dans ce pays.

Le fait est que c'est le Parti National Afrikaner qui s'est servi des théories de l'ethnicité pour justifier la stratégie des Bantoustans destinée à créer des prétendues nations et les forcer à accepter une indépendance illusoire, de manière à ce que la classe ouvrière lutte pour ses droits politiques dans le cadre de ces prétendus « homelands » (1) (...)

LE MULTIRACIALISME, LE NON-

RACIALISME ET L'ANTIRACISME

Les organisations et les écrivains qui mouvement de libération avaient l'habitude d'avancer l'idée que l'Afrique du Sud est un pays multiracial composé de quatre races, ne le font plus pour les mêmes raisons que les théoriciens conservateurs et libéraux de la classe dirigeante. Ils parlent de plus en plus de créer

Cette déclaration exprime sur la question nationale un point de vue opposé à celui du courant chartiste. Toutefois, au sein même du Forum national, il existe d'autres points de une Afrique du Sud non-raciale. J'ai le regret de dire que la plupart des gens qui utilisent le terme non-racial veulent dire exactement la même chose que lorsqu'ils utilisaient le terme de multiracial. Il est devenu à la mode de répéter les mots « une Afrique du Sud démocratique et non-raciale » comme si c'était le sésame ouvre-toi du portail sacré du mouvement démocratique progressiste. Il n'y a rien d'incorrect dans les mots eux-mêmes. Mais si on ne veut pas être trompé par des mots, il faut regarder au delà, vers les concepts et les actions sur lesquels ils se

GROUPES ETHNIQUES, GROUPES

NATIONAUX ET NATIONS Le mot non-racial ne peut être accepté par un peuple opprimé sur une base raciale que s'il signifie le rejet du concept de race, la négation de l'existence des races et par conséquent une opposition à toutes les actions et coutumes, croyances et politiques fondées sur le concept de race. Si en pratique et en théorie on continue à utiliser le mot non-racial comme si l'on pensait que l'Afrique du Sud était peuplée par quatre prétendues races, on se trouve encore pris dans le piège du multiracialisme et par conséquent du racialisme. Le non-racialisme, c'est-à-dire la négation de l'existence des races, mène à l'antiracisme, qui va au delà du non racialisme parce que ce terme non seulement implique la négation de l'existence des races mais aussi l'opposition aux structures idéologies et la théorie des races. par capitalistes sont perpétuées mots sont comme les billets. On peut facilement en fabriquer de faux, et il est souvent difficile de reconnaître les vrais des faux. Il faut par conséquent toujours vérifier si nos non-racialistes sont multiracialistes ou antiracistes. Seule la dernière

1. Les bantoustans (aussi connus sous leur appellation anglaise de homeland) sont des territoires accordés par le régime d'apartheid aux Africains sur la base de leur appartenance ethnique. Depuis 1976, plusieurs de ces territoires sont devenus « indépendants », bien que cette indépendance ne soit reconnue ni par l'ONU ni par l'Organisation de l'unité africaine (OUA). D'autres possèdent différents degrés d'autonomie. Les bantoustans représentent un moyen qui permet à la fois de diviser la population noire et de priver les Africains de tout droit politique sur la plus grande partie du territoire sud-africain, qui est réservé aux Blancs.

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variété peut appartenir au mouvement de libération national.

(...) Il faut admettre que dans le mouvement de libération national depuis 1896, la question des différents groupes de population définis (par le régime, ndlr.) est un problème majeur, qui a été soit dissimulé, soit esquivé ou tout simplement ignoré. Je ne peux pas aller ici plus avant dans l'histoire de cette affaire. Il faudra se contenter d'un bref résumé des diverses positions prises par les différentes tendances du mouvement de libération aujourd'hui. Elles peuvent être résumées en trois catégories (nous n'en présentons que deux dans ce texte, ndlr.) :

— Pour certains, les groupes de population définis sont des groupes nationaux, des groupes raciaux ou même des groupes ethniques. La position de ces gens est que c'est « une réalité évidente et irréfutable qu'il y a des Indiens, des Métis, des Africains, des Blancs, des groupes nationaux dans notre pays. C'est une réalité précisément parce que chacun de ces groupes nationaux a son propre héritage, sa langue, ses coutumes et ses traditions » (Zak Yacoob, discours présenté réunion du Congrès indien du Transvaal, TIC, le ler mai 1983).

Sans en débattre plus longuement, permettez-moi de dire que ceci position classique de la théorie de l'ethnicité. Je vais montrer maintenant que l'utilisation du terme groupe national est lourd de dangers parce qu'il exprime et par conséquent renforce les tendances séparatistes et perturbatrices dans le corps politique de l'Afrique du Sud. Les partisans de cette théorie, comme l'Inkatha et le Parti fédéral progressiste (PFP) qui se situent en dehors du mouvement de libération, concluent qu'une solution constitutionnelle et fédérale est à l'ordre du jour. Au contraire, ceux qui se trouvent dans le mouvement de libération pensent que même si des groupes nationaux avec cultures différentes continueront ce sera au sein d'un Etat unitaire et d'une nation unique.

Il faut dire clairement que si les choses étaient réellement telles qu'elles apparaissent, nous n'aurions pas besoin des sciences. Si le soleil tournait réellement autour de la terre comme l'évidence peut le laisser croire, nous n'aurions pas besoin de l'astronomie et de la recherche spatiale pour expliquer que c'est le contraire qui est vrai, que ce qui semble être de « toute évidence » n'est seulement qu'« en apparence ». Bien sûr, du fait de l'évolution historique, il y a des différences de langue, coutumes, de spécialisation dans le travail, ete. humains de ce pays. Mais il faut voir ces différences d'une manière historique et non pas statique. Elles ont été renforcées et artificiellement maintenues par une politique intentionnelle de la part de la classe dirigeante. Cette politique était de garder les groupes de population définis dans des compartiments séparés, en les faisant vivre dans des groupes isolés sauf sur la place du marché. Ceci est une réalité historique. Je vais maintenant démontrer comment cette réalité historique doit être réconciliée à travers la lutte de classe avec la réalité d'une nation unique.

Le danger inhèrent de ce genre propos est tout simplement qu'il mène en théorie et en pratique à préconiser le séparatisme ethnique. On prétend que la théorie des groupes nationaux qui défendue dans le contexte du mouvement de libération nationale cherche seulement à : « mettre en relief les aspects positifs de chaque groupe national et à les lier les uns aux autres de sorte qu'une organisation avec une seule conscience nationale se crée au travers de cette expérience » (Yacoob), alors que la classe dirigeante « se fie aux aspects négatifs (de chaque groupe national), renforce l'ethnicité (...) se sert des cultures pour renforcer les séparations et les divisions ». On peut répé ter ces formules intellectuelles réconfortantes jusqu'à ce que l'on s'endorme, mais le fait est que l'ethnicité et les grousont le point de départ pour les mouvements séparatistes et les guerres civiles qui sont attisées par les intérêts des grandes puissances et des marchands d'armes des dirigeants ethniques opportunistes. L'Inkatha ne représente-t-il pas d'une certaine manière un avertissement pour nous tous ? Qui décide quels sont les aspects positifs d'un groupe national ? Quelles sont les frontières ou les limites d'un groupe national ? Sont-elles définies par le registre de la population ? Est-ce qu'un groupe national est une nation dont la croissance a été retardée, et qui, une fois que lui sera attribué un territoire approprié, luttera pour l'autodétermination nationale de sa propre nation ? Ou est-ce que le mot national a un autre sens plus subtil ? Ce sont des questions pertinentes qu'il faut poser parce que les avocats de la théorie des quatre nations ou des groupes nationaux soutiennent qu'une Afrique du Sud libérée garantira des droits de groupe tel que « le droit des groupes nationaux à leur propre culture ». Et nous devons accepter, si les groupes nationaux sont une réalité avec leur pro pre culture, traditions et problèmes, qu'alors le mouvement pour le changement sera facilité par l'organisation des gens autour des problèmes quotidiens tels que les bas salaires, les coûts élevés des transports et le logement insalubre. Les représentants de cette tendance expriment cette orientation plus franchement quand ils disent qu'il faut des organisations séparées pour chaque groupe national et que organisations se regrouperont dans Ce sont des conclusions importantes sur lesquelles l'histoire elle-même (depuis 1960 et spécialement depuis 1976) a porté un jugement négatif. Attiser le feu de la politique d'ethnicité, cela nous traîne en arrière et non en avant : c'est jouer le jeu des directions des classes moyennes réactionnaires. C'est une politique réactionnaire, et non pas progressiste du point de vue du mouvement de libération dans son ensemble. Imaginez un peu si l'on se faisait aujourd'hui le champion des syndicats indiens, métis, ou africains !

Il y a un point de vue dans le mouvement de libération diamétralement op-

Neville Alexander, qui a passé 10 ans, de 1963 à 1973, dans la prison politique de Robben Island. (DR) posé au précédent, qui est cependant très minoritaire: Selon ce point de vue, notre lutte n'est pas une lutte de libération nationale, mais tout simplement une lutte de classe dans laquelle la classe ouvrière arrachera le pouvoir à la classe capitaliste.

Par conséquent, les travailleurs doivent s'organiser sans se soucier du groupe humain auquel ils appartiennent. Cette tendance dit en théorie que les diffé rences historiques sont sans intérêt ou tout au plus d'une importance secondaire.

J'ai du mal à prendre cette position au sérieux. Je suspecte que les tenants de cette position sont obligés de faire des compromis les plus acrobatiques avec la réalité des préjugés racistes parmi les travailleurs. Nier la réalité de ces préjugés et des différences perçues, quelle que soit leur origine, c'est se désarmer stratégiquement et tactiquement. dès lors impossible d'organiser un mouvement de masse en dehors peut-être des rangs de quelques milliers d'étudiants. Je répète que l'expérience historique mouvement de libération en Afrique du Sud ne nous permet pas de tirer ce genre de conclusions. Toutes les petites organisations qui, à un moment ou à un autre, ont adopté cette orientation, ont disparu après avoir raconté leur histoire simpliste qui, bien que pleine de tonnerre et de rage, n'avait aucune signification (...).

Il est certain que les groupes de populations reconnus en Afrique du Sud ne sont ni des tribus, ni des groupes ethniques, ni non plus des groupes nationaux En termes sociologiques, ils peuvent être décrits comme des castes de couleurs ou simplement des groupes de couleurs. Les définir ainsi est important parce que ces mots restituent la nature ou le sens dans lequel se développent ces groupes.

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les dirigeants des bantoustans et de la qu'il n'y a pas de règles rigides en la

Le visage répressif du régime. (DR) Mais cette question de mots n'est pas le vrai problème. Ce qui est important de clarifier ici, ce sont les rapports entre classe, couleur, culture et nation. SEULE LA CLASSE OUVRIERE PEUT UNIR LES OPPRIMÉS ET EXPLOITÉS

Les différences économiques, matérielles, linguistiques, religieuses et autres entre les groupes de couleur sont réelles. Elles influencent et déterminent la manière dont les gens vivent et leur expérience de la vie. L'organisation ethnique réactionnaire n'aurait pu réussir aussi bien dans l'histoire de ce pays si ces différences n'étaient pas ancrées un peu dans la réalité. Cependant, ces différences ne sont pas nécessairement permanentes ou créatrices de divisions et peuvent être restructurées et réorientées au profit de la libération nationale et par conséquent vers la construction de la nation. La classe dirigeante s'est servi des différences linguistiques, religieuses et sexuelles parmi les travailleurs pour les diviser et les empêcher de s'organiser. N'importe quelle organisation populaire qui, dès le départ, n'essaie pas de neutraliser ces tendances à la division établies par les straté. gies des classes dirigeantes, finira par renforcer ces divisions. Les cas de Gandhi et de Abdurrahman (2) sont de bons exemples. Les éléments des classes moyennes et ceux qui aspiraient à devenir des bourgeois ont rapidement pris le contrôle de ces organisations ethniques basées sur la couleur et s'en sont servis comme point d'appui pour négocier à leur profit une part plus importante du gâteau de l'économie. C'est essentiellement ce que font classe moyenne des bantoustans aujour-

Parce qu'ils sont opprimés, les Noirs n'ont pas accepté la stratégie des dirigeants des bantoustans et veulent être libres et participer pleinement à la vie économique, politique et sociale de l'Azanie. Nous avons vu que la bourgeoisie nationale a failli dans la tâche d'achever la révolution démocratique. Les classes moyennes ne peuvent pas avoir une attitude conséquente parce que leurs intérêts sont en général liés au système capitaliste, ce qui se reflète dans leur propre conscience. Par conséquent, seule la classe ouvrière noire peut assumer la tâche de mener à bien la démocratisation du pays.

Seule la classe ouvrière peut unir les classes exploitées et opprimées. Elle est devenue la classe dirigeante pour la construction de la nation. Elle doit trouver une nouvelle définition de la nation et abolir celles réactionnaires introduites par la bourgeoisie et la petite bourgeoisie réactionnaire. La nation doit être structurée par et dans l'intérêt de la classe ouvrière noire. Mais cela ne peut être fait qu'en changeant entièrement le système. Un capitalisme non-racial est impossible en Afrique du Sud. La lutte de classe contre l'exploitation capitaliste et la lutte nationale contre l'oppression raciale deviennent une seule lutte sous la direction de la classe ouvrière noire et de ses organisations. Classe, couleur, et nation se réunissent en un mouvement de libération nationale.

Politiquement, à court terme et du point de vue culturel a long terme, la manière dont ces opinions sont traduites en pratique est très importante. Bien matière, les points qui suivent sont les aspects les plus importants en regard de l'orientation pratique qui devrait présider à la construction de l'Azanie et la destruction des tendances séparatistes parmi nous:

- Les organisations politiques économiques des travailleurs doivent être ouvertes autant que possible à tous les exploités et opprimés quelle que soit leur couleur. Bien que le Group Areas Act (3) et d'autres lois continuent à maintenir les gens dans leurs organisations — du point de vue géographique - surtout selon des critères de couleur, il est essentiel et tout à fait possible que nos organisations politiques ne soient pas structurées de cette manière. Les mêmes organisations politiques doivent et peuvent opérer dans tous les ghettos et les régions des groupes (ethniques différents, ndlr.). Les gens doivent et peuvent s'identifier avec les mêmes organisations, et non pas avec des organisations ethniques.

2. Abdullah Abdurrahman fut l'un des dirigeants de la première organisation significative des Métis, l'Organisation du peuple africain. Quoique composée pour l'essentiel de Métis, cette organisations avait une position favorable à l'unité des Noirs. Cependant, Abdurrahman s'opposait aux actions de masse préconisait de faire jouer le poids numérique des Métis et Africains sur le plan électoral. Ses efforts en ce sens furent singulièrement inefficaces.

Mahatma Gandhi, qui deviendra par la suite un des personnages clefs de la lutte pour l'indépendance de l'Inde, vécut en Afrique du Sud de 1893 à 1914 et créa en 1894 le Congrès indien du Natal.

3. Le Group Areas Act est la disposition d'apartheid qui attribue aux différents groupes humains répertoriés par le régime raciste, Africain, Métis et Indien, des zones d'habitation particulières et différentes.

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- Toutes ces luttes locales, régionales et nationales doivent être reliées. Aucune lutte ne doit être menée par un seul groupe de couleur. Les propositions du Conseil présidentiel, par exemple, ne doivent pas être analysées et acceptées comme étant dans l'intérêt des seuls Métis et Indiens. Les lois Koornhof doivent être vues et combattues comme touchant tous les opprimés et exploités (4).

- Les organisations culturelles, qui ne sont pas limitées localement ou géographiquement pour des raisons communautaires valables doivent être ouvertes à tous les exploités et opprimés (...).

LE ROLE HISTORIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE La classe ouvrière noire est le moteur de la lutte de libération en Afrique du Sud. Elle doit s'assurer que la direction de cette lutte reste entre ses mains, sinon nos efforts seront déviés vers le chemin du désastre. La classe ouvrière noire doit agir comme un aimant qui attire toutes les autres couches opprimées de notre société. Elle doit les lutte de libération et leur insuffler des idées quentes, qui à elles seules annoncent la mort du système capitaliste raciste tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Dans cette lutte, l'idée d'une nation unique est capitale parce qu'elle représente le véritable intérêt de la classe ouvrière et par conséquent de la future Azanie socialiste. Les idées de groupe ethnique national ou de groupe racial renforcent en fin de compte la position des classes moyennes et même des oppresseurs capitalistes. Je répète, elles mènent vers des luttes séparatistes catastrophiques que nous avons vues dans d'autres endroits d'Afrique. Il ne faut pas oublier qu'un million de personnes ont été massacrées au cours de la guerre du Biafra, il ne faut pas oublier le danger représenté par les émeutes raciales (en Afrique du Sud, ndlr.) de 1949. Aujourd'hui on peut choisir un chemin différent. Il faut créer un climat idéologique, politique et culturel qui rende cette solution possible (...). •

Neville ALEXANDER, Publication du Forum national, Johannesburg, 1983. 4. Les nouvelles dispositions constitutionnelles approuvées par l'électorat blanc en novembre 1983 comprenaient l'institution d'un Conseil présidentiel à majorité blanche et la création d'un Parlement à trois chambres distinctes : une pour les Blancs, l'autre pour les Métis et la troisième pour les Indiens. Ce sont les élections à ces chambres métisse et indienne qui ont été boycottées massivement par les populations concernées en août 1984. Les lois Koornhof ou lois sur le déplacement et l'établissement contrôlé des personnes noires, concernent, comme leur nom l'indique, le droit de dispositions visaient à entériner la présence en zone urbaine d'une certaine catégorie de Noirs y résidant déjà, en renforçant les interdits de circulation et d'installation durable dans ces zones pour la majorité de la population noire.

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Le mouvement syndical

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