Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AFRIQUE DU SUD

Solidarité anti-apartheid

Inprecor n° 205, 21 octobre 1985 · p. 5-6 · 1 012 mots

Afrique australe Syndicalisme Allemagne

Au début 1985, une des chaînes de grands magasins suédois a pris la décision de ne plus vendre des produits sud-africains. Ceci a été largement perçu comme un grand pas en avant et comme le résultat d'une campagne qui dure depuis plu-

Un débat important a eu lieu dans le Syndicat de la métallurgie autour de la question du retrait des sociétés suédoises de l'Afrique du Sud et de la vente des actions que détient ce syndicat dans les sociétés qui ont des investissements en Afrique du Sud. Un groupe qui s'appelle Métallurgistes contre l'apartheid a été créé et une résolution soumise au congrès du syndicat au mois de septembre. Cette résolution ne fut pas adoptée, mais le débat a eu comme effet d'augmenter les pressions sur la direction du syndicat qu'elle mène campagne contre Protestation contre le voyage de Botha en France, juin 1984. (DR) NAZI le Fras

L'ISAK projette plusieurs actions pour les mois qui viennent. Parmi elles, une manifestation de masse le 11 octobre, la tenue d'un « Parlement populaire contre l'apartheid » en février 1986 et la continuation de la campagne contre des sociétés ayant des investissements en Afrique du Sud. Sur cette question, des étudiants organisent actuellement une campagne de boycott en direction d'une des plus grandes sociétés d'édition de livres scolaires.

Etats-Unis. De nombreux groupes ont soutenu l'appel pour une mobilisation de masse contre le régime de l'apartheid le 11 octobre 1985, Journée nationale de protestation contre l'apartheid et également Journée de soutien aux prisonniers politiques sud-africains. Des actions sont prévues à Albany, Atlanta, Baltimore, Chicago, Detroit, Houston, Los Angeles, New York, Philadelphia, Portland, San Francisco, Seattle, Tucson, Washington et dans d'autres villes, aussi bien que dans une centaine de collèges et d'univer sités. Ces actions vont prendre la forme de manifestations, rassemblements, piquets et débats sur l'apartheid et le rôle de Washington en Afrique du Sud. Elles sont organisées parfois par des coordinations ad hoc nouvellement créées et parfois par des organisations anti-apartheid déjà existantes.

En août, il y a eu des actions impor tantes à New York et à Washington pour exiger que le Congrès américain adopte une législation imposant des sanctions contre le gouvernement sud-africain. Ces actions représentaient une continuation du mouvement déjà existant sur les campus autour du thème du retrait des avoirs des universités dans des sociétés ayant des investissements en Afrique du Sud. A New York, une avancée significative a été enregistrée dans l'effort pour mobiliser des syndicalistes : le 17 septembre, la coordination new-yorkaise contre l'apartheid a été créée au cours d'une réunion organisée par la section locale 65 du Syndicat unifié des travailleurs de l'automobile, à laquelle ont participé des représentants de plusieurs autres structures syndicales de la ville.

France. La tâche prioritaire du mouvement de solidarité est de s'unir pour exiger un renforcement des sanctions limitées imposées par le gouvernement Fabius. Un pas en avant important a été fait le 26 septembre avec l'organisation d'une manifestation appelée par un série d'organisations, parmi lesquelles SOS-Racisme, le Congrès national africain (ANC), l'Organisation du peuple du sud-ouest africain (SWAPO), le Mouvement anti-apartheid (MAA) et un des syndicats étudiants l'UNEF-ID. Cette manifestation a mobilisé entre 3 000 et 5 000 personnes, ce qui représente peut-être la plus grande mobilisation jusqu'ici sur cette question. Le même jour, des travailleurs de l'aéroport d'Orly ont retardé les vols en direction de Johannesburg dans un début d'action syndicale contre le régime sud-africain. A la fin du mois d'octobre, le Mouvement

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anti-apartheid va organiser un forum avec la présence de représentants du mouvement anti-apartheid de différents pays afin de discuter des perspectives de la campagne.

Pays-Bas. La principale confédération syndicale, le FNV, a créé un fonds de solidarité pour des syndicats indépendants non raciaux en Afrique du Sud. La question de la solidarité avec la population noire d'Afrique du Sud commence juste à prendre de l'importance à la suite d'un large débat au Parlement et ailleurs autour de la visite en Afrique du Sud du ministre des Affaires étrangères, en tant que membre de la délégation envoyée par le Communauté économique européenne (CEE). Le 14 septembre, il y a eu une manifestation de 2 000 personnes et une campagne pour un boycott des fruits sud-africains a été lancée. Plusieurs chaînes de supermarchés considèrent sérieusement l'application d'un tel boycott.

RFA. Le 21 septembre, 15 000 personnes ont manifesté à Bonn et à Berlin-Ouest pour un boycott total du régime raciste d'Afrique du Sud. La manifestaqui a rassemblé 5 000 personnes a été soutenue par le Parti social démocrate (SPD) et par son organisation de jeunesse, les Jusos, ainsi que par les Listes Alternatives. Parmi les manifestants se trouvait le président de l'organisation de Berlin-Ouest du SPD, Jergen Egert.

Sur la Muensterplatz à Bonn, aux côtés du Dr Wela Boesak, frère du président de l'Alliance mondiale des Eglises réformées, le Dr Allan Boesak, récemment arrêté par le régime de Pretoria, se trouvaient Christian Goetz, membre de l'exécutif du HBV, organisation étudiante du SPD, et Ingrid MattaeusMueller de la fraction du SPD au Bundestag. Les efforts pour transformer la manifestation de Bonn, pour laquelle une mobilisation nationale a eu lieu, en une véritable action unie, ont échoué malgré une série de réunions préparatoires. Le DKP, Parti communiste allemand, n'avait invité que des représentants des mouvements de libération proches de l'ANC, à savoir Pashukeni Shoombe de la SWAPO et Elena Khanyil du secteur femmes de l'ANC. Le fait que Uschi Eid des Verts ait pu prendre la parole aux côtés de Peter Gingold du DKP et du théologien Walter Kreck, n'a pas vraiment pu contrecarrer ce déséquilibre.

Grande-Bretagne. L'axe principal d'action contre l'apartheid est constitué par la manifestation nationale appelée pour le 2 novembre par le Mouvement anti-apartheid. On s'attend à une participation d'environ 50 000 personnes. Jusqu'ici le thème principal de la campagne a été la revendication que le gouvernement britannique accepte d'imposer lui-même les sanctions limitées qui ont été décidées par la CEE. Mais la pression monte pour une campagne plus active basée sur la revendication de la rupture de tout lien avec le régime de Pretoria.

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