Inprecor 1974–2004

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GRANDE-BRETAGNE

Confirmation du glissement à droite du Parti travailliste

Inprecor n° 206, 4 novembre 1985 · p. 27 · 1 223 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme

Confirmation du glissement à droite du Parti travailliste Le Parti travailliste a tenu son congrès annuel début octobre à Bournemouth. Ce congrès est intervenu six mois après la défaite de la grève historique des mineurs et sur fond d'une crise économique et sociale rampante, dont les récentes émeutes dans les faubourgs misèreux des grandes villes anglaises sont les dernières manifestations.

L'élément marquant du congrès fut l'offensive contre les opposants de gauche largement réussie par le leader du parti, Neil Kinnock, issu de la gauche modérée, qui opère un recentrage à droite entraînant de larges secteurs du parti. Kinnock a voulu se servir du congrès pour asseoir son autorité personnelle sur le parti et donner des gages à la bourgeoisie sur son aptitude à gouverner. Il s'agissait de montrer que les travaillistes représentent une option plus viable pour la bourgeoisie que l'Alliance (bloc entre le Parti libéral et le Parti social-démocrate) en tant que solution de rechange au gouvernement Thatcher de plus en plus discrédité aux yeux de l'opinion publique et dont la politique inflexible suscite des inquiétudes même dans les milieux d'affaires. Mais pour refaire du Parti travailliste un parti crédible pour la classe dirigeante après la croissance de la gauche en son sein ces dernières années, Kinnock doit battre la défend une orientation lutte de classe et rassembler le reste du parti autour de lui. C'est dans ce contexte qu'il faut analyser

Sur un certain nombre de questions, la gauche a marqué des points. Contre l'avis du comité exécutif national (NEC), le congrès adopta une résolution qui stipulait qu'un gouvernement travailliste fasse une loi pour revoir les cas de tous les mineurs emprisonnés à la suite de la grève de 1984-1985, réintégrer tous les licenciés pour leurs actions durant cette grève et rembourser le Syndicat national des mineurs (NUM) pour tous les fonds confisqués par les décisions des tribunaux. A également été adoptée une résolution de soutien aux municipalités travaillistes, comme celles de Liverpool et de Lambeth, qui continuent la lutte contre les lois visant à limiter les pouvoirs des municipalités ainsi qu'à imposer des réductions des licenciements du personnel municipal.". -

La gauche a remporté des victoires sur d'autres questions. Contre l'avis du résolutions furent adoptées en défense des droits des gays et lesbiennes, contre le programme de construction des centrales nucléaires et également pour imposer aux députés la discipline du parti lors des votes au Parlement sur des questions telles que l'avortement, au lieu de les laisser suivre leur « conscience individuelle ». Dans le passé cette notion a souvent été invoquée, notamment par les nombreux députés travaillistes catholiques, pour voter contre les droits des femmes. Sur la question controversée du droit des Noirs à créer leur sections autonomes dans le parti, il y eut une augmentation significative du soutien à cette proposition par rapport à l'année dernière. Bien que minoritaire, la résolution en faveur de sections propres aux Noirs fut soutenue par des syndicats comme ceux des cheminots et des employés du secteur public, alors qu'en 1984 le NUM avait été le seul syndicat à l'avoir soutenue. La gauche a donc gagné sur plusieurs points, bien que contraignantes pour la direction du parti sauf en principe là où les résolutions sont adoptées à la majorité des deux tiers.

Mais en ce qui concerne l'orientation globale du parti, le congrès a marqué une victoire de taille pour Kinnock et un net tournant à droite. Le dirigeant travailliste s'est fait félicité par la presse de droite pour son rôle dans le congrès. Il a claire. ment signalé que son intention n'est pas d'inverser la politique anti-ouvrière de Thatcher, mais de la prendre comme point de départ. Dans le débat sur la politique économique et sociale, il a fait comprendre que le Parti travailliste devait aban donner les objectifs de restaurer le plein emploi et de nationaliser à nouveau les secteurs qui ont été reprivatisés par les conservateurs. Il propose aussi de maintenir l'essentiel des lois anti-syndicales et de négocier un accord avec les syndicats sur la limitation des hausses salariales.

En ce sens, la politique de Kinnock ne diffère guère de celle de David Steele et David Owen, dirigeants de l'Alliance. La différence est que ces derniers veulent casser les liens entre le Parti travailliste et

INPREKOR POLONAIS NUMERO

20 EST PARU ! Au sommaire de ce numéro, - « Si tu ne fais pas la grève, tu ne manges pas et tu travailles plus ! »

Le régime de Jaruzelski augmente l'exploitation des travailleurs. Et un nouveau courant se forme, l'Opposition ouvrière, se prononçant pour la révolution antibureaucratique.

- Un aspect de l'histoire de Solidarité : le contrôle social du ravitaillement à Lodz, en 1981. Extrait du livre de Z. Kowalewski, Rendez-nous

- Le 17 juin 1953 — genèse et déroulement de la grève insurrectionnelle en RDA.

- La division de l'Allemagne divise la classe ouvrière.

le mouvement syndical, voire encourager une scission de droite dans le TUC (confédération syndicale unique en Grande-Bre-

La deuxième condition qui doit être remplie pour que la ligne de Kinnock s'avère viable est l'abandon de ceux qui ont fait les frais de la politique de Thatcher, à savoir les mineurs, les municipalités de gauche, les millions de chômeurs et la jeunesse noire en révolte. Car la bourgeoisie ne considèrera jamais comme « apte à gouverner » un parti qui se place du côté des piquets de grève, des jeunes révoltés et des municipalités qui défient la loi.

Ceci pose un certain problème pour ce qu'on appelle « la nouvelle gauche réaliste» qui inclut le courant autour du journal

Tribune et des personnalités comme Ken

Livingstone, dirigeant du conseil régional du Grand Londres et ancienne coqueluche de la « gauche dure ». Ces forces, qui sont droite et qui soutiennent Kinnock au nom de l'unité, prétendent encore pousoutien aux mineurs et aux municipalités choisir et ce qui reste de leur positions de gauche risque d'être abandonné.

Pour la « gauche dure », qui inclut notamment Arthur Scargill, président du

NUM, Tony Benn et d'autres députés de gauche ainsi que de nombreux militants dans le Parti travailliste et les syndicats, le problème est autre. Ils ont défendu leurs positions au congrès face à l'offensive tous azimuts de Kinnock, en remportant les victoires sus-mentionnées. Aujourils se trouvent devant majeur : soit ils seront capables d'unifier et de mobiliser les courants lutte de classe dans le parti pour affronter Kinnock sur toute la ligne dans une bataille qui sera forcément de longue haleine, soit ils seront de plus en plus marginalisés comme ils ont commencés à l'être au cours de ce congrès. Au delà des trajectoires possibles de tel ou tel individu, c'est de la capacité de cette gauche à présenter une stratégie politique alternative et à s'organiser pour combattre Kinnock, que dépendra l'évolution du Parti travailliste dans les années

- Le tremblement de terre dévoile la nature du système mexicain, entretien avec un dirigeant du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT).

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