Le pue dier umero et dahor se chie sot par il y sult es ser Carte E premier numéro d'Inprekor en tchèque est paru il y a quelques mois. Cette unifié (SU) de la IVe Internationale, est destinée à être diffusée en Tchécoslovaquie. Nous publions ci-dessous quelques extraits de l'éditorial du premier numéro ceux qui écrivent sur le marxisme sont bien proche du marxisme « réel », qui ra-
TCHECOSLOVAQUIE
Parution d'un "Inprekor"
en tchèque
de cette revue. Rédaction d'« INPREKOR » tchèque
Dans les pays du socialisme « réel », dans leur écrasante majorité payés pour ça et leurs écrits sont publiés - bon marché - à des millions d'exemplaires. (...) Le travail inlassable de cette armée de fonctionnaires du « marxisme-léninisme », relayée à l'occasion par l'armée tout court, a porté des fruits incontestables en Tchécoslovaquie et en Pologne (et en URSS donc!) : aujourd'hui, ceux qui croient que le marxisme (pour ne rien dire du léninisme) est un moyen d'éman. cipation pour l'humanité, ou même un outil d'analyse valable, se comptent sur les doigts de la main. En bref, le « socialisme réel » est de loin la meilleure arme contre le socialisme tout court, ceci à l'Est comme à l'Ouest.
Quitte à effrayer notre lecteur, nous dirons brutalement que quand même marxistes et socialistes. Bien sûr, nous n'aurons pas la naïveté de prétendre convaincre en quelques lignes que « notre » marxisme est bon et utile, c'est-à-dire qu'il n'a rien à voir avec le « marxisme réel ». A premiere vue, on pourrait dire que nous sommes marxistes parce que nous avons la chance d'avoir un point de vue qui n'est pas enfermé dans les frontières du « camp Amérique latine, par exemple, nous savons qu'il est vrai que depuis le début de cette année, plus de 10 000 paysans ont été assassinés au Guatemala et au Salvador par un système social mis en place et maintenu par le gouvernement des EtatsUnis. En France, le cap des 3 millions de chômeurs sera atteint cette année. C'est vrai, bien que la propagande officielle le dise et le répète en Tchécoslovaquie. Aussi vrai que les crimes de Staline étaient vrais, bien que la propagande américaine l'ait dit et répété.
Etre marxiste, c'est savoir que la cause de ces maux ne réside pas dans l'insuffisance de la démocratie ou dans l'application d'une politique erronée (d'ailleurs,
Europe, les sociaux-démocrates ne font guère mieux que les conservateurs) ; c'est savoir qu'elle réside dans l'existence d'un système fondé sur la propriété privée des moyens de production. Mais si le marxisme se réduisait à cela en 1985, il serait conte que la suppression de la propriété privée des usines et des banques est la condition nécessaire et suffisante pour émanciper la société. Comme si l'expérience n'avait pas amplement démontré que cette seule suppression pouvait, sous bien des aspects, accoucher d'une société où l'oppression serait pire que sous le capitalisme. La suppression de la propriété privée des moyens de production est nécessaire mais non suffisante. (...)
Que voulons-nous faire avec cette revue ? Inprekor est une version tchèque d'une revue de la IVe Internationale qui paraît déjà en anglais, en espagnol, en
IINTERCONTINENTAL PRESS
On peut se procurer la revue au prix unitaire de 20 francs (abonnement d'un an, 50 francs, et abonnement de soutien, 100 francs ou plus)
en s'adressant à Inprekor-tchèque, 2, rue Richard-Lenoir, 93108 Montreuil, et en libellant les chèques à l'ordre de PEC.
français, en allemand, en portugais et en polonais. Le but de cette revue est de donner à des lecteurs vivant sous des régimes totalement différents une vision un tant soit peu globale des principaux événements du monde, c'est-à-dire une vision qui essaye d'intégrer à la fois la condition du mineur anglais et du mineur roumain, celle de l'ouvrier polonais et celle du paysan pauvre d'Amérique centrale. Cette vision, difficile à atteindre, nous semble être la condition d'une pensée et d'une action non subordonnées aux intérêts d'un bloc ou de l'autre. En effet, les systèmes en place dans le monde se conditionnent réciproquement, essayent d'enfermer le monde dans le « réalisme géopolitique » et tentent de réduire l'histoire actuelle du monde à la lutte du « camp socialiste » contre le « camp impérialiste »: Cette conception qui, finalement, est celle de Moscou comme celle de Washington, est aussi largement populaire. Mais, d'un côté comme de l'autre, elle ne vise qu'à la résignation, ou, en d'autres termes, au maintien des ordres et des pou-
Sur le plan des idées, c'est l'une des plus conservatrices: d'un côté, à quoi bon lutter contre le capitalisme si l'on est menacé par le « socialisme réel » ? Et, de l'autre, était-il vrai que le printemps de Prague ou bien Solidarité faisaient le lit du retour du capitalisme ? Cette fausse vision des choses condamne ceux qui luttent contre la dictature stalinienne à l'Est à accepter l'impérialisme américain comme étant globalement positif, à accepter (à nier dans le meilleur des cas, à excuser dans le pire) ses crimes en Amérique latine, comme elle condamne bien des révolutionnaires latino-américains à ignorer ou à approuver les répressions anti-ouvrières dudit « camp socialiste ». (...)
Dans Inprecor en langue espagnole nous expliquons entre autres la vérité sur Solidarité, comme dans Inprekor en polonais nous disons ce qui se passe en Amérique centrale. Cette situation n'est pas toujours la plus confortable, mais elle est à la fois notre force et notre raison d'être : nous sommes partie prenante des luttes contre les dictatures à l'Est comme à l'Ouest.
Le lecteur jugera sur pièce Inprekor en tchèque. Si nous le convaincons que bien que marxistes (et même léninistes) nous sommes honnêtes et apportons quelque chose d'intéressant, nous aurons partiellement atteint notre but. S'il convainc que ce n'est pas bien que mais parce que nous sommes marxistes et internationalistes que nous pouvons jouer ce rôle, alors nous pourrons dire que notre « plan » aura été rempli à 115 %.
Nous avons beaucoup de choses à dire, notre histoire et notre existence internationale actuelle nous le permettent. Mais nous avons aussi beaucoup à apprendre : comme toujours dans la vie réelle, ce qui se passe est infiniment plus compliqué et plus riche que ce que les meilleurs esprits pouvaient prévoir. Inprekor sera donc largement ouvert à tous ceux qui, en Tchécoslovaquie, sont et seront intéressés à débattre avec nous.