La conférence sur les pays de l'Est qui s'est tenue à Bruxelles les 20 et 21 janvier 1978, (cf. "Le Monde" du 25 janvier ) et à laquelle ont participé de nombreux oppositionnels de ces pays, ainsi que des membres et réprésentants des différents comités de solidarité occidentaux a retenu le principe de lutter internationalement sur les objectifs contenus dans l'appel suivant : "Depuis la fin de 1968, la répression politique en Tchécoslovaquie se traduit notamment par des licenciements qui frappent surtout depuis janvier 1977, non seulement ceux qui ont signé la Charte 77, mais aussi ceux qui l'approuvent ou la soutiennent. Les autorités laissent sans réponse toute démonstration de la totale illégalité de ces actes d'autant plus scandaleux qu'ils sont commis au nom du socialisme. De nombreuses informations nous confirment ces violations répétées du droit au travail. La dernière connue est le licenciement de Petr Uhl dont le motif explicite est, une fois de plus, signature de la soi-disant Charte 77" et qui prend effet le 31 janvier 78. En général, les syndicats ont couvert ces licenciements au lieu de jouer leur rôle de défense des travailleurs et ont même exclu de leurs sections certains chartistes. Dans les cas où leurs instances de base ont refusé de ratifier un tel acte, on a vu les autorités passer outre et s'appuyer sur les instances syndicales supérieures. Cela s'est produit notamment à Brno contre JanSabata, employé de chaufferie à l'usine Kovosrot. Pour avoir pris part à "l'acte honteux" de signer la Charte et d'en distribuer des copies dans l'usine, Sabata a comparu devant sa section syndicale. Une grande partie de ses membres s'opposa à toute sanction. Pourtant le lendemain, 3 mai, le syndicat de l'entreprise agissant de manière anonyme et hors de la présence de Sabata ratifiait son licenciement. "Autant les autorités tchécoslovaques évitent de mentionner la Charte 77 dans les procès politiques (ceux de Lederer, Machacek, Lastuvka, par exemple), autant la répression profes-
3I60AV0J20 HOT sionnelle s'y réfère explicitement. Les lettres de licenciements en témoignent. "Nous qui dénonçons la pratique scondaleuse des interdictions professionnelles en RFA, nous condamnons avec vigueur la répression dans l'emploi dans un pays qui se réclame du socialisme. Nous en condamnons toutes les formes : de la déqualification aux licenciements qui deviennent de véritables interdictions de travailler, condamnant leurs victimes au "parasitisme" ou à l'exil. Nous demandons instamment la levée de toutes les procédures visant à prononcer ou à confirmer les licenciements pour motifs politiques et nous réclamons la réintégration des sanctionnés dans leur emploi selon leur qualification. Nous estimons indispensable de faire écho à l'appel que lançait l'an passé Zdenek Mlynar au monde syndical, pour une très large protestation et pour l'envoi de commissions d'enquêtes. Les syndicats appelés à se rendre au congrès de la FSM qui aura lieu au printemps à Prague même, peuvent-ils y aller en cautionnant les atteintes aux droits dont sont victimes de nombreux travailleurs tchécoslovaques ? Il revient aux syndicats ouvriers dont la légitimité ne peut être contestée par les autorités tchécoslovaques d'organiser la solidarité, en particulier financière, envers chaque victime de licenciement politique. Nous nous engageons à répondre à tout appel de leur part qui irait en ce sens." Signatures à : Catherine FONTAINE 30 bis rue des Boulets 75011 PARIS Tél. 371 65 36
ONT DEJA SIGNE Yankélévitch, A. Philippe, J. Cassou, P.Naville, A. Krivine, J.M. Vincent, J. Valier, C. Verla, P.H.Sollers, J.P.Faye, M. Rebérioux, R.Simon, M.Leiris, J.P. Chevénement, F.Kaplan, Pignon, H. Parmelin, R. Pannequin, L.Schwartz, L et G London, J. Brunschwig, P.Daix, G.Martinet, J. Pelikan, Z.Mlynar.
REBEL: 1967 - Festival de musique pop à Prague