Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Assassinat d'un militant socialiste révolutionnaire

Inprecor n° 211, 20 janvier 1986 · p. 26 · 490 mots

Assassinat d'un militant socialiste révolutionnaire La violence de la classe dirigeante et de ses bandes armées en tout genre contre les masses laborieuses, leurs luttes, leurs organisations indépendantes et leurs dirigeants, est une donnée fondamentale de la vie politique en Colombie. S'il fallait s'en convaincre une nouvelle fois, il suffit d'examiner la manière dont le goude Belisario Betancour a fait donner l'assaut au Palais de Justice de Bogota le 8 novembre. 1985, lors de son occupation par un commando du mouvement de guérilla M 19. Cette opération militaire d'envergure a fait 95 victimes.

Moins spectaculaire peut-être, mais tout aussi tragiquement coûteuse pour le mouvement ouvrier et populaire, est la pratique des assassinats de dirigeants politiques et de militants actifs. paru dans le Monde diplomatique du mois de janvier 1986 note à ce propos : « Ces temps derniers, il semble qu'un plan d'élimination des dirigeants de l'opposition, progressistes ou révolutionnaires, soit en

Sont récemment tombés : Hernan Dionisio Calderon, responsable communiste du département du Valle Cesar Florez, dirigeant socialiste ; Ricardo Lara Parada, fondateur de l'Armée de libération nationale et animateur du Front élargi du Magdalena Medio : Oscar que latine

William Calvo, de l'Armée populaire de libération et membre de la Commission de paix ; Ruben Castano, membre du comité central du Parti communiste, et Hernando Yate, dirigeant de l'Union patrioti-

C'est ainsi qu'a été assassiné le 29 octobre dernier à Riohacha dans la région de Guajira à l'extrême Nord du pays, le militant socialiste révolutionnaire Cesar Florez Gonzalez. Connu pour son activité militante en défense des déshérités des populaires dans cette région, Cesar Florez, qui étudia le droit à l'université de Cartagene, commença son engagement militant dans le Parti socialiste révolutionnaire (PSR), la section colombienne de la IVe Internationale. Il y occupa des responsabilités nationales.

Au moment de son assassinat, Cesar Florez avait quitté cette organisation avec un autre groupe de militants pour former un Parti socialiste. Combate socialista, organe du PSR. rend hommage dans son numéro de novembre 1985 à celui qui n'a jamais cessé d'être un militant socialiste revolutionnaire, en écrivant notamment que « depuis son intégration au PSR, il fut toujours pris comme exemple du type de cadres dont a besoin tout parti qui se déclare révolutionnaire ». C'est d'ailleurs ce qui lui a valu la haine des détenteurs du pouvoir économique et politique notamment pour son soutien aux occupations de terres. Cela lui coûta à plusieurs reprises la prison, de nombreuses pressions et des menaces de aussi l'estime ment ouvrier et populaire local.

Après avoir réclamé que justice soit faite sur cet assassinat, Combate socialista, conclut par un dernier hommage à la mémoire du militant disparu, considéré comme « un révolutionnaire d'action qui développe l'action des masses » en écrivant : « Camarade Cesar Florez, nous ne t'oublierons pas. Tu resteras toujours un exemple pour la jeunesse révolutionnaire, pour les militants du PSR et pous les générations à venir de socialistes révolutionnaires ».

Une erreur sur cette page ?