BELGIQUE Le ministre de la justice s'en prend au POS Le 16 décembre 1985, quatre personnes supposées être membres des Cellules communistes combattantes (CCC), une organisation responsable de plusieurs attentats à l'explosif en Belgique, étaient arrêtées par la police belge à Namur. Pendant que le ministre de la Justice, Jean Gol, principal responsable de la sécurité, s'extasiait devant les résultats de la police, ses hommes de main perquisitionnaient avec effraction un local de la branche bruxelloise du Parti ouvrier socialiste (POS), la section belge de la IVe Internationale. A cinq heures du matin, le 17 décembre, des policiers en civil et en uniforme ont pénétré dans l'immeuble où se trouve ce local. Après avoir fracturé les portes et tout mis sens dessus-dessous, les policiers ont emporté une machine à écrire. Le POS n'occupe pas tout l'immeuble perquisitionné. Les autres locataires ont donc aussi été visités et leurs appartements fouillés. Une vieille dame hospitalisée aura la désagréable surprise de retrouver, à son retour, son appartement ravagé et sa porte d'entrée défoncée par les forces de« l'ordre ».
Cette action répressive, qui n'a pas visé le local central du POS à Bruxelles, rappelle néanmoins la fameuse opération Mammouth, déclenchée après le second attentat des CCC et qui avait vu les forces de la police opérer des perquisitions dans les locaux de plus de cent comités et associations diverses de gauche.
A l'issue de la perquisition du 17 décembre, le POS a publié des communiqués de protestation, qui ont été largement diffusés dans les médias, presse et télévision. Nous reproduisons ci-après l'éditorial concernant cette affaire, publié dans la Gauche, hebdomadaire du POS, du 20 décembre dernier.
Premier résultat de la chasse antiterroriste : Carette et sa bande viennent de se faire coffrer dans le GB-Quick de Namur. Ce ne sont pas les paracommandos ni les chars qui ont pris les CCC. C'est par un coup bien monté de la police judiciaire que l'énigmatique organisation est tombée dans le filet. On perçoit bien aujourd'hui comment Gol a réussi à exploiter la psychose, qu'il a lui-même amplifiée, afin de marcher vers le renforcement de l'Etat au détriment de nos libertés démocrati-
Uses pions. Il élargit le cercle de la répression. Alors que la réussite de l'arrestation de Carette démontre exactement où se situe le terrorisme des CCC, Gol frappe ailleurs, comme lors de l'opération Mammouth : en direction de la gauche du mouvement ouvrier. Notre Parti, le POS, a vu les locaux de sa section de Bruxelles dévastés, des papiers et des équipements volés, sans qu'aucun militant ou dirigeant de notre Parti n'ait jamais reçu la moindre notification de paraître devant la police, sans que, depuis 14 mois, la moindre preuve de la moindre connivence de notre Parti avec le terrorisme ait pu être apportée. Et pour cause !
Car, malgré l'amalgame sur « l'extrême gauche », sur « les violents », ... le POS n'a rien à voir avec le terrorisme. Le POS n'est pas « criminel ».
Notre Parti est, certes, un ennemi irréconciliable de la société capitaliste, société d'exploitation et d'oppression, société qui engendre la misère, le chômage, la guerre, la violence, le banditisme, et ... le terrorisme. Oui, nous sommes des marxistes. Mais notre voie est celle de la lutte, de l'organisation et de la conscientisation des travailleurs et des travailleuses, des femmes et des jeunes. Nous som-
mes un l'arti qui lutte à visage decouvert. Nous voulons gagner la majorité de la classe ouvrière par un combat d'idées. Nous parlons régulièrement à la population laborieuse, par nos journaux, tracts, nos brochures, nos meetings. Depuis 1977, le POS a participé à toutes les élections, parlementaires, communales, provinciales, européennes.
Nos militants ne se cachent pas. Ils ne fabriquent pas de bombes. Ce sont des hommes et des femmes parmi les hommes et les femmes, connus par des milliers de personnes. Ils ont des responsabilités dans les syndicats, dans le mouvement des femmes, dans la jeunesse, dans le mouvement pour la paix, dans la lutte contre l'apartheid, pour la défense du Nicaragua libre et socialiste (contre le terrorisme d'Etat
Dès que la première bombe « CCC » a été placée, il y a 14 mois, nous nous attendions à ce que Gol et sa bande frappent notre Parti. Parce que nous savions par l'expérience étrangère - comme Gol lui-même -, que le terrorisme, dont l'origine et la pratique sont extrêmement douteuses, est toujours utilisé pour s'attaquer à la gauche anticapitaliste du mouvement ouvrier. Comme les paracommandos et les blindés dans nos villes aujourd'hui ne visent pas les terroristes, mais les luttes soque les travailleurs mèneront demain contre ce gouvernement de malheur. Et là, oui, notre Parti sera présent, avec