Le CUSA et l'AZACTU n'ont pas rejoint le COSATU Le Conseil des syndicats d'Afrique du Sud (CUSA) et la Confédération azanienne des syndicats (AZACTU) sont deux formations syndicales qui n'ont pas rejoint le COSATU. La principale critique qu'elles lui font est de ne pas se réclamer de la position de principe de la nécessité d'une « direction noire » c'est-à-dire en fait d'admettre des Blancs au niveau des directions syndicales. Il s'agit là d'une divergence significative séparant cette approche de l'orientation dite du « non racialisme » qui est celle des syndicats regroupés dans le COSATU.
Pour expliciter sa position, le CUSA écrit : « nous ne voulons pas que des Blancs entrent dans notre organisation par le sommet. Nous acceptons qu'ils nous rejoignent à partir de la base et se hissent ensuite comme le font nos syndiqués noirs »(Izwilethu, novembre-décembre 1985). Cet argument peut sembler sans nuance dans la mesure où les Blancs dont il s'agit là sont ceux qui ont participé de longue date à la construction des syndicats indépendants. Cette question relève cependant d'une appréciation plus générale sur le contenu de la lutte anti-apartheid. Le « non racialisme » du COSATU n'est pas le fruit de la présence de quelques Blancs dans ses directions mais la conséquence de la conception relative à une future Afrique du Sud unie, démocratique et non raciale.
La direction du CUSA semble de son côté sousestimer le processus unitaire engagé en écrivant que « parler d'une surper-fédération en Afrique du Sud est un mythe tant que seulement 15 % de la classe ouvrière sera organisée dans le pays ». Le COSATU ne prétend certes pas détenir le monopole syndical. Mais il est par contre le produit d'une accélération de l'histoire du mouvement ouvrier sud-africain par rapport à laquelle le CUSA et l'AZACTU risquent fort de se marginaliser. Dans un communiqué commun, ces deux organisations argumentaient ainsi leur position : « notre conception d'une nouvelle fédération est celle d'une fédération qui rassemblerait la majorité des travailleurs noirs organisés de notre pays, exprimant les véritables aspirations des travailleurs noirs, sans concession aux aspirations d'une direction minoritaire » (Izwilethu, numéro 9-10, novembre 1985).