Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

La bataille de la LCR pour rassembler une alternative anti-capitaliste

· Inprecor n° 214, 3 mars 1986 · p. 12-13, 13 · 1 279 mots

France

latue direcion de ranisatione dura de lit a et aval de e oe les 'EST dès son VIe congrès (27e congrès de la SFQI) de janvier 1984 que la taire en direction des organisations, courants, militants et travailleurs se posant le problème de dégager une alternative à la politique de collaboration de classes du PS et

Pour appuyer celle-ci, la LCR convaincue que ses propres débats concernaient bien des forces hors de ses rangs, rendit publiques ses discussions de congrès. Elle voulut que le « rassemblement contre l'austérité, contre l'Europe capitaliste » de mai 1984, au Bourget, soit ouvert à l'ensemble des organisations désireuses de débattre des ques-

C'est cette même démarche qui fut, par la suite, précisée dans les appels au « ras-

"Allez les Rouges!"

tions de l'heure.

semblement d'une force unitaire anticapitaliste ».

Francis SITEL

Quels sont les fondements de cette démarche ? Tout d'abord l'appréciation selon laquelle la situation que nous traversons, pour défavorable qu'elle soit globalement, est néanmoins génératrice de recomposition au sein du mouvement ouvrier. Celui-ci traverse une crise qui reste limitée dans ses traductions positives, du fait de la faiblesse des mobilisations en

Présentation de la nouvelle formule de Rouge par Alain Krivine. (DR)

Le Pen est-il blanc!

Voyez rouge!

LCR

La bataille de la LCR pour rassembler une alternative anticapitaliste particulier, mais qui est extrêmement profonde. Il s'agit donc, pour la LCR, non pas de se replier sur elle-même, mais d'affronter cette crise, de s'inscrire dans les processus engagés et de s'efforcer de leur offrir une perspective. LES OBJECTIFS DE LA LCR Les véritables objectifs sont donc de se lier aux militants communistes, socialistes, désorientés par la politique de leurs directions, aux syndicalistes qui refusent la collaboration de classes, aux militants d'extrême gauche qui tirent le bilan des orientations passées et refusent de baisser les bras. Et, au delà de ceux-là, à toutes celles et tous ceux qui tirent les leçons de l'expérience en cours et s'interrogent sur les moyens de poursuivre le combat.

Ces partenaires potentiels, les militantes et militants de la LCR les rencontrent et travaillent avec eux, quotidiennement, dans les syndicats, dans les mouvements de masse, par exemple le mouvement des femmes ou le mouvement antiraciste, dans les mobilisations comme celle du soutien à la lutte du peuple kanak.

Les difficultés à donner une expression politique d'ensemble à ces rapprochements tiennent au climat général de désorientation et, surtout, à l'absence de grandes mobilisations sur le terrain proprement social. Seules celles-ci seraient à même de catalyser la crise actuelle du mouvement ouvrier et de poser « en grand » le problème d'une alternative politique et organisationnelle.

Mais, comme il ne suffit pas d'attendre et qu'il est nécessaire d'agir dès aujourd'hui et de préparer l'avenir, la LCR s'est efforcée de définir quelles propositions concrètes pouvaient être avancées pour aller dans le sens de l'unité et de la recomposition des forces se situant à la gauche de la gauche réformiste. Il fallait rechercher des tests pratiques susceptibles de mieux faire apparaître ce qui est possible.

Liberte,

égalité fraternite

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C'est ainsi que, bien avant que les échéances électorales ne fixent l'horizon, la LCR a œuvré pour que se forment des collectifs unitaires dans les villes, destinés à regrouper des militants et des travailleurs désireux de débattre et d'agir ensemble. Débattre des leçons à tirer de l'expérience de la gauche réformiste au gouvernement et des perspectives à mettre en avant. Agir sur les questions centrales de l'heure : la lutte contre l'austérité et le chômage, le combat antiraciste, la solidarité internationale, la défense d'une politique anticapitaliste... Il existe une soixantaine de collectifs de ce type.

Par rapport aux élections de mars 1986, la LCR a proposé la formation d'une large coalition électorale allant de la LCR et de Lutte ouvrière (LO) jusécologistes, pour défendre quelques thèmes clés : le refus du retour de la droite, le refus de la politique de collaboration de classes et d'austérité du PS et du PCF, une orientation de défense des revendications, s'inscrivant dans une perspective de rupture avec le capitalisme. Une telle coalition, si elle avait pu voir le jour, aurait offert une réelle alternative travailleurs rebutés par la politique du PS et du PCF. Tel n'a malheureusement pas été le cas.

D'une part, il n'existait pas, à la base, à travers les collectifs unitaires, une force suffisante pour se mobiliser et imposer une telle perspective. D'autre part, en ce qui concerne les organisations d'extrême gauche ou écologistes ayant national, le sectarisme, l'esprit boutiquier, les difficultés des unes et des autres, et des divergences politiques réelles ont empêché que ne se concrétise un rappropermettant de présenter un front uni lors de ces élections.

Ainsi le parti des « Verts », qui espère capitaliser à son profit l'électorat écologiste, a écarté toute alliance avec les organisations d'extrême gauche. Ce qui a désorienté des organisations comme la Fédération pour une gauche alternative (FGA), le Parti pour une alternative communiste (PAC, ex-PCML), et le Parti socialiste unifié (PSU), très désireuses de concrétiser une « convergence verte alternative », et les a empêchés de s'engager dans un accord national avec la LCR.

D'autre part, LO non seulement a refusé de mener cette bataille unitaire avec la LCR, mais, en outre, a prétexté de désaccords démarche pour refuser un accord électoral LO-LCR qui était possible et qui s'était réalisé dans de multiples élections précédentes.

Quant au Parti communiste internationaliste (PCI) lambertiste, pourtant engagé dans le lancement d'un Mouvepour un parti des travaillleurs (MPPT), il n'a jamais envisagé d'engager aucune démarche unitaire que ce soit. Il sacrifie ainsi, une nouvelle fois, à ses vieux démons du sectarisme manipulation (cf. encadré).

LES OBSTACLES A LA BATAILLE

En mars 1986, l'extrême gauche va donner le lamentable spectacle division exacerbée, totalement incompréhensible pour l'immense majorité des travailleurs. Au moment où ces derniers tirent le bilan de faillite de la gauche gouvernementale, ils vont devoir, en plus, subir les explications et les appels au vote concurrents des listes LO, LCR, MPPT, Verts, voire « alternatives »...

Une telle situation ne peut s'expliquer seulement par le sectarisme et l'irresponsabilité des uns et des Elle est le produit d'une crise générale d'orientation qui n'épargne pas, loin de là, l'extrême gauche. C'est pourquoi il est indispensable de défendre une politique

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claire, à même de proposer des perspectives pour surmonter cette désorientation. Et, loin de le faire de façon sectaire, il faut affirmer une volonté unitaire, seule à même de convaincre les militants et travailleurs guettés par le découragement qu'ii est possible de se battre et de sortir

C'est ce que fait la LCR et ce qu'elle continuera à faire au long de cette campagne électorale.

La LCR sera en effet présente dans près d'une quarantaine de départements, soit plus de concernés. La unitaire menée a, malgré tout, porté des fruits. Dans la moitié de ces départements la LCR sera présente dans le cadre de listes unitaires, soit présentées par des collectifs locaux, d'accords avec d'autres organisations (l'Union démocratique bretonne (UDB), le PSU, la FGA, le PAC, groupes écologistes Elle présente une liste commune avec LO dans le Maine-et-Loire. Par ailleurs, seront présentes 20 listes LCR, dans les départements les plus importants où il n'a pas été possible de constituer des listes unitaires, ce qui assurera à l'organisation une représentation nationale dans ces élections (1). grande ampleur que la LCR est engagée.•

Francis SITEL, le 17 février 1986. 1. Les listes LCR pour les législatives comprennent 50 % de femmes et 50 % d'hommes. La moyenne d'âge est de 34 ans. Elles sont composées dans leur écrasante majorité de salariés de l'industrie, de la fonction publique et du commerce. Il y en a quatre en région parisienne et seize en province.

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