Par son ampleur, la mutinerie des forces de police égyptiennes, les 26 et 27 février 1986, oblige à se pencher sur les flambée de violence au sein même d'un des piliers de l'Ordre étatique.
mutinerie survient neuf ans après les émeutes populaires des 18 et 19 janvier 1977 qui avaient été provoquées par une brutale hausse des prix des denrées de première nécessité, recommandée par le Fonds monétaire international (FMI). Depuis, un plan d'urgence avait été adopté par l'impérialisme secourir le régime égyptien du président Anouar El Sadate. Cependant, la combinaison de l'austérité rampante et de l'aide financière impérialiste n'ont pu qu'atténuer provisoirement la crise de l'économie capitaliste égyptienne.
Le glissement de cette économie vers l'abîme n'a été que ralenti, il n'a pas été arrêté et encore moins renversé. Le chiffre de la dette extérieure égyptienne n'a cessé de se gonfler, pour atteindre 25 En même temps, les perspectives ne cessent de s'assombrir pour la balance des paiements égyptienne qui subit la chute brutale des prix du pétrole (dont l'Egypte est exportatrice) ; le niveau des rapatriements de salaires des travailleurs égyptiens émigrés dans les pays arabes pétroliers diminue également ; et, last les revenus touristiques connaissent un fort fléchissement que la récente mutinerie ne peut qu'aggraver. A tout cela s'ajoutent la fuite des capitaux et les réticences des investisseurs face à un pays si incertain socialement.
En somme, le protégé égyptien de l'impérialisme est dans de très sales draps. Le niveau de vie des masses égyptiennes baisse inexorablement. Leur propension à se révolter croît en proportion. Comble de malheur pour les bourgeois égyptiens, les travailleurs en bleu de travail ne sont à se rebeller, comme l'ont encore fait tout récemment les ouvriers de l'industrie textile dont plus de deux cents ont été arrêtés. Ils viennent d'être relayés par leurs frères sous l'uniforme, les policiers conscrits. Ironie de l'Histoire, émeute de la police anti-émeute !
La rurneur de prolongation d'un an du service n'a été que l'étincelle qui a mis le feu aux poudres. Elle a déclenché la révolte chez ces conscrits, dont la plupart sont issus d'un milieu populaire, et qui sont eux-mêmes sévèrement embrigadés et sont obligés de réprimer ceux - travailleurs et chômeurs — auxquels ils se joindront à la fin de leur service.
régime, contre les mutins les émeutiers qui se sont joints à eux a eu recours cette fois à l'armée, y compris ses blindés et ses hélicoptères. De véritables batailles ont eu lieu avec leur lot inévitable de morts et de blessés. Les chiffres officiels parlent de 36 morts et 325 blessés, alors que le quotidien égyptien Al Chaab donne un chiffre de 150 morts et 500 blessés. Le nombre de morts et de blessés a été limité par le fait que cette fois-ci étaient eux-mêmes des militaires, eux-mêmes armés. L'issue de la bataille ne pouvait laisser de doute : l'armée a l'avantage du nombre et de l'armement. Mais - et c'est là le talon d'Achille de l'Etat bourgeois égyptien -l'armée elle-même est aussi, majoritairement, une armée de conscrits. Elle-même a déjà connu des mutineries.
Les soldats sont aussi mécontents que leurs camarades enrôlés dans la police. Ils proviennent des mêmes classes sociales et partagent avec eux et le reste du peuple égyptien, ce formidable sentiment de frustration nationale qui ne cesse de s'amplifier face aux brimades infligées à l'Egypte par les Etats-Unis et Israël. Ce s'était d'ailleurs récemment exprimé - de manière difforme, il est vrai - par la mobilisation suscitée par le
Critique des revendications économiques de la direction clandestine (TKK) de proces de Suleiman Khate, le « policier fou » du Sinai et son « suicide » ultérieur. Un large courant de masse a fait de ce « suicidé », collègue des mutins de ces derniers jours, un martyr parce qu'il a, aux yeux de beaucoup d'Egyptiens, défendu « l'honneur national » en tirant sur des touristes israëliens dans le Sinai.
Cette réalité n'échappe pas aux dirigeants israëliens, qui se sont empressés de proclamer haut et fort leur solidarité avec le président égyptien Hosni Moubarak. En dernière analyse, la mutinerie égyptienne confirme le rôle irremplaçable de l'Etat sioniste pour la défense de l'ordre bourgeois impérialiste dans la région. Au Moyen-Orient, l'armée sioniste est la seule qui ne risque pas — dans les conditions historiques actuelles — de pourrir de l'intérieur. Elle constitue, de fait, le dernier rempart de la bourgeoisie égyptienne!
Nous avons dit, plus haut, difforme. Et, malheureusement, la « difformité » en question gagne sans cesse du terrain dans le mouvement des masses égyptiennes. En effet, le courant intégriste apparaît aujourd'hui de plus en plus comme la fraction la plus radicale contre le régime,
INPREKOR POLONAIS NUMÉRO 21 EST PARU ! Au sommaire de ce numéro, vous trouverez :
logne ? Contribution d'un militant de la gauche révolutionnaire polonaise.
niens dans la région de Przemysl.
bureaucratique.
contre le capitalisme en Afrique du Sud.
Règlement à l'ordre de la PEC avec mention « Pour Inprekor polonais ».
BEZ 'SOLIDARNOSCR NIE MA CHLEBA NI WOLNOSCI ! KOREASA. INPREKOR WIOSNA 1986 MEDZYNARODOWA
Krytyka postulatów gospodarczych TKK
Czy mozliwy jest
"narodowy dialog"?
Jugostawia
SAMORZAD I BIUROKRACJA
Cena 75 zl, 15 FF. 2,5 $. 7 FS. 7 DM, 15 Skr, 100 FB contre Israël et contre l'Occident au sein de ce mouvement, et notamment au sein des Forces armées. Du soldat qui tua Sadate en 1981 au policier tueur du Sinaï, c'est l'intégrisme islamique qui s'érige en champion de la cause nationale, en l'absence d'une gauche révolutionnaire un significative.
Quant à l'opposition légale, y compris l'opposition de gauche représentée par le Rassemble-
Khaled progressiste unioniste de
Mohieddine, elle a démontré encore une fois son extrême lâcheté en souscrivant au cours d'une réunion avec le président à une déclaration stigmatisant le « désordre » !
Pour se sation de la contestation des masses, dans un pays qui est de surcroît caractérisé par l'absence de mouvement ouvrier organisé autonome. La contradiction entre la montée des tensions qui poussent à des explosions et l'extrême faiblesse des capacités d'intervention de la gauche révolutionnaire atteint en Egypte un sommet. C'est là un défi de taille pour les marxistes révolutionnaires de ce pays.
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