Une nouvelle organisation marxiste révolutionnaire Une nouvelle organisation qui se donne pour objectif de rassembler les marxistes révolutionnaires du Canada anglophone a tenu son congrès de fondation du 22 au 24 novembre 1985 à Toronto. L'Alliance pour l'action socialiste (ASA) est le résultat d'une fusion entre quatre groupes locaux : le Collectif socialiste des travailleurs de Toronto, le Collectif pour l'action socialiste de Winnipeg, le Collectif pour l'action socialiste et féministe d'Edmonton et le Collectif pour l'action
Vancouver. organisation comprend des militants venus des mouvements de libération des femmes et des homosexuels aussi bien que des mouvements anti-impérialistes, des syndicalistes, des étudiants ainsi que des militants de la gauche du Nouveau parti démocratique, le parti ouvrier réformiste de masse du Canada.
Les militants de l'ASA jouent d'ores et déjà dans plusieurs villes un rôle dirisein des mouvements pour la défense du droit à l'avortement et contre l'intervention impérialiste en Amérique plusieurs orateurs congrès ont insisté sur le fait que sans une organisation centralisée autour d'un programme révolutionnaire, les militants restent « enfoncés dans la galère du réformisme » sans possibilité de construire un mouvement porteur d'un projet de changement de société.
Au cours des trois jours des travaux du congrès, point culminant de six mois de discussions par voie de bulletins de débat et dans des assemblées locales de militants, les délégués des groupes constitutifs de l'ASA ont adopté une série de textes : une déclaration de principes, sur les bases de l'unification, une resolution politique, un texte sur les normes et système l'ASA, des thèses sur les perspectives et une constitution. Le congrès a donné mandat au comité national (NC) nouvellement élu pour rédiger et publier tous ces documents au début 1986. Le NC, qui comprend autant de femmes que d'hommes, est l'instance de direction de l'ASA jusqu'au prochain congrès.
Même dans des périodes de recul généralisé du mouvement ouvrier, les marxistes révolutionnaires peuvent parfois diriger de façon exemplaire mouvements de masse, exerçant ainsi une influence sur les organisations traditionnelles de la classe ouvrière. C'est dans cette perspective que se situe la décision du congrès de l'ASA d'étendre et coordonner son activité dans deux mouvements importants: la campagne en défense du droit des femmes à contrôler leur propre corps et de la clinique d'avortement du docteur Henry Morgentaler ainsi que la campagne contre l'intervende l'impérialisme américain en Amérique centrale et les Caraibes.
L'ASA va aussi lancer un journal modeste qui doit faire connaître ses anaaussi bien que de donner des informations essentielles aux militants du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux. Ce journal sera biChallenge for socialist and feminist action (Le défi socialiste pour l'action socialiste et féministe). Son premier numéro doit sortir pour le 8 mars, journée inter-
Bien que l'ASA n'existe qu'au Canada anglophone, elle veut être partie pred'un processus de construction d'un parti ouvrier révolutionnaire pan-canadien. La prochaine étape sur le chemin, qui sera forcément long, vers cet objectif est d'unifier les marxistes révolutionnaires du Québec et du Canada anglophone. Pour cette raison, une priorité centrale de l'ASA est celle d'aller vers la fusion avec la Gauche socialiste (GS), organisation marxiste révolutionnaire québecoise. La direction de la GS a exprimé son accord avec cet objectif et une discussion sur la question de la construction d'une organisation pan-canadienne devrait commencer dans ses rangs. Bien que des liens eussent déjà été établis avec la IVe Internationale, le congrès de l'ASA a voté pour demander le statut formel d'organisation sympathisante au sein de l'Internationale, statut qui avait déjà été accordé à la Gauche socialiste par le 12e congrès mondial,