'EST le gouvernement de Calvo Sotelo qui, en mai 1982,
Palace de te tos do crian tique noed (ocabre de la a décidé l'intégration définitive de l'Etat espagnol dans de la campagne pour les élections législatives d'octobre de la même année, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) utilisa anti-OTAN sentiment populaire pour consultation et accéder au pouvoir. Une fois au gouvernement, le PSOE tergiversa pour convoquer le référendum promis sur cette question. Une majorité d'électeurs semblait en effet favorable au « non » à l'OTAN.
Faisant assaut de démagogie, Felipe Gonzalez parviendra néanmoins à retourner une partie de l'opinion publique lors du
Miguel ROMERO
Il aura fallu que le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez se livre à une manipulation éhontée de l'opinion publique pour qu'il parvienne à outrepasser la majorité réelle qui existe dans le pays contre la participation de l'Etat espagnol à l'OTAN et remporte ainsi le référendum du 12 mars dernier avec une avance de deux millions de voix. Ce faisant il a réussi a faire approuver par une majorité de l'électorat la politique atlantiste qu'il mène depuis son arrivée au pouvoir, et à porter un coup dur au mouvement pacifiste, qui est le principal mouvement politique de masse du pays et le plus grand obstacle que ce gouvernement ait rencontré dans le développement de sa politique pro-ca-
A l'inverse, le gouvernement et le
PSOE lui-même ont subi une importante usure de leur base sociale et surtout, ils ne sont pas parvenus à défaire politiquement le mouvement pacifiste, qui sort donc de ce référendum avec des forces et une volonté de poursuivre le combat et avec tout son capital moral intact.
Dans le cadre d'une compétition absolument inégale et face à tout l'appareil de l'Etat, les 7 millions de votes en faveur du « non » représentent un véritable triomphe. La grande majorité de ces voix exprime de plus une position politique qui se situe clairement à la gauche du
PSOE, ce qui représente le niveau le plus élevé atteint sur ce terrain depuis le début
Cette réalité s'est rapidement imposée sur l'abattement, dès la nuit du 12 mars, surtout une fois connue la nette victoire du « non » en Euskadi, en Catalogne
Le gouvernement du PSOE avait fini par organiser ce référendum après une longue période de doutes, d'hésitations et de débats internes, contraint à cela par le rapport de forces inposé par le mouvement pacifiste. Ne pas organiser ce réféde Felipe Gonzalez référendum du 12 mars dernier. bler le jeu.
remporter cette rendum aurait supposé une très grave dégradation de la situation politique pour le gouvernement et un renforcement du mouvement pacifiste qui aurait encore radicalisé un peu plus ses positions.
Convoquer le référendum et le gagner, telle était donc la seule alternative qui restait au gouvernement pour légitimer l'intégration de l'Etat espagnol à l'OTAN et infliger une défaite au mouvement pacifiste. Le risque d'un échec était néanmoins très grand, mais ce gouvernement avait déjà montré en diverses occasions sa disposition à prendre des risques dans le but de résoudre les problèmes centraux de la bourgeoisie espagnole.
Pour remporter le référendum, le gouvernement a dû s'affronter à la profonde conviction populaire anti-OTAN, sentiment qui fut d'ailleurs l'un des facteurs essentiels du succès du PSOE lors des générales d'octobre 1982. Le PSOE avait du reste laissé entendre à l'époque, avec une ambiguité calculée, que l'Etat espagnol quitterait l'OTAN s'il par-
La question qui a été soumise au vote lors de ce référendum a été élaborée à la suite d'une longue étude utilisant des techniques sophistiquées de marketing, pour produire la plus grande confusion possible dans l'électorat. Ainsi, le mot OTAN, qui a été par ailleurs exclu du langage officiel depuis plusieurs mois, n'apparaît pas dans la question, où il est remplacé par celui d'Alliance atlantique. Et les dirigeants socialistes les plus cyniques, parmi lesquels Felipe Gonzalez en personne, se sont efforcés d'expliquer les subtiles différences conceptuelles entre ces
La question référendaire faisait de plus référence aux trois conditions que le gouvernement s'engageait à respecter à l'intérieur de l'Alliance atlantique : la non intégration de l'Espagne à la structure militaire de l'OTAN, le refus de la présence d'armes nucléaires en Espagne, et la réduction du nombre des troupes américaines installées sur le territoire espagnol en vertu des traités bilatéraux. Enfin, il était par ailleurs affirmé que la victoire du
- La question référendaire
(« Considérez-vous qu'il est dans l'intérêt de l'Espagne de rester dans l'Alliance atlantique aux conditions posées par le gouvernement? » ) était suffisamment équivoque pour trou-
Finalement, le gouvernement remporta une majorité de
« oui » (52,6 % des votants) en faveur de l'acceptation de l'intégration de l'Etat espagnol à l'OTAN, contre 39,8 % de
« non » et 40 % d'abstentions. Toutefois, le vote « non » fut victorieux au Pays basque (65,16 %), en Navarre (52,7 %), en
Catalogne (50,64 %) et aux fles Canaries (49,69 %).
« non » équivaudrait à maintenir totalement en vigueur ces traités bilatéraux avec les Etats-Unis, et partant les bases américaines en Espagne.
La première phase de la campagne électorale socialiste eut comme objectif formel de tenter de convaincre l'électorat des avantages supposés du paradis atlantiste. La grossièreté et la démagogie utilisées par les ministres du gouvernement et les principaux dirigeants du PSOE ont atteint là des degrés qu'il est difficile d'imaginer lorsque l'on n'a pas vécu cette expérience. Dans leur plaidoirie, ils firent successivement appel, pour combattre le
« non », à la menace d'isolement international du pays, au boycott économique occidental qui s'ensuivrait, aux risques pour les libertés démocratiques, et à l'augmentation considérable du chômage.
L'anticommunisme et le patriotisme, jusque-là des caractéristiques de la droite la plus réactionnaire, furent utilisés à fond
Le slogan électoral du PSOE était par ailleurs « Pour l'Espagne, votez "oui"». Des pressions ont été effectuées sur le secteur bancaire pour qu'il diffuse un communiqué signé par les présidents des sept premières banques du pays, soutenant le
« oui » et menaçant le pays des pires désastres économiques en cas de victoire
La démagogie n'eut véritablement pas de limites : le ministre des Affaires
Fernandez Ordonez, en est même venu à affirmer : : « Si le "'non"
il est ridicule de croire que nous pourrons nous maintenir dans la
CEE. » Quant au ministre de la Défense, il affirma que la sortie de l'OTAN ramènerait le pays à l'époque du gazogène, cet appareil qui était utilisé sur les automobiles dans les années 1940 du fait du manque d'essence et qui symbolise, dans le langage populaire, l'arriération et la misére. La manipulation de l'opinion publique, surtout au moyen de la télévision, fut à la hauteur de cette campagne démagogique de grande envergure (1).
Malgré tous les moyens mis en œuvre, cette phase de la campagne fut un échec complet. Les résultats de tous les sondages,
70% des voix recueillies en 1982, où il Roca essaya même de voter « clandestinedans les premiers jours du mois de mars, donnaient une majorité stable contre 'OTAN, avec un total d'intentions de vote qui oscillait entre 8 et 10 millions de
Le PSOE et le gouvernement eurent alors recours au « félipisme », l'unique base politique sérieuse qui lui restait et également l'unique idéologie que ce parti conserve aujourd'hui. Felipe Gonzalez, lors de ses interventions publiques, les derniers jours de la campagne électorale, consacra peu d'efforts à la répétition des thèmes de propagande atlantiste déjà propagés par ses subordonnés. Son rôle ne fut pas de convaincre les Espagnols des I'OTAN, mais d'obtenir que le plus grand nombre possible d'électeurs votent à l'opposé de leurs convictions. Il utilisa pour eux une question déjà célèbre : « Qui gèrera le "non"? » Cette interrogation contenait la menace implicite de sa démission en cas d'échec gouvernemental au référendum et s'appuyait sur l'inexistence d'une alternative politique crédible à la gauche du PSOE. Il faut se rappeler, à ce niveau, que le vote sur l'adhésion de l'Etat espadonna, au Parlement, 97 % de « oui » et 3 % de « non ».
Dans ces conditions, le 12 mars, on ne vota pas tant pour ou contre l'OTAN, mais plutôt pour ou contre la continuité de l'actuel cadre politique et face au risque d'une crise de gouvernement de grande envergure, dont les effets considérables se seraient répercutés sur le régime dans sa totalité. Felipe Gonzalez appela au vote de la peur et celui-ci fut suffisant pour donner la majorité au « oui ». LE ROLE DE LA CLASSE OUVRIERE
Il faut reconnaître que ce chantage particulièrement dans la classe ouvrière. Les meilleurs ré. sultats du « oui » se rencontrent dans les zones les plus arriérées politiquement et dans la majorité des grandes concentrations ouvrières : depuis Getafe à Madrid jusqu'aux quartiers populaires andalous et ceinture industrielle de Barcelone. Dans
Sabadell, le « non » l'emporta grâce au vote bourgeois ou petit bourgeois des habitants du centre de la ville face au « oui » majoritaire dans
Il y a eu quelques exceptions, quelques cas isolés qui ont sauvé l'honneur de la classe ouvrière : dans les agglomérations du bassin minier des Asturies, à Sagunto (ou s'était déroulée une longue et héroïque lutte contre la reconversion industrielle en 1983 et en 1984), dans quelques villages de travailleurs agricoles (journaliers) d'Andalousie et quelques agglomérations de la région de Barcelone. Ces exceptions s'expliquent surtout par des caractéristiques locales relatives à la combativité et à l'organisation des masses dans ces zones.
Ce vote ouvrier est frappant à plus d'un titre. Tout d'abord, si l'on prend en compte le fait que la totalité des syndicats de classe avait appelé au vote « non », y compris le syndicat socialiste de l'Union générale des travailleurs (UGT), bien que dans ce cas il se soit agi d'une prise de po sition formelle sans campagne active. Ensuite, parce que depuis environ deux ans, un important travail de propagande et d'organisation contre l'OTAN a été engagé sur une bonne orientation et avec de bons résultats, spécifiquement en direction des travailleurs. Enfin, parce que les travailleurs ont été les principales victimes de la politique du gouvernement socialiste depuis son avènement en octobre 1982.
La situation de recul politique extrê me dans laquelle se trouve la classe ouvrière espagnole a donc pesé de façon décisive sur son vote au référendum et sur les résultats de celui-ci. Les effets positifs que nous avions attribués sur ce terrain à la grève générale du 20 juin dernier n'ont pas eu lieu (2). La majorité de la classe ouvrière a eu une réaction conservatrice en un moment où il était fondamental qu'elle agisse en accord avec ses intérêts élémentaires. Ceci est le fait négatif des résultats du référendum sur l'OTAN.
COMPOSITION POLITIQUE
Il est intéressant d'émettre une hypothèse crédible bien que sans prétention scientifique, sur la composition politique du vote en faveur du « oui ». Cette hypothèse se présente de la façon suivante : DES VOTES DE VOTANTS Nationalistes petits bourgeois
Remarque : les listes électorales ont aug2 millions de personnes depuis estime que la participation ce secteur a été très forte, probablement au-dessus de 80 %.
En admettant cette hypothèse, le PSOE aurait conservé approximativement remporta 10 millions de suffrages, bien qu'une partie importante aient été des votes honteux d'électeurs conscients du fait qu'ils cédaient à un chantage. Il est à cet égard significatif de constater que, dans la nuit du 12 mars, les vainqueurs du référendum s'enfermèrent dans les locaux du PSOE pour célébrer leur victoire. Dans aucune ville ou village il n'y eut la moindre manifestation de joie dans les rues de la part des partisans du « oui ». Au contraire, ce sont les partisans du « non » qui étaient dans la rue, endoloris par le résultat, certes, mais pas démo-
LES CONTRADICTIONS Les organisations politiques geoises, et surtout l'Alliance populaire (AP) de Fraga Iribarne, sont les principales perdantes de ce référendum. L'AP avait appelé à l'abstention, justifiant cette position pour deux raisons : d'une part, son opposition à la convocation du référendum et, d'autre part, sa volonté de ne pas être liée dans l'avenir par les trois conditions associées à la question référendaire, que ce parti atlantiste considérait comme une « intégration honteuse » à l'OTAN
D'après les calculs effectués à l'issue du scrutin, sur les 5,5 millions de voix obtenues par l'AP aux élections législatives de 1982, environ 3 millions se seraient abstenues cette fois-ci, un million aurait voté pour le « oui », un autre million pour le « non » (l'extrême-droite qui se actuellement politiquement dans les positions défendues par l'AP ap puyait aussi cette option), et 0,5 million aurait voté blanc. Cette hypothèse admise par les dirigeants de la droite. Si ce résultat est déjà mauvais du point de vue électoral, c'est encore pire pour l'AP lorsque l'on se rappelle que l'abstention a été expressément rejetée par les responsecteur bancaire et financier, par la hiérarchie militaire et par les princiToute la campagne de l'AP a d'ailleurs
June image d'incohérence, ce qui constitue une nouvelle preuve de la crise de direction de la droite espagnole, laquelle a un sombre avenir devant elle pour les prochaines élections législatives
L'incohérence a été encore plus évidente chez les partis bourgeois du centre, qui ont une importance considérable sur l'échiquier politique espagnol, parce que l'unique possibilité sensée de constitution majorité électorale ayant des chances de déloger le PSOE repose sur l'émergence d'un puissant parti bourgeois centriste capable de s'allier à
Get aux autres partis nationalistes bourgeois. Les principaux leaders de ce courant politique, Adolfo Suarez, du Centre démocratique et social (CDS), et Miguel Roca, dirigeant nationaliste bourgeois catalan, ont adopté une position ambiguë lors de ce référendum, en votant individuellement « oui », mais sans oser le défendre en public, à tel point que Miguel ment » en se cachant de la presse et des
Les partis nationalistes bourgeois ont probablement connu un échec moins important. Aussi bien le Parti nationaliste basque (PNV) que la formation catalane Convergencia i Unio (CiU), sont des atlantistes convaincus. Mais, d'une part, ils savaient que la grande majorité de leur base voulait voter « non » au référendum (plus comme un vote sanction contre le PSOE que pour des raisons de conviction anti-OTAN) et, d'autre part, ils considéraient comme positif pour leurs intérêts le fait
1. Le quotidien El Pais a effectué une étude selon laquelle la télévision a octroyé, pour la campagne sur le référendum, son temps aux partisans du « oui », 24% à ceux du « non » et 19 % aux abstentionnistes.
2. La grève du 20 juin 1985 a été la première grève générale depuis les élections de 1977 suivant la mort de Franco. Elle était orgaà l'appel des Commissions ouvrières (CCOO) et a connu une importante participation.
qu'en Catalogne et en Euskadi il y ait une majorité de « non ». Sur ce second point, ils se sont probablement trompés : la victoire du « non » en Catalogne et surtout en Euskadi, où elle a été écrasante, affaiblit sérieusement la légitimité de l'intégration à l'OTAN et produit une radicalisation nationaliste difficilement contrôlable par ces partis. De toute manière, les directions du PNV et de CiU ont voté pour le « oui » sans se dissimuler, et selon une estimation raisonnable, leurs électeurs de 1982 se seraient répartis pour moitié entre le « oui » et le « non ».
7 MILLIONS DE « NON » Le mouvement pacifiste a confirmé durant la campagne électorale la réalité de son enracinement social, sa capacité à unir dans l'action politique des millions de personnes appartenant à des courants politiques les plus divers, en recueillant le meilleur, c'est-à-dire le secteur le plus actif de la société, et spécialement de la jeunesse (3). Le poids et l'autorité politiques conquis en son sein par la gauche radicale depuis 1981 ont été un facteur essentiel pour donner à ce mouvement son caractère combatif, actif, organisé et lui conférer un profond contenu antimilitariste et anti-impérialiste qui le caracté-
Le 12 mars, le mouvement pacifiste a obtenu une victoire morale au plein sens du terme. Il a montré au reste de la société l'immoralité des vainqueurs du référendum, ce qui a contribué à affaiblir la légitimité que le PSOE entendait donner à la majorité favorable au « oui ». Il a aussi réalisé une dénonciation pratique de la démocratie bourgeoise, expérience plus utile qu'une tonne de propagande, en faisant la démonstration qu'une position qui représentait à peine 3 % des voix au Parlement en obtenait en fait plus de 40 % dans un référendum où seule la capacité de manipulation aux mains du pouvoir l'empêcha d'obtenir la majorité qu'elle représente réellement dans la société.
Aux îles Canaries, en Catalogne et en Euskadi, la victoire du « non » a non seulement été un succès politique, mais aussi une victoire dans les urnes. Aux îles Canaries, les causes principales de cette victoire se trouvent dans la conscience antimilitariste développée du peuple canarien, face aux désordres occasionnés par les troupes de la légion qui y sont installées et aux menaces que les îles se convertissent en un porte-avion de l'OTAN dans l'Atlantique.
En Catalogne et en Euskadi, la presse a essayé d'expliquer le résultat électoral par la tolérance des partis nationalistes bourgeois, PNV et Ciu, à l'égard du vote « non ». Il est certain que Pujol et Arzallus, leurs dirigeants, ont évité de s'opposer à la volonté majoritaire de leurs bases électorales respectives « non ». Mais ce qui explique véritablement les résultats du référendum dans ces deux nations, c'est justement l'existence dans chacune d'entre elles d'une profonde conscience nationale qui donne à la société une articulation politique et une capacité de résistance face aux pressions du pouvoir central. En Euskadi, il faut noter, en plus du travail effectué par les organismes unitaires de mobilisation anti-OTAN, le rôle joué par l'organisation nationaliste révolutionnaire Herri Batasuna (HB), une force politique militante ayant une influence de masse, engagée pleinement dans la lutte pour le « non » et capable de défendre cette position de manière homogène dans chaque village, chaque quartier
Ces résultats renforceront la lutte pour la souveraineté nationale, et il faut s'en féliciter. Par la même occasion, ils ont créé des liens de sympathie et de respect réciproques entre les champions du « non » et les autres peuples de l'Etat. C'est un acquis de valeur pour les luttes
Enfin, une estimation approximative de la composition politique de l'électorat favorable au « non » donne des indications intéressantes, en même temps que des espoirs pour l'avenir :
DE VOTANTS
Personnes ayant voté pour le
Parti communiste espagnol et organisations d'extrême gauche présentes aux élections de 1982 1 million
Cette importance du vote des jeunes se confirme de manière particulièrement claire dans les régions où le « non » a
On peut ajouter que sur ces 7 millions de votes « non », au moins 3 millions d'électeurs ont exprimé non seulement une opposition de gauche au PSOE mais, qui plus est, une rupture politique globale avec ce parti. On ne peut pas pour autant faire de prévisions sur ce qu'il adviendra de ce secteur dans le futur, et encore moins sur le type d'expression élecpourra adopter à l'avenir. Mais si l'on se rappelle la situation de prostration et de marginalisation dans laquelle l'extrême gauche se trouvait depuis 1980, on peut affirmer qu'il est apparu un début de recomposition reelle, ce qui constitue l'apport le plus important du mouvement anti-OTAN à la réalité politi-
On ne pourra comprendre les effets en profondeur de ce référendum, d'un point de vue positif comme d'un point de vue négatif, qu'à moyen terme. Ce n'est donc pas, pour l'instant, le moment de sur l'avenir, surtout à l'orée de la période pré-électorale assez confuse qui s'annonce en prévision des élections législatives qui doivent avoir lieu en octobre 1986.
Le gouvernement va essayer de gérer avec prudence les résultats de ce référendum, pour se donner le temps de récupérer l'érosion électorale qu'il vient de subir tout comme le PSOE. Il n'y a pas à attendre, en tout cas, une passivité de sa part : il cherchera par tous les moyens à concentrer l'attention générale, et tout spécialement celle du mouvement pacifiste, sur les préparatifs électoraux, sachant qu'en ce domaine il est le plus fort et l'extrême gauche combative la plus faible. Il réagira probablement avec dureté à la réapparition dans la rue d'un mouvement pacifiste qui lui démontrera ainsi dans les faits les limites de sa victoire électorale.
Au sein du mouvement pacifiste, il existe une volonté massive de poursuivre la lutte en l'adaptant aux nouvelles conditions. Il a déjà été décidé de lancer une campagne intitulée « En primavera, bases fuera » («Au printemps, dehors les bases militaires »), qui comprendra une sixième marche sur Torrejon, localité où se trouve la principale base militaire américaine et lieu d'origine du mouvement anti-OTAN lors de la première marche en 1981. Le grand défi qui se pose maintenant est de maintenir au mouvement pacifiste son caractère de masse, unitaire, organisé à la base et combatif, alors que n'existe plus l'objectif sur lequel il avait focalisé son action ni l'instrument pour sortir de POTAN, à savoir le référendum.
De plus, la victoire électorale du gouun changement dans la situation générale, qui affectera l'ensemble des tâches des révolutionnaires. Il est évidemment plus facile de répondre aux tâches immédiates destinées à donner une continuité à la bataille anti-OTAN, en développant son contenu antimilitariste, son contenu de solidarité anti-impérialiste, ... que de parvenir à des conclusions sur le terrain de la politique générale. Un certain temps de d'aborder ce thème.
Ce qu'il est d'ores et déjà possible de dire, c'est qu'il y avait des gens qui pensaient que le référendum était l'ultime bataille de la transition post-franquiste et qu'une défaite produirait une démoralisation massive qui nous ramènerait aux pires moments des années 1980-1981. Cela n'est absolument pas la situation que l'on ressent aujourd'hui en Espagne. Les centaines de réunions de bilan des collectifs pacifistes qui se sont déroulées à la suite du scrutin ont exprimé au contraire beaucoup de courage et de volonté de poursuivre la lutte. C'est aussi l'esprit qui règne dans la Liga Comunista Revolucionaria (LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol. Sur la « une » de notre journal Combate, nous avons résumé en une phrase, à l'adresse des vainqueurs du référendum du 12 mars, notre détermination et celle des secteurs les plus combatifs du mouvement anti-OTAN : « Nous nous retrouverons face à face ! »•
Miguel ROMERO, Madrid, 18 mars 1986. 3. Pour une analyse de l'évolution du mouvement pacifiste et de ses mobilisations anti-OTAN, se reporter à Inprecor numéro 199 du