D'une manière plus générale l'offen- les sinistrés, en majorité des gens pauvres,
COLOMBIE
N dépit de la demande adressée au gouvernement par le
• cesse le feu, afin d'entamer un dialogue et de trouver une solution correcte à la prise du palais de Justice par le Mouvement du 19 avril (M-19) au début de novembre 1985, la réponse du gouvernement fut de faire donner l'assaut, causant ainsi la mort des occupants, aussi bien des otages que des guérilleros.
Ce fait marqua un virage à 180 degrés dans le style du président Belisario Betancur, qui s'était signalé dès le début de son mandat par l'ouverture d'un dialogue, puis par la signature
Dario CALDAS
L'action militaire contre le palais de
Justice, en application du principe de la terre brûlée, n'est rien moins que l'amorce d'un plan systématique d'attaques contre le mouvement syndical, démocratique et révolutionnaire. Celui-ci vise à démobiliser et à paralyser toute possibilité de protestation contre l'imposition de mesures antipopulaires exigées par le Fonds monétaire international (FMI) que le gouvernement applique à la lettre. Il s'agit de faire un exemple pour ceux d'en bas, de démontrer que le régime n'est pas disposé à faire plus de « concessions »
(comme s'il en avait déjà faites).
L'OFFENSIVE MILITARISTE
DU RÉGIME
De nombreux dirigeants révolutionnaires et populaires ont été la cible des attaques du régime contre le mouvement ouvrier, comme en témoignent les exactions anti-ouvrières et populaires, qui ont été nombreuses ces derniers temps:
l'assassinat en plein centre de Bogota du porte-parole du Parti communiste colombien marxiste-léniniste (PCCML) et de l'Armée populaire de libération (3), Oscar
William Calvo ; le meurtre à Barranca
(province de Santander) de Ricardo Lara
Parada, qui fut l'un des fondateurs de l'Armée de libération nationale (ELN) (4)
et avait réussi à obtenir un siège au conseil de Barranca, ceci moins de
10 jours après les événements du palais de
Justice ; la militarisation des villes et des campagnes ; les projets d'attentat contre les dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) (5) ;
l'escalade terroriste contre les organisations syndicales classistes avec l'assassinat de dirigeants connus ; l'explosion d'une bombe au siège du Parti communiste à Bogota au moment même où se tenait le congrès de l'Union patriotique
(UP) (6).
de Belisario Betancur
du fameux état de siège (2). sive contre les guérillas dans tout le pays démontrent clairement que le gouvernement a opéré un tournant dans son orientation politique et ses relations avec les forces de la guérilla et le mouvement de masse. Il faut souligner que le nouveau comportement du régime n'est pas le résultat d'une poussée des militaires « putschistes » contre Belisario « civiliste ». C'est une réponse de la bourgeoisie et des classes dominantes dans leur ensemble, avec l'appui de la presse, des directions politiques des partis libéral et conservateur, du clergé, des ex-présidents et des candidats des partis traditionnels, des associations d'industriels, de commerçants, d'agriculteurs et d'éleveurs, et même du Parlement.
Cette unité du front bourgeois autour du gouvernement se renforça au moment de l'éruption du volcan Arenas, qui se solda par la mort de 20 000 personnes au moins et par des milliards de pesos de pertes matérielles. A ce propos, il faut remarquer que les aides reçues, spécialement l'argent, tendent à être canalisées vers les producteurs capitalistes de café et les entreprises de construction de la zone affectée, alors que dans le même temps
1. Cet article est tiré du numéro du 10 janvier 1986 d'Inprecor (sélection en espagnol pour l'Amérique du Sud) publié en Uruguay.
2. Le décret instituant l'état de siège délègue des attributions particulières au gouvernement, et de manière aux militaires. D'un point de constitutionnel, l'instauration de l'état de siège a un caractère transitoire. Néanmoins, en Colombie, il est permanent et, sans lui, les classes dominantes ne gouverneraient pas avec autant de certitude.
3. Le PCCML est une organisation d'origine maoïste. L'ELP en est la branche militaire. L'ELP signa en 1984 des accords avec le gouvernement, qu'il considère à l'heure actuelle comme virtuellement rompus. Cependant, cette organisation maintient sa participation à la Commission de la paix constituée par le gouvernement. Pour ce motif, l'ELP considère qu'elle respecte la trève signée et que ses actions sont de caractère défensif face aux attaques de d'accords de cessez-le-feu avec les groupes guérilleros. Les événements vécus lors de ces journées des 6 et 7 novembre marquent donc un changement dans le comportement du régime.
A partir de cette date, « Colombia no sera la misma » (« la
Colombie ne sera plus la même ») aux yeux des champions de la démocratie formelle qui voient dans l'action de l'armée une simple « ingérence » et un affront envers le pouvoir judiciaire (1). Ces événements démontrent que le pouvoir réel et la prise des décisions importantes pour le pays sont aux mains de l'Exécutif, renforcé par les attributions exceptionnelles reçoivent seulement les miettes : vêtements usagés et vivres de qualité médiocre. La voix des sinistrés réclamant un contrôle de l'aide reçue restera, une fois de plus, sans écho.
Il est important de noter qu'au moment même où se propageait toute une campagne idéologique d'unité nationale autour du désastre enduré par la population de la ville détruite d'Armejo et de ses environs, se mettait en place le plan des assassinats de dirigeants révolutionnaires que nous avons signalé plus haut.
Et cette offensive terroriste ne suscita par contre pas le moindre écho dans la presse.
TURBAY AYALA,
BELISARIO BETANCUR
ET LE MOUVEMENT DE MASSE
En fait, ce nouveau comportement du régime ne s'est pas produit d'un coup.
Il résulte de la nature même du systeme politique colombien, qui a toujours su conjuguer demagogie et repression, un régime caractérisé par le monopole bipartite profondément antidémocratique dans lequel la caste militaire a joué un rôle prépondérant dans la prise des décisions l'armée.
4. L'ELN est une organisation d'origine castriste surgie au cours des années 1960. Elle n'a pas participé aux négociations et aux accords avec le gouvernement. Ricardo Lara Parada, l'un de ses fondateurs, fut emprisonné après la déroute subie par l'ELN en 1973, puis amnistie, et il constitua ensuite un mouvement de masse large, ce qui le conduisit à sièger au conseil municipal de la ville de Barranca (province de Santander).
FARC, aile militaire du PC stali-
5. Les nien, sont le mouvement le plus ancien de la guérilla colombienne
6. L'Union patriotique (UP) est un mouvement politique créé par les FARC après les accords signés par cette dernière organisation avec le gouvernement. L'UP est en fait impulsée par le PC. Au cours de son premier congrès, elle proposa la candidature présidentielle de Jacobo Arenas, un ancien dirigeant des FARC.
politiques les plus cruciales. Enormément avantagée par le régime de l'état de siège, la caste militaire a imposé son rythme à la politique de paix de Belisario. La nouvelle situation qui se dessine aujourd'hui poursuit la politique du gouvernement Turbay Ayala (au pouvoir jusqu'en 1982), politique caractérisée par la torture, les attaques contre le mouvement démocratique et, d'une manière générale, par la violation des droits de l'homme les plus élémentaires. En son temps, Turbay lâcha la bride aux oganisations para-militaires. Ensuite Belisario ne leva pas le petit doigt pour les démanteler et il les utilise maintenant contre les révolutionnaires. Un recensement des disparus durant le gouvernement de Belisario Betancur stupéfierait n'importe quel démocrate étranger.
Dès le début de son mandat, Belisario prit conscience de la grave crise économique qui menaçait son gouvernement et, immédiatement, il consolida son alliance avec le Front syndical démocratique, créé durant le gouvernement de Turbay en vue de maintenir la division des travailleurs et d'imposer les mesures d'austérité (7). Par le biais de sa politique de concertation, Belisario parvint à contourner les premières velléités de mécontentement du mouvement syndical et finalement remit le ministère du Travail à un « dirigeant ouvrier » du syndicalisme prétendûment démocratique. Cette manière de distinguer un syndicalisme « démocratique » et un syndicalisme « subversif » avait (et a toujours) comme objectif d'offrir une apparence de légalité à la persécution et aux attaques contre le mouvement syndical lutte de classe.
Et, tout aussi symptomatique est le fait que les syndicats manufacturiers, de grande importance du point de vue de l'économie nationale, regroupés dans ce fameux syndicalisme « démocratique », furent les plus touchés par la politique gouvernementale tant sur le plan salarial qu'au niveau des prestations sociales, qui engendra un processus de désaffection des travailleurs par rapport à de telles centrales « démocratiques » ou d'apparition d'importants courants d'opposition antibureaucratique. Les touchées par la politique salariale furent les fonctionnaires, regroupés en majorité à la Fédération nationale des travailleurs au service de l'Etat (FENALTRASE), à la Fédération colombienne de l'éducation (FECODE), qui regroupe les syndicats d'instituteurs et de professeurs de tout le pays, et à la Fédération nationale des syndicats des travailleurs publics (FENASINTRAP), qui regroupe les syndicats des entreprises de l'énergie électrique et des entreprises publiques municipales, etc. La mobilisation dans ce secteur fut significative, allant même jusqu'à la grève, mais sans réussir à infléchir la politique gouvernementale. Les initiatives du mouvement syndical et populaire au printemps 1985 visant à contrer cette politique, organisant la protestation en une grève civique nationale le 20 juin furent torpillées autant par les centrales « démocratiques » que par la militarisation.
Le processus de dispersion des forces qui s'amorça alors au sein du mouvement ouvrier prit une ampleur jamais connue, après que le gouvernement eut suspendu les procurations juridiques aux syndicats qui avaient pris la tête de la protestation. La tentative de rassemblement du mouvement syndical classiste pour la création d'une centrale de lutte de classe fut grandement affectée par le reflux du mouvement syndical dans son ensemble. Elle resta cantonnée au niveau de discussion dans des collectifs régionaux sans concrétisation réelle. Jusqu'à la Confédération syndicale des travailleurs de Colombie (CSTC), centrale contrôlée politiquement
PC, qui montra peu d'intérêt initiative, attendant que mouvement syndical indépendant, regroupant l'ensemble des syndicats non affiliés aux quatre centrales existant dans le pays, se trouve dans l'obligation d'intégrer ses
Le mouvement paysan jouit d'une plus importante dynamique de mobilisation, réalisant des occupations de villes importantes, présentant à cette occasion ses de meilleures conditions de crédit, la construction de routes, sanitaires, s'opposant ainsi frontalement à toute la politique gouvernementale de réduction des budgets sur ces sujets. Mais de telles luttes ponctuelles et discontinues se sont cognées à un mouvement syndical passif. Plus d'une fois, le mouvement paysan, au cours de telles actions, réussit tout au plus qu'à rencontrer une solidarité de type économique et moral auprès des travailleurs urbains. Le régime colombien se militarise. (DR)
Même scénario en ce qui concerne les luttes municipales en faveur d'améliorations des services publics et pour la baisse des tarifs. Les grèves civiques déclenchées en différents points du pays n'ont pas eu de prolongement national, démontrant clairement ainsi le manque d'unité et de cohérence du mouvement syndical. A la base de ces manifestations de protestation, on trouve les effets des mesures du FMI appliquées aux secteurs des services et qui impliquent une augmentation des recettes pour « payer » la dette extérieure qui se monte, pour le seul secteur public, à quelques 13 milliards de dollars. LA CRISE DE LA POLITIQUE DE PAIX
ET LA DISPERSION DE LA GAUCHE
L'état du mouvement syndical est une réussite pour le gouvernement de Belisario Betancur. Celui-ci est en effet l'artisan de cette dispersion du mouvement ouvrier et populaire, en dépit du fait que les conditions objectives pour la mobilisation et la protestation populaire sont plus que réunies. Belisario Betancur a également reussı a atomiser l'avant-garde, qui appréhenda de manière différenciée l'évolution du style du gouvernement Betancur au début de son mandat. C'est pourquoi la réponse de cette avant-garde fut à la fois diverse et contradictoire.
Le Parti communiste donna son aval sans réserve à Belisario Betancur, favori-
7. Le front syndical « démocratique » regroupe la Confédération des travailleurs de Colombie (CTC), l'Union des travailleurs de Colombie (UTC) et la Confédération générale du travail (CGT).
sant ensuite un accord entre le gouverne. ment et les FARC en dehors de l'ensemautres forces de guérilla également intéressées par un accord de cessez-le-feu et d'amnistie. De sorte que cela donna lieu à l'adoption d'accords séparés pouvoir et les différentes forces gouvernement utilisa ce fait pour diviser le mouvement guérillero, en obtenant des engagements différents et tout aussi difficiles à concrétiser avec les uns qu'avec les autres.
C'est pourquoi la rupture de fait de ces accords par le gouvernement ne rencontra pas de réponse unitaire des forces de guérilla, laissant ainsi la voie libre à l'initiative gouvernementale, avec le résultat que l'on sait : l'action désespérée du M-19 de prendre le palais de Justice pour obliger le gouvernement à honorer les accords passés. Cette action, nous, socialistes révolutionnaires, l'avons condamnée parce qu'elle ne correspond pas à l'état du mouvement de masse, pas plus qu'elle ne correspond d'ailleurs aux méthodes de lutte des travailleurs et des masses, ni au niveau de conscience de ces dernières. Une telle action a au contraire servi de prétexte au régime pour justifier ses attaques contre le mouvement ouvrier et populaire, pour consolider politiquement le front des oppresseurs et pour dissimuler ses prétentions à vouloir créer un espace politique propice permettant d'imposer des mesures économiques, politiques et sociales qui lui garantissent son maintien en tant que classe dominante et satisfassent les diktats de la grande banque impérialiste auxquels il s'est engagée à se soumettre.
La politique de paix de Belisario Be. tancur, qui fit tant de bruit et bénéficia d'un tapage publicitaire sans précédent, se trouva donc démasquée une fois de plus. Les plans de réformes politiques progressives qui furent alors annoncés et devaient créer les conditions nécessaires à la bonne application de cette politique de paix ne virent pas le jour. Bien au contraire, le Parlement ratifia des « réformes » agraire, administrative, des partis, de la justice, d'inspiration clairement réactionnaires, en se moquant ouvertement du pays. Il vida ainsi de leur contenu les pers. pectives qu'il avait lui-même suscitées en paroles. Les fameuses « commissions de paix », structures de dialogue avec la guérilla, n'eurent jamais de pouvoir de décision. Elles se transformèrent en organes semi-institutionnels au service de politique du régime, tandis que les militaires, en se refusant à établir le dialogue avec le M-19 justifièrent de fait le massacre commis par le gouvernement au palais de Justice.
LA CAMPAGNE ÉLECTORALE
ET LA POSITION DES SOCIALISTES
RÉVOLUTIONNAIRES C'est dans le contexte du nouveau comportement du régime que se déroule la campagne de mars 1986 pour l'élection des conseils municipaux, des députés départementaux, de la Chambre et des sé. nateurs, ainsi que celle du président de la République de mai prochain. Cette campagne est agitée par le débat sur les grands grands problèmes auxquels fait face le problèmes pays et met sur le tapis le problème du pouvoir (8).
Pour les élections présidentielles, la bourgeoisie propose trois options, toutes trois destinées à perpétuer le systeme bipartite par lequel la vie politique du pays est dominé par les partis libéral et conservateur. Ses programmes vont dans le sens de la défense des intérêts des capitalistes et des propriétaires terriens, se différenciant entre eux par la coloration plus ou moins vive donnée à la façade populiste et de « moralisation » des institutions.
Alvaro Gomez Hurtado a été désigné par la convention du Parti conservateur, sans la plus légère discussion programmatique, se limitant dans ses discours à l'appel à la défense des institutions et à la solidarité autour du président Betancur. J. Emilio Valderrama retira sa pré-candidature au bénéfice de Gomez sans aucune
Le candidat du Parti libéral, Virgilio Barco Vargas, reste enfermé dans les promesses éculées du libéralisme d'offrir, par sa seule venue au pouvoir, une solution aux énormes problèmes des masses. Virgilio et le courant libéral en général, centrent leur discours électoral sur la nécessité du vote de la majorité des électeurs et sur la « reconquête du pouvoir » par
Luis Carlos Galan Sarmiento, candidat du Nouveau libéralisme, une dissidence du Parti libéral, affirme quant à lui vouloir retoucher les institutions en les « moralisant ». Il pose le problème de la nécessité de créer un mouvement se situant « au-dessus des partis » autour de sa candidature. Galan, tout en critiquant certains aspects secondaires du gouvernement Betancur, le soutient en fait dans ses grandes lignes. Galan sait qu'il n'a aucune chance de remporter la présidence de la République avec les seules forces du Nouveau libéralisme. Aussi tente-t-il de rechercher des alliés du côté du mouvement ouvrier et populaire et il y est parvenu en partie. Ainsi, les directions du Mouvement Camilo Torres et du mouvement Firmes considèrent-ils avec sympathie la proposition de Galan de se situer « au-dessus des partis ». Le Parti communiste et l'Union patriotique ont établi des accords avec le Nouveau libéralisme dans différents départements pour les élections générales, et si un accord électoral n'a pu être conclu pour la campagne présidentielle, c'est simplement parce qu'ils n'ont pas réussi à surmonter quelques obstacles. Mais il existe en principe une volonté du PC-UP d'avancer dans ce sens.
Les socialistes révolutionnaires du Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section colombienne de la IVe Internationale, ont quant à eux combattu pour la formation d'un front de la gauche et des organisations de masse pour affronter les candidatures de Gomez, Barco et Galan. Le front de lutte qui a réussi à se constituer pour la préparation et la réalisation de la grève civique nationale du 20 juin 1985 était un bon point de départ pour avancer dans cette direction et prolonger de cette manière la lutte sur un plan politique. Néanmoins, cette perspective politique n'a pas pu se matérialiser, tant du fait de l'aval accordé aux projets de Galan par d'importants secteurs du mouvement populaire que du fait des tergiversations du PC-UP. A cela se sont ajoutées des positions infantiles en faveur de l'abstention, prônée par des organisations importantes comme le PCCML et d'autres groupements et fractions du vaste éventail de la gauche colombienne.
Au point où en sont les choses sur le plan électoral, seul le PC-UP défend un projet qui offre aux socialistes révolutionnaires, même de manière déformée, un espace pour le développement de leur propagande et de leurs propositions politiques pour faire face à la conjoncture actuelle. C'est pour ces raisons que le PSR appuie la candidature de Jacobo Arenas de l'UP aux élections présidentielles, de même que la plate-forme démocratico-ré. volutionnaire de l'UP, mais ne se joint pas à elle tant que l'UP maintiendra en diverses régions des accords électoraux avec des secteurs favorables au bipartisme et à ses dissidences. Là où l'UP n'aura pas conclu de tels accords, le PSR favorisera des alliances qui garantissent l'indépendance du mouvement des masses sous le sigle UPPSR. Cependant, tout en développant une telle orientation politique, le PSR maintiendra ses critiques des inconséquences
Les revendications suivantes synthétisent les axes essentiels de l'intervention politique des socialistes révolutionnaires dans le contexte actuel :
- levée immédiate de l'état de siège, pour la démilitarisation des campagnes et des villes, pour le respect des droits à l'organisation des travailleurs et des masses opprimées, pour de pleines garanties démocratiques;
- pour le non paiement de la dette extérieure et pour la mise en place d'un plan ouvrier qui fasse front à l'actuelle crise de l'économie colombienne ;
- pour la recomposition du mouvement ouvrier et populaire qui permette de répondre à la politique du régime en matière économique et sociale ;
- pour la convocation d'une Assemblée constituante démocratique et populaire qui légifère sur les principaux problèmes nationaux, qui propose une solution à la volonté ressentie par le pays de démocratiser la société, unique gage de garantie pour l'impulsion des réformes politiques.
Dario CALDAS, Bogota, ler décembre 1985. 8. Les élections générales - au Congrès et au Sénat, ainsi que pour les assemblées départementales et municipales — ont eu lieu le 9 mars dernier. Elles constituaient en quelque sorte des primaires des présidentielles qui doivent se dérouler le 25 mai prochain. C'est l'opposition libérale au régime conservateur de Belisaro Betancur, qui a remporté le scrutin obtenant à elle seule autant de voix que les conservateurs, les élus du Nouveau libéralisme et l'Union patriotique réunis. Néanmoins, le taux d'abstention a frôlé les 50 %.