Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PHILIPPINES

Les partis politiques aux Philippines

Inprecor n° 217, 14 avril 1986 · p. 6 · 524 mots

Philippines et Asie du Sud-Est

Les partis politiques aux Philippines Deux grands partis bourgeois se succédaient au pouvoir, dans les Philippines d'avant la loi martiale : le Parti libéral et le Parti nationaliste. Après être passé du premier au second en 1965, pour assurer son élection à la présidence, Ferdinand Marcos a détruit l'ancien système bipolaire en imposant, sous la loi martiale, son propre mouvement : le Mouvement pour la nouvelle société (KBL). Les principaux partis légaux sont aujourd'hui :

- L'Organisation unie démocratique et nationaliste (UNIDO). Constituée en août 1980, l'UNIDO est un regroupement d'une douzaine de groupes politiques, généralement conservateurs, dont les restes du Parti nationaliste et du Parti libéral. Sont membres de l'UNIDO : Salvador Laurel (Vice-président, premier des Affaires étrangères), Rogaciano Mercado (ministre des Travaux publics), Alberto Romulo (ministre du Budget), Ernesto Maceda (ministre des Ressources naturelles). Il reste à voir si l'UNIDO, une coalition, se constituera en un véritable parti.

— Le Parti nationaliste. C'est sous sa bannière que Marcos a été élu président en 1965. Dirigé par les frères José et Salvador Laurel, ce dernier a rompu en 1979 avec Marcos pour devenir l'année suivante le représentant de l'UNIDO.

- Le Parti libéral. Benigno Aquino en fut le secrétaire général et Gerardo Roxas le président. Sous la loi martiale, ce parti s'est divisé en deux avec une aile progressiste représentée par l'ancien président Diosdado Macapagal et Jovito Salonga (aujourd'hui à la tête de la commission présidentielle pour un gouvernement propre). L'aile droite est identifiée à Eva Estrada Kalaw, ancienne sénateur qui se présenta aux élections parlementaires de 1984 sous le drapeau de l'UNIDO, malgré les consignes de boycott du président du PL, Salonga, alors en exil aux Etats-Unis.

- Le Parti démocratique philippin-Combat (PDP-Laban). Ce parti provient de la fusion de deux organisations d'opposition à Marcos : le Laban, constitué en 1978 par Benigno Aquino, mari défunt de l'actuelle présidente des Philippines, arrêté en 1972 par Marcos, toujours en détention en 1978, libéré en 1980, assassiné en 1983 ; et le Parti démocratique philippin, fondé en février 1982, fortement influencé par le courant dit social-démocrate, d'origine chrétienne (1). Sont membres du PDP-LABAN : Aquilino Pimentel de la province de Cagayan de ministre de l'Administration locale), Ramon Mitra, rancher de Palawan, (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation).

- Des mouvements régionaux : l'Alliance de Mindanao, dirigée par Homobono Adaza, province de Misamis oriental ; le Parti des citoyens concernés (CCP) de César Climaco, maire de Zamboanga (Mindanao), assassiné en novembre 1984 et Panag-hiusa (Unité) à Cebu.

- le KBL, créé par Marcos, est aujourd'hui en pleine crise. Juan Ponce Enrile (ministre de la Défense) en était membre. Actuellement dirigé par José Rono et César Virata (ancien Premier ministre sous le régime de Marcos).

- Le Parti nationaliste des Philippines (PNP). Créé le 15 mars 1986 par Blas Ople (ancien ministre du Travail de Marcos et dirigeant du KBL), reprenant le nom de l'ancien Parti nationaliste des frères Laurel.

Nous ne. mentionnons pas ici les partis et mouvements extra-parlementaires. 1. Sur le courant social-démocrate, voir l'article de Paul Petitjean « Après la chute de Marcos », paru dans Inprecor numéro 215 du 17 mars 1986.

Une erreur sur cette page ?