Les syndicats aux Philippines Les structures d'ensemble du mouvement syndical philippin peuvent se modifier profondément à la suite de la chute du régime Marcos. Les principaux regroupements sont les suivants :
- Le Mouvement du Premier mai (Kilusang Mayo Uno, KMU). Créé en 1980, c'est le principal centre syndical « de lutte de classe », militant et indépendant du régime. Comptant 50 000 adhérents à sa création, il en annonce 500 000 en 1985. Il regroupe des fédérations, des unions régionales, des syndicats indépendants. Il n'est membre d'aucune confédération mondiale mais a été reconnu par un certain nombre de confédérations nationales (ICTU d'Irlande, NZFL de Nouvelle-Zélande, ACTU d'Australie, CGIL d'Italie). Secrétaire général : Rolando Olalia, successeur de son père, Felixberto. Le KMU est présent dans le secteur industriel, minier et dans les plantations (1).
- Le TUPAS a été créé en 1972 par Bonifacio Tupaz. Il annonce en 1985 120 000 adhérents. Il est membre de la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont le siège est à Prague et dont sont membres tant les syndicats des pays de l'Est, que d'autres comme la CGT française.
- La Fédération des travailleurs libres (FFW). Créée en 1950 par des Jésuites américains dans le contexte de la guerre froide. Après avoir soutenu le régime Marcos, elle s'en est distanciée dans les années 1980. Membre de la Confédération mondiale du Travail (CMT, chrétienne) et soutenue par la Fondation Konrad Adenauer (ouest-allemande).
— La Confédération des syndicats philippins (TUCP). Organisée en 1975 par le régime Marcos sous la loi martiale. Elle annonce en 1985 1 200 000 membres. Elle est dirigée par Democrito Mendoza et membre de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) comme FO en France et l'AFL-CIO aux Etats-Unis. Très compromise par sa collaboration avec le pouvoir durant une décennie.
— Des « alliances syndicales » ont vu le jour, avec la radicalisation des luttes sociales aux Philippines : le PMP (Pagkakaisa ng Manggagawang Pilipino - Unité des travailleurs philippins) en 1981 qui comprend le KMU, le TUPAS et des syndicats indépendants. Cette alliance est dissoute par le pouvoir en 1982, ses sont arrêtés. En 1984, la PKMP (Pambansang Koalisyon ng mga Manggagawa Laban sa Kahirapan - Coalition nationale des Travailleurs contre la pauvreté) voit le jour. Elle regroupe les mêmes organisations que le PMP et élargit son audience aux fédérations dissidentes de la FFW et du TUCP.
1. Voir l'interview de Rolando Olalia publiée dans Inprecor numéro 186 du 17 décembre 1984.