L'extrême gauche dans son ensemble a subi un échec électoral. Alors qu'elle a parfois atteint le million de voix dans de précédentes consultations électorales, elle ne rassemble au total, cette fois-ci, que 450 000 voix.
Dans cette élection à un tour, la logique du « vote utile » a joué à plein en faveur du PS, d'autant plus que l'extrême gauche se présentait dans une situation caricaturale de division, incompréhensible pour la plupart des électeurs susceptibles de s'intéresser à ses propositions. Dans beaucoup de départements, on a ainsi vu une concurrence des listes du Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT) impulsées par le Parti communiste internationaliste (PCI) lambertiste, de Lutte ouvrière (LO), de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ou « alternatives », à quoi s'ajoutaient parfois des listes « Verts-Alternatifs ».
LO, seule organisation à avoir su depuis longtemps consolider un petit électorat, voit ses résultats reculer, mais obtient les meilleurs scores de l'extrême gauche (1,07 % en moyenne dans les départements où elle était en concurrence avec d'autres listes d'extrême gauche). Le MPPT, présent dans tous les départements, recueille 0,59 % des voix en moyenne. Les listes « alternatives », présentes dans quelques départements, rassemblent 0,92 % des voix. Les listes LCR seule, présentes dans 20 départements, recueillent
L'échec de l'extrême gauche en moyenne 0,27 % des voix.
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Sur 30 départements où étaient présentes aux législatives entre 2 et 4 listes d'extrême gauche, celle-ci rassemble au total 257 106 voix, soit 2,03 %. Les listes présentes aux élections régionales ont fait des scores légèrement supérieurs, au total entre 0,47 % et 5,26 %, sans que cela ne modifie qualitativement le tableau d'ensemble.
Ces résultats, et les limites rencontrées dans la bataille menée par la LCR pour des listes unitaires, traduisent un processus profond. L'expérience de cinq années de gouvernement de gauche ne s'est pas traduite par le dégagement de courants significatifs « à la gauche de la gauche », ce que révèlent la marginalisation politique de l'extrême gauche traditionnelle et l'absence de percée de courants se donnant pour objectif d'exprimer une réalité à la gauche du PS et du PCF (effondrement des « Verts », limites des « alternales d'ampleur ces dernières années et par le désarroi politique profond que connaît la classe ouvrière. C'est, hélas, un point noir supplémentaire dans le tableau de la situation et une hypothèque de plus pour l'affirmation d'une alternative au PS et au PCF dans la situation actuelle.