EDITORIAL D des de taration am Sani dez en Crans borabar ANS la nuit du 14 au 15 avril dernier, dix-huit bombaraccompagnés d'appareils de la Vle flotte US en Méditerrannée sont allés bombarder les deux villes libyennes de Tripoli et de Benghazi y occasionnant d'importants dégâts matériels et faisant plusieurs centaines de victimes. Dans son discours du 14 avril dernier destiné à justifier le raid US, Ronald Reagan déclarait : « J'ai averti qu'il ne devrait y avoir aucun endroit sur terre où les meurtriers puissent se réfugier et exercer leurs talents meurtriers » (cf. Le Monde du 16 avril
Par cette agression militaire les Etats-Unis démontrent une nouvelle fois de quelle manière ils entendent réaffirmer et défendre l'hégémonie américaine sur la politique mondiale. Le bombardement de la Libye, tout comme le débarquement à Grenade en octobre 1983 ou la sale guerre faite au Nicaragua, sert en fait à imposer une sorte de droit absolu de l'impérialisme sur l'ensemble de la planète. Les Etats-Unis cherchaient également à mettre leurs alliés européens au pied du mur et à leur rappeler leurs responsabilités militaires dans le bassin méditerrannéen. Le départ récent du contingent français de Beyrouth montre que chacun des pays impérialistes tente de gérer à sa manière ses propres intérêts dans l'imbroglio libanais et la crise du Moyen Orient. Washington veut ainsi remédier à cet éclatement de la politique impérialiste dans la région.
L'intervention US en Libye constitue donc un épisode supplémentaire de l'offensive impérialiste dans le tiers-monde. Il se confirme que les politiques de militarisation orchestrées par les gouvernements européens et nord-américains visent d'abord les peuples et les nations opprimées. Les guerres et les risques de guerre se concentrent de plus en plus dans ces régions. Le raid en Libye constitue à la fois une mise en garde des peuples dominés et un test des capacités d'intervention de
Alors que la crise du système capitaliste atteint dans ces pays des dimensions catastrophiques, alors que des centaines de millions d'hommes et de femmes y vivent dans des conditions à la limite de la survie, l'impérialisme se préoccupe avant tout d'éviter les débordements sociaux et révolutionnaires et de verrouiller le système de domination. Le gouvernement US et son lobby militaire croient qu'ils peuvent ainsi trouver une issue à la somme de crises politiques, économiques ou sociales que le capitalisme a engendré en Amérique latine, au Moyen Orient, en Asie et en Afrique.
La propagande « anti-terroriste » est dans ce cadre une tartufferie. Les Etats-Unis, par CIA interposée, sont le principal centre du terrorisme mondial. Combien de coups d'Etats, combien de meurtres, combien d'opérations de déstabilisations ont été menées durant les 25 dernières années par les services américains ? Ce sont des centaines d'actes de banditisme international de ce type que les Etats-Unis ont commis, occasionnant des dizaines de milliers de morts. Les derniers en date sont l'augmentation massive du soutien aux contras nicaraguayens et la livraison d'armes sophistiquées à la guérilla réactionnaire de l'UNITA en Angola.
Comment les Etats impérialistes peuvent-ils oser se parer de l'argument de l'autodéfense pour dénoncer avec autant d'hypocrisie des méthodes de guerre et d'action politique qu'ils ont inventés et soigneusement appliqués depuis de longues années un peu partout à travers le monde ? Doit-on rappeler le soutien américain au terrorisme israëlien et sudbritannique en Irlande ou encore le terrorisme français qui s'est illustré en Nouvelle-Zélande par la destruction du bateau de l'organisation écologiste Greenpeace.
Reagan la guerre
L'argument de la lutte anti-terroriste pour justifier l'action contre la Libye est donc fallacieux. Il ne constitue pas la motivation première de cette opération militaire. En réalité, l'impérialisme est incapable de règler la crise au Moyen Orient et encore moins de remédier au chaos libanais. La politique de T'Etat libyen, quel que soit le jugement que l'on peut en avoir, y est un facteur supplémentaire de gêne pour l'impérialisme US. Prendre le régime de Tripoli comme bouc-émissaire permet à Washington de reprendre l'initiative sur un autre front.
Le terrorisme des bombes, celui que dénonce Reagan, n'est rien d'autre que le résultat du pourissement de la crise de domination impérialiste dans toute cette région, crise à laquelle aucune force n'a su trouver une issue réelle. Désespérés, sans la moindre perspective de voir leurs revendications nationales et démocratiques statisfaites, des groupes n'ont trouvé dans des actions de terrorisme tous azimuts, qu'une stratégie à la petite semaine, voire un simple exutoire à leur haine de l'impérialisme. Sur ce terrain, compte tenu de l'imbrication des interets des différents Etats de la région, les possibilités de manipulations sont nombreuses. Ce terrorisme, dont les objectifs sont le plus souvent civils, ne peut susciter la sympathie des populations en Europe ou aux Etats-Unis. constitue une forme irresponsable d'action politique lorsqu'il s'attaque à des objectifs qui touchent d'abord la population sans discernement. Il ne peut qu'accentuer l'isolement des causes au nom desquelles ces groupes terroristes prétendent
Le régime libyen a depuis quelques années opté pour une fuite en avant dans ses rapports avec les divers Etats impérialistes. Dans ce cadre, il peut être tenté de s'assujettir des fractions et groupes des divers mouvements anti-impérialistes qu'il appuie, pour leur faire mener une politique plus en rapport avec ses intérêts d'Etat qu'avec les besoins des mouvements de masses locaux. Le régime libyen n'est donc nullement un allié sûr du camp anti-impérialiste.
S'il accentuait son recours au terrorisme aveugle sous prétexte de riposter à l'agression impérialiste, le régime du colonel Kadhafi s'isolerait définitivement des forces et des mouvements anti-impérialistes qui de par le monde sont ses seuls alliés objectifs. Les méthodes généralement employées par la Libye reflètent le nationalisme étroit de sa direction politique. Il suffit pour s'en convaincre de comparer l'orientation de Kadhafi à celle mise en œuvre par le Nicaragua révolutionnaire qui utilise diverses méthodes d'actions politique et de propagande pour se défendre face à l'impérialisme et qui grâce à elles a réussi à gagner d'importantes sympathies en Europe occidentale et même aux Etats-Unis.
L'agression américaine contre la Libye constitue un bel exemple du cynisme et du bellicisme américain. Elle soulève dores et déjà un mouvement populaire de désapprobation dans tous les pays arabes et en Afrique. Mais Rambo-Reagan n'est pas au bout de ses peines malgré la superbe arrogance qu'il affiche aujourd'hui. Il est essentiel d'organiser la mobilisation en riposte à l'interventionnisme américain contre la Libye. Il faut se garder de toute accoutumance en la matière. Ne rien faire, ne rien dire maintenant serait non seulement un crime vis-à-vis des masses libyennes soumises aux bombardements US mais laisserait de plus toute latitude à l'impérialisme pour multiplier ses agressions contre d'autres peuples, d'autres nations. Il en va donc du droit et des moyens des peuples opprimés à pouvoir se défendre et se libérer.