Nentente de lopposition ou ere (POR) Concernant la question de la pax et de OUS reproduisons ci-dessous une prise de position de la commission exécutive de
•la lutte contre la militarisation. Ce document a été publié dans le numéro 2
L'Entente de l'opposition
et la question de la paix
(1985) de Przelom (la Percée), organe du POR. DOCUMENT
A notre époque, le combat pour la libération du travail salarié doit forcément être mené de pair avec le combat pour la paix. Les moyens de destruction qui sont entre les mains aussi bien de la bourgeoisie monopoliste que de la bureaucratie totalitaire, donnent à ces dernières la capacité de tuer à plusieurs reprises chaque habitant de notre planète, et de détruire totalement toute forme de vie supérieure et intermédiaire sur terre.
Donc, la lutte pour la pleine libération individuelle, sociale et nationale des ouvriers de l'industrie et de tous les salariés, et au travers d'elle le combat de toute l'humanité pour le progrès et le développement, doit être accompagnée d'une lutte contre les préparations pour le déclenchement possible de génocide total. Le combat pour le progrès et celui pour la paix sont devenus un seul combat.
Il a toujours été et il demeure illusoire de penser qu'il est possible de parvenir à une paix réelle c'est-à-dire durable, et à la sécurité dans le monde, dans
Run contexte de conflit, à la fois au sein des sociétés pour la répartition du monde, et dans un contexte où la rivalité entre des blocs géopolitiques amène la terre au ouvrière bord du gouffre d'une guerre mondiale. Tant qu'existent des forces sociales et politiques qui trouvent leur intérêt dans le maintien de conflits aussi bien au sein de nations particulières que dans les rapports entre les nations, la paix sera menacée. Cet état de choses découle en fait de la nature même des intérêts des classes et des groupes sociaux qui monopolisent le pouvoir économique et politique, qui sont responsables de l'exploitation et de l'oppression, et qui, de ce fait, poussent à la guerre et sont prêts à la déclencher.
L'équilibre conjoncturel des forces entre le bloc militaire dirigé par les EtatsUnis à l'Ouest, et la structure analogue dominée par le Kremlin à l'Est, n'est qu'une trêve provisoire, donc incertaine et instable. Seule l'élimination durable de la vie sociale de groupes qui, aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est, pourraient devenir les instigateurs et les initiateurs de la guerre, peut offrir la garantie d'une paix réelle. La voie vers une telle paix passe principalement par la lutte révolutionnaire et aussi par le combat aujourd'hui contre les manifestations de la guerre froide, telles que la course aux armements, la psychose de guerre ou la propagation de la haine entre les peuples.
La seule alternative véritable, globale, à une troisième guerre mondiale, est la révolution internationale pour renverser la domination du Capital à l'Ouest et au Sud, et les régimes de la nomenklatura (bureaucratie) à l'Est. Aujourd'hui, objectif est proposé par la lutte pour limiter l'escalade des armements, pour la détente internationale et pour renforcer la capacité de la société à imposer des limites aux régimes exploiteurs et répressifs. En ce moment, c'est là la tâche fondamentale et immédiate du mouvement ouvrier révolutionnaire, en particulier en Europe.
C'est un devoir historique et humain de la gauche révolutionnaire au sens large de mener une politique active en défense de la situation actuelle de paix et pour empêcher qu'elle ne soit minée par des forces qui menacent de déclencher la guerre. Sans perdre de vue le but stratégique, celui de la paix véritable et durable basée sur les transformations à opérer et les nouvelles bases à jeter après la révolution, il faut aujourd'hui participer à la lutte pour éliminer les forces et les situations qui engendrent la guerre.
La lutte pour la liberté et l'égalité sociales et nationales est en même temps une lutte pour une paix durable ; inversement, cette lutte pour une paix durable, pour empêcher les classes et les castes dirigeantes de déclencher des conflits nationaux, et de ce fait de saper la lutte des classes, constitue un élément qui contribue à la libération révolutionnaire des travailleurs.
« La paix au service de la révolution, la révolution pour défendre la paix ! », voilà notre mot d'ordre.
Nous ne pouvons pas céder devant le chantage exercé par les cercles dirigeants impérialistes occidentaux, dans le cadre de la guerre froide, ni nous laisser posséder par des déclarations cyniques sur la paix en provenance des régimes bureaucratiques de l'Est. En Pologne, le mouvement de la paix est une farce et une façade derrière laquelle les bureaucraties totalitaires de la République populaire polonaise et du Kremlin veulent cacher leur vrai visage, anti-ouvrier et militariste.
Par exemple, à la tête du Comité polonais des défenseurs de la paix, on trouve quelqu'un comme Josef Cyrankiewicz. Ce dernier partage la responsabilité - en tant que Premier ministre de la République populaire polonaise à l'époque — de la répression de 1956 contre les ouvriers, de la répression contre les étudiants et de la participation des troupes polonaises l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, et, enfin, du massacre des ouvriers de la côte Baltique en décembre 1970. Personne ne croît que ce bourreau de la classe ouvrière polonaise et laquais fidèle du Kremlin s'était soudainement transformé en colombe de la paix.
Cependant, à cause de telles manipulations propagandistes, en Pologne, dans les autres pays de l'Est et en URSS, le thème de la paix s'est identifié, en bloc et à tort, aux yeux des citoyens de ces pays, à la politique de leurs régimes, et n'est
par conséquent pas très populaire. Bien sûr, il faut modifier le plus rapidement possible cet état de choses, ce qui ne peut être fait que par des mouvements de la paix indépendants et authentiques, qui s'opposent aussi bien à la politique militariste de la bourgeoisie monopoliste qu'à celle de la bureaucratie totalitaire.
Nous déclarons donc que nous allons participer à la tâche de construction d'un tel mouvement de la paix indépendant et authentique, et nous lançons un appel à toutes les forces de l'opposition antibu. reaucratique en Pologne qui ne séparent pas les têtes nucléaires et les armes de destruction de masse en « bonnes » et en « mauvaises » armes selon qu'elles appartiennent à l'Ouest ou à l'Est, pour qu'elles fassent de même.
Au mot d'ordre « A bas la politique militariste des Etats-Unis et de l'impérialisme ! », que nous soutenons totalement et sans réserve, nous ajoutons le mot d'ordre complémentaire « A bas la politique militariste du Kremlin et le totalitaris-
Nous appelons à la solidarité internationale dans la lutte pour la paix !
Guerre aux gouvernements, pour la paix des peuples !
Commission exécutive de l'Entente de l'opposition ouvrière (POR),
Czestochowa, juillet 1985.
Przelom, organe du POR, numéro 2, 1985.