La FGTB soutient le Nicaragua Le 10 mai dernier une fête de solidarité avec le Nicaragua était organisée par des militants de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) de tendance socialiste. Cette initiative a été un très grand succès, réunissant plusieurs centaines de personnes, pour la plupart des militants syndicaux, venant notamment des grandes entreprises industrielles. Un des militants syndicaux les plus investis dans le travail de solidarité, Philippe Grignard, délégué FGTB de l'entreprise Oterpilla et animateur d'une brigade au Nicaragua, s'est exprimé à
La solidarité avec le Nicaragua, qui dépendait pendant des années d'un petit groupe de militants acharnés, est aujourd'hui reprise à fond par une confédération de plus d'un million de membres. La présence et le discours d'A. Vandenbroucke, président de la FGTB, ont traduit ce progrès. C'est là un fait des plus significatifs, car la social-démocratie internationale et la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) sont divisées entre les partisans (à peine masqués) de Reagan et ceux du Nicaragua. Nous reproduisons ici des extraits du discours de A. Vandenbroucke, qui ouvre la voie en Belgique à une large campagne parmi les militants du FGTB.
« Pour avoir choisi sa propre voie, le Nicaragua est sanctionné par un boycott économique et financier total et par une guerre sanglante à ses frontières. Une guerre qui a déjà coûté la vie à plus de 12 000 personnes. Et tout cela avec l'appui ouvert du gouvernement des Etats-Unis. Quel péché a donc commis ce petit pays qui compte à peine trois millions d'habitants pour avoir suscité une telle colère de la part du pays le plus puissant du monde ?
« Est-ce la réforme agraire, qui a donné aux petits paysans et aux ouvriers agricoles les terres qui avaient été occupées par la famille de Somoza et ses alliés, américains et autres ? Ou alors les investissements dans l'enseignement et les soins de santé, couronnés notamment par une grande campagne d'alphabétisation qui fut un succès ? Est-ce la démocratisation de la vie politique, économique et sociale, caractérisée par des élections libres et la participation aux décisions des organisations syndicales et autres organisations de masse ? Ou peut-être la recherche d'une politique étrangère non-alignée, le combat pour des prix justes et pour une solution à l'énorme charge de dettes (...)
« Cela ne signifie pas que nous voulons peindre le Nicaragua comme étant le modèle au sein du Tiers-Monde ou pour le mouvement socialiste. Notre solidarité est donc une solidarité critique. Ainsi, nous avons une approche critique de l'état d'urgence décrété en octobre 1985. Certes, nous comprenons les circonstances qui ont mené à cette décision. Et, en effet, il faut souligner que - contrairement à beaucoup d'autres pays d'Amérique latine - il n'est pas question de l'état de siège avec son couvre-feu et ses tribunaux d'exception. Mais des droits comme le droit de grève, la liberté d'expression et le droit de réunion sont, pour nous, fondamentaux.
« Nous insistons donc auprès du gouvernement du Nicaragua pour qu'il montre sa volonté démocratique en enlevant la pression qui existe aujourd'hui sur ces droits. C'est pourquoi, il est bon que - dans un esprit de solidarité critique - la FGTB tende la main au Nicaragua. C'est pourquoi aussi il est utile qu'avec les grandes organisations syndicales du Nicaragua, on tente de mettre en chantier des projets concrets d'aide. C'est le signe qu'il peut compter sur l'engagement d'hommes et de femmes qui savent que les principes pour lesquels se bat aujourd'hui le peuple du Nicaragua, sont en grande partie aussi les nôtres.