Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Un dirigeant sandiniste expulsé du pays

Inprecor n° 223, 7 juillet 1986 · p. 23 · 549 mots

Nicaragua Mexique

Un dirigeant sandiniste expulsé du pays Le 20 mai dernier, José Martin Madriz Esquivel, membre du Département des relations internationales du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), a été expulsé manu militari du Mexique. Ce fait sans précédent dans les annales des relations entre le Mexique et le Nicaragua révolutionnaire est intervenu après que Madriz Esquivel ait été séquestré par des policiers et soumis durant deux nuits consécutives à des interrogatoires et à la torture. Depuis le triomphe de la révolution sandiniste au Nicaragua, jamais de pareils événements concernant un dirigeant sandiniste chargé d'une activité publique en rapport avec le mouvement mexicain de solidarité ne s'étaient pro-

En février dernier s'est tenue à Managua une réunion de partis politiques latino-américains pour la paix en Amérique centrale et contre l'intervention impérialiste. Le large éventail des courants politiques représentés à cette conférence allait du Parti communiste de Cuba jusqu'à l'APRA péruvienne, en passant par la plupart des partis révolutionnaires et anti-impérialistes de la région qui ne se trouvent pas au pouvoir. Mais il est assez significatif que le parti au pouvoir au Mexique, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), membre de l'Internationale socialiste, n'ait pas assisté à la rencontre de Managua à laquelle il était pourtant invité.

Suite à la rencontre de Managua, le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, adressa une invitation au FSLN pour une tournée au Mexique.

C'est à la suite de cette invitation que le dirigeant sandiniste Madriz Esquivel arriva le 15 mai dernier au Mexique. De concert avec le PRT, diverses forces solidaires avec la révolution sandiniste avaient organisé pour le représentant du FSLN une tournée dans une dizaine de villes du pays. Il commençait tout juste son périple lorsqu'il fut arrêté. Le samedi 17 mai, Madriz Esquivel était présent à un festival du Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM). Le lendemain, il se rendait adresser un salut au congrès régional du PRT, dans la ville de Toluca, à une heure de voiture de la capitale fédérale. De retour à Mexico cette même nuit, la voiture dans laquelle il se trouvait en compagnie d'un membre du PRT fut inenlevèrent le sandiniste. Deux jours plus tard, Madriz Esquivel était expulsé. Selon le journal mexicain la Jornada, qui ne cite pas ses sources, le gouvernement nicaraguayen aurait présenté une protestation au gouvernement mexicain pour la détention, la torture et l'expulsion de Madriz.

Le 23 mai, un regroupement de forces syndicales ouvrières et paysannes, de diverses organisations solidaires avec le Nicaragua, comme le Front national conrépression, et de partis politiques parmi lesquels le PRT, le PSUM et le Parti travailleurs (PMT), ont déclaration de protestation publiée dans la presse. Ce texte affirme leur « rejet des vexations auxquelles fut soumis le camarade Martin Madriz, qui se trouvait legalement au Mexique », leur « préoccupation du fait que cette action sans précédent contre un citoyen nicaraguayen intervient à quelques jours seulement de l'adoption de l'acte final du groupe de Contadora, et dans le cadre des innombrables pressions du gouvernement des Etats-Unis pour empêcher toute paix dans cette région. » Le communiqué dénonce « ce type de mesures d'intimidation » et réaffirme l'engagement des signataires à « lutter contre l'intervention impérialiste en Amérique centrale et à apporter tout (leur) appui à la révolution populaire sandiniste ».

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