NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE dans la plate-forme de lancement de cette Lutte ouvrière en France et du Parti
AFRIQUE DU SUD Campagne commune contre l'état d'urgence
Début octobre, lors d'une conférence de presse organisée précipitamment pour des raisons de sécurité, les représentants du Front démocratique uni (UDF), du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et du Comité national sur la crise de l'enseignement (NECC), ont annoncé le lancement d'une campagne commune d'unité nationale contre l'apartheid et l'état d'urgence. Le communiqué officiel de cette campagne, dont des extraits ont été publiés dans l'hebdomadaire sud-africain Weekly Mail du 3 octobre dernier, affirme qu'il « n'y a jamais eu un plus urgent besoin d'unité d'action contre l'état d'urgence qui cherche à détruire notre organisation démocratique, et contre le gouvernement de l'apartheid et ses supporters qui s'affairent à détuire la structure économique et sociale de notre socié-
Dix revendications centrales ont été avancées. Elles réclament la levée de l'état d'urgence, la libération de Nelson Mandela et des autres prisonniers politiques, la levée de l'interdiction des organisations qui en sont l'objet, la mise en place de l'éducation populaire et la réouverture des écoles, l'arrêt des expulsions de locataires, la liberté d'expression et d'association, un salaire décent pour tous les travailleurs, un système adéquat de sécurité
Cet accord central ne semble porter que sur les revendications à mettre en que les formes d'action sont laissées à l'appréciation des organismes de base des différentes formation parties prenantes d'une unité qui rassemble des organisations engagées au nom de différents secteurs sociaux du mouvement des opprimés. Ces diverses formes de structuration du mouvement masse anti-apartheid (organisations syndicales, associations civiques regroupées dans l'UDF, structures de mobilisation sur la question de l'éducation regroupées dans le NECC) sont complémentaires. Leur rassemblement autour d'un programme d'action concret représente donc un facteur supplémentaire de convergence des mobilisations des secteurs concernés. Cela illustre un effort conscient pour accroître la coordination des actions de résistance à l'état d'urgence et au gouvernement de Pieter Botha et pour poser les jalons d'une reprise de l'offensive du
Les dix thèmes centraux énumérés campagne nationale d'action illustrent bien le consensus qui s'est opéré. On y retrouve en effet l'apport spécifique des trois composantes de cet appel unitaire. On peut noter la présence d'importantes revendications de la place que tient la classe ouvrière, et plus précisément le mouvement syndical du COSATU, dans ce processus d'unité.
Depuis plusieurs mois et en plusieurs occasions, ce type d'unité d'action ainsi que le rôle du mouvement syndical au sein de ce processus unitaire, étaient déjà apparus lors d'exemples ponctuels. Ce fut notamment le cas lors de la grève générale 1984, ou encore lors de l'action du 16 juin dernier en commémoration du 10e anniversaire des émeutes de Soweto. Il est clair que le mouvement syndical a apporté une importante contribution à l'unité du mouvement des masses noires d'Afrique du Sud : d'abord au travers du processus unitaire qui donna lieu à la constitution du COSATU en décembre 1985, puis également lors des initiatives unitaires plus larges sur des questions démocratiques et politiques. Avec cette campagne nationale, la convergence entre les forces en lutte contre l'apartheid prend une ampleur plus nette. La participation du mouvement syndical devrait permettre que les traditions d'organisation démocratique à la base, qui sont celles d'une bonne partie de ce mouvement, se reflèteront dans l'enracinement local de cette campagne nationale. Il y a donc là une possibilité nouvelle pour que le mouvement de masse trouve un second souffle et développe une capacité accrue derésistance à l'état