Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

JAPON

La crise des partis réformistes

· Inprecor n° 23, 3 mars 1978 · p. 3-6 · 3 214 mots

Japon et Corée Syndicalisme Stalinisme

JAPON des deux partis réformistes, série de mesures de répression contre les luttes indépendantes et radicales.

partis réformistes

Jun YAZAKI

A l'occasion de la crise post-électorale, le gouvernement Fukuda s'est engagé dans une

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Les partis réformistes japonais ont subi une défaite lors des élections à la chambre haute de juillet 1977. Cette défaite a contribué à stabiliser au moins temporairement le régime politique en vigueur au Japon depuis la fin des années cinquante, régime caractérisé par la présence continue d'un perti au gouvernement, le PED (Parti libéral démocrate). (Voir à ce sujet l'article de Kihara, Inprecor du 13 octobre 1977). Mais, si la crise ouverte du parti dominant a été provisoirement surmontée, celle des partis réformistes est allée en s'approfondisant, provoquant une série de scissions et d'expulsions du PC et du LA CRISE DES PARTIS REFORMISTES

Durant le récent congrès national du Parti socialiste, un certain nombre d'éléments de droite du groupe parmentaire socialiste, opposés à l'alliance entre le PS et le PC, ont seissionné et ont maintenant formé un nouveau parti parlementaire avec une formation issue du PLD (le New Freedom Club - NFC - le Nouveau club pour les libertés). Dans la préfecture de Fukushima, une zone essentiellement agricole au nord de Tokyo, le comité local du PS dans sa totalité a décidé de fonder une nouvelle organisation socialiste s'appuyant sur un mouvement paysan dont l'influence est nationale. La crise de direction qui secouait le PS a certes été superficiellement réglée l'élection d'un nouveau président, Asukada. Mais les effets de la défaite électorale de juillet n'en continuent pas moins à secouer en profondeur ce parti : ils s'étendent progressivement à tous les niveaux du PS. principale division qui s'est manifestée juaqu'à aujourd'hui porte sur la politique à suivre à l'égard du PC. La politique de front uni du PS devrait-elle continuer à inclure (outre les formations de centre-gauche, comme le Parti socialiste démocratique et le Parti Komei du «gouvernement propres) le Parti communiste, ou bien devrait-elle dorénavant exclure le PC pour s'orienter vers une alternative plus modérée face au PLD?

Il importe de se rappeler que si le PS et le PC ont subi une défaite lors des dernières élections, c'est parce que ces directions se sont aliénées leur propre base de masse en brisant les luttes au nom d'une orientation de collaboration de classe mise en oeuvre aussi bien au parlement que dans les entreprises. Les progrès accomplis par les nouvelles tendances dites de «centre-gauche» (comme le PSD, le Parti Komei et tout particulièrement le NFC) reflètent de ce point de vue le sentiment de nombreux électeurs qui rejetaient le PLD mais ne pouvaient accorder leur confiance aux directions du PC et du PS et n'avaient d'autre alternative que de voter pour des formations relativement nouvelles qui n'avaient pas encore fait leurs preuves aux yeux des masses.

Le Parti communiste du Japon ne pouvait pas rester immunisé face à cette profonde crise post-électorale de la gauche, même si la puissance de son appareil bureaucratique lui permettait de limiter plus ces effets centrifuges. Le 4 janvier, son journal, Akahata (Drapeau rouge), annonçait l'expulsion de son vice-président, Satomi Hakamada, l'un des plus anciens général Kenji Miyamoto. Hakamada a passé avec Miyamoto, dix-huit ans en prison, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Il représente une période de l'histoire du PCJ dont ce parti se gloritie : ll était alors la seule formation politique a s'engager dans la résistance antimilitariste sous le régime impérial.

La raison immédiate pour laquelle Hakamada a été expulsé du PC est bizarre, mais cette expulsion n'en reflè te pas moins la profonde crise qui secoue actuellement un parti bureaucratique qui annonce plus de 300 000 membres.

Selon Akahata, Hakamada a revele à un hebdomadaire de droite le contenu de discussions secrètes qui se sont déroulées au sein du Comité exécutif. Qui plus est, l'ancien vice-président du PC prétend que le Secrétaire général Miyamoto est bel et bien responsable de la mort d'un agent gouvernemental infiltré dans les rangs du PC il y a près de 50 ans (mort pour laquelle Hakamada et Miyamoto ont passé 18 ans en prison). Si l'on met de côté les aspects «scandaleux» de cette affaire, qui n'intéressent que la presse bourgeoise, il est important de revenir sur ce que Hakamada dit avoir proposé lors du Comité exécutif qui a suivi les élections de juillet.

Il aurait en effet affirmé que la responsabilité de la défaite électorale incombait à la direction Miyamoto et à sa ligne politique. Il aurait critiqué la façon dont les militants, obsédés par la vente du journal du PC, abandonnaient le travail de masse et la façon dont «l'administration bureaucratique du Parti» a dégoûté des cadres ouvriers sincères et a provoqué leur démission en masse du parti. Hakamada chiffre à 132550 le nombre de membres du parti qui l'ont quitté durant les huit dernières années ! Il va jusqu'à qualifier d'antiouvrière l'actuelle politique électorale de la direction Miyamoto, qui a amene le POd a «defendre l'intérêt national à l'encontre de l'établissement par l'URSS d'une zone de 200 miles marins», à affirmer que « la défense nationale est une nécessité» et que «le problème de la présence militaire américaine au Japon ne serait pas un obstacle à la formation d'un gouvernement de coalition incluant le PC».

Pour les cadres syndicaux qui doivent faire face à des attaques quotidiennes de la part du patronat, la ligne actuelle du PCJ, qui vise à restreindre toute lutte au nom d'un prétendu «intérêt public», n'est pas tolérable.

Le PC est notamment contre l'usage de la grève par les enseignants du fait du caractère «sacré» de leur travail. De fait, des critiques ouvertes sont maintenant portées contre la direction du PCJ par des militants de base dans divers secteurs syndicaux depuis l'éclatement de cette étrange affaire Hakamada. LA REPRESSION GOUVERNEMENTALE CONTRE L'AVANT-GARDE DES LUTTES.

A l'occasion de cette crise post-électorale des deux partis réformistes, le gouvernement Fukuda s'est engagé dans une série de mesures de répression à l'encontre des luttes indépendantes et radicales menées par les ouvriers, les paysans et les pêcheurs. Il évite par contre toute mede provocation qui pourrait mettre en cause la politique de collaboration de classe de la direction du Sohyo (1) et d'autres syndicats nationaux en poussant trop loin ces derniers et en risquant de leur faire perdre le contrôle des jeunes travailleurs militants. Au nom de la «participation ouvrière», ce sont maintenant les syndicats Domei (2) qui décident dans la plupart des grandes

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compagnies monopolistiques bien de travailleurs - et lesquels - seront éliminés ou transférés dans des succursales. Par exemple, dans la grande industrie sidérurgique, milliers de travailleurs saisonniers ont vu leurs emplois transférés à d'autres compagnies contrôlées par les mêmes grandes familles, notamment les usines automobiles (comme Toyota ou Nissan) qui sont moins touchées par la «guerre commerciale» actuellement en cours. La direction du Domei, tout particulièrement dans les secteurs automobile, métallurgie et chimie, joue aussi un rôle direct et très important dans l'organisation de syndicats jaunes et patronaux en Asie du sud-est, au Brésil et dans pays néocoloniaux, ce qui répond d'ailleurs aux mesures géné rales prises par l'impérialisme Japonais pour renforcer ses liens avec les régimes de l'ASEAN (3).

La nouvelle direction du Sohyo, représentée par Tomizuka, ne s'oppose maintenant plus substantiellement à cette attitude du Domei, mais, soumise à une pression constante des militants syndicaux du rang, elle ne peut afficher une position aussi droitière. Quand la bureaucratie du Domei a annoncé qu'elle n'avancerait aucune revendication - y compris sur les salaires - lors de la prochaine «offensive de printemps» (4), la direction du Sohyo a utilisé des formules prudentes, affirmant que problème de l'emploi allait devenir plus grave que celui des salaires en ces temps de crise économique. l'attitude des directions syndicales, la classe ouvrière japonaise doit faire face seule aux brutales attaques du patronat, sans pouvoir compter sur un soutien ou une initiative de ses directions, et doit s'opposer au contrôle bureaucratique exercé par elles sur ses organisations. Or, inflation croissante et à un chômage très élevé (le nombre des banqueroutes de petites et moyennes entreprises bat régulierement ses propres records), il serait indispensable d'organiser une riposte unie de la classe ouvrière pour défendre son niveau de vie et*la sécurité de l'emploi et contre la dégradation des conditions de travail qui se détériorent.

Cette étroite coopération entre employeurs et directions syndicales a été facilitée par d'anciennes traditions paternalistes fondées sur la garantie de l'emploi à vie en vigueur jusqu'à aujourd'hui dans les grandes entreprises et sur le poids des syndicats-maison. Et quand les travailleurs s'engagent de leur propre initiative dans les luttes, refusant cette collaboration, il est fréquent que la police intervienne pour briser les éléments radicaux au sein des syndicats, avec l'approbation tacite des directions bureaucratiques. Par exemple, le 11 janvier, une soixantaine de policiers en civil ont perquisitionné plusieurs sièges syndicaux de la fédération des travailleurs de la métallurgie, dont une section de l'entreprise horlogère Citizen Watch, dans la banlieue de Tokyo et ont arrêté quatre dirigeants syndicaux.

La fédération locale des travailleurs de la métallurgie avait organisé, en décembre 1977. une «négociation collective» (à laquelle participaient environ 200 ouvriers) au siège de Mitsubishi Metal Co., l'un des principaux trusts métallurgiques au Japon. Cette action était menée à l'occasion d'une mobilisation nationale appelée par le Sohyo. L'objectif de ces mesures de répression est clair : briser la direction militante de cette section locale de la métallurgie qui est «allée trop loin», notamment dans l'organisation de la solidarité avec les paysans de Sanrizuka.

Les travailleurs des petites et moyennes entreprises, les premières touchées par la crise, doivent faire face à des conditions encore beaucoup plus difficiles que dans le cas des grandes entreprises. Pour ne prendre qu'un exemple parmi des milliers d'autres, la firme Petri, une marque connue pour ses exportations de caméras, a fermé pour cause de banqueroute à la fin de l'année dernière. Les 200 travailleurs de l'entreprise Petri de Saitama (au nord de Tokyo) se voyaient brutalement placés devant un choix draconien : ou quitter la firme avec le vague espoir de retrouver un emploi, ou rester pour engager la lutte pour le paiement des salaires en retard et pour la réorganisation de la production. La direction de la section syndicale de Sohyo a demandé en vain le soutien de la direction de l'union locale de ce même syndicat, puis a décidé l'occupation de l'entreprise avec l'aide de la JCY (Japanese Communist Youth, organisation de jeunesse de la section japonaise de la IVe Internationale). Actuellement, la section syndicale vend le stock de caméras à d'autres militants ouvriers et à tous ceux qui sympathisent avec leur combat, afin d'être à même de poursuivre la lutte.

L'occupation d'entreprises et leur mise en autogestion» sont des phénomènes de plus en plus fréquents dans le secteur des petites entreprises où la direction déclare souvent abruptement la banqueroute pour ne pas avoir à payer les salaires en retard et «disparaît» après, purement et simplement. Il devient de plus en plus indispensable d'assurer une coordination régionale de ces luttes car elles ne peuvent compter sur le soutien des fédérations nationales du Sohyo, organisées par branche d'industrie et fortes surtout dans le secteur public.

La combativité de la classe ouvrière japonaise et tout particulièrement des couches jeunes, n'a pas été complètement brisée à la suite de l'évolution à droite de la direction réformiste du Sohyo. Il est en conséquence nécessaire d'organiser une tendance de lutte de classe au sein du Sohyo, comme dans les secteurs inorganisés, afin de faire apparaître une alternative nationale à la direction de collaboration de classe, PC-PS-Sohyo.

Les 21 et 22 janvier, le périodique Information ouvrière a réuni sa deuxième conférence nationale à Osaka à laquelle participaient 200 travailleurs représentant des luttes radicales engagées dans tout le pays. La conférence reçut des saluts de l'ancien président du Sohyo (Makoto Ichikawa), de l'ancien secrétaire général du synnational enseignant (Miyoji Hiragaki), du président de la Ligue des paysans de Sanrizuka (Issaku Tomura). Le rapport principal fut présenté par un dirigeant local du syndicat des travailleurs de la métallurgie. Ce rapport insistait sur la nécessité de l'unité ouvrière pour le socialisme pour répondre à la profonde crise capitaliste en cours, et sur la nécessité de réveiller la tradition militante de la classe ouvrière japonaise afin de s'opposer aux forces de collaboration de classe au sein du mouvement ouvrier. Ce bimensuel sert d'organe de liaison non seulement à de petits syndicats radicaux minoritaires, mais aussi à une large couche de cadres syndicaux au sein même du Sohyo. II reflète par là la polarisation politique croissante qui est à l'œuvre dans ce syndicat et qui doit conduire à la formation de tendances «lutte de classe» dans nombre de secteurs importants durant la période qui s'ou-

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Lors de la conférence d'Osaka, une bonne partie des discussions ont été centrées sur la lutte des paysans de Sanrizuka et les tâches de solidarité ouvrière à son égard. Le représentant du syndicat des roulants du Chemin de fer national (JNR) de la préfecture de Chiba a appelé au boycottage du transport du fuel à destination du nouvel aéroport de Narita contre l'ouverture duquel les paysans de Sanrizuka sont entrés en lutte. II doit faire face à une double répression de la part du gouvernement comme de la part de la direction syndicale nationale du JNR. Il insista sur la nécessité de renforcer l'alliance ouvrière et paysanne et surtout sur celle d'assurer l'unité de toutes les tendances de «lutte de classe» à l'échelle nationale pour soutenir leur grève contre l'ouverture de l'aéroport de Narita. LA LUTTE DES PAYSANS DE SANRIZUKA

Depuis douze ans, les paysans de Sanrizuka mènent une lutte décidée contre la construction et l'ouverture du nouvel aéroport international de Narita, agglomération située à environ 60 km au nord-est de Tokyo. Un lange soutien s'est manifesté envers cette lutte de la part des étudiants et des ouvriers. L'une des mesures prises par le gouvernement pour s'attaquer aux secteurs militants des luttes de masse a consisté à décider de l'ouverture de l'aéroport pour le 30 mars de cette année, avec plus de six ans de retard sur la date initialement prévue. En mai 1977, il a fait abattre les deux tours d'acier, dressées au bout de la piste d'aterrissage, qui interdisaient son usage par les avions. Pour ce faire, des milliers de policiers des forces antiémeutes ont été mobilisés. L'un des manifestants a trouvé la mort à la suite d'un tir tendu de grenade à gaz. Le gouvernement et les autorités de l'aéroport ont utilisé tous les moyens disponibles, qu'ils soient légaux ou illégaux au regard de leurs propres lois, pour briser les mouvements d'oppo-

Mais, bien que la date d'ouverture de l'aéroport ne soit plus éloignée que d'un mois maintenant, ils n'ont pas réussi à résoudre un certain nombre de problèmes vitaux pour son fonctionnement. L'aéroport ne possède à l'heure actuelle qu'une seule piste d'atterrissage et il y a encore plus de deux «forteresses» construites par les paysans sur des sites qui doivent encore être aménagés et sur lesquels doivent notamment être construites les autres pistes. De plus, a raison de 150 vols journaliers, 1l taut pour l'approvisionnement des Trasroport, par voie ferrée, de haute- assurer acheminement vers tités considérables de «fuel» hautement inflammable. Or, comme on l'a vu, le syndicat local des roulants est décidé à entrer en grève si l'aéroport est ouvert.

L'opposition à l'ouverture de l'aéroport ne vient d'ailleurs plus seulement des paysans et des ouvriers en lutte. IATA, l'Association internationale des transports aériens, a publiquement protesté à plusieurs reprises auprès du gouvernement japonais, car les charges que doivent payer les compagnies aériennes sont ici trois fois plus élevées que dans tout autre aéroport international. Le coût de la sécurité est lui aussi jugé trop élevé parce que le personnel des compagnies aériennes se refuse à quitter l'actuel aéroport de Haneda pour celui de Narita : ce dernier est en effet un des aéroports les plus «reculés» du monde. Il faudra plus de deux heures de temps, en venant de cet aéroport, pour atteindre le centre de Tokyo, même en l'absence de perturbations du trafic ferroviaire. Or, le trafic de grande banlieue est fréquemment sujet à des retards considérables ! L'Association des employés du Ministère des Affaires étrangères du Japon a, elle aussi, protesté, annonçant qu'elle se refuserait à utiliser cet aéroport pour accueillir des diplomates étrangers et des invités du gouvernement à cause des problèmes de sécurité et en raison de son caractère «fait de bric et de broc». Dans une lettre ouverte au gouvernement, datée de septembre 1977, cette association note que «dans le nouvel aéroport de Narita, les avions seront obligés d'atterrir et de décoller au milieu des forces de sécurité et de barricades; une occasion et un lieu pour célébrer l'amitié internationale seront perdus».

D'ores et déjà, la lutte des paysans de Sanrizuka est devenue le point de ralliement national de tous les révolutionnaires et de tous ceux qui, dans le mouvement ouvrier, veulent organiser la riposte face aux attaques patronales et résister à la ligne de collaboration de classe de leurs directions réformistes. Le soutien au Chi- (Les notes sont de la rédaction).

ba Doro (le syndicat local des roulants prêt à entrer en grève contre l'ouverture de l'aéroport et le transport du fuel) s'étend à travers le pays dans de nombreux organismes syndicaux.

Le Rentaisurukai, un comité de solidarité unitaire pour soutenir les paysans de Sanrizuka, a mis sur pied une campagne d'un mois, qui a commencé le 20 février 1978, afin de préparer une mobilisation aussi large que possible au moment de l'ouverture de l'aéroport. Ce comité avait organisé, en septembre 77, une marche de 600 km, de Kobe à Sanrizuka, durant laquelle les paysans de Sanrizuka ont pu échanger leurs expériences de lutte, avec un très grand nombre de sections syndicales, de groupes anti-pollution, etc. En octobre de la même année, 22 000 personnes venant de tout le pays, à son appel, ont participé à un rallye près du site de

Les luttes du mois de mars à Sanrizuka seront une épreuve de forces entre le mouvement de masse révolutionnaire et l'appareil de répression du gouvernement Fukuda. Le 6 février, une tour de métal haute de 50 mètres fut construite en une nuit sur le toit de l'une des «forteresses» qui bordent l'aéroport. La police l'a finalement abattue grâce à une gigantesque grue, bien que quatre militants de la JCY se fussent perchés à son sommet. Quels que soient les moyens répressifs dont le gouvernement Fukuda se dotera, quelle que soit la brutalité des mesures qu'il prendra, une chose est certaine: le combat des paysans de Sanrizuka se poursuivra, comme il s'est poursuivi durant douze ans déjà. Il continuera de recevoir un soutien révolutionnaire de plus en plus large de la part de paysans, d'étudiants et d'ouvriers qui rejettent les perspectives de collaboration de classe qu'avancent les directions réformistes. 1) sonyo : confédération syndicale à direction socialiste et communiste; forte surtout 2) Domei : confédération syndicale collaborant très étroitement avec le patronat; forte surtout dans la grande 3) ASEAN : association des nations du sud-est asiatique regroupant la Thailande, Malaisie, Singapour, Indonésie et les Philippines. 4) «offensive de printemps» : nom donné aux actions revendicatives qui se déroulent chaque année au printemps, à l'occasion du renouvellement contrats collectifs.

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