E comité central du PRT, réuni en session extraordinaire les 30 et 31 août der-
L'unité de lae sur en rendalton, présentées espoirs tie interies sont is de niers, a discuté de la politique à suivre en ce qui concerne les problèmes de gauche, sont fondées sur les orientations présentées ci-dessous (les intertitres sont de la
Le PRT et l'unité de la gauche
Résolution du comité central du PRT La situation politique et sociale que connaît notre pays est d'une extrême gravité. La politique de misère et de famine appliquée par le gouvernement du PRI en est l'expression la plus sérieuse. La baisse des salaires continue alors que les prix des produits de première nécessité augmentent. Les accidents du travail sont plus nombreux et s'ajoutent à la menace du chômage ; des dizaines de milliers de Mexicains sont sans logement depuis le séisme de 1985 et des millions de paysans terre. La chute des dépenses contraste avec l'augmentation croissante d'une dette extérieure qui atteint presque 100 milliards de dollars.
Sous le système capitaliste, la logique de la crise économique est implacable mais ce sont les partis et les hommes qui concrétisent les politiques économiques et leurs options. Miguel de la Madrid et son parti ont choisi de faire payer les conséquences de la crise aux travailleurs, aux paysans, aux habitants des quartiers aux femmes et aux enfants des masses laborieuses. Leur politique économique les a même conduit à détruire ce qui restait du vieil « Etatcertains partisans de la démocratie voient ce processus avec crainte et regrettent cette vieille forme de domination identifiée à l'« Etat-providence ». Ils ont peur que le PRI ne perde son hégémonie dans la société face au risque de développement de l'extrême droite. Ils pensent même que des évènements tels que ceux qui se sont passés lors des élections de Chihuahua (1) témoignent d'une évolution de la conscience populaire, d'un virage à droite. Avec une telle argumentation, on ne peut tirer qu'une conclusion pessimiste sur le futur de la gauche.
Le PRT ne partage pas cette analyse. Le pays ne passe pas par une période droi-
Oil traverse la crise la plus grave du système de domination et de contrôle du PRI. Un système de domination dont la population exploitée et opprimée est chaque fois plus lasse. Les secteurs des mobilisent aujourd'hui contre la fraude électorale (2) ne le font pas pour appuyer des projets fascistes mais pour défendre les droits démocratiques bafoués par le PRI. Pour défendre ces droits, la gauche doit s'allier avec tout le monde. La gauche ne sera pas inconsédans la lutte pour les libertés riode d'inexistence virtuelle de la gauche dans notre pays, alors qu'elle a perdu ses droits légaux et électoraux pendant des décennies et compte tenu du processus de responsabilité, les travailleurs signification politique de la perte contrôle de l'Etat, qui crée un terrain condition, bien évidemment, de ne pas tomber dans le vieux piège de l'alliance avec des secteurs du PRI qui, aujourd'hui, veulent s'affubler de l'habit de la démocratie. Ce n'est pas de l'Etat que surgiront les forces qui démocratiseront la société et la gauche ne pourra dépasser sa faiblesse relative en acceptant les pires alliances avec le PRI, les mêmes qui ont toujours obstrué la voie de l'indépendance politique des travailleurs et qui rompues par le PRI une fois passé le danger d'une perte de son contrôle.
L'UNITÉ POUR L'ACTION
Voilà la situation qui a amené l'ensemble de la gauche mexicaine à repenser son intervention politique traditionnelle. Dans toutes les organisations de gauche des points de vue politiques très diffé rents s'expriment, dont l'importance est grande pour l'avenir. Ainsi le veut la situa-
En même temps, dans toutes nos organisations, le sentiment unitaire s'est fortement développé. C'est en soi, digne d'éloge. Le processus de « désectarisation » que nous avons connu nous a permis de faire face à la situation actuelle. C'est parce que nous pensons que la situation pour la gauche mexicaine est promet-
1. Les élections, qui devaient pourvoir aux Mexique en juillet dernier, ont été l'occasion du PRI. Dans l'Etat de Chihuahua, où, de toute évidence, le PAN devait remporter le poste et non le PRI comme ce fut proclamé officiellement, d'importantes manifestations se sont déroulées exigeant le respect du suffrage. numéro 228 du 20 octobre 1986.
teuse que le PRT a discuté avec beaucoup d'attention comment construire une unité au bénéfice des exploités et des opprimés. Mais ceci implique d'être très attentifs aux conditions de réalisation de cette unité. Elle doit être viable afin d'éviter un échec qui briserait les espoirs du peuple travailleur qui veut s'affronter à la situation actuelle dans l'unité la plus large. L'unité de la gauche mexicaine est un besoin incontournable et c'est d'abord une unité dans l'action, parce que dans la lutte contre les attaques du niveau de vie des masses, pour la défense de l'emploi, des conventions collectives, lutte contre les accidents travail ou contre la dette extérieure, notre
Contradictoirement, la gauche a progressé davantage sur le plan des accords électoraux en formant des coalitions dans plusieurs Etats du pays. C'est insuffisant. De même, nous participons à de larges regroupements pour défendre le respect la gauche doit parvenir à des accords pour défendre les salaires, l'emploi, les conventions collectives, contre le paiement de la dette extérieure, afin d'arriver à un programme de lutte et de mobilisations sur ces questions. Voilà qui aiderait à construire la gauche comme une alternative de lutte globale répondant aux besoins des masses travailleuses.
UNE SEULE ORGANISATION DE
LA GAUCHE ? L'unification des organisations se situe à un autre niveau. Sur ce plan, le PRT avait avancé un peu au cours de discussions et d'un travail commun avec le PMT. Les conditions de ce processus ont changé dans la mesure où l'on nous a proposé une unification pluripartite non avec le PMT mais également avec au moins le PSUM, le PPR et l'UIC. D'après la direction nationale du PMT, le but serait de concrétiser cette unification central du PRT s'est vu dans l'obligation de décliner sa participation à cette unification car il considère que le calendrier proposé pour une fusion de cette ampleur fait prématuré. Malheureusement, cette démarche annule aussi le processus bilatéral engagé entre le PMT et le PRT, processus qui, après six mois de commençait à porter ses fruits et à cerner les principaux thèmes de discussion entre nos deux partis. Nous considérons qu'une unification de cette envergure demande un échange de vues approfondi ainsi qu'un travail garantir une fusion solide. Nous pensons que la gauche doit agir non seulement avec audace mais également dans un grand esprit de responsabilité pour ne pas renouveler des expé riences décevantes. Il est utile de rappeici l'expérience de la constitution du PSUM (en 1981, ndlr.) qui s'était également alors présenté comme le parti de toute la gauche et les effets produits par la rupture du PMT par rapport au projet initial, comme d'ailleurs les scissions ultérieures subies par le nouveau parti (3).
Nous ne devons pas sous-estimer les différences politiques qui existent aujourd'hui au sein de la gauche. Nous ne devons pas non plus préjuger de la possibilité d'en dépasser certaines. Ce qui nous importe, ce ne sont pas les divergences mais la solidité des accords unitaires dont on a besoin pour agir ensemble, ce qui rend nécessaire un véritable convergence à la base on ne peut le remplacer ni par le volontarisme ni en soumettant le processus de clarification nécessaire à la constitution d'un nouveau parti aux échéances de la prochaine campagne électorale fédérale.
Le comité central du PRT considère qu'avant de franchir une telle étape, il est possible de proposer une phase intermédiaire qui, en tout état de cause, aide au travail unitaire de la gauche et établisse les bases d'une unification, sinon totale, du moins partielle de plusieurs partis de gauche. Cette phase préalable, c'est la constitution d'une fédération de partis de gauche. Cette fédération devrait avoir une structure organique, une direction paritaire collective, une structure nationale et municipale, son propre organe de presse, un bulletin intérieur, une coordisyndical, paysan, quartier, des femmes et des jeunes. Une fédération de ce type serait l'instrument idéal pour agir de façon unifiée dans le mouvement de masses. C'est un moyen d'éviter la répétition d'expériences où coexistent au sein d'un même parti deux centrales paysannes ou des projets syndicaux radicalement opposés.
Un tel mécanisme, nous permettrait à moyen terme de franchir une étape supplémentaire, peut-être l'unification de tous, peut-être l'unification de quelques-uns, mais, dans tous les cas, en le faisant avec responsabilité et sérieux. Une fois de plus, répétons-le, le pire pour la gauche serait d'agir avec précipitation sur ce plan. Le comité central du PRT a réaffirmé sa conviction que notre parti ne représente pas à lui seul le parti révolutionnaire de masse dont nous avons besoin. Il a par conséquent réaffirmé qu'une convergence avec d'autres forces révolutionnaires nécessaire. Mais ceci ne signifie pas que nous soyons disposés à nous unifier avec n'importe qui, n'importe comment et n'importe quand. Cette absence de définition politique, apparemment très unitaire, est un poison pour tout projet sérieux d'unification. Il faut qu'un tel processus fasse l'objet de discussions politiques directions mais aussi les militants de base des partis, qui se concrétisent substantiel et d'où surgisse un parti qui fonctionne démocratiquement, ne reproduisant pas ce qu'il y a de pire dans le PRI, le caudillisme et le clientélisme, un parti qui ne garantisse pas seulement les droits d'opinion mais aussi le droit de tendance et donc la possibilité pour les tendances, de gagner la majorité. Il faut un parti de combattants et de lutte, pas seulement un parti électoral, un parti qui ne soit pas le refuge des militants du PRI en disgrâce, un parti qui se construit par un travail quotidien dans la lutte. Pour y parvenir, le PRT considère qu'il faut travailler en commun à moyen terme.
LES PROPOSITIONS DU PRT En ce qui concerne la participation électorale, le comité central du PRT réaffirme la proposition qu'il a faite depuis les précédentes élections fédérales en 1985. A l'époque, cette proposition n'avait pas abouti mais l'expérience acquise cette année lors du scrutin national avec la constitution de coalitions locales va dans le même sens. Il faut que les trois partis de gauche indépendants du PRI, qui sont enregistrés légalement, forment une coalition électorale nationale.
Il faut sûrement mener une première bataille à ce niveau : présenter pendant la session actuelle de la Chambre députés une initiative de lois qui réaffirme la Loi fédérale sur les organisations politiques et les élections, afin qu'il soit possible pour les partis politiques de former des coalitions sans perdre leur enregistrement légal (4). Mais même si l'on obtenait pas une telle réforme, le PRT est d'accord pour former une coalition dans les conditions actuelles de la législation électorale.
Nous pensons que les délais sont trop courts pour réaliser une fusion en un seul parti, mais sur le plan électoral il est urgent de former une coalition, même si cela implique la perte de l'enregistrement de chacun des partis de gauche en faveur de l'enregistrement de la coalition. Compte tenu des progrès vers l'unité que l'on peut constater aujourd'hui, on comprend qu'il de gauche lors des élections et l'enregistrement légal est secondaire face à cette nécessité. De plus, cela n'ôte pas la possibilité à chaque parti d'exister de façon autonome et de
Evidemment, il existe un rapport entre les propositions de fédération et de coalition, cette dernière étant l'expression légale, électorale, de la pre-
Telles sont nos propositions ; le PRT les soumet à la considération de toute la gauche et des organisations de masse. Il faudra trouver collectivement les plus favorables pour la lutte des travailleurs des villes et des campagnes.
Le comité politique du comité central
Mexico, 25 septembre 1986. 3. Le PSUM est issu de la fusion en 1981 Le PMT, qui, initialement, devait également en faire partie, s'y refusa finalement. 1985, le PSUM connaissait une scission importante qui devait donner le PRS.
4. La législation mexicaine, particulièrement anti-démocratique en matière d'élections, coalitions électorales de plusieurs partis annule l'enregistrement de chacun de ces derniers au profit du regroupement ainsi formé. Les partis doivent de nouveau se faire qui est une véritable