Dment prosique au Mexique iche indopenne de nos
EPUIS quelques années, la gauche indépendante a largecamarades du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, a été un des éléments notables de cette progression. Ainsi, en juillet 1985, malgré la fraude électorale, arme favorite du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) pour se
PRT obtenait 6 députés.
En février 1986, nos camarades du PRT traçaient les perspectives d'une politique unitaire décidée sur la base d'une évaluation positive des actions engagées avec d'autres organisations, notamment le Parti mexicain des travailleurs (PMT) ou le Parti de la révolution socialiste (PRS). Le PRT répondait positivement aux propositions du PMT, d'explorer les possibilités d'une unité organique. Toutefois, pour le PRT, il est clair que tout processus d'unification ne peut être un accord au sommet mais passe par un processus de discussions et d'actions communes aux deux partis et de bas en haut. Enfin, le PRI invitait également un autre groupe, l'Organisation de la gauche révolutionnaire-Ligne de masse (OIR-LM), débats et activités communes.
Sergio RODRIGUEZ
Depuis plusieurs années, un processus de réorganisation de la gauche a lieu dans de l'Amérique latine. Ce processus n'est que l'expression la plus évidente de ce qui se passe mouvement de masse. Plusieurs phénomènes le confirment.
La gauche latino-américaine n'est pas la même que celle qui existait jusqu'aux années 1960. A l'époque, l'hégémonie des staliniens et des nationalistes sur le mouvement de masse était presque totale. Le
Parti révolutionnaire institutionnel (PRI)
au Mexique, l'Alliance populaire révoluaméricaine (APRA) au Pérou, le péronisme en ment nationaliste révolutionnaire (MNR)
en Bolivie, d'une part, et la domination stalinienne sur le mouvement ouvrier uruguayen d'autre part, voire chilien, la combinaison des deux, avaient réduit le mouvement de masse au rôle d'un simple comparse destiné à renforcer l'Etat bourgeois. (...)
L'IMPACT DE LA RÉVOLUTION
CUBAINE
La révolution cubaine fut le premier symptôme de ce changement. Non seulement parce qu'elle prouvait qu'il était possible de renverser l'impérialisme mais parce qu'elle a débouché sur la construction d'un Etat ouvrier. Elle marque le début de la modification des rapports de forces dans la gauche et sur l'échiquier politique latino-américain. Désormais, le
PRI, l'APRA, le péronisme ou le MNR bolivien qui, auparavant, se présentaient aux yeux des masses comme les défenseurs de la souveraineté nationale pasdes révolutionnaires nelle. maintenir au pouvoir, le
Nos camarades ont concernées. à se joindre à ces septembre et diffusée publiquement.
au second plan. Cette lutte était maintenant dirigée par un gouvernement communiste. A gauche, la naissance des foyers de guérilla (foco) s'est réalisée à partir de ruptures dans les partis commurévolution nicaraguayenne représenté une autre grande étape. C'était la deuxième révolution victorieuse où les partis communistes n'avaient joué aucun rôle important. Un processus fondametal commence avec cette révolution. Le Parti communiste du Salvador par l'intermédiaire de son secrétaire général Shaffick Handal fait une autocritique profonde de sa stratégie qui est commune à tous les partis communistes d'Amérique latine, abordant le caractère ininterrompu de la révolution, en posant le problème de la transcroissance de la révolution démocratique et anti-impérialiste en révolution socialiste. Un problème similaire se pose avec le Parti guatémaltèque du Travail (PGT). Dans le cas de la Bolivie, ce processus s'est achevé en 1985 par une division en deux parties presque égales. Et des partis aussi corrompus et capitulards que le Parti communiste argentin ont été obligés de faire une autocritique sur l'orientation apolitique qu'ils avaient eue avant, pendant et après la dictature. Des débats semblables ont eu lieu dans le Parti communiste chilien.
La naissance au Brésil du Parti des travailleurs (PT) a été un autre élément essentiel du changement (1). Du cœur même de la classe ouvrière la plus puissante d'Amérique latine est né un nouveau type de parti de classe qui surgit du processus même de réorganisation et de transformation de la classe ouvrière et de ses luttes immédiates. Mais il ap paraît également contre les deux partis
Il s'agit pour nos camarades d'avancer dans un projet d'unité organique en vérifiant dans l'action les divergences et les convergences qui existent ; l'unité d'action est évidemment une condition sine qua non à toute unification organisation-
En juillet 1986, à la surprise de nos camarades, le Parti communiste, qui se nomme au Mexique le Parti socialiste unifié (PSUM), proposait à plusieurs partis de gauche, le PRT, le PMT, le Parti patriotique révolutionnaire (PPR) et l'Union de la gauche communiste (UIC) de fusionner en février 1987.
refusé pour l'instant cette proposition qu'ils jugent prématurée eû égard aux degrés et points de désaccords qui existent entre les différentes organisations
Nous publions ci-dessus, légèrement coupée, la contribution du camarade Sergio Rodriguez de la direction du PRT où il explicite leur démarche unitaire et comment ils conçoivent la construction du parti révolutionnaire au Mexique. A la suite, figure la résolution adoptée par le comité central du PRT en de la gauche traditionnelle : le Parti communiste brésilien (PCB) et le Parti communiste du Brésil (PC do B) (2). Depuis qu'il existe, le PT est passé par un grand nombre d'épreuves en maintenant intacte sa principale caractéristique, l'indépendance de classe. Cela a permis au PT d'être la principale force de gauche et d'avancer dans la restructuration de l'essentiel de la classe ouvrière, en créant une
Centrale unique des travailleurs (CUT).
Ce processus de changement dans les rapports de force à l'intérieur de la gauche, qui est évidemment différencié, a des positions classistes
Confédération générale du travail (CGT)
argentine est aujourd'hui plus significatif lutionnaire n'a repris que lentement ses forces vu l'ampleur de la défaite subie sous la junte militaire. En Uruguay, bien que le Parti communiste y demeure la principale force au sein du Plenum intersyndical des travailleurs-Centrale nationale des travailleurs (PIT-CNT) (3), les courants qui ont permis la résistance à la dictature et la formation du PIT, ont
1. Sur la constitution du PT, voir Inprecor numéros 60 du 4 octobre 1979 et 64 du 20 novembre 1979. Ensuite, Inprecor a traité régulièrement du développement du Parti des tra-
Parti communiste brésilien (PCB)
-Le est créé en 1922, à la fin de la vague de luttes ouvrières qui secouent le Brésil après la révo-
Le Parti communiste du Brésil (PC
B) nait en 1962 d'une scission du PCB, à l'occasion de la rupture sino-soviétique.
3. La CNT fut dissoute par les militaires d'Etat de 1973. Le mouvement syndical uruguayen s'est reconstitué peu à peu et le PIT devait prendre forme après le succès
un poids important. Dans le cas du Pérou, la force du Parti d'unité Mariatéguiste (PUM) et du Parti communiste du Pérou « Patria Roja » (4) leur a permis d'être parmi les partis les plus importants au sein de la Gauche unie (IU), sans même parler du Salvador et du Guatemala.
Ce processus de réorganisation de la gauche latino-américaine est marqué par un changement des rapports de force. Les courants révolutionnaires prennent plus de poids dans la société. L'origine n'en est pas un seul courant idéologique. D'anciens militants des partis communistes traditionnels, des trotskystes, des maoïstes, des castristes, des chrétiens radicalisés, des nationalistes révolutionnaires, en sont partie prenante. Tous ceux qui ont compris l'importance de lier le communisme à la réalité indo-américaine, comme l'avait proposé José Carlos Mariategui. LA RECOMPOSITION DE LA GAUCHE
MEXICAINE Ce processus de réorganisation et de recomposition de la gauche s'est également exprimé au Mexique, avec certaines particularités.
Le poids de l'idéologie qui émane de l'Etat mexicain à travers le PRI (5) a été beaucoup plus fort que dans d'autres pays. Elle a permis que des secteurs fondamentaux du prolétariat mexicain s'identifient à l'Etat. C'est ainsi que le développement de la gauche mexicaine a pu être jugulé grâce au mythe de l'existence d'une gauche « priiste » indispensable à la transformation du pays. Le gouvernement a utilisé avec succès cette ruse de nombreuses fois.
Cette faiblesse de la gauche ne se cantonne pas au plan idéologique. se révèle également dans le mouvement de masse et en particulier au sein du mouvement ouvrier. Conséquence de ce manque de racines, une thèse est apparue selon laquelle la seule manière de faire une politique de masse consiste à faire front avec
Le parti communiste mexicain, qui se nomme Parti socialiste unifié que (PSUM), n'a jamais été un parti de masse comme au Chili ou en Uruguay et, de ce fait, le poids du stalinisme dans la conscience ouvrière est très faible.
Il n'existe pas de courant typiquement castriste qui puisse être défini comme tel. En ce sens, une guérilla comme celle du Parti des pauvres (6) a plus de rapports avec les meilleures traditions de la révolution mexicaine qu'avec la révolution cubaine.
La conjonction de ces éléments en 1968 va entraîner une réorganisation de la gauche et la naissance de nouvelles organisations politiques. Depuis lors, nous nous sommes battus, quant à nous, pour construire un projet politique national. C'est ainsi qu'apparaît Brecha, revue qui ne comptera que quelques elle regroupait le Groupe communiste internationaliste (7), le Parti mexicain du pratique », des marxistes indépendants parmi lesquels se trouvait le camarade José Revueltas. Plus tard, la revue Perspectiva est née d'un regroupement semblable. Chez les maoïstes, la formation du Front populaire indépendant et ensuite de la Coordination ligne de masses allaient dans le sens de cette recherche. Autre phénomène significatif, la formation d'organisations sociales de masse comme le Comité de Défense populaire (CDP) de Chihuahua, la Coordination ouvrière, paysanne et étudiante de l'isthme de Oaxaca qui représentent non seulement la volonté des masses de s'organiser pour leurs revendications mais aussi le besoin pour ces secteurs d'agir sur le plan politique. l'Unité ouvrière paysanne et populaire, comme l'enregistrement, premier jalon de la légalisation, du Parti révolutionnaire des travailleurs (8) en 1982 allaient dans le même sens. La candidature de la camarade Rosario Ibarra de Piedra a regroupé autour d'elle un capital impressionnant du point de vue de la participation des masses. Du même coup, la gauche indépendante du gouvernement était confrontée à deux options électorales : l'une, représentée par le PSUM, qui avait des opinions sur tout, même sur l'augmentation de la production de lait, et l'autre, incarnée par la camarade Rosario, qui appelait le peuple à lutter, à s'organiser et à ne compter que sur ses propres forces. Voilà pourquoi des secteurs pro-gouvernementaux ont qualifié cette candidature d'« excroissance fractionnelle » du PRT. En effet, cette campagne électorale ne respectait pas les règles traditionnelles du jeu parlementaire, ni celles du PRI ni celles de la gauche réformiste.
Lors de son troisième congrès national en 1981 (9), le PRT a élaboré une conception qui a joué un rôle fondamental dans son développement ultérieur faisant de la construction d'un Parti des révolution-
June nécessité. Cette conception rompait avec une vision sectaire triomphaliste et réductrice de l'auto-construc-
Le PRT n'était pas l'unique et achevé parti révolutionnaire de l'avenir.
Cependant, cette élaboration n'a pas été assimilée rapidement par les autres secteurs de la gauche révolutionnaire, elle a même accentué leur sectarisme. La naissance de l'Union nationale de la gauche révolutionnaire peut être considérée comme la formation d'un instrument d'autodéfense pour neutraliser le PRT.
LA SITUATION PRÉSENTE
Au cours des derniers mois, à un processus de redéfinition au sein de la gauche dont on voit aisément la raison. Certes, la situation de cette gauche s'est nettement améliorée cependant la crise connaît le pays rend plus urgente que jamais la perspective d'un projet national
Récemment, seulement d'un phénomène qui correspond au besoin de la gauche de dépasser son isolement ou a-t-il des racines plus profondes ? Ce que la gauche exprime, c'est le sentiment unitaire du mouvement de masse, sentiment qui a été constamment réprimé l'Etat mexicain et cette dynamique de la gauche reflète de façon indirecte l'unité du mouvement de masse. C'est ce qui la rend plausible et nécessaire.
Toutefois, il ne faut pas croire que dans la situation actuelle cette dynamique rend possible la formation d'une organisation unitaire de la gauche. Il ne s'agit pas en disant cela de manifester une vocation stérile de division. L'unité n'est pas seulement le produit d'une volonté, elle est surtout le produit d'une convergence politique et programmatique. Car il d'un parti unique si nous tard regretter son incapacité, sa para-
Quand le PRT a fait ses propositions aux organisations citées nous avions fait quelques remarques, fondamentales à notre avis : ce nouveau parti doit avoir un carctère socialiste et une position d'indépendance de classe face aux patrons et au gouvernement. Et d'ailleurs, en ce qui concerne le PMT, nous avons enregistré lors du début des discussions, des déclarations du camarade Heberto Castillo, dirigeant de ce parti, qui allaient dans ce sens en reconnaissant s'être trompé en envisatravail unitaire avec la soi-disante gauche du PRI, qui n'a jamais existé que dans les esprits. Ces deux aspects, comme le caractère du parti relié à sa composition sociale et son fonctionnement, sont pour nous le fil conducteur, pour construire une nouvelle organisation révolutionnaire au Mexique.
En ce qui concerne le PRT, avons décidé de faire des propositions d'unification au PMT, au Parti de la révolution socialiste (PRS) (10) et à l'OIR-LM, car nous pensons qu'il y a une possibilité d'accord politique et programmatique, qui n'est évidemment pas total mais néanmoins substantiel. Il devra être confirmé ultérieurement, après un procescommunes. La réponse de chacune des organisations aux moments importants de la lutte politique est aussi un problème essentiel. Ce fut le cas par exemple de l'atti-
4. Sur le PUM, voir Inprecor numéro 229. « Patria Roja » est une des scissions du Parti communiste péruvien qui a connu un éclatement important lors de la rupture sino-soviétique.
5. Le PRI fut fondé en 1928. Depuis lors, il se maintient au pouvoir usant largement de la fraude électorale et du clientélisme.
6. Organisation populiste qui mena une guérilla dans les années 1970, notamment dans l'Etat de Guerrero.
7. Section sympathisante de la IVe Internationale, lors de son congrès de 1974. Sur l'histoire du PRT, se reporter à Inprecor, numéro 225 du 8 septembre 1986.
Sur l'enregistrement du PRT, Innrecor numéro 106 du 20 juillet 1981. Le PRT ne sera définitivement légalisé qu'en 1982.
9. Voir Inprecor numéro 11 du 21 décembre 1981.
10. Sur la politique unitaire du PRT, voir Inprecor numéro 218 du 28 avril 1986.
prise par les différents partis face à l'initiative de secteurs du PRI de convoquer une manifestation « pour défendre la souveraineté nationale et contre l'inter-
A mon avis, cette manifestation est extrêmement importante non seulement parce que l'on n'avait pas vu depuis longtemps une action aussi pluraliste mais aussi parce que cela conduit immédiatement la gauche à discuter du type de front à construire et du type d'actions anti-impérialistes possibles. quent, cette manifestation a joué un rôle central dans les discussions sur la formation d'un nouveau parti révolutionnaire
Tout se passe comme si, de nouveau, la gauche avait été prise au piège avec cette histoire de « défense de la souveraineté nationale ». Il ne s'agit pas en l'occurd'une action concrète, spécifique. Une idée telle que la défense nationale, si elle reste abstraite, peut être défendue même par des gouvernements réactionnaires et totalement liés à l'impérialisme.
Les secteurs de la gauche du PRI qui ont impulsé la marche ont utilisé l'action du sénateur américain Jesse Helms pour cette initiative pluraliste. Le problème était très clair ; la commission du Sénat à laquelle Helms avait dénoncé le gouvernement mexicain comme un gouvernement corrompu, se livrant au trafic de drogue et de dollars. Toute action à propos de cette intervencomme un soutien au gouvernement
Jamais ces mêmes secteurs dits de gauche n'ont appelé à la mobilisation à propos de la loi Simpson-Mazoli (12) ou contre les ingérences du Fonds monétaire international (FMI) ou sur l'entrée de centaines d'agents du Bureau fédéral de recherche (FBI) nord-américains, censés surveiller le championnat du monde de football de juin 1986.
Cependant, les tombés dans le piège. Le peuple mexicain a voté avec ses pieds et n'a pas assisté à l'étaient grâce à la vieille méthode priiste du transport. Dès le matin, des camions se trouvaient sur les marchés pour amener les gens, et on obligea les travailleurs de quelques délégations politiques à venir. Il est réellement incroyable de voir que le jour suivant des personnalités démocratiques se soient félicités de la marche mais n'aient jamais fait aucune allusion à la qualité des participants.
Certains dirigeants de gauche pensent que le front patriotique est sur le point de constituer ; Munos Ledo (13) lui-même évoque la possibilité de créer un front populaire démocratique qui défende la souveraineté nationale. Il est indiscutable que des secteurs du gouvernement vont tromper la gauche avec ce projet.
C'est pourquoi, quand le PSUM et le PMT par la voix de son dirigeant Heberto Castillo parlent de la possibilité de créer un front politique de gauche ou une fédération de partis politiques de gauche, quand ils disent avec insistance que ce front ou cette fédération pourront être composés non seulement de partis mais aussi de personnalités, ils doivent clairement formuler leurs propositions, surtout si l'on conçoit ce front avec une structure interne, des organismes de base et une coordination au niveau de la direction. Le problème n'est pas de savoir si la création d'un front avec ces caractéristiques est correcte ou non, mais bien quelle est sa fonction et quelle sera sa politique.
Par conséquent, plusieurs problèmes doivent être discutés : Qui composera ce front ? En effet, il y a toujours des courants de gauche qui ne veulent pas l'unité avec d'autres partis de gauche, mais qui recherchent l'alliance avec le gouvernement ou certains de ses secteurs. Deuxièmement, quelle sera sa plate-forme d'action ? Le PRT considère que l'existence d'un tel front est fondamentale et sens nous sommes disposés à y participer. Mais, pour nous, il ne peut où se retrouvent les patrons et les dirigeants du PRI en disgrâce. Ce front doit immédiatement se lancer dans l'action politique en prenant la tête de la lutte pour la démocratie et la défense de la nation, pour la défense des salaires et de l'emploi, contre le paiede la dette, pour la défense des et contre la répression etc. Ce front doit donc diriger l'essentiel de ses attaques contre le PRI et le gouvernement sans se préoccuper de savoir si un priiste ou un patron en disgrâce veut y entrer mais, à l'inverse, veiller à ce que les larges masses de travailleurs et de paysans voient ce front comme leur instrument d'expression politique.
le véritable défi auquel nous sommes confrontés.
QUEL PARTI REVOLUTIONNAIRE ?
Mais en même temps les secteurs de la gauche révolutionnaire doivent avancer vers la formation d'un parti. Je voudrais à ce propos reprendre ici le débat qui a commencé sur la question du « parti des cadres » ou « parti de masse ».
La dynamique de rupture avec les vieux modèles et le dogmatisme qui est un phénomène sain peut déboucher sur l'éclectisme. Pour le PRT, mener ce débat de façon abstraite est profondément erroné. Certains camarades de gauche pensent que le seul fait de se prononcer pour un parti de masse, règle le problème. Le PRT s'est prononcé pour un parti qui regroupe en son sein les combattants sociaux de ce pays. Nous pensons que ces militants sont des milliers, des dizaines de milliers voire des centaines de milliers. Il ne s'agit pas de recruter n'importe quel citoyen qui passe dans la rue mais de former un parti avec les gens qui se battent dans leur syndicat, dans leur communauté, leur quartier, leur
Autrement dit, il faut chercher à créer un parti de combat, pas un parti qui, se voulant de masse, n'est qu'un parti d'opinion ou qui n'agit qu'au moment des
Certains en ont conclu que pour construire ce type de parti de combat, il faut se débarrasser des concepts léninistes. Tel n'est pas notre avis. Bien sûr, sur bien des points, le parti révolutionnaire qui surgira au Mexique sera très différent du parti bolchevique russe.
Prenons un exemple, le parti de Lénine ne s'est jamais posé le problème d'intégrer dans ses rangs les combattants paysans. Nous pensons que ce fut une importante qu'ils ont payée par la suite. Au Mexique, il est impossible d'imaginer un parti révolutionnaire sans la participation et profonde
Ensuite, de nombreuses traditions nationales de notre peuple doivent intégrer le patrimoine de ce parti, ses symboles, son langage
Mais d'autres aspects de ce que devrait être cette organisation relève bien des fondements de la conception léniniste. Prenons quelques exemples. Nous voulons un parti de milliers de combattants, mais ce parti se doit de former politiquement ces camarades pour la lutte révolutionnaire, sinon les risques de caudillisme (domination d'un chef, ndlr.) et de bureaucratisme seront immenses. Nous ne voulons pas d'un parti où règne la démagogie sur la soi-disante égalité de tous et où, dans les faits, un seul domine, toujours plus égal que les autres. De même, il faut que ce parti garantisse l'autonomie des organisations sociales, autrement dit, les organisations sociales ne sont pas les bras du parti mais les bras de la société
Pour le malheur du léninisme, on a voulu le réduire à l'année 1903 et en particulier au fameux livre de Lénine
Comment peut-on concevoir que les bolcheviks aient dirigé une révolution comme la révolution russe avec une conception de petite secte ? Prenons ces quelques remarques de Lé nine :
« Les camarades qui ont la riche expérience du travail révolutionnaire sous l'autocratie devront aider de leurs conseils ceux qui débutent dans l'activiété socialdémocrate, dans les conditions nouvelles de la « liberté » (cette liberté est encore entre guillemets). Il est évident que les membres de nos comités auront à faire preuve d'un grand tact : les anciennes prérogatives formelles perdent inévitablement de leur importance aujourd'hui ; il faut tout recommencer à chaque instant « depuis le commencement », il faut démontrer aux larges couches de nouveaux camarades toute l'importance d'un pro-
11. A la suite des attaques portées par le Helms, le PRI convoquait tion en défense de la souveraineté populaire » et le PMT devaient s'y joindre à la différence de nos camarades du PRT qui refusaient toute gouvernement au nom de 231 du 1er décembre 1986.
Dirigeant du PRI, particulièrement lié
gramme, d'une tactique et d'une organisation social-démocrate fermes. N'oublions pas que, trop souvent, nous n'avions affaire jusqu'à présent qu'à des révolutionnaires issus d'une couche sociale déterminée ; nous aurons désormais affaire à des représentants Ce changement appelle non seulement une modification des méthodes d'agitation et de propagande (nécessité d'user d'un langage plus populaire, aborder un problème, de savoir exposer de la façon la plus claire, la plus saisissante, la plus convaincante fondamentales du socialisme), mais en-
Voici ce que nous voulons faire du PRT. Cela ne signifie pas que pour avancer dans la construction du parti révolutionnaire, nous allons obliger tout le monde à se déclarer léniniste. L'acte de foi nous importe peu, seule compte la substance du problème.
En conclusion, nous ne sommes pas intéressés par la construction d'un parti trotskyste qui n'a d'ailleurs jamais été la définition idéologique de notre parti. Ce qui nous intéresse, c'est la construction d'un parti pour la révolution socialiste, pour l'indépendance de classe, pour l'autonomie des organisations de masse, pour l'internationalisme prolétarien, qui lutte contre l'oppression des femmes et s'exprimer librement des idées différentes, où l'on pourra organiser des tendances et des fractions et où la seule loyauté due le sera envers le programme, non envers des individus ou des organismes de direction, un parti qui agisse
Get pense politiquement, un parti qui se pose le problème du pouvoir et se prépare à sa conquête dès mainte-
Sergio RODRIGUEZ, La Batalla, numéro 15, juillet 1986. 14. Lénine, « Sur la réorganisation du parti », Oeuvres, tome 10, pp. 21-31, Moscou, paysans qui rompent aujourd'hui avec ce parti puissent voir immédiatement dans gauche une alternative électorale La situation est beaucoup plus complexe. Beaucoup de ces travailleurs et paysans qui votent aujourd'hui pour le Parti d'action nationale (PAN) (droite, ndlr.) ne voient pas la gauche comme leur ennemie, mais au contraire, sympathie ; dans la lutte sociale d'accord avec le programme de la gauche et absolument pas avec celui de la droite, qu'elle soit dans ou hors du gouvernement. Ils votent pour le PAN parce qu'ils pensent qu'il est plus à même de battre le PRI sur le plan
Ce que nous venons de dire signifie que l'appui dont bénéficie le PAN est fondamentalement électoral et donc, si la gauche doit évidemment lui disputer le terrain, sa tâche centrale doit se diriger vers l'action politique quotidienne au sein des organisations ouvrières et paysannes. Ce qui peut arriver de pire à la gauche de tomber dans problème électoral, perdant de vue la