Inprecor 1974–2004

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AFRIQUE DU SUD

Le secrétaire général du PC parle du rôle de son parti

Inprecor n° 232, 15 décembre 1986 · p. 9 · 732 mots

Afrique australe Syndicalisme

Le secrétaire genéral du PC parle du rôle de son parti Dans une récente interview publiée par Marxism Today, revue mensuelle du Parti communiste de Grande-Bretagne, le président du Parti communiste sud-africain (SACP), Joe Slovo, qui est par ailleurs membre de l'exécutif national de l'ANC, répond de la sorte à une question sur le rôle propre de son parti.

« La réponse, en une seule phrase, est : parce qu'il y a besoin en Afrique du Sud d'œuvrer à la réalisation ultime d'une Afrique du Sud socialiste. souligne le mot ultime, parce que le contenu principal de la lutte immédiate est centré sur ce que notre programme décrit comme la révolution nationale démocratique, qui implique la création d'un pouvoir populaire basé sur les revendications générales de la Charte de la liberté.

« Quant à ces objectifs immédiats et la stratégie et la tactique liées à leur réalisation, il existe un large accord entre le Congrès national africain et notre

« Mais, malgré cette similarité de démarche, nous en tant que parti communiste avons une responsabilité spéciale par rapport à la fois à la lutte immédiate et à notre objectif, le socialisme. Nous nous considérons comme le parti de classe du peuple travailleur. Et nous avons une responsabilité historique spéciale pour assurer que cette classe, la classe ouvrière, joue son rôle légitime dans l'alliance de classes qu'exige la lutte immédiate. C'est nécessaire pour assurer que la classe ouvrière et ses aspirations ne soient pas noyées par d'autres forces sociales qui peuvent voir la libération uniquement comme le remplacement du visage blanc par un visage noir au poste d'exploiteur.

« L'ANC est une expression de l'alliance de classes. C'est un mouvement national qui englobe toutes les classes et groupes parmi les Noirs opprimés et qui est même ouvert aujourd'hui aux démocrates blancs qui sont prêts à faire cause commune avec lui. L'ANC ne peut pas et ne doit pas se limiter aux aspirations de cette seule classe dont nous communistes disons que nous représentons les intérêts. Et il est la fonction du parti d'affirmer et de sauvegarder jalousement le rôle de la classe ouvrière au sein de l'alliance qui existe à l'étape actuelle, non dans un futur millénaire quelconque.

« Mais, à part cela, il reste la perspective socialiste, laquelle, bien qu'elle ne soit pas à l'ordre du jour immédiat de la lutte, ne peut pas être laissée de côté jusqu'à ce que la prétendue première étape soit atteinte. En ce qui nous concerne en tant que communistes, il n'y a pas de muraille de Chine entre la prétendue première étape et la prétendue deuxième étape. La révolution va être un processus continu et c'est notre tâche d'assurer que même à l'étape actuelle nous présentions en permanence au peuple travailleur les perspectives à long terme du socialisme, le lien vital entre tout le concept de libération nationale et l'émanci-

Tout en s'affichant comme l'avant-garde de la classe ouvrière, le Parti communiste sud-africain reste silencieux dans cette interview sur ses rapports avec le mouvement syndical noir indépendant en Afrique du Sud. Ces derniers sont quelque peu éclairés par une déclaration du même Joe Slovo dans un article publié dans l'organe de son parti, African Communist, numéro 107 du quatrième trimestre 1986, dans lequel on peut lire les phrases suivantes :

« Il doit être souligné que la participation des travailleurs (qu'ils soient communistes ou non) dans le mouvement national lui-même et le rôle joué par un mouvement syndical indépendant et radical, comme le COSATU, sont intimement liés dans le cadre du processus de l'affirmation du rôle des travailleurs. Mais nous rejetons le populisme organisationnel de ceux qui voient l'atelier comme le seul terrain de la lutte des classes, mettant même en opposition le parti et le mouvement syndical comme structures en concurrence pour avoir la direction politique de la classe ouvrière. Nous sommes entièrement d'accord avec Jay Naidoo, secrétaire général du COSATU, quand il dit : " Des travailleurs organisés (dans le mouvement syndical) ne sont pas représentatifs de la classe ouvrière toute entière, mais ils constituent son arme la plus puissante. " (South African Labour Bulletin, avril 1986, p. 39). Le représentant de la classe ouvrière toute entière est constituée par une avant-garde politique, ce que nous prétendons être ; un tel titre doit bien sûr être gagné par la qualité de direction sur le terrain et non pas par une simple proclamation ».

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