Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ZAMBIE

Le gouvernement contraint de reculer

Inprecor n° 235, 2 février 1987 · p. 23 · 355 mots

Au mois de décembre dernier et pour la première fois depuis l'indépendance du pays en 1964, une émeute populaire a fait reculer le pouvoir sur la question des prix et de la baisse du pouvoir d'achat.

Dans la région des mines de cuivres ont éclaté des manifestations spontanées qui ont fait céder le gouvernement qui voulait doubler le prix de la farine de maïs.

Le régime a expliqué qu'il s'agissait de manifestations de "hooligans" (voyous) mani -pulés par les forces néo-colonialistes !

La Zambie dont 90% des recettes en devises proviennent des exportations de cuivre est frappée de plein fouet par la chute des cours de ce métal sur le marché mondial et la crise des débouchés due à la récession mon -diale. Par ailleurs, son commerce extérieur est étroitement dépendant des relations commer -ciales avec l'Afrique du Sud.

Le régime du président Kaunda se réclame du socialisme humaniste mais demeure un régime néo-colonial classi que, répressif, auto -cratique et corrompu.

Les rapports au marché impérialiste ne justifient pas que 20% des plus riches de ce pays se partagent 57% du revenu national et que 20% des plus pauvres ne disposent eux, que de 4% de ce même revenu. L'agriculture et les paysans ont été laissés-pour-compte, les campagnes se vident et la moitié de la popu -lation zambienne se concentre dans les villes. Sur dix-huit fermes d'Etat qui ont chacune 20 000 hectares de terres, trois seulement, selon une enquête officielle, ont un "semblant de production". Dans certaines régions, à cause de la pénurie de moyens de transport et de stockage ou d'une commercialisation défec -tueuse, un quart des récoltes sont perdues. Mais dans le même temps, la Zambie Airways a acquis en leasing un gros porteur DC-10, l'Union nationale pour l'inpédendance (UNIP), le parti unique, se construit un local fastueux et la compagnie minière ZCCM (Zambia Consolidated Copper Mines) vient d'emménager à Lusaka, la capitale, dans un luxueux immeuble revêtu de marbre !

Alors, la population en a eu assez qu'on lui parle de sacrifice et d'austérité, au nom du socialisme et de la patrie en danger !

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