La mobilisation étudiante de cet automne a réussi à bloquer les attaques libérales en matière d'éducation qui visaient à limiter l'accès à l'enseignement supérieur, supprimer peu à peu la gra tuité des collèges, augmenter les frais de scolarité universitaires et rogner sur les bourses.
Mais le mouvement étudiant, sous la direction de l'Association nationale des étudiants et des étudiantes du Québec (ANEEQ) se sont organisés pour défendre le droit à la formation pour tous menacé par ces projets du gouvernement. Un total de 28 institutions ont participé à un mouvement de grève qui aura duré dix jours en tout.
Et les étudiants ont gagné. Dès le 22 octobre, 20 associations étudiantes déclen -chaient une grève générale illimitée, une mobilisation comme on n'en avait pas vue depuis des années dans la jeunesse scolarisée !
Quelques jours à peine après le déclenchement de l'action, le premier ministre Bourassa, s'engageait à l'Assemblée nationale à maintenir les frais de scolarité au même niveau jusqu'en 1989. Puis le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science, Claude Ryan, rencontrait les représentants des étudiants. A la suite de cette réunion, s'établissait un calendrier de discussions sur la réforme des bourses. Sur ce point-là égale -ment, le mouvement étudiant obtenait des ga -ranties de la part du ministre.
Si la mobilisation a permis de contrecarrer les projets élitistes de réforme du système d'éducation, la bataille n'est pas pour autant terminée et le mouvement étudiant doit se montrer vigilant, notamment sur la question des bourses qui permettent à ceux qui le désirent d'accéder à l'enseignement su périeur même s'ils ont peu de ressources financières. •