Inprecor 1974–2004

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ECONOMIE

Le Système monétaire européen

· Inprecor n° 235, 2 février 1987 · p. 3-6 · 3 299 mots

Allemagne Europe Japon et Corée France

La crise du système monétaire inter- ricaines et canadiennes, elles sont deve-

ECONOMIE

EUNIS le 11 janvier à Bruxelles, les douze ministres des

R Finances de la Communauté économique européenne

• (CEE) ont décidé un réajustement au sein du Système monétaire européen (SME).

La chute du dollar, qui se poursuit sur toutes les places financières, a entraîné une forte spéculation sur le mark allemand et donc une hausse de ce dernier, mais aussi une baisse des monnaies les plus faibles au sein du SME, notamment le franc français.

La France a refusé de dévaluer une seconde fois en moins d'un an : la dernière dévaluation date du lendemain des élections législatives de mars 1986.

Finalement, le 12 janvier les ministres des Douze parve-

Ernest MANDEL

L'économie capitaliste est une économie monétaire. La production est une production de marchandises : presque tout ce qui est produit doit être vendu.

La vente est un échange de marchandises contre de l'argent. L'économie capitaliste est une économie internationale. Le marché mondial est structuré en économies

Comme l'armée, plus, la monnaie est le signe de la souvenationale. Ces monnaies nationales se rapportent les unes aux autres dans un système monétaire international.

l'économie capitaliste dépend étroitement de la solidité relative et du fonctionnement de ce système monétaire interna-

MONTÉE ET DÉCLIN DU DOLLAR

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'essor du capitalisme se tamment par la stabilité du système monétaire international fondé sur l'étalon-or. La plupart des grandes puissances capitalistes avaient des monnaies nationales convertibles en or. La livre-sterling, devise de la principale puissance impérialiste de l'époque, la Grande-Bretagne, était aussi stable que l'or.

La crise structurelle du capitalisme mondial, ouverte en 1914, s'est reflétée dans la crise du système monétaire international. L'un après l'autre, les pays ont abandonné l'étalon-or. Aucune monnaie nationale ne pouvait se substituer pour l'ensemble des pays au rôle de l'or. Le marché mondial s'est segmenté en différents secteurs régionaux ayant chacun sa monnaie de référence. Le commerce mondial s'est contracté.

La production avait tendance à stagner ou à baisser.

1987). banques centrales. national était étroitement liée à la concurrence inter-impérialiste exacerbée, c'est-àdire à l'absence d'hégémonie d'une puissance impérialiste. Au lendemain la Deuxième Guerre mondiale en 1945, cette situation s'est provisoirement ré solue. Dans le monde capitaliste, les Etatsindustrielle et militaire dominante. Leur suprématie financière correspondait à cette hégémonie économique et politique.

Le système monétaire se mit à fonctionner sur la base d'un étalon dollar-or, le Gold Exchange Standard. Le dollar était aussi solide en or. Il servait de monnaie de réserve à toutes les autres monnaies. Le système monétaire international a connu un large essor, stimulant l'expansion de la production matérielle. Un quart de siècle de croissance économique

« onde longue expansive », s'est substituée à la longue période de quasi stagnation qui s'était étendue de l'hégémonie américaine pouvait être éternelle. Elle a été affaiblie par la remontée spectaculaire de la industrielle, financière, des vaincus de Guerre mondiale, l'Allemagne mais aussi, dans une moindre mesure, des puissances européenprise par les Etats-Unis de productivité industrielle du travail s'est graduellement érodée. La part du commerce américain dans le marché mondial a commencé à se

Les exportations européennes et japonaises de capitaux ont peu à peu connu un essor parallèle à celui exportations de leurs produits industriels. Les multinationales ont cessé d'être essentiellement américaines. Autant qu'aménaient à un accord... boiteux. Le mark allemand et le florin néerlandais étaient réévalués de 3 %, les francs belge et luxembourgeois de 2%, la France refusant de faire baisser sa monnaie. « Pour des raisons politiques, la France n'a pas voulu dévaluer sa monnaie en même temps que le mark était réévalué.

C'est une faute économique qui se paiera tôt ou tard », estiment les banquiers allemands. (cf Le Monde du ler janvier

En fait, à peine signé, l'accord au sein du SME est de nouveau menacé par la chute du dollar qui a repris de plus belle entraînant l'envol du mark et du yen, malgré l'intervention des nues européennes ou, plus simplement, britanniques, suisses, françai-

Les Etats-Unis ont souffert d'un déficit chronique de leur balance des paiements. Les réserves d'or déposées à Fort

Knox se sont mises à fondre comme neige au soleil. L'Amérique n'a pas pu conserver la convertibilité du dollar en or. En 1969-1972, celle-ci était suppri-

Le système monétaire international établi à la fin de la Deuxième

Guerre mondiale, dit système de Bretton Woods (1), s'effondrait.

Le dollar n'était plus « bon comme l'or ». Un désordre croissant s'est installé dans le domaine des cours de entre devises, une instabilité croissante comme dans la période de l'Entre-deuxproduisant une succession variations des taux de change des monnaies entre elles.

Cette instabilité et cette insécurité croissantes favorisent la spéculation par rapport à la production, les investissements à court terme, voire les fuites de capitaux au jour le jour, ce qui va à l'encontre des investissements à moyen et long termes qui sont décisifs pour l'amélioration et l'extension de la production.

Le résultat en est un renforcement des tendances à la baisse du taux de croissance économique, à la stagnation de la passés d'une « onde longue expansive » à

« onde longue dépressive », commencé à la fin des années 1960. Elle dure toujours et durera encore longtemps.

Elle présente beaucoup d'analogies avec la

Les accords passés à la conférence de en 1944 ont jeté la base du guerre et ont notamment décidé de la création du Fonds monétaire international (FMI) mais aussi établi que le dollar était désormais la seule

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nature, a horreur du vide. Le déclin du Grande-Bretagne durant la période 1850période de l'Entre-deux-guerres.

L'économie capitaliste, dollar a stimulé une remontée d'autres devises, avant tout du Deutsche Mark (DM)

du et yen japonais comme monnaies internationales. Des échanges internationaux sont effectués dans ces monnaies.

Des emprunts internationaux, des obligations émises par des firmes, semi-étatiques ou des Etats sont exprimés dans ces monnaies. De plus en plus de transactions sont libellées dans ces mon-

Elles deviennent ainsi nales.

de réserve d'autres monnaies nales (2).

A LA RECHERCHE D'UN

SUBSTITUT AU DOLLAR

Mais cette remontée a été très modeste. Elle concerne aujourd'hui tout au plus 10 à 15 % des mouvements de marchandises et de capitaux sur le marché mondial.

Ni la

République fédérale allemande (RFA) ni le Japon n'occupent une place sur le marché mondial compadésynchronisée en 1983

Winfried Wolf

Ernest Mandel

- Crise du marché commun

Ernest Mandel

- Fonction et limites du marché commun

Ernest Mandel

Ernest Mandel

Ernest Mandel

-La chute du dollar

Winfried Wolf

Ernest Mandel

1987

Ernest Mandel rable à celle des Etats-Unis pendant la comme la péridode 1940-1970 ou à

1890. Il n'y trielle et militaire allemande ou japonaise qui se serait substituée à l'hégéaméricaine.

monie matériellement et politiquement possible que le Deutsche Mark ou le yen remplisdes entités sent un rôle identique à celui du dollar longue pendant qui a diale.

monnaies

A premiere vue, la situation natioraît différente si l'on regarde non plus l'Allemagne occidentale pris séparément, mais les six pays qui ont constitué nauté économique européenne (CEE), la RFA, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, voire les douze pays partie,

Grande-Bretagne, le Danemark, l'Irlande, la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Ces pays occupent sur le marché

INPRECOR A PUBLIE

Inprecor suit régulièrement la crise économique et ses conséquences.

Voici les articles les plus importants sur la crise du système monétaire international et sur l'Europe que nous avons publiés ces trois dernières années :

- De la récession 1980-1982 à une reprise faible et

N°151

30 mai 1983

-Le système monétaire européen et la crise du marché commun

N°151 30 mai 1983

N°163 19 décembre 1983

N°171 16 avril 1984

- Une reprise couplée à une crise financière aggravée

N°178

23 juillet 1984

- La situation économique au début de 1985

N°193

1 avril 1985

N°195

29 avril 1985

- La dynamique infernale de la spirale de l'endettement

N°217

14 avril 1986

- Les perspectives pour l'économie internationale en 1986-

N°227

6 octobre 1986

Peut-être n'avez-vous pas certains de ces numéros. Vous pouvez vous les procurer au prix de 10 francs l'exemplaire, en nous écrivant

INPRECOR- 2, rue Richard Lenoir -

93108-MONTREUIL celle de la a pas d'hégémonie indusil n'est pas

Donc, phase d'expansion suivi la Deuxième Guerre monappale

Japon ou à l'origine la Commuqui en font actuellement six pays fondateurs plus la européen marchandises et des capitaux une européens, américains, manifestement jourd'hui.

té » d'une classe politique minantes.

tème bre 1986.

position similaire à celle des Etats-Unis à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Théoriquement, ils pourraient créer un nouveau pivot monétaire du commerce mondial et remédier en partie à l'instabilité monétaire chronique.

Nous disons en partie car, même s'il y avait une monnaie européenne commune et une stabilité monétaire réelle en Europe, les rapports entre cette monnaie et le dollar d'une part, le yen d'autre part, sans parler des rapports avec les devises des principales puissances semi-industrialisées du Tiers monde, telles le Brésil, le Mexique, la Corée du Sud, Taïwan, l'Afrique du Sud, resteraient sujettes à de fortes fluctuations fonction des exigences de la concurrence.

Cela explique la pression constante qui s'exerce depuis des années en faveur de l'émergence de cette monnaie européenne qui a déjà reçu un nom, l'ECU, et un début d'existence, aux confins du réel et de l'ectoplasme.

L'émergence du Système monétaire fondé sur l'ECU correspond aussi par ailleurs à la tendance à la consolidation du Marché commun lui-même. Elle exprime le désir des grands trusts, monopoles, multinationales et banques principalement des propriétaires concurrents autres, de voir mieux défendus par une puissance étatique qu'ils ne le sont par des Etats-nations inadéquats aux formes internationales d'organisation de la production et des finances capitalistes d'au-

ÉMERGENCE ET DIFFICULTES

DU

SYSTEME MONÉTAIRE EUROPÉEN

Seulement voilà, qui favorisent la naissance de l'ECU, du Système monétaire européen, en limitent simultanément l'étendue, le champ d'application et l'efficacité.

Nous avons dit que l'existence d'une monnaie, d'une devise autonome est un des signes majeurs de la souveraineté nationale dans le cadre d'une économie marchande, une économie de marché. Il ne faut pas interpréter le terme « signe » dans un sens symbolique, idéologique, ou même comme l'expression de la « volonpossédante. Il s'agit avant tout d'un phénomène matériel de puissance, de pouvoir économique d'un Etat, c'est-à-dire de sa classe dominante, ou de ses classes do.

Pour qu'une monnaie soit une vraie monnaie, il faut qu'il y ait un vrai Etat capable de la défendre avec tous les moyens nécessaires : réserves de change, sysdouanier, politique commerciale unique à l'égard des concurrents étrangers contrôle des changes qui puisse perturber

2. Voir à ce sujet, l'article d'Ernest Mandel, paru dans Inprecor numéro 227 du 6 octo-

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gravement sinon capitaux. Cela implique qu'il y ait une banque centrale unique, donc une politéconomique financière et unique et donc un gouvernement réel.

Or, le Marché commun ne dispose d'aucun de ces instruments et prérogatives douanier commun et quelques lambeaux de pseudo-pouvoirs dans annexes comme la politique agricole industrielle « commune » et à certains seulement. La CEE n'est pas encore un véritable Etat, une véritable fédération. C'est un quasi-Etat, un semiEtat, quelque chose d'intermédiaire entre un Etat et une simple alliance entre Etats, une confédération large du terme. reflète en tous points ce statut hybride et particulier de la Communauté économique européenne (CEE).

Les pays membres du Marché commun, et avant tout le plus puissant d'entre eux, la RFA, n'ont pas voulu ni osé mettre en commun leurs réserves de change. Du coup, ils n'ont pas créé une véritable monnaie commune. Chacun des douze pays conserve sa monnaie nationale. L'ECU n'est au départ qu'une unité de compte européenne (European currency unity, ECU, suivant son nom anglais).

Le Système monétaire européen ne supprime pas les fluctuations de change entre les douze pays membres de la Communauté européenne. Il limite simplement l'ampleur de ces fluctuations à 2,25 %. Et cette limitation ne concerne que sept devises : le mark allemand, le franc belgo-luxembourgeois, la lire italienne, la couronne danoise et la livre irlandaise. En outre, la Grande-Bretagne, l'Espagne, le Portugal et la Grèce ne font pas partie du SME. Les fluctuations des change dans le cadre du SME sont donc simplement rendues un peu plus difficiles, c'est-à-dire retardées. Car, lorsque les banques centrales doivent acheter trop de devises nationales et vendre trop de devises étrangères ou d'or pour maintenir les écarts de parités dans une limite comprise entre 2,25%, elles finissent par se rendre à l'évidence et on opère alors un ajustement des taux de change, même à l'intérieur du SME. Il y en a déjà eu onze depuis la ¡ création du SME en 1979, un douzième est attendu encore pour cette année.

L'ECU n'est pas déjà une véritable monnaie. C'est une simple moyenne des sept monnaies restent de vraies monnaies dans la mesure où les Etat qui les émettent restent de vrais Etats, et que la concurrence entre les Etats reste une vraie concurrence.

Mais, par ailleurs, il serait erroné de supposer que l'ECU est condamné à rester une simple unité de compte. A l'heure acttelle, des emprunts internationaux sont émis en ECU. Cette quasi-monnaie est déjà devenue un instrument monétaire mouvement international des capitaux. Moins stable que le mark allemand, le franc suisse ou le florin néerlandais, elle est plus stable que le franc français, la lire italienne ou la livresterling britannique, mais aussi que le

Get canadien. une catégorie de capitalistes internationaux ont donc intérêt à voir se diversifier les fonctions et les usages de l'ECU.

C'est aussi dans l'intérêt des capitalistes ouest-allemands. Car, si l'ECU, en tant que moyenne des sept devises, est moins solide que la plus forte d'entre elles, le mark allemand, l'emploi accru de l'ECU réduit les pressions sur ce dernier pour qu'il remplisse internationale et réduit donc les risques de spéculation sur cette devise, c'est -àdire également les risques de crise moné. taire en RFA.

C'est pourquoi il existe une tendance au renforcement du Système monétaire c'est-à-dire à la transformation de l'ECU d'une quasi-monnaie en monnaie véritable. Pour que se réalise cette tendance, il est nécessaire d'avoir en commun une partie des réserves de pays membres SME et des pays qui y adhéreraient à l'avenir. Cela précise le risque que courraient les plus riches, avant tout la RFA.

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TERESE S

DEUDA

des paiements de la France ou de l'Italie - ou demain de la Grande-Bretagne — serait en partie apuré par l'or et les dollars ou les yens qui sont aujourd'hui la propriété de la RFA et des Pays-Bas.

Le signe extérieur de la réussite de PECU, ce serait l'ampleur des factures d'importations d'exportations des pays-membres du SME libellées en ECU non plus en dollars ou en allemands, yens, livres sterling, francs

LES DEUX SOURCES DE LA CRISE

MONETAIRE ACTUELLE La crise monétaire actuelle, dont les ajustements de taux de change au sein du SME du 12 janvier 1987 ne sont qu'une manifestations, général attribuée à l'instabilité chronique du dollar, c'est-à-dire à la chute à long du dollar malgré des remontées 1984. Ce n'est évidemment pas faux.

Plus particulièrement, la flambée de janvier 1987 sur les marchés des changes a été causée par la baisse du dollar, incitant les spéculateurs sur les devises acheter massivement des marks allemands et des florins. De là, une remontée du cours de ces devises non seulement par rapport au dollar mais aussi par rapport au franc français et les tensions accrues au sein du SME.

L'économie américaine est frappée dûe à la disparition de ses avantages en matière de productivité industrielle mais aussi agricole entre autres face au blé argentin et au soja brésiprovient le déficit chronique de la balance commerciale américaine, qui est actuellement de l'ordre de 200 milliards de dollars par an, et l'endettement croissant des Etats-Unis par rapport à l'étranger et avant tout par rapport au

FMi

віни. Japon et à l'Europe capitaliste. Rappelons que cet endettement dépasse celui de l'ensemble du Tiers monde vis-à-vis des pays impérialistes. (3)

Cet endettement des Etats-Unis ne peut être couvert que dans la mesure où acceptent de détenir des créances les Etats-Unis, sous forme d'obligations, trésor, dépôts dans les banques américaines dollars. Ils ne le feront que si le rapport de ces créances est supérieur au rapport des avoirs établis en marks allemands, francs suisses, ECU, yens etc. Cela exige donc un taux d'intérêt plus élevé aux Etats-Unis qu'en Europe et au Japon.

Mais pareil taux d'intérêt élevé favorise les placements parasitaires sur les places financières américaines, la spéculation et la thésaurisation aux dépens de l'investissement productif. Il défavorise donc l'accroissement de la productivité américaine, nuit à la compétitivité de son industrie et de son agriculture et accroît ainsi à terme le déficit de la balance commerciale, c'est-à-dire le besoin de crédits étrangers. Manifestement, l'économie ca-

Par ailleurs, pour combattre le déficit du commerce extérieur, la bourgeoisie américaine cherche à faire baisser le taux de change du dollar. Depuis le début de 1986, celui-ci a vu son cours baisser de 40 % par rapport au mark allemand et

Cela a quelque peu favorisé les examéricaines mais n'a guère réduit les importations, encouragées par une expansion monétaire, une inflation, stimulée sur le marché intérieur américain par le gonflement des dépenses militaires et l'énorme déficit budgétaire entraînent. Mais, en retour, une baisse des cours du dollar signifie une énorme perte de capital pour les créanciers étrangers des Etats-Unis. Voilà pourquoi ceux-ci exigent en compensation une prime de risque de change incluse dans le taux d'intérêt rapporté par les placements en dollar. Ils exigent donc une fois de plus une hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis. De nouveau, l'économie capitaliste américaine semble enfermée dans le même cercle vicieux.

Ne parlons même pas des incidences qu'ont sur le dollar l'endettement du Tiers monde et l'endettement de l'économie privée américaine : au total, 8 000 milliards de dollars de dettes libellées en dollars ! Les risques de krach sont manifestes.

Mais ce serait une erreur de considérer que le désordre monétaire actuel est simplement le résultat de la crise du dollar et de l'endettement du Tiers monde. Il a aussi ses sources propres en Europe capitaliste et il en aura demain au Japon.

La stabilité du Système monétaire européen est fonction de la stabilité de ses pays membres. La loi de la chaîne y est pleinement applicable : une chaîne tient autant que son maillon le plus fai-

Or, les maillons faibles ne manquent pas au sein de la CEE. Le déclin industriel de la Grande-Bretagne est la cause fondaThatcher pour rejoindre le SME.

Get l'Italie connaissent toujours réellement ou potentiellement un grave déficit de la balance commerciale sans parler de leur déficit budgétaire chronique et prononcé. L'Espagne connaît un taux de chômage supérieur à 20%. La France est en butte à une nouvelle crise sociale. Et si la RFA et le Japon paraissent en bonne santé monétaire, le cours élevé du mark allemand et du yen risque de devenir un facteur d'instabilité économique. Ces deux pays dépendent fortement de leurs exportations. L'élévation du taux de change de leur devise nationale menace ces exportations. Elle a déjà précipité le dans la récession. Demain, cela peut être le tour de la RFA

La disparité des situations économiques intérieures et extérieures comme des situations sociales des principales puissances impérialistes membres du SME est également l'une des composantes de l'insmonétaire internationale. base de celle-ci, nous trouvons le développement inégal et combiné des différentes puissances impérialistes, c'est-à-dire l'exacerbation de leur concurrence. Et l'exacerbation de la concurrence interimpérialiste qui englobe également les pays du Tiers monde est fondamentalement le produit de l'accentuation de la longue dépression économique qui frappe l'économie capitaliste internationale dans son ensemble.

Ernest MANDEL, 19 janvier 1987. 3. Voir l'article d'Ernest Mandel « la dyde la spirale de l'endettement » paru dans Inprecor numéro 214 du 14

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