Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ARGENTINE

« Point final » contre les crimes de la dictature

Inprecor n° 237, 2 mars 1987 · p. 23 · 550 mots

Argentine et Chili

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

ARGENTINE

"Point final" pour les crimes de la dictature Le 23 décembre 1986, par 126 voix contre 16, celles du Parti intransigeant, le Congrès argentin a adopté la loi "Punto

', point final, qui tire un trait sur tous les crimes commis par les militaires et les policiers pendant la dictature "entre le 24 mars 1976 et le 10 décembre 1983". Ceux qui veulent porter plainte délai de 60 jours pour le faire, passée cette date, il ne sera pius possible de traduire qui que ce soit devant les tribunaux et la

Le jour du vote, les péronistes du Parti justicialiste avaient courageusement joué la politique de la chaise vide pour ne pas avoir à se prononcer. Ils se sont contentés d'envoyer leurs députés les plus à droite afin d'assurer le quorum, permettant ainsi à la loi proposée par le gouvernement Alfonsin, d'être adoptée sans problème.

Dehors, les Mères de la Place de Mai organisé une manifestation scandaient "les radicaux disent qu'ils sont la vie et la paix, mais ils laissent les assassins en liberté" • Quelques auparavant, le 20 décembre manifestation appelée par les Mères devait rassembler plus de 50 000 personnes qui protestaient contre l'absolution donnée aux militaires. C'est la plus importante mani -festation depuis 3 ans que les radicaux sont au pouvoir. L'appel était soutenu par toutes les organisations de défense des Droits de l'Homme, par la C.G.T. mais aussi par les jeunesses de l'Union civique radicale, le

June pétition demandant l'inculpation de 650 militaires et réclamant l'établissement de l'identité de 457 autres circule en Argentine à l'ini -tiative toujours des organisations de dé -fense des Droits de l'Homme.

La commission mise en place par Alfonsin au lendemain de son arrivée au pouvoir, présidée par l'écrivain Ernesto Sabato avait officiellement recensé 9 000 prisonniers assassinés pendant la dictature. Bien que ce chiffre soit terriblement en dessous de la réalité, les tortionnaires mêmes de ces 9 000 victimes recensés sont toujours en liberté. L'un des plus "fameux" bourreaux de la dictature, capitaine Astiz, qui officiait à la tristement célèbre Ecole mécanique de la marine, accusé d'être personnellement l'assassin d'une jeune suédoise et de deux religieuses françaises, a été preuves" : Seuls sont en prison, les chefs de la Junte : Videla, Galtieri et Viola. Tous les autres sont en liberté, ils n'ont fait "qu'obéir aux ordres".

Par contre, quand Alfonsin accéda à la présidence, il restait dans les prisons argentines 114 personnes qui avaient été condamnées par la justice militaire sous la dictature. Il s'est refusé à les amnistier, parmi ces prisonniers, 13 d'entre eux sont considérés comme "prisonniers spéciaux", mais sans statut de prisonniers politiques. Ce sont pour la plupart des militants de organisations révolutionnaires, comme le PRT-ERP de Santucho. Mères de la Place de Mai ont organisé des solidarité devant la prison Villa Devoto où ils sont incarcérés. Pendant que ceux qui ont lutté contre la dictature sont toujours sous les verrous, les assassins se pavanent dans les casernes catholique qui "réconciliation nationale". Du temps de la dictature, le Cardinal Aramburu, arche vêque de Buenos-Aires, fermait les portes de la cathédrale pour empêcher les Mères qui manifestaient tous les jeudis de s'y réfugier quand elles étaient poursuivies par la police. Les évêques aussi ont beaucoup de choses à "oublier"...

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