Reconversion industrielle, obtenaient six députés au parlement, malgré la traditionnelle fraude electorale au 1 N juillet 1985, nos camarades du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT)
profit du Parti au pouvoir, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) (cf. Inprecor tribune, un relais de l'intervention du parti sur tous les terrains. Très vite, ils ont acquis une réputation « d'enragés » ne se prétant pas au jeu de la bienséance parlementaire
En novembre 1986, le parlement mexicain a discuté de la reconversion industrielle mise en œuvre par le gouvernement de Miguel de la Madrid, reconversion qui s'est soldée jusqu'à présent par la liquidation de pans entiers de l'économie et la privatisation d'im-
La dernière en date est d'ailleurs en passe de se convertir en un scandale national.
Au début du mois de février, deux des plus importantes banques mexicaines Bancomer et Banamex ont mis en vente respectivement 23,07 % et 34 % de leur capital. Quelques jours après les achats effectués par des investisseurs privés mexicains ou étrangers, dont l'identité est toujours inconnue à ce jour, la valeur de la vente avait été multipliée par
150 et 240 %. Interpellé à la chambre, le PRI se refuse à toute commission d'enquête.
Nous reproduisons ci-dessous l'intervention faite à la chambre, au nom du PRT, préparés et motivés, ce qui veut aussi dire bien payés ? Pour notre part, nous sommes convaincus du contraire.
Nous en voulons pour preuve que dans les pays voisins comme la Suède et l'Allemagne de l'Est, on ne tient pas du tout le même discours sur les crèches qu'en Pologne - quelles que soient les disparités des systèmes économiques et politiques en présence, et quelles que soient les critiques qu'on peut leur adres -ser par ailleurs. Le ton est plutôt à la re -vendication populaire pour qu'on cons -truise plus d'équipements pour la petite enfance, et de meilleure qualité. Mais cette attitude se fonde sur une expérience distincte, sur une réalité où les besoins sont couverts entre 40 et 60% pour la population des enfants de moins de 3 ans (et à près de 90% pour les 3-6 ans en Allemagne de l'Est). Certes, la question du nombre n'épuise pas le débat sur la qualité, sur le type de crèches souhaitées, leur financement et le type de gestion le mieux adapté. Mais au moins, il donne un sens à une telle discussion.
Il restera vain de parler d'émancipation des femmes tant que subsisteront des iné -galités aussi profondes entre le statut des hommes et des femmes - l'article qui pré -cède ne faisant qu'en illustrer certains as -pects dans un régime soi-disant "socia -liste" comme la Pologne. A lui seul, le maintien de l'inégalité salariale dénoncée depuis si longtemps est un facteur de dépendance pour les femmes, et donc d'op -pression. L'inégalité professionnelle a pour conséquence un statut social et une valorisation différents, et donc une rela -tion de pouvoir s'instaurant aux dépens des femmes. Sans parler du fait que la répartition inégale des tâches au sein de la famille se traduit automatiquement pour elles par une diminution du temps de loi -sir et du temps de repos. Comment prétendre bâtir une société plus juste dans de telles conditions?
Loin de nous lidee qu'il soit possible de surmonter les inégalités actuelles sans une remise en cause radicale des rapports sociaux. La bureaucratie, comme la bour -geoisie, a tout avantage au maintien des divisions existantes entre les sexes -"diviser pour régner" dit le dicton. Mais en Pologne comme à l'Ouest, la bataille contre les discriminations dont les fem -mes sont l'objet ne saurait être remise à demain sous prétexte qu'il s'agit d'une lutte de longue haleine. Il est un certain nombre d'idées toutes faites quant aux différences "naturelles" entre le travail fé -minin et travail masculin à propos des -quelles chacun et chacune d'entre nous peut commencer à s'interroger en s'effor -çant d'agir sur ce qui est à sa portée
Jacqueline Heinen 17 février 1987
MEXIQUE numéro 202 du 9 octobre 1986).
La fraction parlementaire que requiert la démocratie bourgeoise. portants secteurs industriels ou financiers. par la député Rosalia Peredo Aguilar sur industrielle au Mexique. DOCUMENT
Le débat autour de la reconversion industrielle n'est pas strictement techni -que. Le nombre d'entreprises déficitaires ou la vétusté de leur système de produc -tion ne doit pas être le seul angle d'ap -proche du problème. La reconversion in -dustrielle, ou modernisation de l'infras -tructure productive, est un phénomène di -rectement lié à la crise que vit le pays. Le problème des reconversions se pose au -jourd'hui, il ne se posait pas voilà dix ans, alors pourquoi parle-t-on de re -conversion à l'heure actuelle ? Et derrière cette interrogation s'en profile une autre : à qui bénéficie la reconversion indus -trielle et comment la mène-t-on ? Le peuple mexicain tout entier doit d'abord définir quels sont les secteurs de la popu -lation qui devraient bénéficier de la reconversion industrielle. LE ROLE DE L'ETAT DANS L'ECONOMIE
Dans les années soixante-dix apparaît le débat autour de la présence de l'Etat dans les secteurs productifs et les servi -ces. Ce furent en particulier les chefs d'entreprises qui remirent en question l'intervention de l'Etat dans l'économie. Avant cette date, le patronat se limitait à exiger un appui accru et des tarifs préfé -rentiels pour ses activités industrielles. L'intervention de l'Etat dans l'économie a toujours existé depuis le début du siècle.
à qui doit-elle profiter ?
du PRT utilise la chambre des députés comme une les problèmes soulevés par la reconversion C'est d'ailleurs un mandat constitu -tionnel.
L'intervention de l'Etat a joué un rôle très important dans la période qui va des années trente aux années soixante. Il sub -ventionnait un processus d'accumulation de capitaux dans le secteur privé de l'industrie, l'agriculture et les services. l'Etat mexicain a apporté les éléments d'infrastructure afin que le capital privé puisse pleinement se développer. Il a construit les routes, le chemin de fer et les voies de communications nécessaires. Les industriels ont été assurés de la fourniture permanente d'énergie électrique et de combustible à très bon marché, à prix subventionnés, sans parler même des gracieuses exonérations d'impôts et des appuis fiscaux dont ils bénéficaient pour leur développement. A cette époque, absolument aucun chef d'entreprise n'avait l'idée même de remettre en question les subventions qu'il recevait de l'Etat. Personne ne posait de question sur les entreprises déficitaires du gouvernement. Personne, pas même le gouver -nement, ne se souciait de la véritable décapitalisation des entreprises de l'Etat, puisque c'était sa fonction : apporter les subventions et l'infrastruc ture nécessaires pour qu'un petit nombre de mexicains détenteurs de capitaux puissent les repro -duire en les investissant dans la produc -tion et faire ainsi "progresser" le pays.
A la fin des années soixante-dix, la situation change radicalement. Les effets
retardés de la récession mondiale arrivent au Mexique, et se traduisent tout d'abord par la contraction des investissements de la part des capitalistes mexicains. Ces derniers, terrifiés à l'idée de voir leurs énormes profits se réduire, ont choisi de ne plus investir. C'est ainsi que se crée le phénomène que nous connaissons alors : les investissements de l'Etat deviennent supérieurs aux investissements privés. Le gouvernement commence à acheter des entreprises dont ne veulent plus les pa -trons, voulant ainsi éviter de donner l'im -pression à l'extérieur qu'il n'était plus rentable d'investir au Mexique. L'Etat providence a réagi en essayant de protéger l'image du pays et en élaborant sa propre théorie de l'intervention de l'Etat dans l'économie. En se mettant à acheter des entreprises privées, entérinant par là même un certain mode d'accumulation capitaliste, le gouvernement a voulu couvrir la poltronnerie patronale et éviter une détérioration trop importante des rap -ports économiques et sociaux dans le
Le gouvernement devient alors pro -priétaire d'hôtels, de restaurants, de fabri -ques de bicyclettes, de vaisselle ou de pantalons mais le conflit de fond n'est pas résoiu pour autant. Le capitalisme commence à accroître ses profits non plus par l'augmentation de la productivité mais par la réduction des salaires.
La première convention signée par le gouvernement de Mexico avec le Fonds monétaire international (FMI) stipule un contrôle sévère sur les salaires. Dans un contexte de crise, c'est le gouvernement mexicain qui devait fixer les normes en matière de salaires et qui définissait l'ave -nir : quelques années de reprise économi -que basée sur une réduction drastique des salaires et du niveau de vie des tra -vailleurs. A cette date, il devient clair que les changements que pourrait connaître le pays signifieraient misère pour les travailleurs et que la reprise s'effectuerait au bénéfice des capitalistes privés et des fonc -tionnaires publics enrichis. laires réels ont été réduits en dix ans, de 1976 à aujourd'hui, d'environ 50%. Ce coup brutal contre les travailleurs mexi -cains ne sera pas amorti par le projet de reconversion industrielle. Plus, tout indique que cette reconversion industrielle sert les intérêts d'un groupe réduit de mexicains, la grande masse de population mexicaine ignore à ce jour ses bénéfices. Personne n'est contre la moder -nisation de l'infrastructure productive du pays. Mais ce problème jette le discrédit sur les soi-disant patrons entreprenants, et met à nu leur peur de perdre leurs profits et leur incapacité à innover en temps de crise.
Nous devons aujourd'hui répondre à cette question : "A qui va servir la moder -nisation". Jusqu'à présent, on a pu cons - tater qu'elle favorisait certains groupes in -dustriels, mais pas le peuple. Une re -conversation industrielle authentique de -vrait assurer une meilleure production et plus d'emplois. Sans ces deux conditions, se sera une faillite. Ce projet de grande envergure a commencé à faire sentir ses effets dans certaines branches stratégi ques de l'économie. Le projet du gouver -nement a deux volets : la reconversion productive à proprement parler, et la li -quidation des entreprises de l'Etat, cette dernière s'accélérant.
UNE RECONVERSION INDUSTRIELLE,
POURQUOI ?
En 1983 on avait déjà touché à l'in -dustrie automobile, en 1986, ce fut le tour de la sidérurgie, des fertilisants, de l'industrie sucrière et de toute une série d'entreprises de production de biens de consommation durables, comme l'électro -ménager. De plus, suivant les indications du ministre chargé de cette branche, des secteurs de la pétrochimie de base vont être ouverts aux investissements des entreprises privées, nationales ou étran -gères. Cette dénationalisation virtuelle d'un secteur stratégique de l'économie va réduire, n'en doutons pas, nos possi -bilités de sortir de la crise.
Cette rentrée des capitaux étrangers se note également dans l'utilisation des technologies étrangères. La centrale électrique nucléaire de Laguna Verde, en est un bon exemple. La mise en service de cette usine, à laquelle mon parti s'op -pose pour de multiples raisons, va ac -croître la dépendance du pays parce qu'elle est entièrement basée sur la technologie
Laguna Verde est loin d'être une exception. De nombreux projets industriels où l'Etat est impliqué, sont basés sur l'utilisation de technologies étrangères qui rend le pays de plus en plus vulnérable. La deuxième phase de ce qui devait être le complexe sidérurgique le plus important d'Amérique latine, Las Truchas à Michoacan, est freinée par le manque de ressources économiques néces -saires à l'achat de la technologie japonaise indispensable à l'étape actuelle
Quand on pense en termes de projet national, l'indépendance technologique est vitale. Si l'on n'impulse pas la recherche pour l'acquérir, toute reconversion indus -trielle devient fondamentalement une dénationalisation. La part de la technologie étrangère dans les projets de Laguna Verde, de Las Truchas, de FERTIMEX ( entreprises de fertilisants, ndlr. ) dans le domaine agro-industriel, est un élément clé de cette prétentue
Tout ce qui touche aujourd'hui au développement de l'agro-industrie nous fournit une démonstration éclatante de ce processus.
L'appui total donné par le gouver -nement aux grandes entreprises agricoles a eu pour conséquence de modifier les formes de production. De hauts rende -ments ont été obtenus pour des cultures étroitement liées à l'agro-industrie, sec -teur dominé quasi intégralement par les multinationales de production d'aliments composés pour animaux. La culture du mil, du soja, de la carthame a été impo -sée. Dans le cas des cultures maraîchères, on a favorisé celles qui exigent une production plus mécanisée, en liaison avec les conserveries modernes. Toutes ces nouvelles productions agricoles requièrent des engrais, des herbicides, des machines etc. provenant pour beaucoup de l'étranger. Dans la plupart des cas, fonctionné intermédiaire entre la paysannerie et les entreprises multinationales, via des entre -
TABAMEX INMECAFE. Le coût de cette nouvelle technique sophistiquée pourra être assumé par les grands entreprises ou les grands propriétaires terriens, mais jamais par les paysans. C'est pourquoi nous affirmons que les projets de "reconversion industrielle" avancés par le gouvernement sont une dénationalisation de fait et répondent à des intérêts étrangers. Dans ce processus, priorité n'est pas donnée aux besoins populaires. Ces projets ne défendent pas la nation et la souveraineté économique nationale, le gouvernement peut le prétendre démontrent exactement l'inverse. LICENCIEMENTS ET SUREXPLOITATION
La reconversion industrielle a signifié le chômage pour des milliers de travail -leurs qualifiés. Dans les acieries de Monterrey, où jamais le gouvernement n'a recherché le dialogue avec les travail -leurs, les licenciements ont touché des milliers d'ouvriers qui travaillaient dans la sidérurgie depuis des décennies. Avec leur mise en chômage, le pays perd tout un secteur de travailleurs qualifiés et expérimentés. Visiblement le gouver -nement s'en moque, comme il ne se soucie guère du fait que les milliers de travailleurs des aciéries de Fundidora soient sans travail et marginalisés de la société. Certes ces ouvriers ont touché une indemnité supérieure à celle prévue par le Code du travail, mais cet argent est un miroir aux alouettes et l'emploi perdu est une réalité permanente et lancinante. Ce qui est important dans le cas des aciéries de Monterrey, qu'on pourrait ériger en monument symbole du
"plans et projets" du gouverement, c'est le gâchis des ressour -ces humaines. Le plus grave c'est que ces
ciement de travailleurs, d'autre part l'in- cherchait manifestement pas à créer des reconversions se traduisent à la fois par le chômage pour certains et un surcroît de travail pour les autres. Chômage pour les malheureux qui perdent leur emploi et travail accru pour ceux qui demeurent dans les usines. Le but des reconversions, consiste à augmenter la productivité avec moins de travailleurs, ce processus se traduisant par une intensification de la journée de travail. Il n'est nul besoin de l'allonger, il suffit de l'intensifier.
Ces reconversions se traduisent aussi par le licenciement pur et simple. fait plus de travail avec moins de travail -leurs, sans apport de nouvelles technolo -gies. C'est ce qui s'est produit dans le secteur de la pêche où il est de pratique courante, en conformité à la loi d'ailleurs, de licencier l'ensemble des travailleurs, pour ensuite en réembaucher la moitié, voire moins, avec une convention collec -tive sensiblement plus défavorable que le contrat antérieur. Par exemple, dans l'entreprise des Produits de pêche Yulcapetel, dans le Yucatan, avec ce procédé, on ramena les étrennes à l'équi -valent de 15 jours de salaire contre deux mois auparavant, en plus d'une baisse générale de la grille des salaires. On a réduit de moitié le nombre de travailleurs et ceux qui sont actuellement employés, travaillent dans des conditions d'exploi -tation infrahumaines. Dans les chemins de fer, la transformation du processus de travail à l'oeuvre laisse sans emploi des milliers de travailleurs et le syndicat, qui craint un phénomène similaire à celui des aciéries de Monterrey, accepte tout sans mot dire, sans défendre l'emploi des travailleurs. Les mêmes faits se repro -duisent dans les hauts fourneaux de Monclova, de Coahuila. Sous prétexte de "moderniser" le processus de production, on prévoit de fermer plusieurs hauts fourneaux et avec ceux qui demeureront, produire néanmoins plus d'acier. Quelles seront les conséquences de ces restructu -rations? Elles vont impliquer des risques énormes pour les ouvriers parce qu'ils seront exposés plus longtemps devant les fours, avec tous les dangers d'accidents et les risques pour leur santé qui en décou -lent. Dans ce contexte, on prétend "réa -juster" le personnel à Monclova, pour faire paraît-il des "économies" en augmentant l'exploitation de la force de
Dans l'entreprise de Téléphone Mexi -co S.A., la digitalisation du système a déjà signifié le licenciement massif de secteurs entiers, chez les opérateurs, à l'entretien etc. Bien qu'on ne puisse constater une amélioration du service téléphonique, la prétendue modernisation avance et, comme dans le cas de Mon -clova, la digitalisation de Téléphone Mexico S.A signifie d'une part le licen - tensification du travail de ceux qui res -tent. Nous assistons également à des actes autoritaires sans précédent, comme dans le cas des acieries de Chihuahua où il y a lock out du patronat - c'est-à-dire du gouvernement - et licenciement sans indemnités de 650 travailleurs. Et ce, pour couvrir l'irresponsabilité patronale qui a consisté à fabriquer les barres de fer contaminées radioactivement. A cause d'une entreprise non équipée de labora -toire, on licencie 650 travailleurs sans
D'autres secteurs, comme l'automo -bile, subissent également les effets des reconversions industrielles : l'adminis -tration de DINA a littéralement lancé une campagne de calomnies contre le syndicat pour l'obliger à céder sur l'article de la convention collective qui se réfère à la productivité du travail. Lors des dernières discussions contractuelles, l'entreprise a accordé une augmentation de salaire supé -rieure à celle qu'avait demandée le syn -dicat mais a maintenu sa position sur
Dans le secteur de la pêche, à Fun -didora, à DINA, à FERTIMEX, pour ne mentionner que ces cas là, le gouver -nement a utilisé le paiement d'indemnités pour acheter les consciences, pour faciliter les "réajustements" et les licen -ciements et pour faciliter l'intensifica -tion de l'exploitation de la force de travail. Le gouvernement projette de fer -mer vingt usines de l'entreprise FERTI -MEX, en promettant d'en ouvrir d'autres. Mais que c'est-il passé jusqu'à présent ? On licencie les travailleurs qui se trouvent ainsi dispersés. La force de tra -vail qualifiée est perdue. On ouvre de nouvelles usines, avec moins de travail -leurs, des prestations sociales amoindries, des conventions collectives d'où sont gommés les acquis obtenus par les travailleurs. Dans l'usine FERTIMEX de Cuautitlan, on a licencié mille travail -leurs, avec un coût total de 6 milliards de pesos d'indemnités, ressources qui au -raient pu être utilisées pour ouvrir une autre usine. Mais le gouvernement ne
QU'EST-CE QU'ILS
VONT ENCORE TROUVER COMME PRETEXTE, AUJOURD'HUi? Toc
FMi emplois pour les travailleurs de FERTIMEX, il voulait avant tout détruire leur organisation syndicale et éventuelle ment, trouver d'autres ouvriers qui n'auraient pas la conscience sociale des travailleurs de FERTIMEX. Voilà peu de temps, nous avons appris la fermeture d'une autre usine de FERTIMEX à Veracruz. Jusqu'où ira pour la classe ouvrière cette reconversion industrielle néfaste à la
RECONVERSION INDUSTRIELLE ET
DETTE EXTERIEURE
Nous avons parlé de la sidérurgie, des télécommunications, de l'énergie, le d'au -tomobile, les chemins de fers, de la pêche, mais le processus est identique dans tous les secteurs de l'industrie, dans les services, dans l'agro-industrie, pour le sucre par exemple. La reconversion in -dustrielle est la réponse de l'Etat et des secteurs patronaux à la crise. On cherche à utiliser au maximum les ressources existantes pour produire beaucoup et effi -cacement, mais dans le seul but d'augmenter les commodités et les profits de certains, non pour aller vers une répar -tition plus équitable des richesses natio -nales au profit des plus démunis.
Et directement lié aux projets gou -vernementaux de reconversion indus -trielle, nous trouvons le problème de la dette extérieure. Restructurer l'appareil de production d'un pays, le moderniser, coûte cher, très cher. Comment et avec quoi va-t-on financer ce projet ? Les ressources provenant de l'étranger, qui en tout état de cause ne sont toujours pas parvenues au pays, sont pour la plupart destinées en priorité au Plan de dévelop -pement et de croissance (PAC). Encore un miroir aux alouettes : la seule chose que nous ayions obtenue avec la négo -ciation de la dette extérieure, c'est l'accen -tuation de notre misère. Pareil pour les ressources extérieures destinées à "allé -ger" la situation intérieure.
Le problème du paiement de la dette s'aiguise avec les renégociations des éché -ances puisque, ce que nous ne payons au -
jourd'hui, nous devrons le payer demain, avec des intérêts supplémentaires. Ainsi, le paiement de la dette extérieure qui s'est effectué et continue de s'effectuer sur la base d'une réduction du niveau de vie des travailleurs, signifie en termes écono -miques, un transfert massif de richesse des travailleurs et plus largement, des salariés du pays, vers les banques étrangères, le gouvernement et le patronat étant supposés veiller au bien-être des travailleurs et investir pour assurer une répartition équitable des richesses. Avec les éléments que nous venons d'apporter, il est flagrant que le seul projet du gouvernement et du patronat, c'est d'au -gmenter leurs profits et peut-être, par hasard, quelques miettes tomberont-elles pour les travailleurs.
Ces derniers vont payer deux fois cette soi-disant modernisation du pays. Aujourd'hui, on paie la dette d'hier, qui n'a servi en rien au pays, pendant que vous négociez la dette d'aujourd'hui que les travailleurs paieront demain. Quand nous parlons de pays nous pensons bien sûr à tous les Mexicains et non à une poignée de hauts fonctionnaires et de patrons. Mais de plus, il est évident que les prétendues ressources extérieures qui relèvent pour le moment du rêve, seront dans tous les cas de figure insuffisantes pour mener à bien un vérita ble processus de reconversion industrielle qui implique une substitution de technologie.
L'avenir immédiat qui se dessine, c'est que votre projet restera à mi-chemin. Vous fermerez des entreprises, licencierez des travailleurs, mais les différents sec -teurs et branches de l'économie ne pourront être fonctionnalisés sans inves -tissements supplémentaires massifs et constants. Quant aux ressources supplé -mentaires, nous annonçons dès main -tenant notre opposition totale à toute tentative qui viserait à trouver ce finan -cement nouveau par de nouvelles atta ques "A bas l'austérité du PRI !" (DR)
contre le niveau de vie des travailleurs. Nous serons avec les travailleurs dans toutes les luttes contre une réduction du salaire réel ouvrier telle qu'elle s'est pratiquée ces dernières années.
L'échec de la reconversion industrielle est devant nos yeux. Elle échouera parce le pays n'a pas les ressources financières et technologiques propres pour y parve -nir. Elle échouera parce qu'elle est liée à un projet étranger, le marché nord-amé -ricain. Et elle échouera parce que notre peuple serait prêt à des sacrifices pour conquérir une nouvelle indépendance in -dustrielle, mais il n'est pas prêt de le faire pour enrichir une minorité arrogante du
FAIRE UNE AUTRE POLITIQUE Pour mener à bien la modernisation du Mexique, une autre politique serait né -cessaire, en totale contradiction avec celle du gouvernement.
Une véritable reconversion industriel -le supposerait d'abord que nous rassem -blions des ressources, mais à l'inverse du gouvernement qui a choisi l'endettement, nous commencerions par cesser le paie -ment de cette dette.
Ces milliards de dollars que nous éco -nomiserions chaque année pourraient s'ajouter aux ressources obtenues par la taxation des profits gigantesques que le capital dégage du travail du peuple mexi -cain. Dans le même temps, la Banque nationale serait obligée de changer ses priorités. Ainsi, les ressources pétro -lières, financières et fiscales accumulées seraient destinées au développement des entreprises qui produisent, entre autres, les biens de consommation pour l'en -semble de la population. C'est à ce type d'entreprises que devraient être affectées les sommes les plus importantes afin de les moderniser ou les reconvertir.
Mais bien évidemment, toute re -
ABAJO /AUSTERIDAD PRISTA conversion doit se faire en garantissant les acquis sociaux des travailleurs. Plus, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui de -vraient bénéficier de ces reconversions, parce que tout pas dans la voie de la modernisation doit s'accompagner d'une amélioration des conditions de vie et de travail.
En même temps, pour inverser la tendance actuelle de l'augmentation du chômage, il faudrait distribuer l'emploi disponible entre tous les Mexicains en âge de travailler, sans réduction de salaire. La semaine de 40 heures payées 56, serait un pas important dans ce sens, peut-être serait-il même nécessaire d'écourter enco -re la durée du travail.
Enfin, aucune reconversion ne peut être populaire quand elle favorise l'infla -tion qui ronge les budgets des travail -leurs. Si inflation il y a, alors il doit y avoir l'échelle mobile des salaires et un prix garanti et juste des produits agricoles.
Voilà les bases sur lesquelles pourrait se mettre en place une reconversion diffé -rente, nationale, démocratique, populaire, à l'inverse de celle que nous subissons aujourd'hui.
Pour faire progresser ce pays, il faut prendre une autre voie, nationale, popu -laire, démocratique, qui permette de satis -faire les besoins des travailleurs et de dé -fendre la souveraineté du pays face aux agressions étrangères. Le projet de re -conversion industrielle du gouvernement nous éloigne de cette voie qui ne sacri -fierait pas l'emploi, ne réduirait pas les salaires à l'inverse de ce qu'il pratique.
Nous voulons que les syndicats aient le droit d'intervenir dans la planification de la production contribuant ainsi à déter -miner ce qu'on produit, pour qui et en quelle quantité.
Nous voulons que priorité soit don -née à la création d'une technologie propre qui combine la productivité et l'utilisa -tion de toute la main-d'oeuvre disponible, à l'inverse des technologies importées qui augmentent la productivité en réduisant l'emploi et en surexploitant la force de travail. Nous ne sommes pas opposés à la reconversion industrielle mais elle doit avoir pour point de départ les intérêts des travailleurs et non le profit ou l'efficacité capitaliste.
Avant de poursuivre dans la voie où vous êtes engagés, il faut faire une pause et donner la parole au peuple sur cette question. Et ce peuple qui est censé être le bénéficiaire de cette politique indus -trielle mais qui, pour le moment, en est surtout la victime devra être écouté. Alors seulement on pourra parler de mandat populaire.
Parti révolutionnaire des travailleurs Mexico, 11 novembre 1986.