Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Comment sortir des choux et des pommes de terre ?

Inprecor n° 238, 16 mars 1987 · p. 13 · 301 mots

A la fin de l'année 1986, les salaires d'ouvriers qualifiés s'étalaient de 30 000 à

70 000 zlotys par mois, selon les secteurs et le type d'emploi. Les retraités, en revanche, touchaient souvent une somme inférieure à 10 000 zl. (surtout les femmes). Et nombre de travailleuses, ouvrières semi-qualifiées, employées des services, n'étaient guère mieux lotties, leurs revenus allant de 8 000 à 15 000 zl.

Il faut comparer à ces revenus les prix de certains produits de première nécessité.

Telles des bottes fourrées pour l'hiver introuvables dans les magasins d'Etat, comme le dit d'ailleurs la presse officielle, et qu'on ne rencontre que dans les magasins

"Komis" revendant des articles provenant de l'étranger où elles peuvent coûter de 30

000 à 80 000 zlotys. Ou encore des fruits riches en vitamines et donc important pour la croissance des enfants comme les oranges et les citrons totalement absents des marchés d'Etat, mais abondants dans certaines boutiques privées où ils coûtent respectivement 1 800 et 1 600 zlotys le kilo. Les endives et les tomates n'y coûtent

Des prix totalement inabordables par conséquent pour une mère seule qui n'a pas la possibilité d'arrondir ses fins de mois en prenant un travail supplémentaire au noir comme le font énormément d'hommes, et qui devrait payer un dixième ou même un cinquième de son salaire pour cinq ou six oranges ! Et même pour un ménage disposant d'un revenu de 80 à 90 000 zlotys lorsque tous deux travaillent et gagnent bien leur vie, cela mettrait encore le kilo d'agrumes à 300 fr. et les tomates à 80 fr.

si l'on prend comme comparaison un couple français gagnant 15 000 fr., sans parler

"que" 400 zlotys...

des bottes dont on se demande qui peut les acheter.

Une erreur sur cette page ?