L Les clients se marchent toujours sur les pieds. Les chaus-
ES chandails sur ordonnance. Avec quoi allons-nous laver ?
sures, ce sera pour janvier. De longues queues dans des magasins crasseux. » Ce n'est pas un poème surréaliste. Juste quelques titres pris au hasard au mois de novembre dans Zycie
Warszawy, le principal quotidien de Varsovie. Et novembre fut un mois particulièrement clément l'automne dernier : faire la queue ne signifiait pas encore attendre dans le froid et dans la neige par moins 20 degrés, comme ce fut le cas un peu plus tard.
A longueur de colonnes, la presse officielle dénonce la pagaille organisée, les carences en tous genres dans l'approvi-
Jacqueline HEINEN
Or la presse n'insiste guère sur le fait que la plupart des clients dans les maga - sins sont des clientes, que la grande majo - rité de ceux qui font la queue sont des femmes et que ce sont elles les premières touchées lorsqu'il s'avère im possible d'ac - quérir un pull-over, des chaussures, de la
"En lessive ou une machine à laver.
comme durant les années
1980, précédentes, il a manqué 179 millions de rouleaux de papier hygiénique - autrement dit, près de 40% des besoins. Rien n'indique que l'industrie concernée vienne à bout de ce problème insoluble d'ici la fin du siècle" affirme Veto, le journal de la Fédération des consommateurs qui existe depuis 1982 (1). Un autre article du même journal indique qu'à Gorzow, les gens ont fait la queue des heures durant - certains pendant toute la nuit - devant le magasin censé recevoir des machines à laver. Ils ont fini par rentrer chez eux lorsqu'il fut devenu clair que ce ne serait encore pas pour ce jour-là, faute de ca - mion pour livrer les machines annoncées.
Le journaliste protestait contre le fait que la coopérative ne se soit même pas donné la peine d'avertir les clients. Mais là encore, on décrit les aléas de la vie quoti - dienne comme s'ils frappaient tout le monde de manière identique.
EST-CE RIDICULE DE FAIRE LA CUISINE ?
Or le partage des tâches domestiques n'est, hélas, pas plus répandu à l'Est qu'à l'Ouest. En témoignent les statistiques de l'Office national des statistiques (GUS)
pour 1984 (2). Elles indiquent que les femmes effectuent près de 5 heures de tra - vaux ménagers par jour, contre moins d'une heure et demie pour les hommes (le rapport est encore plus défavorable que tion. dans un pays comme la France) et qu'elles assument plus des trois-quarts des tâches répétitives - cuisine, vaisselle, lessive, repassage. Pour les courses quotidiennes, la participation du mari n'est pas beau -coup plus élévée. Or, c'est une activité qui demande autrement d'efforts que dans les pays capitalistes. On paie même des personnes âgées qui arrondissent ainsi leurs maigres pensions pour qu'ils fassent la queue à votre place.
Y a-t-il un espoir de voir un jour les choses changer? "J'estime qu'il n'est pas du tout honteux pour un homme d'effec -tuer des travaux ménagers. Ce qui est honteux, c'est qu'il ne sache pas le faire. Pourquoi un homme qui met la table et qui sert les plats, qui remplace sa femme fatiguée en faisant la cuisine serait-il ridicule? Un serveur de restaurant ne l'est pas ! Ni un décorateur posant des rideaux, ni un cuisinier, ni un tailleur, ni un pâtissier, ni un homme travaillant dans une blanchisserie. Nous ne trouvons pas bizarre que quelqu'un remplisse une profession, mais ces mêmes activités sont jugées honteuses lorsqu'elles sont le fait d'un homme à la maison. La division des tâches entre hommes et femmes est une chose absurde et mensongère" (3). Tels sont les propos d'un homme s'adressant à Kobieta i Zicie ("Femme et vie") qui a reproduit récemment un choix des lettres publiées dans le courrier des lecteurs depuis la naissance de ce journal féminin, voici plus de quarante ans. Est-ce un ha -sard si cette lettre date des années quarante quand toute la propagande officielle insis -tait sur le caractère vital de la participa -tion des femmes à la production pour faire face aux tâches de reconstruction d'un pays dévasté par la guerre? Un autre lec -teur - des années soixante celui-là - se plaint à la rédaction de ce que son épouse, qui travaille à l'extérieur comme lui, refu - sionnement et la mauvaise qualité des produits fabriqués. La virulence du ton employé en dit long sur la gravité de la situa-
L'explication avancée par les responsables interviewés dans les journaux pour « justifier » l'absence de tel ou tel article sur le marché se résume à quelques mots qui reviennent de manière lancinante : manque de matières premières, manque de pièces de rechange. Un mal qui frappe l'ensemble de l'économie polonaise, mais plus particulièrement la production des biens de consommation courants et qui se traduit par un véritable calvaire pour les consommateurs, obligés de courir d'un coin de la ville à l'autre à la recherche de ce dont ils ont besoin.
se de tout faire à la maison. "Elle dit qu'elle n'a pas le temps et elle ne veut pas faire la lessive. Je repasse déjà mes pantalons, mais peut-on attendre de moi que je repasse aussi mes chemises, que j'aide au ménage et même à la lessive?
Mais qu'est-ce qu'elle veut ma femme? (...)
Je reconnais qu'elle est surmenée et que le travail domestique la fatigue. Mais enfin, moi je travaille et j'aimerais bien me reposer un peu quand je rentre à la maison, mais ma femme ne veut pas ou ne peut pas le comprendre. Elle a d'ailleurs élevé notre fils a sa manière. Il repasse lui-même ses chemises, lave ses chaussettes, et en plus, il nettoie la maison et s'occupe des repas. Qu'est-ce que ça va devenir pour un homme?" (4)
Un discours qu'on aimerait dépassé mais qu'on retrouve hélas, dans la bouche de nombreux travailleurs à l'heure actuel - le, y compris chez les militants de Soli - darité. Cette division des tâches au sein de la famille, profondément ancrée dans les esprits et dans la réalité prolonge une division sexuelle du travail qui perdure et des discriminations en matière de respon - sabilités dans le domaine professionnel.
UN EMPLOI "FEMININ" EST UN EMPLOI
DEVALORISE
Quand bien même les femmes contri - buent à la production d'une part essen - tielle des richesses nationales, quand bien même leur taux d'activité professionnelle qui était inférieur à 25% de l'ensemble de la main-d'œuvre juste avant la guerre soit aujourd'hui de 45% (et la plupart à plein
1. Veto, no 1, 4.1.1987
2. Sytuacja spoleczna-zawodowa kobiet w 1983, GUS
1984
3. Kobieta i Zycie no 1, 7.1.1987
4. Idem
temps), la ségrégation de l'emploi n'a pas diminué pour autant. Elle continue à se traduire par l'existence de branches industrielles à dominante féminine ne fai -sant pas partie des "secteurs clés" de l'éco -nomie. Tout comme à l'Ouest, la courbe des salaires est très explicite à ce propos : plus il y a de travailleuses dans une bran -che, plus les salaires sont bas, et vice-ver -sa (5). La ségrégation professionnelle se traduit également par une concentration de la main-d'œuvre féminine dans les services - finances, santé, enseignement, com -merce en particulier. Elle se traduit enfin par la discrimination entre les métiers "masculins" et ceux qu'on définit comme "féminins" , ces derniers étant presque toujours moins bien payés et moins bien considérés. Fraiseur s'accorde toujours en -core au masculin, et fille de salle au féminin.
Pourtant, des progrès significatifs ont été accomplis quant à l'éducation des fem -mes. En 1983, la proportion des filles dé -passait celle des garçons dans les lycées, et même dans l'enseignement supérieur pris dans son ensemble. Oui mais..., dans les lycées et dans les universités techni -ques ouvrant plus directement sur des débouchés professionnels bien rémunérés, elles avaient toujours la portion congrue. Et la présence des femmes n'a guère varié depuis dix ans parmi ceux qui obtiennent leur doctorat : environ un tiers, cette proportion diminuant de moitié au niveau des thèses d'Etat.
Cette contradiction entre la progres -sion du degré de formation et de qualifi -cation des femmes et la place qu'elles oc -cupent dans les rapports de production et les rapports sociaux, on la trouve sur tous les plans. Leurs poids relatif va diminuant parmi les ouvriers qualifiés de l'industrie alors qu'il augmente chez les non-quali -fiés. Lorsqu'elles ont un emploi requérant une formation secondaire, trois fois sur quatre elles occupent des postes adminis -tratifs de peu de prestige à bas salaires. Un certain nombre d'entre elles font bien sûr partie de la maîtrise, mais presque toujours à des postes intermédiaires. Elles ne représentent qu'un peu plus de 6% des directeurs, et sont surtout à la tête de peti -MAIS QU'EST-CE QU'ELLES VEULENT ?
Quand on leur pose la question, la très grande majorité des polonaises disent ne pas souhaiter devenir cadre et, qu'à tout prendre, elles préfèrent une augmentation de salaire à toute autre forme d'avance -ment. Comment s'en étonner alors qu'en moyenne, elles gagnent environ un tiers de moins que les hommes? Et si elles se montrent aussi modestes dans leurs am -bitions professionnelles, n'est-ce pas parce que toute autre attitude leur apparaît irréaliste? Les enquêtes effectuées mon -
trent que la plupart des femmes interro -gées revendiquent le rôle de gardienne du foyer, de mère et de ménagère qui leur est attribué. Mais pourquoi aspirer à plus de responsabilités dans le travail quand on ne s'en sort déjà pas avec un emploi à plein temps et le fardeau des tâches domes -tiques, surtout lorsqu'on a des enfants en bas-âge?
Le recours massif au congé parental payé qui était réclamé depuis des années et fut introduit en 1981 sous la pression de Solidarité, est un signe évident de l'inca -pacité où se trouvent la majorité des jeu -nes mères de parvenir à tout concilier. En 1983, 89% de celles qui étaient concer -nées ont choisi d'interrompre leur travail pour une période d'une ou plusieurs an -nées, malgré une perte financière équiva -lant au tiers, voire à la moitié de leur sa -laire et le handicap que cela représente pour leur carrière (6). A la question de savoir pourquoi elles ont choisi le congé parental, plus des trois quarts d'entre elles répondent que c'est pour pouvoir s'occuper personnellement de leur enfant. Mais dans le même temps plus de la moitié affir -ment que c'est parce qu'elles n'ont pas la possibilité de le confier à quelqu'un de leur famille ou à une personne de confian -ce. Ce qui démontre pour le moins une certaine ambivalence dans la manière dont elles abordent le problème de l'équilibre entre leur vie familiale et leur vie
Toutefois, il est frappant de constater que l'argument du manque de crèches intervient très rarement (2,6% des cas) dans la décision d'avoir recours au congé parental, tant la conviction semble ancrée que ce type de structures n'est pas à même de répondre aux besoins de la prise en charge de très jeunes enfants. "Nous, les femmes, nous ne devrions pas sacrifier notre 'moi à la maison et aux enfants, mais nous n'avons pas d'autres solution. Les crèches et les maternelles sont vrai -ment un 'mal nécessaire' dans notre pays un lieu ou l'enfant n'est pas toujours bien traité et où il tombe malade trop sou vent" (7) affirme une jeune mère qui dit rêver de pouvoir travailler et d'avoir des contacts sociaux, d'être quelqu'un que ses enfants désirent prendre en exemple au lieu de n'être que celle qui materne et qui gronde.
DES CRECHES AU COMPTE-GOUTTE
Il faut dire que la situation des crèches n'a cessé de se dégrader, sur le plan quan -titatif comme sur le plan qualitatif. Des efforts substantiels avaient été fait au lendemain de la dernière guerre dans la mise en place d'équipements collectifs, et en particulier de structures d'accueil pour les tout-petits afin d'encourager les jeunes femmes à prendre un emploi salarié. D'un chiffre quasi nul, le nombre de places dans les crèches atteignit près de 15 à 20% de l'ensemble des enfants de moins de trois • ans au début des années soixant-dix. Mais cette proportion n'a cessé de diminuer
5. Voir Kobieta w Polsce, GUS 1985 et Rocznik Statystyczny Przemyslu, GUS 1984.
6. Voir Adam Kurzynowski, "Nowe Tendencje w Wykorzystywaniu Zasilkow i Urlopow Wychowawczych"
depuis lors, retombant à 4,3% en 1982, un chiffre qui n'a rien à envier à la pire des situations en Europe de l'Ouest.
Or, les travailleuses des pays occiden -taux protestent contre une politique visant à faire reporter sur la famille des tâches qui, partiellement, étaient prises en charge jusque-là par des institutions publiques. Car d'une part, cela revient à freiner le déroulement de carrière des femmes qui continuent à travailler à plein temps, et d'autre part interdire l'accès des emplois stables, qualifiés et bien payés à toutes celles qui "choisissent" le travail à mi-temps parce qu'elles n'arrivent pas à s'en sortir ou qui se voient carrément obligées d'interrompre leur travail à un moment et à un âge souvent décisifs pour l'acqui -sition de qualifications et de responsabilités.
La Pologne est-elle un cas à part? La classe ouvrière, et les femmes en particu -lier, seraient-elles insensibles à ces pro -blèmes? A l'évidence, l'opinion dominan -te dans ce domaine est pour l'essentiel la conséquence de l'expérience négative faite par la population depuis plusieurs dé -
La politique de la bureaucratie en matière de construction d'équipements col -lectifs - crèches et maternelles en particu -lier - a toujours été utilitariste et oppor -tuniste, selon les intérêts du moment et le besoin plus ou moins important de recou -rir à la main-d'œuvre féminine. Aux dis -cours de l'immédiat après-guerre sur le travail salarié des femmes (et donc sur les équipements collectifs) correspondant aux nécessités de reconstruction du pays, on a vu succéder un discours inverse au début des années soixante, insistant sur le rôle de la mère au foyer et enjoignant aux femmes de veiller elles-mêmes sur leurs enfants. Comme par hasard, cela corres -pondait à une période où le chômage (non dit, mais bien réel) atteignit 4 à 7% de la population active et jusqu'à 16% des femmes à l'échelle nationale (8). Et le nombre des crèches qui avait triplé durant la première décennie progressa à peine sous Gomulka. Puis après les émeutes de 1970, vint Gierek dont la politique de développement tablait sur une forte croissance du potentiel de production.et l'on assista à une reprise des investisse -ments dans ce domaine entre 1971 et 1974. Mais ensuite les priorités s'inver -sèrent à nouveau et la crise économique qui éclate à la fin des années soixante-dix devait s'accompagner d'une véritable débâ -cle au point d'en arriver à la situation
L'introduction d'une allocation de congé "parental" d'un montant ridicule -ment bas est sans doute apparue aux au -torités comme un moyen de parer au plus pressé, sans compter que cette mesure s'inscrivait dans le droit fil d'un discours de plus en plus réactionnaire quant aux rôles des femmes, rejoignant pour l'essen -tiel celui de l'Eglise catholique.
Aujourd'hui pourtant, les contradictions ont atteint un point culminant car les besoins en main-d'œuvre sont manifestes et l'engouement des femmes pour le parental commence à poser problème.
UN "SOCIALISME" SANS SERVICES SOCIAUX?
En effet, la crise économique qui exi -ste depuis le début des années quatre-vingt et l'augmentation de la dette extérieure ont interdit le renouvellement et la moderni -sation du parc des machines, comme l'achat des licences indispensables pour introduire une véritable rationalisation et une automatisation du processus de travail dans l'industrie et dans les services. Aussi a-t-on toujours à faire à un système de production reposant fondamentalement sur une utilisation extensive de la main-d'œuvre féminine dans une part croissante de secteurs de l'économie. Mais comme les caisses sont vides, il n'est pas ques -tion de consacrer les sommes nécessaires à la mise en place des services qui déga -geraient les travailleuses de "leurs" tâches familiales. Quelle que soit la solennité des promesses officielles, lorsque vient le moment d'effectuer des choix dans les priorités d'investissements, la logique bu -reaucratique habituelle l'emporte : l'argent va aux secteurs clés de l'économie (ou considérés comme tels) et les autres be -soins passent à la trappe, à commencer par les services sociaux. Et cela n'a rien à voir avec le sentiment exprimé par la population sur l'utilité de tel ou tel équipement, comme le montre la question des maternelles que la très grande majorité des travailleurs jugent indispensables (contrairement aux crèches) et qui couvrent à peine 50% des besoins pour les enfants de 3 à 6 ans. Sans parler de leur coût pour les familles, environ 2 000 zlotys avec les repas, ce qui est loin d'être négligeable lorsqu'on a plusieurs enfants et qu'on effectue ses calculs sur la base d'un salaire de 8 000 zlotys comme le faisait remarquer une lectrice de Kobieta i Zycie à l'été 1986. (9) Car à l'Est comme à l'Ouest, c'est bien sûr le salaire de la femme qui sert de référence pour prendre une décision. Sauf cas tout à fait exceptionnels, il n'est même pas question que l'homme envisage de s'arrêter de tra -vailler puisque la femme gagne moins et que les tâches familiales lui reviennent
D'une manière générale, le mépris des autorités pour les problèmes spécifiques que rencontrent les familles, et les fem -mes en particulier, saute aux yeux. Qu'il s'agisse de carences croissantes du point de vue des transports scolaires à la cam -pagne où les enfants doivent souvent faire plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l'école, du nombre ridicule de cantines dans les écoles et dans les usines ou enco -re de laveries : tous les chiffres sont là pour montrer le fossé qui existe entre les discours et la réalité. Certes, les polo -naises disent elles-mêmes qu'elles préfe -rent cuisiner pour toute la famille et faire leur lessive à la maison. Mais les trois-quarts d'entre elles expliquent qu'elles réa -gissent ainsi en raison de la mauvaise qualité des repas servis en cantine et des problèmes de santé qui en découlent, ou encore des prix élevés des laveries dont les prestations laissent plus qu'à désirer (linge pas net, rapidement usé etc). Et leur pré -férence exprimée pour la machine à laver automatique individuelle n'a de toute façon aucune incidence sur la politique d'investissements dans cette branche de la production, comme les articles de la pres -se officielle le montrent assez crûment. UNE BATAILLE A LONG TERME ET QU'IL
FAUT COMMENCER MAINTENANT
Il apparaît donc clairement qu'en ma -tière d'équipements collectifs, tout comme dans le domaine de la production des biens de consommation courants, on ne peut pas dissocier la question de la qualité et celle de la quantité, car toutes deux renvoient à une même politique. Le scep -ticisme affiché par la majorité des famil -les polonaises à l'idée de recourir aux crè -ches, la crainte - justifiée ou non - que les enfants y atrapent toutes sortes de mala -dies sont largement compréhensibles, compte tenu des surcharges d'effectifs (le nombre d'enfants admis dans les crèches dépasse d'environ 20 à 30% le nombre des places recensées), du manque de personnel on compte souvent 30 à 40 enfants pour une éducatrice!) et surtout de personnel qualifié, toutes tares maintes fois dénon -cées par les autorités elles-mêmes. Toutefois, la conviction que l'enfant se développera mieux si sa mère reste auprès de lui serait-elle aussi forte si l'on dis -posait de structures bon marché et de qualité à proximité, dans l'immeuble ou dans le quartier, avec un petit nombre d'enfants pris en charge par des gens bien
8. Données qu'on retrouve dans une série d'ouvrages dont celui de R.Wieruszewski Rownosc kobiet i meszczyzn
9. Kobieta i Zycie no 32, 6.8.1986