Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

JAPON

La lutte des femmes pour l'égalité au travail

· Inprecor n° 238, 16 mars 1987 · p. 9-11 · 3 452 mots

Femmes Japon et Corée Syndicalisme

Unte 975 ele de a et mele de a dete contre la disci

NE des batailles clefs du mouvement des femmes au Japon mination dans l'emploi (dont nous avons déjà traité dans un article publié dans Inprecor numéro 191 du 4 mars 1985).

Cette bataille a été centrée contre le projet de loi sur l'égalité d'accès au travail, finalement adoptée en 1985, et qui constitue en effet une attaque contre certains acquis des fem-

"Maman travaille aux pièces à domi - cile mais nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts, Courage papa ! Battons nous pour l'offensive du printemps de 1981."

("Offensive du printemps" ou shounto :

nom donné aux actions revendicatives qui se déroulent chaque printemps, à l'occa - sion du renouvellement des contrats collectifs, ndt). Ce slogan, lancé par le

Conseil général des syndicats (Sohyo), la plus grande centrale syndicale du Japon, créa un choc parmi celles d'entre nous en - gagées dans le mouvement des femmes.

Voilà un syndicat progressiste qui laissait ouvertement entendre que le travail fémi - nin ne représente qu'un salaire d'appoint.

Ce slogan reflète trois caractéristiques des syndicats japonais qui rendent douteuse leur participation à la lutte pour la libé - ration des femmes.

D'abord, les syndicats ne reconnaissent pas une valeur égale au travail des hom - mes et des femmes.

Ensuite, les syndicats agissent prin - cipalement au bénéfice des travail leurs ré guliers et à plein temps. Ils écartent en général les travailleurs temporaires et à temps partiel tandis que ceux qui tra - vaillent aux pièces à domicile sont tota - lement mis à l'index. Enfin, les syndicats ont tendance à rechercher de meilleurs sa - laires pour leurs syndiqués et négligent les questions sociales et les droits de ceux qui ne sont pas membres. C'est ainsi que le sexisme est pour la plupart une ques - tion qui ne les concerne pas.

Le relatif succès avec lequel le Japon a surmonté la crise pétrolière des années

1970 avec un taux de chômage de seu - lement 2% et une inflation rapidement maîtrisée, attira l'attention internationale sur les relations de travail y existants. On attribua ce succès à ce qu'on appelle les

"trois vases sacrés " : l'avancement à l'an - cienneté, l'emploi à vie' et les syndicats- maison. Avec des travailleurs bénéficiant d'une sécurité d'emploi à vie et d'augmen - travailleuses au Japon. pour l'égalité au travail depuis 1975. tations de salaires régulières, le syndicat organisé au niveau de l'entreprise peut développer des relations harmonieuses avec la direction, remplaçant pour le bien de tous la confrontation par la coo -

Ou du moins c'est ce que dit la théo -rie. Elle néglige dans cette analyse le fait que scule une élite privilégiée parmi les travailleurs peut apprécier le bon goût du saké des vases sacrées. Le recensement de 1985 fait par le ministère du Travail montre que seulement 28,9% des travail -leurs du pays étaient syndiqués dont 72,5% d'hommes et 27,5% de femmes. Le taux de syndicalisation est particu -lièrement faible dans des secteurs tertiaires tels que les magasins et les services, deux domaines qui emploient beaucoup de fem -mes. Les syndicats sont également très rares dans les petites entreprises.

Cela signifie que la fameuse "relation particulière" entre les travailleurs japonais et les directions d'entreprises est en fait restreinte aux travailleurs réguliers mascu -lins dans les grandes entreprises. Et il s'agit là d'une relation bien confortable. 74% des membres dirigeants des entre pri -ses japonaises sont d'anciens cadres syn -dicaux. Intoxiqués par la possibilité de pouvoir sauter la barrière qui les séparent de la direction, les travailleurs privilégiés sont devenus des "bêtes de travail", une expression qui convient très bien au Ja -pon. Inconscient de leur accoutumance à cette drogue, ils s'immergent complète -ment dans leur entreprise et, en consé -quence, en rendent les femmes victimes aussi bien au travail que dans leur vie de famille.

LA DIVISION SEXUELLE DES ROLES

Durant la période de croissance écono -mique faible qui suivit la crise pétrolière, le gouvernement lança une politique appe -lée "vers une solide base familiale". Cette politique se donnait pour objectif de sou -tenir le système décrit plus haut en encou - mes travailleuses, et la lutte parallèle pour une véritable loi sur l'égalité au travail. C'est de ce double combat que traite l'article publié ci-dessous, après avoir décrit la situation des femmes L'auteur est militante à la fois du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier et a été partie prenante des luttes rageant la division instinctive des rôles entre les sexes. Avec le déclin de la sécu -rité de l'emploi, le travail temporaire et à temps partiel devint de plus en plus répandu, surtout pour les femmes.

Améliorant les bas salaires des hom - mes et licenciable selon les besoins de la direction, les femmes devinrent la soupa - pe de sécurité de l'économie.

Pendant ce temps, leurs compagnons bourreaux de travail, incapables de conce - voir leur vie de famille sous un autre an - gle que celui des repas et des bains devin - rent complètement dépendants de leurs femmes pour tous leurs besoins en dehors de l'entreprise. Cette combinaison d'hom - mes dépendants émotionnellement et de femmes dépendantes financièrement correspond à ce que le Parti libéral-démocrate

(LDP, parti bourgeois au pouvoir depuis les années 1950) appelle une solide base familiale. C'est d'une telle base que le capitalisme japonais a besoin et les syn - dicats n'ont pas conscience qu'il faut remettre en cause.

En réponse à cette triste situation, le mouvement des femmes s'est développé au milieu des années 1970, encouragé par le démarrage en 1975 de la Décennie pour les femmes des Nations-Unies. Prenant conscience de la nécessité de changer le système de division sexuelle des rôles si l'on veut libérer aussi bien les hommes que les femmes, le mouvement se tourna vers la classe ouvrière. Les nouveaux groupes qui surgirent dans les années 1970 comprenaient des femmes sans em - ploi, des travailleuses déçues par leur syndicat, et celles qui avaient été mises à l'écart par leur syndicat pour avoir été trop militantes.

1 Pendant la période d'expansion de l'aprésguerre, une couche importante de travailleurs dans les principales entreprises se vit garantir un emploi permanent. "L'emploi à vie" ne protège aujourd'hui qu'environ 20% des salariés japonais

(pourcentage cité dans le Monde du 14 novembre

1986).

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Pour comparer les deux mouvements, on peut dire que la lutte des femmes est menée de l'extérieur, celle du mouvement ouvrier de l'intérieur. Le premier mouve -ment recherche la libération de tous tandis que le deuxième poursuit des intérêts étroits et sectaires. Le premier repose presque exclusivement sur les femmes, tandis que le deuxième est largement du domaine des hommes. Le premier est un mouvement minoritaire dans lequel se développe cependant des relations humai -nes étroites, le deuxième est un mouve -ment majoritaire mais qui génère constamment des conflits entre les hommes. La tâche des femmes est d'apporter l'esprit du mouvement des femmes dans le mou -

La condition minimum pour que l'on considère un individu comme un être humain à part entière est qu'il soit capable de gagner sa vie par son propre travail. Aussi le mouvement des femmes a-t-il commencé à affronter ce problème en menant campagne pour des conditions de travail qui permettent aux épouses de travailler tout comme leurs maris. Dans le cadre de cette campagne, le ler mai 1979, un panneau inhabituel fut brandi parmi les manifestants. Il y était écrit "Les femmes au foyer sont au chômage!". Les réactions des hommes travailleurs à cet appel allèrent de la sympathie muette à l'antipathie la plus marquée, tandis qu'un grand nombre l'ignorèrent tout simplement.

Les syndicats ouvriers sont faits pour ceux qui ont déjà un emploi. Pourtant le mouvement des femmes a souvent fait remarquer que la lutte commence bien avant qu'un emploi soit même offert.

Avant l'adoption en 1985 de la Loi sur l'égalité de l'accès à l'emploi, la seule législation contre la discrimination au Ja -pon était une loi garantissant, à travail égal, des salaires équivalents pour les femmes. Depuis 1975, des femmes ont gagné de nombreux procès en s'appuyant sur cette loi, et la justice a condamné les entreprises coupables à verser de nom -breux millions de yen en salaire de rattra -page aux femmes lésées.

Face à cette situation, la réaction des entreprises a été simplement d'affecter les femmes à des tâches différentes de celles des hommes. Si les femmes et les hom -mes occupent des emplois différents, la loi sur l'égalité des salaires peut être ignorée en toute impunité.

L'EXPLOITATION PAR LES AGENCES

Une récente législation a entériné une pratique qui prévalait déjà sur le marché du travail japonais, à savoir l'utilisation de travailleurs temporaires recrutés par des agences. Selon les termes de la nouvelle loi, la séparation de l'utilisateur et de l'employeur de la force de travail est autorisée. Cette législation aura plusieurs conséquences. Elle conduira notamment au développement du travail précaire, met -tant des obstacles supplémentaires à la syndicalisation. Grâce à la part prise par l'intermédiaire, elle aggravera le problème des bas salaires. Pour les employeurs il deviendra plus facile de changer le statut d'un travailleur régulier en temporaire.

Tout cela constitue un changement important dans le fonctionnement du mar -ché du travail et menace les travailleurs qui sont déjà en situation de fai blesse. On dit que "le ciel ne crée pas des gens qui sont au-dessus ou en-dessous des autres" pourtant c'est exactement ce qu'a fait le gouvernement en créant des distinctions artificielles entre les travailleurs réguliers, les travailleurs à plein temps et les tra -vailleurs à temps partiel afin de main tenir

Il y a deux raisons pour lesquelles les syndicats de travailleurs réguliers ne réus -sissent pas à reconnaître l'identité de leurs intérêts avec ceux des travailleurs irrégu -liers. La première est que les syndicats sont des syndicats d'entreprise et ont ten -dance à s'identifier à la direction. La deuxième est que les travailleurs tempo -raires et à temps partiel sont presque tou -tes des femmes, considérées traditionnelle -ment comme une force d'appoint dispo -nible à la force de travail principale qui est celle des hommes. Cela fait qu'il re -vient aux femmes de combattre elles-mêmes ce système.

En 1975, a été créé le Groupe d'action pour l'Année des femmes internationale. Au travers de sa section emploi, le Grou -pe d'action mène bataille sur la question du temps partiel, il a publié un livre intitulé "Questions et réponses pour les temps partiels. Allez-vous laisser perdre vos droits ?", et organisé également un service de consultation qui est très utilisé par les femmes travailleuses.

Toute une série de questions sont soumises au Groupe d'action : des entreprises qui ne donnent pas d'augmentations de salaires aux temps partiels; le harcèlement sexuel sur le lieu de travail ; des refus d'attributions d'allocations pour le logement ; l'absence d'allocations fami -liales pour les femmes ; des femmes can -tonnées aux corvées de ménage. Les pro -blèmes s'entassent et prouvent l'inadap -tation d'une simple loi garantissant un salaire égal pour un travail égal.

Les Japonais ont livré dans le passé de nombreuses batailles passives contre la révision de certaines lois ou pour résister à des attaques contre le peuple venant du gouvernement ou des capitalistes.

Mais le Groupe d'action pensait que le moment était venu de commencer une lutte plus active pour une loi authentique pour l'égalité dans l'emploi qui serait un premier pas vers l'interdiction de toute discrimination envers les femmes.

A cette époque, les militantes fémi -nistes voyaient trois points essentiels pour une telle loi. D'abord, il fallait éta -blir le droit au travail reconnu comme un droit fondamental pour les femmes, et interdire toute forme de discrimination en -vers les femmes dans l'emploi.

Ensuite, une organisation légale devait être établie pour aider les femmes victimes de discriminations. Enfin, des mesures telles que la diminution du temps de travail et les congés pour l'éducation des enfants, valables aussi bien pour les hommes que pour les femmes, devraient être prises pour assurer l'égalité entre les

Afin de mener la bataille, le Groupe "Pour la réalisation de notre propre loi et pour l'égalité au travail" fut constitué en janvier 1979. Son but était de présenter un appel des femmes pour la nouvelle loi et de mobiliser un éventail plus large de forces dans la lutte. Le jour du lancement de ce groupe, la grande salle ou se dérou -lait le meeting était pleine à craquer de

LA LUTTE POUR UNE VERITABLE LOI

SUR L'EGALITE AU TRAVAIL

La tâche du nouveau groupe n'était pas facile. Un obstacle important était constitué par un rapport fait par un comi -té gouvernemental dominé par des hom -mes, le Groupe d'études sur la loi générale sur le travail. Ce rapport proposait "d'abolir les articles de loi protégeant les femmes au travail dans la législatioon générale sur le travail en échange d'une législation sur l'égalité"

Il existe en effet, deux articles concer -nant la protection des femmes dans la Loi sur les normes du travail. Le premier autorise les arrêts pour grossesse et pour les règles, le deuxième limite le travail de nuit et les heures supplémentaires pour les femmes. Tous deux sont hérités de l'immédiat après guerre.

Le rapport suggérait un échange : plus d'égalité contre moins de protection. Il s'agissait de supprimer les limites au tra -vail de nuit et aux heures supplémentaires à l'occasion de la promulgation d'une loi sur l'égalité. De ce point de vue, le rapport allait à l'encontre de l'opinion mondiale telle qu'elle avait été exprimée dans la convention des Nations-Unies pour l'élimination de toute forme de discrimination envers les femmes. Il passait également délibérément à côté de tout ce que nous étions en train de faire, c'est-àdire de montrer la nécessité d'améliorer les conditions de travail pour les deux sexes, et non pas de les niveler par le bas.

Même sous la protection offerte par l'ancienne loi, les femmes japonaises tra -vaillaient déjà 300 à 400 heures de plus par an que les travailleurs masculins des

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pays occidentaux. Et parmi les couples où les deux conjoints travaillent, il est bien connu que les hommes japonais ne sont pas du tout enthousiastes pour aider aux tâches ménagères. En fait, il a été estimé que les maris dans de tels couples ne font que 7 minutes de travail domestique par jour.

Dans ces conditions il est inévitable que le retrait des articles de loi protégeant les femmes obligera beaucoup de femmes à abandonner leur travail, ce qui se traduira en fait par une aggravation de l'inégalité entre sexes.

L'inégalité entre sexes devrait s'étendre à l'inégalité des résultats aussi bien qu'à l'inégalité des chances. Pour cela, le concept de 'production' doit lui-même être étendu et englober la reproduction de la vie, c'est-à-dire la grossesse et l'éduca -tion des enfants. Une véritable égalité signifie la création de conditions qui per -mettent aux hommes comme aux femmes de travailler à la maison aussi bien que sur leur 'lieu de travail' sans qu'aucun d'entre eux ne soit sacrifié.

Les différences biologiques entre hommes et femmes signifient que les conditions requises pour la réalisation de l'égalité complète sont quelque peu diffé -rentes pour les hommes et pour les fem -mes. C'est ainsi que la protection des femmes n'est pas incompatible avec l'éga -lité. Cela doit faire partie d'un nouveau mode de vie où les besoins humains passe avant la rentabilité. En pratique ce -pendant, le mouvement des femmes se re -trouvait piégé dans la fausse alternative entre la protection et l'égalité, un piège que le groupe combattit sans réserve.

En 1980, le gouvernement signa la Convention des Nations-Unies pour l'éli -mination de toutes formes de discrimina -tion envers les femmes. Réticent à signer au départ, le gouvernement céda sous la grande pression des femmes dans tout le

Pour que la Convention puisse être ratifiée par la Diète, une législation sur l'égalité au travail était nécessaire car le Japon en manquait et celle-ci était deman -dée par la Convention. Le ministère du Travail rédigea un avant-projet.

Alors que les groupes femmes étaient divisés sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la nouvelle loi, le gouvernement et les capitalistes montrèrent une unité impres -sionante. Il en résulta un projet de loi dans le même esprit que le rapport du groupe d'étude proposant de supprimer les mesures protectrices en échange d'une égalité des chances.

La publication de ce projet rassembla finalement les différentes composantes an -tagoniques du mouvement des femmes. Des hommes qui réclamaient la possibi -lité de bénéficier du congé pour élever des enfants se joignirent au combat. Une grè -ve de la faim de 72 heures fut organisée sur le terrain faisant face au ministère du Travail. Les participantes à la grève de la faim formèrent un nouveau groupe, le Comité de solidarité des femmes et des hommes, pour accentuer la lutte pour une véritable loi d'égalité.

Au moment ou le projet de loi du ministère du Travail fut présenté à la Diète comme loi sur l'égalité des chances à l'emploi, elle avait encore empiré

Alors que les articles de protection avaient clairement été affaiblis, aucune mesure n'était prévue contre les entrepri -ses qui violeraient les articles sur l'égalité de la nouvelle loi. Au lieu de cela, la loi se contentait simplement de demander aux entreprises de faire un "effort" pour respecter la légalité.

Le Comité de solidarité passa aussitôt à l'action, entourant le ministère du Travail et la Fédération japonaise des associations patronales où les capitalistes étaient en train de se féliciter d'une loi qui leur était si favorable.

Des femmes de tout le Japon s'assem -blèrent à la Diète pour exercer une pres -sion. Le Comité de solidarité tint une série de meetings et de manifestations de protestations dans un grand parc tout en distribuant des tracts à l'extérieur de la Diète où la loi était en discussion. Dans la soirée du jour où la loi fut finalement présentée à la chambre basse, une vision fantômatique fit son apparition à l'exté -rieur du bâtiment de la Diète. Des femmes vêtues de blanc marchaient dans le crépuscule en direction de la Diète en criant "Nous sommes des femmes fantô -mes en colère", "Nous nous transfor merons en fantômes si nous continuons à être opprimées par cette loi", et "Non, c'est la loi que nous allons enterrer et transformer en fantôme".

A l'intérieur de la Diète, les repré -sentants qui étaient absents lors de la dis -cussion sur la loi, arrivèrent à la dernière minute pour la faire passer. Les meetings, pétitions et protestations se poursuivirent tandis que la loi était envoyée à la chambre haute. C'était le printemps et nous marchâmes dans les rues en portant un long ruban d'un rose vif, couleur des fleurs de cerisiers et symbole de notre colère.

L'AVENIR DES TRAVAILLEUSES

JAPONAISES La naissance d'une loi pour une prétendue égalité des chances à l'emploi et d'autres modifications dans la loi japo -naise du travail concluaient d'une façon désastreuse dix années de luttes des fem -mes contre la discrimination au travail. Mais nous ne pouvons pour autant aban -donner. La lutte doit continuer et doit s'appuyer sur une profonde reconsidération sur ce que nous voulons faire de notre vie au travail. Avec des objectifs clairs et compréhensibles nous pouvons mobiliser plus de monde derrière cette cause.

La réduction du temps de travail aussi bien pour les hommes que pour les fem -mes ainsi que l'introduction du partage du travail peuvent aider le Japon à s'adapter à sa population vieillissante, au plus grand nombre de femmes ayant un emploi et au déploiement d'une technologie qui écono -mise du temps de travail.

Notre revendication principale est que les hommes et les femmes puissent avoir la possibilité d'exercer une profession et de partager le travail domestique. Nous devrions aussi exiger une semaine de cinq jours travaillés et des congés annuels plus longs pour pouvoir réaliser nos besoins humains et culturels les plus profonds. Mais les syndicats japonais dominés par les hommes ont eu tendance à privilégier ces dernières revendications au détriment de la première. Les priorités doivent être

En attendant, le patronat est devenu de plus en plus subtil et sophistiqué. Le travail est divisé et subdivisé de plus en plus en fonction du type d'emploi. Ces divisions sont utilisées pour diviser égale -ment les travailleurs entre eux. Plus que jamais un effort résolu est nécessaire pour aller vers l'égalité du travail et des

Nous n'obtiendrons satisfaction qu'a -vec une véritable et authentique loi pour l'égalité au travail. En attendant, la ba -taille pour cette loi peut permettre de construire une solidarité parmi les travail -leurs de tout le pays et même du monde.m

Takagi SUMIKO "AMPO", Vol 18 N° 2-3 Tokyo 1986.

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