NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE contre l'arrestation de Pospichal. Cette le calcul normal du temps de travail.
TCHECOSLOVAQUIE
D'un procès politique à l'autre
Le procès des membres de la section de Jazz de l'Union des musiciens (voir Inprecor numéro 236 du 16 février 1987) s'est terminé le 12 mars par la condamnation de son président, Karel Srp et de son secrétaire, Vladimir Kouril, à des peines de prison ferme de 16 à 10 mois respectivement. Les trois autres inculpés ont reçu des peines de prison avec sursis. Bien que moins graves que celles prévues, ces peines restent inacceptables. La section de Jazz a annoncé son intention de poursuivre ses activités et d'exiger la libération des prisonniers. Mais déjà se profile le prochain procès pour délit d'opinion en Tchécoslovaquie.
janvier 1987, Petr Pospichal, ouvrier de 27 ans et militant de la Charte 77 dans la ville de Brno, a été arrêté. Le 3 février, il a été inculpé du délit criminel de "subversion de la République"( article 98/1, 2ab du Code pénal) et risque une peine de prison de 3 à 10 ans. Pour reprendre les termes des chefs d'accusa -tion, Petr Pospichal est accusé d'avoir "à partir d'une date qui n'a pas pu être précisée, mais en tout état de cause au partir du milieu de 1985 jusqu'au moment de son arrestation, par hostilité au système socialiste ainsi qu'au système d'Etat de la République, rassemblé des écrits, à la fois étrangers - surtout polonais - et venant de l'intérieur du pays, a la production desquels il a paruıcıpe, et notamment celui qui s'appelle Informace o Charte 77 (...) et a établi des contacts actifs avec le regroupement polonais hostile connu sous le nom de 'Solidarité' ainsi qu'avec des personnes hostiles dans les cercles tchécoslovaques émigrés à
Le Comité pour la défense des personnes injustement poursuivies (VONS) a lancé un appel international pour la solidarité avec Pospichal, en s'adressant particulièrement à Solidarité Pologne et aux "amis en RDA, en Hongrie et en Union Soviétique". Le 12 février fut créé à Prague et à Brno un Comité pour la libération de Petr Pospichal comprenant des militants connus de la Charte notamment l'ancien premier ministre des
Vaclav Havel et Ludvik Vaculik, ainsi que des personnalités catholiques et protestantes.
Le 17 février, le conseil provisoire de Solidarité a fait une déclaration protestant déclaration signée par dirigeants principaux de Solidarité, dont Zbigniew Bujak, Wladyslaw Frasyniuk et Bogdan Lis. Il est probable qu'une des princiaples rai -sons pour l'inculpation de Pospichal est l'inquiétude des autorités de Prague à cause de l'augmentation des échanges et même de la coopération entre la Charte 77, Solidarité et d'autres groupes en Hongrie et en RDA. Cette coopération s'était illustrée en octobre 1986 par la déclaration commune de 122 dissidents venant de ces quatre pays à l'occasion du 30e anniversaire de la révolution hongroise de 1956 (voir Inprécor numéro 229 du 3 novembre 1986).