Plusieurs numéros de "International •Viewpoint", équivalent d'Inprécor en langue anglaise ont été bannis en Afrique du Sud depuis plusieurs mois.
Il y a deux sortes de "bannissement" pour les journaux et publications. La première consiste purement et simplement à interdire totalement d'être en possession de la publication incriminée. La seconde interdit la vente et la distribution sans •
interdire la possession privée d'un exemplaire.
Des milliers de journaux, revues et livres sont ainsi frappés d'interdit au pays de l'apartheid. Ce sont en premier lieu les publications des organisations sud-africaines interdites qui constituent l'essentiel de cette censure. Mais depuis quelques années s'y sont ajoutées certaines publications d'organisations légales sud-africaines dont tel ou tel article gêne la bureaucratie policière. Enfin, depuis que l'Afrique du Sud constitue un des points chauds du globe, est venue s'y ajouter toute une série de journaux et revues étrangères et en langue anglaise prenant position ou informant de la situation dans ce pays. Par ce seul exemple on peut mesurer ce qu'est le monde grotesque et étouffant de l'apartheid. Pour contrôler l'interdiction de ces milliers de publications, il faut en effet entretenir un vaste appareil de bureaucrates dans les ambassades et en Afrique du Sud même dont la mission dépister le "poison subversif" dans tout ce qui paraît.
Evidemment beaucoup de classiques marxistes sont prohibés. Mais l'autre grand domaine "Tace des seigneurs terrorise les représentants de la c'est tout ce qui se rapporte au sexe: une conception assez étendue de la "pornogra -phie" qui évidemment s'attaque d'abord à
Ainsi dans la grande liste officiel des écrits maudits le chapitre "Lenine" précède "lesbianisme"...On imagine à peine le digne représentant de l'ambassade sud-africaine de Londres contraint, pour la défense de la patrie, de faire tous les sexshops de la ville afin de relever la somme des titres et éditions qu'il doit prompte -ment indiquer à ses chefs afin d'établir le décret d'interdit !
Malheureusement pour les défenseurs de l'ordre moral - raciste - l'Afrique du Sud peut de moins en moins être coupée du monde. Les idées circulent bien plus facilement que les publications elles-mêmes. Il est peut être aisé de signer une circulaire interdisant une revue publiée en Europe. Il doit être beaucoup plus difficile d'interdire aux Sud-Africains eux-mêmes de penser, de débattre et de lutter. Il semble même que ce soit maintenant le principal danger pour cette pègre raciste, beaucoup plus que des revues militantes publiées à l'étranger. C'est bon signe.