Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

L'unité de la gauche, Déclaration du Comité politique du PRT

· Inprecor n° 241, 28 avril 1987 · p. 23-24 · 1 650 mots

Mexique Syndicalisme

Cinq organisations de la gauche mexicaine viennent d'entériner leur décision de fusionner en une seule organisation au mois de mai prochain. Il s'agit principalement du Parti socialiste unifié mexicain (PSUM-communiste), du Parti mexicain des travailleurs (PMT) et de trois autres formations plus petites, le Parti patriotique révolutionnaire (PPR), le Mouvement révolutionnaire du peuple (MRP), l'Union de la gauche communiste (UIC). Une partie du PMT, dite "courant de base", a refusé de s'associer à cette fusion. Celle-ci s'est réalisée très

Pour leur part, nos camarades mexicains du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), la section mexicaine de la IVe Internationale, ont refusé d'être partie prenante de cette unification à marche forcée qui n'est pas, loin s'en faut, le produit d'une convergence politique

Ainsi, le mouvement étudiant qui a secoué le Mexique en décembre-janvier a montré part, dénoncèrent les revendications étudiantes comme réactionnaires et petites-bourgeoises !

Nous publions la déclaration du Comité politique du PRT émise publiquement lors de

MEXIQUE rapidement puisque c'est en juillet 1986 que la proposition en a été faite par le PSUM. et d'un travail de masse commun (Cf. Inprecor numéro 232 du 15 décembre 1986). l'annonce officielle de la fusion des cinq. DOCUMENT

Comme il l'a fait connaître publiquement, le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT) a décidé de ne pas participer à l'actuel processus d'unification opéré par cinq organisations politiques de gauche. Les raisons qui sont à l'origine de cette décision sont les suivantes :

1) Le PRT considère que progresser dans un processus d'unification important secteur de la gauche mexicaine pourraît avoir une grande signification. Pour cette même raison, nous pensons qu'une telle opération ne peut être menée à bien qu'à travers un large processus de rapprochement politique. Le simple désir unitaire n'est pas suffisant, nécessaire de peser les possibilités réelles de franchir ce pas. Nous convaincus dans la mesure où tentative dans ce sens qui avorterait aurait des répercussions totalement négatives, d'autant plus quand nous observons chez des secteurs de militants de gauche, un certain scepticisme sur l'actualité de la lutte pour le socialisme.

2) Notre parti a proposé une méthode qui permettrait d'évaluer les possibilités d'une unification. Depuis septembre 1986, organique propre mais qui garantirait un fonctionnement autonome de permettant de juger s'il est possible ou pas de former formation d'une direction chargée d'orienter ce processus : un

L'unité de la gauche

fonctionnement commun au niveau des Etats et des municipalités ; la publication d'un organe de presse commun et d'un commun; la coordination du travail syndical, paysan, urbain, femme et jeune comme la tenue de conférences pour discuter de la politique à suivre dans l'ensemble de ces secteurs ; la place d'un discussions sur une fondamentaux de la lutte des classes etc. Et surtout, nous avons souligné qu'il fallait faire en sorte que les militants respectifs de chacune de ces organisations soient les protagonistes réels processus, même si cela devait allonger les délais de sa conclusion, parce que nous étions convaincus et nous le sommes toujours, que c'est le seul moyen de parvenir à une unification solide, où les militants ne voient pas leur rôle limité à la lecture des journaux pour connaître en est cette unité et comment progresse-t-

3) Cette proposition de méthode partait d'une constatation qui visiblement paraît aujourd'hui ignorée par certains : les organisations de gauche existent depuis de nombreuses années de façon séparées. Cela n'est pas dû simplement au quelques uns, mais bien parce qu'il n'existe pas de convergences programmatiques. Aujourd'hui, sous le mot d'ordre de moderniser ou mourir", certains militants de gauche veulent gommer ces divergences par décret. A ce niveau, le PRT trompe pas. Nous savons parfaitement qu'il existe des divergences sans nombre, dont certaines sont très importantes. Il ne

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sagit pas comme certains ont voulu le faire croire pour déconsidérer notre position, de divergences produits voilà des décennies ou l'idéologie de chacun, mais bien divergences sur ce qu'on doit faire dans la période présente et sur les tâches des révolutionnaires dans ce pays. Il s'agit bien d'évaluations différentes sur le type de parti à construire. De notre point de vue, il est nécesaire d'avoir un organisme où, non seulement le droit des minorités soit garanti, mais aussi où l'utilité du parti dans la lutte des classes soit garantie ; où les militants d'un même parti ne se trouvent pas des deux côtés de la barrière dans un conflit, les uns appuyant le mouvement et les autres appuyant les autorités. Nous ne devons pas cacher qu'il existe des différences sur l'appréciation de chacun quant aux relations que doit avoir le parti avec le mouvement de masse ; sur la signification politique par rapport au PRI , ses courants, les patrons etc.

4) Malgré tout cela, la proposition du PRT partait d'une autre constatation, toute aussi réelle : la gauche commencé à dépasser son cannibalisme, et pouvait être donc commencé processus qui, combiné au travail commun et aux discussions, l'instrument qui nous permettrait connaître les posibilités de l'unification de la gauche dans un seul parti.

5) Cinq organisations de gauche ont décidé de prendre une autre méthode nous respectons leur décision. nous voulons signaler rapidement nos divergences avec cette façon de Nous pensons que sous la pression de la conjoncture électorale, les partis qui souhaitent fusionner ont inversé mécanismes d'une unification. Dans leurs congrès respectifs, ces cinq organisations vont décider de la fusion, au mois de mai sur des faits parti au gouvernement et ensuite, ils vont discuter

SUT de la politique que ce parti va impulser ligne politique de ce parti par rapport à ce questions seront tranchées lors du premier mai. Le PRT, quant à lui, considère que ces discussions sont clés pour savoir ou pas s'il est possible de former un nouveau parti, puisqu'il ne s'agit pas là de tactiques conférence syndicale regroupant les cinq organisations qui vont fusionner et le reconversion industrielle et la stratégie de l'indépendance la gauche dans le mouvement ouvrier ont été discutées. Sur le premier point, seuls le PSUM et le PRT avaient un point de vue, les autres organisations qu'elles n'avaient pas de positions cette question (et nous parlons de ce qui mexicaine a est aujourd'hui le problème fondamental des travailleurs mexicains) ; mais un discussion la plus révélatrice se produisit en quand on aborda le thème de la stratégie :

serait proposait de syndicale avec la bureaucratie du Congrès du travail comme un élément clé ; le MRP disait que la centrale syndicale en dehors du CT comme cela et

Toutefois, d'Amérique latine ; le PPR disait qu'il était fondamental de répondre à la crise en faire.

adoptant une ligne similaire à celle menée dans la pratique par le syndicat du pétrole

(ni plus ni les bureaucraties syndicales) et le PMT pensait consistait à créer des comités du parti ils vont faire enregistrer légalement le

Secrétariat du dans la lutte de masse et élaboreront la dans notre pays. Ces universitaire congrès de ce parti, mais ce dernier existera déjà légalement dès le mois de propositions centrales. Prenons un seul

Voilà peu, s'est tenue une

; lors de cette conférence, la signalèrent sur à ce processus.

la la concertation gauche devrait former une dans pays députés.

profonde moins qu'une des pires l'élément stratégique dont on et mexicain dans cette lutte élections dans les syndicats. Et tout porte à croire que le résultat serait identique dans des conférences sur chacun des secteurs du travail de masse. Il ne pourrait d'ailleurs en être autrement par exemple, dans une discussion sur le mouvement étudiant que nous venons de connaître à l'UNAM, où pour certains, le Conseil étudiant

(CEU) posait revendications réactionnaires et luttait pour des privilèges.

6) Lors d'échanges récents entre les directions des cinq organisations qui vont fusionner et le PRT, on nous fit plusieurs que nous ne pouvons accepter. Le PRT ne pouvait intervenir dans la discussion du "Projet d'accord" élaboré par les cinq, dans la mesure où nous ne croyons pas qu'un accord de cette nature puisse définir "un projet commun de nouveau parti". Un accord de cette nature sur le fonctionnement serait pour nous l'ultime document à élaborer une fois que nous serions d'accord sur les questions

7) On a dit de façon insistante que les cinq partis qui fusionnaient donnaient toutes les garanties au PRT sur la question des délais et de la sécurité, pour s'intégrer

Pour nous, le problème ne relève pas des garanties ou autrement dit, ce n'est pas un problème juridique mais bien politique. Pour le PRT, la garantie de parvenir à une unification sérieuse serait convergence politiques de fond et l'accord sur le type de parti à construire, et non pas de savoir qui est à la direction du nouveau parti ou qui va être présenté à la chambre des

8) Le PRT réaffirme sa conviction que l'unité est l'élément exigé aujourd'hui par la lutte des classes. Cette unité est réclamée dans chacun des combats qui se livrent contre la politique droitière du parti gouvernemental. L'unité

La besoin, c'est l'unité mouvement de masse : l'unité autour de la lutte du CEU pour transformer l'université empêcher les attaques des acquis étudiants ; dans la lutte du Syndicat des électriciens contre politique de l'Etat en matière de salaires ;

la lutte des travailleurs l'enseignement contre le comportement anti-démocratique des bureaucrates syndicaux ; dans la lutte des travailleurs de l'usine Ford d'Hermosillo contre la politique de salaires de famine appliquée par cette multinationale etc. C'est dans ces luttes que se démontrent une politique conséquente ou le sectarisme. C'est là que nous proposons de forger l'unité de la gauche, si nous ne voulons pas qu'elle soit réduite à une unité d'appareils. Dans pour l'unité, le PRT engage tous ses efforts. Nous proposons d'offrir au peuple mexicain une seule alternative électorale démocratique par la formation d'une coalition de toute la gauche aux fédérales de 1988. C'est le chemin qu'il faut prendre et les défis qui s'cffrent à la gauche mexicaine.

Comité politique du PRT Mexico, 25 mars 1987

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