Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

"La révolution, camarades !"

· Inprecor n° 241, 28 avril 1987 · p. 15-16, 16-17 · 3 168 mots

France Syndicalisme Stalinisme URSS et Russie

D'autant que la même direction Mar - électoral de 1978, un puissant mouvement

FRANCE

La publication du manifeste "La Révolution, camarades ! " et l'existence d'une coordination nationale des communistes rénovateurs, représentant une quarantaine de départements, marquent un évènement inédit dans l'histoire du PCF et de sa crise. On peut le caractériser comme l'affirmation d'un courant politique contestant la direction nationale sur sa gauche, assumant le caractère fractionnel de

Francis SITEL

Les événements inédits de ces derniers mois renvoient à une crise elle-même sans précédent du PCF. Il s'agit, d'une certaine façon, du contre-coup de l'échec de l'union de la gauche à travers l'expérience gouver - nementale de 1981 à 1986.

Les signes, spectaculaires, de la crise du PCF sont d'abord d'ordre électoral. Si, entre 1979 et 1981, le PCF a vu lui échapper le quart de son électorat, il pouvait espérer qu'il ne s'agissait que d'u - ne perte provisoire. Sauf qu'entre 1979 et

1984, c'est la moitié de l'électorat qui est perdu, et, en mars 1986, il passe en des - sous de la barre profondément symbolique des 10% des voix exprimées, se retrou - vant au même rang que le Front national, le parti d'extrême-droite de Jean-Marie Le

Pen.

Il s'est agi là d'un véritable trauma - tisme pour les militants et sympathisants communistes. Compte tenu de "l'électo - ralisation" à outrance qu'a connue ce parti depuis des décennies, un tel recul, qui ra - mène le PCF à ses pires scores des années trente, représente une véritable catastro - phe. Il confirme et rend sensible ce qui, jusque là, était dénoncé comme une théo - rie anti-communiste : le déclin inéluctable

D'autant que ces pertes électorales ren - voient à d'autres indicateurs eux aussi in -

- Une diminution des effectifs mili - tants, difficile à chiffrer compte tenu du grossier des chiffres officiels, mais à l'évidence, très importante et qui se double d'une anémie militante que tout le monde peut constater ;

- Un recul électoral et militant encore plus important dans la jeunesse que parmi

- Un affaiblissement relatif de la

Confédération générale du travail (CGT) et des contradictions visibles au sein de sa direction, le problème de cette dernière étant de ne pas se laisser entraîner sur la même pente que le PCF ;

- Un discrédit majeur de la direction et notamment du secrétaire général, Georges

Marchais. Longtemps présenté comme le champion de la lutte contre l'anticommu - du mouvement ouvrier français. nisme, il a vu son image de marque se dé -grader au point qu'aujourd'hui nul militant communiste ne songerait à accuser d'anticommunisme qui raille Marchais.

Par ailleurs, les prochaines échéances électorales se présentent sous de forts mauvais augures pour la direction du PCF. Les présidentielles prévues pour 1988 sont une épreuve redoutable qui devrait ramener le score du parti bien en dessous des 10%. Au point que Marchais a préféré se retirer au profit d'un autre candidat qui sera sans doute André Lajoinie. Quant aux municipales de 1989, elles peuvent se tra -duire, si les choses restent en l'état, par une véritable catastrophe pour le PCF : la perte de la plupart de ses bastions muni -cipaux où, en mars 1986, il s'est géné -ralement trouvé devancé par le PS

Du coup, la fin du PCF comme grande force politique est d'ores et déjà un fait patent. Et les interrogations ne peuvent être refoulées. Beaucoup, au sein du parti, demandent à la direction pourquoi en-est-

LES RACINES DE LA CRISE

Toutes ces interrogations convergent vers un seul point : le noyau directionnel. Et les efforts de celui-ci tendent à les écarter : ce fut la fonction de la mise en avant, lors du XXVe congrès en février 1985, de la thèse du "retard stratégique" ou "historique" de 1956, puis celle du "glissement à droite de la société françai -se". Pseudo autocritique et objectivisme sociologique, deux façons de se disculper de ses propres responsabilités. Mais cel -les-ci sont trop graves et trop récentes pour ne pas coller à la peau.

C'est en effet cette direction qui, le temps d'une génération militante, a accu -mulé les zig-zag et les changements de li -gne à 180° (voir encadré). Ces oscilla -tions permanentes entre l'opportunisme le plus plat, dans les phases d'alliances avec le PS et le sectarisme le plus exacerbé, lors des périodes de division, qui ont conduit à la catastrophe électorale finale, n'ont pu qu'accroître le mal de mer de ceux qui avaient pourtant le coeur bien ac - ses activités et la dynamique scissionniste dont elles sont porteuses. Sans préjuger des développements ultérieurs, et surtout de leurs conclusions, il est d'ores et déjà possible d'affirmer qu'il s'agit là d'un fait politique fondamental, susceptible de modifier bien des données chais s'est illustrée avant 1981 de quel -ques hauts faits d'armes que personne n'a oublié et qui n'ont accru ni son prestige ni son audience électorale. Il s'agit de l'intervention au bulldozer contre un foyer de travailleurs africains à Vitry : il s'agis -sait officiellement de dénoncer la politi -que gouvernementale de concentration des immigrés dans les banlieues ouvrières, mais une brutalité aussi grossière a aussi été perçue comme une agression raciste. Et ce, au moment où commençait à s'affir -mer le courant Le Pen et à la veille de la radicalisation anti-raciste de la jeunesse. Il faut également citer l'intervention toni -truante de Marchais à la télévision, en direct de Moscou, pour soutenir l'interven -tion soviétique en Afghanistan.

Deux actes politiques qui ont constitué des électrochocs pour une bonne partie des électeurs communistes et de sérieux traumatismes pour les militants les plus

L'addition de ces erreurs et de ces fau -tes s'est traduite par un discrédit profond et irréversible pour la direction. Inapte à mener, voire à permettre, tout débat inter -ne réel, celle-ci est en outre apparue comme responsable d'une politique incohé -rente menant le parti à sa perte.

Le bilan de la direction Marchais est donc terrible. Elle a réduit de moitié en cinq ans l'audience électorale du parti et elle laisse ce dernier sans perspective po -litique. Après avoir limité durant des an -nées son horizon politique à l'alliance avec le PS, une alliance au sein de laquelle le PCF a vu se diluer peu à peu son propre et s'est inexorablement affaibli, elle a développé de gigantesques

"théoriques" pour dénoncer les "alliances au sommet" et les "25 ans d'er -reurs" représentés par l'Union de la gauche ! Sur ces décombres, ne restent qu'une va -gue union à la base, sous l'appellation de "nouveau rassemblement populaire majori - qui savère aussi inconsistante que la stratégie du "socialisme pas à pas" les "nouveaux critères de gestion" qui re -présentent aujourd'hui la seule perspective historique offerte au peuple de France !

Lors de la rupture de l'Union de la gauche à la fin de 1977 et après l'échec

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de contestation interne s'est développé, mettant en avant deux questions : la dé -mocratie interne et l'unité de la gauche. Mais ce mouvement, resté sans réponse, s'est vite trouvé condamné au repli et à la dispersion. D'autant que l'un de ses princi -paux porte-parole, Henri Fizbin, ancien secrétaire de la fédération de Paris, après avoir créé la revue Rencontres commu -nistes hebdo (RCH), s'est assez rapide -ment tourné vers le PS. Il est aujourd'hui député apparenté socialiste et apparaît de plus en plus comme le rabatteur des élec -teurs communistes vers le PS. UNE CONTESTATION SANS PRECEDENT

Le XX Ve congrès, marqua le grand ra -valement-enterrement de l'Union de la gauche, thèse du retard de 1956 qui permit d'escamoter le bilan de la participation gouvernementale. Pourtant, la direction se vit en quelque sorte contrainte d'officia -liser l'existence d'un courant critique au sein même de l'appareil et de la direction. Pierre Juquin, qui n'avait pas voté la réso -lution finale, ne retrouva pas sa place au bureau politique mais fut maintenu au comité central avec quelques autres contes -tataires.

Le phénomène "rénovateur" venait de naître.

Non seulement la crise ne pouvait plus être niée, mais elle s'avèrait si forte et montant à un tel niveau dans l'appareil que le noyau directionnel devait "donner du lest" en affirmant qu'au PC, les temps sont révolus où l'on excluait et que le parti est suffisamment fort pour tolérer en sa direction des gens en désaccord avec la ligne.

Au demeurant, durant de long mois, ces responsables purent apparaître comme une opposition d'appareil, limitant leur action à quelques interventions et quelques votes au CC leur permettant de se démar -quer des choix opérés. Alors que dans le parti même, à la base, la crise apparais -sait plus éclatée et insaisissable se tradui -sant par des non-reprises de cartes, la di -minution de l'activité militante, le repli dans le travail syndical etc.

C'était le calme précédant la tempête. le score de mars 1986, symbolisant l'ag -gravation du recul, provoqua un effet de soufle qui balaya les dernières barrières et

Des pétitions furent mises en circu -lation exigeant l'ouverture d'un grand dé -bat et un congrès extraordinaire. Elles re -cueillirent plusieurs milliers de signatures et furent publiées dans la presse.

Face à cette lame de fond démocra -tique, la direction adopta une tactique d'es -quisse et de non-réponse, attendant que le mouvement s'épuise de lui-même faute de perspective. Ce qui s'est produit en effet, les initiateurs se refusant à donner un contenu autre que démocratique à leur appel et à prendre une quelconque initiative organisationnelle. Avec le temps, le mou -vement pour un congrès extraordinaire fi -nit par perdre son sens et retomba.

Pourtant, dans son sillage, il laissait une situation changée. Beaucoup de mili -

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tants communistes, jusque-là murés dans le centralisme bureaucratique et enfermés dans "la citadelle assiégée" parti, voulaient à présent discuter, et non seulement acceptaient mais recherchaient le débat, en particulier avec les ennemis de la veille : les militants révolutionnai -res qui se réclament, eux aussi,

Il ne s'agissait plus seulement d'une somme de réactions individuelles mais d'un comportement collectif nouveau : le sentiment que le PCF et, à travers lui le communisme, sont mortellement menacés dans ces conditions, la réflexion que la direction stalinienne refuse est une nécessité vitale.

On vit ainsi fleurir, en particulier en province, une multiplicité de lieux de réflexion et de débat : cercles M (du nom de la revue créée par les rénovateurs) ; cercles Gramsci ; Politzer ; universités ou -vrières etc. ; structures diverses mises en place par des militants du PCF, mais tou -jours ouvertes aux anciens membres du parti et aux militants d'extrême-gauche.

En même temps, s'affirmait un début de structuration du courant critique, dépas -sant les multiples "réseaux" longue date, qui conduisait à la mise sur

"coordination nationale" puyée sur des coordinations locales dans une quarantaine de départements.

Enfin, on assistait à un début d'inter -vention plus ou moins autonome de ces communistes critiques, sur les terrains de l'antiracisme et de l'internationalisme (Ni -caragua et Kanaky), voire, dans quelques cas, au niveau syndical.

Bref, c'est bien un courant politique, encore très hétérogène et éclaté, qui com -mençait à voir le jour. Le changement de situation politique, avec le grand mou -vement de la jeunesse et les grèves de l'automne, accélérèrent fortement le pro -cessus en cours et lui donnèrent une dyna -mique plus nettement orientée à gauche.

Ce réchauffement social, marqué par une reprise de la combativité et d'intéressantes tendances à l'auto-organisation, constituait un formidable démenti à la thè -se cardinale de la direction concernant le "glissement à droite de la société". Thèse que celle-ci maintint mordicus lorsqu'elle tira le bilan de la mobilisation jeune... En même temps c'est un extraordinaire toni -que pour tous ceux qui se refusaient à dé -sespérer de la lutte des classes, du socia -lisme et de la révolution. Tous ces mou -vements, en effet, posèrent avec une force nouvelle les exigences d'égalité, de justice et de démocratie. Ce qui éclaira d'autant l'absence de tout projet de transformation sociale de la part des grands partis

Dans ces conditions, ce qui était en train de se constituer s'avéra être, non pas comme on pouvait le craindre et comme la direction du PCF l'espérait, un futur ren -fort pour le PS, mais un courant rompant avec le stalinisme sans tomber dans les ornières social-démocrates. Cherchant sa voie sur la gauche du PCF, il s'efforce de renouer avec la tradition communiste ré -volutionnaire du mouvement français qui fut étouffée par le stalinisme.

LE COURANT COMMUNISTE

RENOVATEUR

La direction comprit rapidement la nature du danger. Autant elle sait pouvoir tolérer un courant droitier, tôt ou tard condamné à la démoralisation et à rallier la social-démocratie, autant un courant de gauche, lui disputant la légitimité ouvrière et révolutionnaire, constitue un danger beaucoup plus grave.

C'est pourquoi elle décida au début de l'année 1987 de passer à l'offensive. Lors d'un de ces passages à la télévision dont Marchais raffole, il brocarda les "réno -vateurs", les accusant de glisser vers la social-démocratie et leur accolant l'éti -quette de "liquidateurs ." Qualificatif qui, dans la tradition stalinienne du PCF, a valeur d'anathème et d'exclusion. En même temps une offensive bureaucratique était

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engagée pour reprendre en main les fédé -rations gagnées par la gangrène contes -tatrice : en particulier la Meurthe-et-Moselle, et le Finistère, où plusieurs cen -taines de militants se virent interdire la reprise de carte.

Le problème était donc sur la place publique. Lors du débat du comité central, la direction effective - Marchais, Leroy, Fiterman et Lajoinie - annonça la couleur. L'attaque contre les "liquidateurs" ne sau -rait épargner ni Marcel Rigout ni Claude Poperen, qui démissionnent alors de leurs responsabilités. Le premier, ancien ministre, membre du CC, dirigeant de la puissante fédération de Haute-Vienne qui a une assise paysanne héritée des maquis et qui résiste à l'érosion électorale, est l'un des derniers représentants de la génération de la Résistance au sein de la direction. Le second, membre du bureau politique, longtemps dirigeant du secteur Renault, symbolise la tradition ouvrière du PCF.

Attaquer ces deux responsables, les plus respectés dans le parti et les plus modérés dans l'opposition, relève de la provocation pure et simple. En d'autres temps on eut appelé une telle offensive de son véritable nom : une purge ! Face à cette agression, l'opposition rénovatrice a été amenée à s'unifier pour faire face, ce qui était loin d'être le cas auparavant. Il ne s'agit pourtant pas de la part de la direction d'une erreur ou d'une maladresse, mais bien d'une volonté délibérée : celle de vider l'abcès. L'objectif étant "d'écla -ter" l'opposition en obligeant chacun de se membres à choisir entre l'alignement et l'exclusion.

En même temps la direction mettait en place un calendrier de débat interne conduisant à un congrès avant la fin de l'année, débat emprisonné dans le carcan de la désignation du candidat aux prési -dentielles qui doit intervenir au mois de juin 1987, et de la préparation de cette campagne.

Cette offensive constituait une réelle menace pour l'opposition. Celle-ci s'est montrée apte à relever le défi : loin de se soumettre aux diktats du bureau politique et de se plier aux échéances fixées par lui, elle a contre-attaqué, assumant un affron -tement politique inéluctablement porteur d'une dynamique de scission dans un parti comme le PCF. C'est ainsi que les réno -vateurs ont officialisé l'existence de leur coordination nationale et publié leur Manifeste qui constitue une plate-forme politique globale face à la direction.

Malgré l'importante hétérogénéité qui reste la sienne, le courant rénovateur s'est ainsi doté de bases politiques nettement orientées à gauche. Le Manifeste souligne nettement les démarcations par rapport à la social-démocratie et au stalinisme, il affirme des références claires au commu -nisme, au marxisme et à la révolution. Il avance une série d'éléments politiques constitutifs d'une ligne cohérente : la nécessité d'une politique unitaire pour les travailleurs, l'importance de l'auto-organi -sation, la volonté d'élaborer une stratégie de rupture avec le capitalisme, une politi -que internationaliste.

D'un point de vue marxiste-révolu -tionnaire, plusieurs points clés appellent au débat approfondi et des clarifications. En particulier en ce qui concerne le pro -blème de l'Etat bourgeois, certaines for -mules du Manifeste sur ce point pouvant être comprises comme ouvrant une pers -lisme. Et aussi la compréhension de la politique de Gorbatchev en URSS qui semble susciter beaucoup d'illusions au sein du courant rénovatéur. Un autre point en débat est celui du parti : question concrète puisque ces camarades peuvent se trouver assez vite en situation de quitter le PCF ou d'en être exclus et seront amenés à décider des formes organisationnelles dont ils se doteront. Il semble que les choix restent ouverts entre un parti au sens strict du terme et d'autres formes, plus souples, de rassemblement. Ce point, à type d'affrontement de classe que cela suppose avec l'Etat bourgeois.

Mais ces discussions, et les éven -tuelles divergences qu'elles peuvent faire apparaître, témoignent de la richesse du débat engagé et du type de modifications profondes que cela introduit dans la situa -tion politique et le climat idéologique jus -que-là dominé par la "crise du marxisme".

ET MAINTENANT ?

Il n'est pas possible de faire des pronostics sur un avenir qui ne peut qu'être incertain. Ce courant reste sans doute fragile, soumis à de considérables pressions politiques, d'abord de la part du PS et du PCF qui n'ont, à l'évidence, aucun intérêt à voir s'affirmer un tel courant politique. Mais d'ores et déjà, il est pos - sible d'apprécier les possibilités ouvertes par cette émergence du courant rénovateur sur le champ politique. Celui-ci est sus -ceptible de modifier les rapports de forces globaux au sein de la gauche, ceux-ci ayant été jusqu'à présent dominés par la complicité conflictuelle du PC stalinien et du PS social-démocrate. Il peut permettre de surmonter la marginalisation qui, jus -qu'à présent, est celle de l'extrême-gauche politique et des courants lutte de classe dans les syndicats, et d'ouvrir ainsi la voie à la construction d'une force révolu -tionnaire significative.

L'importance de l'enjeu explique que les questions de l'appréciation du phéno -mène rénovateur et de la politique à mener en leur direction sont au centre des débats actuels de la LCR.

Entre les rénovateurs et la LCR le pro -cessus engagé n'en est qu'à ses débuts. Il s'agit de mener les discussions stratégi -ques qu'appelle le Manifeste et de recher -cher le maximum de convergences sur le terrain de l'action commune. Une telle dynamique ne pourrait avoir que des effets positifs au-delà des seuls rénovateurs et militants de la LCR, elle montrerait en effet qu'il existe des réponses possibles à la crise du mouvement ouvrier, ce qui au -rait nécessairement des conséquences au sein du PS, des syndicats et de l'extrême-gauche.

Pour la LCR, si un tel processus se concrétisait, confirmant les potentialités dont il semble être porteur, cela permet -trait de poser en termes nouveaux la ques -tion du parti révolutionnaire. C'est d'une telle perspective, et pour s'y préparer, que la LCR discute dans le cadre de la pré -paration de son prochain congrès.

Francis SITEL 15 avril 1987. Les rénovateurs, une nouvelle source de migraines pour Marchais (DR)

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