Le 10 juin prochain, on votera dans tout l'Etat espagnol. Non seulement les habitants de ce pays devront élire leurs députés au Parlement de Strasbourg, conséquence de l'entrée récente dans la Communauté économique européenne, mais ils devront aussi renouveler toutes les municipalités et, dans certaines régions, ils iront aux urnes ce même jour pour désigner leurs représentants aux Parlements autonomes.
Pour ces élections locales, pagnol, des accords unitaires ont été conclus dont sont partie prenante nos camarades de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section de IVe Internationale dans l'Etat espagnol. C'est notamment le cas en Navarre, avec la formation de la coalition "Batzarre". De même, en Aragon, un accord électoral a été conclu entre d'une part la Gauche
(...) Nous sommes en train de vivre une période de mobilisation large et intense, dirigée d'une façon ou d'une autre contre le gouvernement. Assisterons-nous pour cette raison à des modifications importantes du paysage électoral tel qu'il s'est dessiné lors des dernières élections générales ? C'est peu probable. Les sondages actuels confirment ce qu'on pouvait déduire d'une analyse raisonnable de la situation. Il n'y aura pas "d'expression électorale" reflétant les luttes que nous connaissons même si nous verrons l'importance que peuvent prendre certains votes
"sanctionnant" le PSOE.
Il ne fait pas de doute que les élections sont toujours un reflet déformé de la réalité sociale. Mais dans l'Etat espagnol, plus qu'une déformation, c'est une véritable schizophrénie qui existe parmi les secteurs populaires les plus actifs dans la mobilisation, à l'exception du courant nationaliste révolutionnaire en Euskadi. Le vote est bien plus à droite que les idées défendues dans l'action. (...)
Mais sans aucun doute, l'événement le plus significatif de cette période électorale concerne la candidature de Herri
Batasuna aux élections européennes et la campagne que va mener cette organisation dans l'ensemble de l'Etat espagnol. Du coup, ces élections qui étaient jusque-là aussi passionnantes qu'une cure thermale pour politiciens décatis, ont pris un intérêt considérable. Preuve en est l'attitude du gouvernement qui a mis à plein rendement la machine à intoxiquer l'opinion publique afin de provoquer un rejet viscéral de HB.
Pour notre part, nous considérons
A la veille des élections
dans différentes parties de l'Etat escommuniste (MC) et la LCR. comme des éléments très positifs la décision prise par HB de mener campagne dans tout l'Etat et que cette organisation se soit adressée à des organisations révolutionnaires comme le MC et notre parti, cherchant avec sincérité et respect un accord pour notre soutien à sa campagne.
Cet accord s'est effectué sur un programme clairement révolutionnaire, le seul qui s'oppose radicalement aux institutions politiques, militaires et économiques de l'Europe capitaliste et qui inclut également la solidarité avec Euskadi, la défense du droit à l'auto-détermination, la solidarité avec tous les peuples et tous les travailleurs de l'Etat espagnol.
A partir de cet accord politique, nous allons constituer des comités de soutien unitaires à la candidature de HB, comités dont les activités seront dirigées par les organisations qui en seront partie prenante dans chaque endroit. Ces comités inviteront Herri Batasuna à exposer sa politique dans une série de meetings et consacreront tous leurs efforts politiques et militant afin que la campagne obtienne les meilleurs résultats possibles en audience comme en voix.
Nous ne nous cachons pas les difficultés auxquelles doit faire face cette campagne. Mais la conviction avec laquelle nous l'entreprenons est beaucoup plus forte. C'est l'occasion de faire une large campagne de solidarité avec Euskadi, l'une des plus importantes tâches politiques des révolutionnaires dans la situation actuelle. C'est aussi l'occasion de réaliser une expérience de travail en commun entre révolutionnaires de tout l'Etat espagnol et HB Nous ne pouvons pas savoir quelles en seront les conséquences à moyen terme mais l'expérience est en soi très positive.
Enfin, nous allons participer à une
Unie (IU), regroupement constitué autour du Parti communiste espagnol (PCE) et la Convergence alternative d'Aragon, formée par des secteurs de la gauche radicale et la LCR.
Mais l'événement le plus important de cette campagne électorale sur fond de luttes sociales (Cf. Inprecor numéro 243 du 25 mai
1987) est sans aucun doute la candidature de l'organistion nationaliste révolutionnaire basque Herri Batasuna qui se présentera dans l'ensemble de l'Etat espagnol, campagne appuyée par le Mouvement
Nous publions ci-dessous un article extrait de Combate qui explique le sens de ce soutien à Herri Batasuna, puis une interview de
Txema Montera, tête de liste pour HB aux élections européennes.
campagne électorale avec un écho important et un objectif crédible : récolter dans tout l'Etat espagnol le nombre de voix nécessaire pour que des députés de HB soient présents à Strasbourg.
Pour cela, nous allons essayer de concentrer sur HB tous les votes de protestations et de sanctions contre la politique gouvernementale qui existent potentiellement par milliers de Puerto-Real à Reinosa, dans les usines, les quartiers, les villes.
REJETER LA POLITIQUE
DU GOUVERNEMENT
Nous savons que nous allons nous trouver face à des gens qui exprimeront une sympathie spontanée envers HB mais aussi que nous allons nous heurter à de nombreuses barrières, incompréhensions, voire un rejet très fort, même parmi des secteurs combatifs.
De plus, nous sommes conscients du fait que de faire une campagne en demandant de voter pour une autre formation politique pose toujours des problèmes, même s'il s'agit d'une organisation révolutionnaire comme HB. Effectivement, nous avons des accords importants avec HB, entre autres ceux qui forment le programme avancé pour ces élections, mais nous avons également des désaccords très importants qui sont parfaitement connus.
Evidemment, une campagne électorale n'est pas le lieu adéquat pour mettre en avant les désaccords. Au contraire, le plus efficace et le plus correct, c'est d'y défendre à notre manière, le programme sur lequel nous sommes d'accord et, en particulier, la solidarité avec Euskadi. Nous devons aussi défendre que dans ces élections européennes, toutes les raisons de rejeter
la politique du gouvernement prendront leur expression la plus conséquente dans le vote pour HB. Il ne sera pas facile de le faire après tant d'années d'intoxication anti-basque et au milieu du déluge d'intimidation et de chantage auquel va se livrer sans aucun doute le gouvernement. Mais ce sont là des problèmes qu'une organisation révolutionnaire doit savoir résoudre et de plus, nous voulons le faire.
COMBATE, 9 mai 1987