la Contra nicaraguayenne dont il "n'entend pas - dit-il
Inprecor reviendra dans un prochain numéro sur ce plan ci-dessous la déclaration du Front Farabundo Marti de
COMMANDEMENT GENERAL DU | : le peuple du Nicaragua a imposé une dé-
AMERIQUE CENTRALE
Accord d'Esquipulas :
Déclaration du FMLN
LE SEPT AOUT
José Napoleon
(Costa-Rica),
Vinicio Cerezo (Guatemala), José
Daniel Ortega (Nicaragua), pour l'Amérique
Ronald Reagan multipliant les déclarations de soutien
- léser les intérêts".
Pour șa part, Daniel, Ortega a réitéré son offre de négocier une
"les salariés de la CIA".
mais non avec et ses implications sur la région, libération nationale (FMLN) qui regroupe les organisations révolutionnaires armées au Salvador.
FMLN (DOCUMENT)
d'Amérique centrale qui s'est tenue récem ment au Guatemala, le FMLN déclare :
1) Nous avons toujours apprécié positivement les efforts tendant à établir une paix juste et durable dans notre région.
2) L'accord signé au Guatemala constitue une victoire politique de la révolution populaire sandiniste, puisqu'il assoit sa légitimité, ce qui signifie reconnaître le droit à l'autodétermination du peuple nicaraguayen et plus justement, son droit à faire une révolution démocratique et populaire, comme le désirent nos peuples.
Reagan et ses pantins dans la région, ont essayé inutilement pendant huit ans de renverser la révolution populaire sandiniste, imposant au peuple héroïque du Nicaragua de grands sacrifices, la destruction et la mort. S'il est évident que l'accord conlu au Guatemala n'a pas la capacité réelle à lui seul de contenir l'agression mercenaire, il est une défaite politique indiscutable pour l'actuelle administration américaine et sa ligne politique arrogante et interventionniste, c'est un revers qui affaiblit ses possibilités d'obtenir
Congrès le renouvellement du financement
3) L'accord du Guatemala est le résultat logique du profond affaiblissement de la politique reaganienne en Amérique centrale dernier, les présidents Oscar Arias
(El Salvador), Azcona (Honduras) et s'accordaient sur un plan de accueillie fraîchement à Washington,
"paix juste et digne" avec les Etats-Unis,
Get nous publions faite stratégique aux mercenaires somozistes et au Salvador, le processus révolutionnaire, dirigé par le FMLN, n'a pu être contenu, malgré les trois milliards de dollars investis dans ce but par les Etats-Unis durant sept années de guerre contre-insurrectionnelle. En conséquence, les deux principales forces alliées de Reagan dans la région, le gouvernement de Napoleon Duarte et les mercenaires somozistes ont subit une érosion radicale et n'ont plus C'est donc les peuples du Nicaragua et du Salvador, leurs sacrifices et leur sang, qui sont les protagonistes de cet important 4) Napoleon Duarte s'est vu obligé de signer l'accord du Guatemala par la profonde faiblesse politique et militaire de son gouvernement, le pays étant immergé dans la plus grande crise économique, politique et sociale de l'histoire nationale, dans un contexte de mécontentement popuAinsi, Napoleon Duarte, au moment où sa faiblesse est la plus grande, prétend naïvement par une une simple manœuvre diplomatique, isoler et et défaire le FMLN, ce que n'ont pu obtenir et n'obtiendront jamais ni ses troupes, ni ses manœuvres politiques, ni l'énorme appui économique, militaire et politique des Etats-Unis. 5) Le gouvernement de Duarte n'a pas la capacité de mener à bien un véritable processus de démocratisation nationale et a été incapable de résoudre les conflits du travail qui se déroulent, de contrôler l'armée, auteur du massacre de 60 000 compatriotes et de la violation à grande échelle des droits de l'Homme. Il a gravement porté atteinte à la souveraineté nationale. La démocratie, l'autodétermination nationale et la paix, exigent au Salvador la formation d'un gouvernement de consensus national.
6) Le FMLN est un mouvement enraciné nationalement, dont l'arrière garde se situe à l'intérieur du pays, avec un appui populaire énorme que nos ennemis eux-mêmes sont obligés de reconnaître, et avec un projet politique propre, ce qui confirme clairement l'existence d'une dualité de pouvoirs politique et militaire au Salvador. Nos forces dépendent du peuple et nous ne nous sentons ni concernés ni dépendants d'un quelconque appui extérieur.
Nous insistons sur le fait que l'essence et le pouvoir du FMLN ont leurs racines dans le soutien et l'intégration du peuple dans ses rangs parce qu'il représente les intérêts de ce dernier ; c'est là que réside la garantie de sa progression irrésistible vers la victoire, alors que la Contra nicaraguayenne n'est que l'instrument créé de l'extérieur par l'administration Reagan pour agresser le peuple et déstabiliser la révolution au Nicaragua. Son arrière-garde est au Honduras, créée, financée et administrée par le gouvernement américain contre la volonté du peuple hondurien et est incapable de survivre sans ce soutien extérieur. C'est la racine de sa faiblesse et de l'assurance d'une défaite définitive. En conséquence, il est absolument contraire à la réalité et totalement inacceptable de prétendre établir une quelconque similitude ou symétrie entre le FMLN et la Contra nicaraguayenne.
7) Les principaux facteurs du conflit centro-américain sont l'existence d'une profonde injustice sociale et l'intervention impérialiste des Etats-Unis qui ont imposé des bases mercenaires et des troupes américaines au Honduras, qui agressent directement le Nicaragua et maintient un gouvernement de marionettes et une guerre contre-insurrectionnelle et génocide contre le peuple du Salvador. Tant que l'intervention impérialiste durera, nos peuples devront poursuivre leur lutte pour lui infliger une défaite totale, car sinon, il ne pourra y avoir de paix réelle, juste et durable.
Les efforts du peuple du Nicaragua pour défaire la Contra, la lutte du peuple salvadorien et des autres peuples frères, demeurent le facteur clé pour conquérir la paix. Ils doivent donc redoubler leur action. L'accord du Guatemala sera impuissant à obtenir la paix en Amérique centrale si l'agression et l'intervention impérialiste
ne cessent pas. L'administration Reagan est aujourd'hui sur la sellette et elle a déjà déclaré, après avoir pris connaissance de l'accord signé par les différents présidents, qu'elle continuera à appuyer la Contra, pendant que les chefs de cette dernière disaient pour leur part, qu'ils poursuivraient leur agression. C'est pourquoi tous ceux qui appuient l'accord du Guatemala ont l'obligation d'exiger du gouvernement américain qu'il cesse immédiatement son agression et son intervention en Amérique centrale. C'est là le minimum de réalisme et de conséquence morale et politique qu'exige aujourd'hui la recherche de la paix dans notre région.
Demander la paix sans arrêter l'agression et l'intervention américaine équivaut à exiger des peuples la soumission, l'humiliation et l'immolation face à l'impérialisme.
8) Le FMLN considère que l'accord du Guatemala établit un cadre général favorable à la continuité du dialogue dans notre pays. Il faut se souvenir que le dialogue entre le FDR-FMLN et le gouvernement a débuté à La Palma en octobre 1984 et s'est poursuivi à Ayagualo en novembre de cette même année. Lors de ces deux réunions, on était parvenu à des accords établissant l'engagement de poursuivre le dialogue sans conditions préalables. Par la suite, ces accords furent violés et mis au rebut par Duarte. Puis, le FMLN imposa au gouvernement par ses actions une rencontre où furent adoptées des mesures efficaces, comme l'évacuation des blessés de guerre.
Plusieurs résolutions de l'Assemblée générale des Nations-Unies, du Mouvement des pays non-alignés, des déclarations de gouvernements et de forces politiques, ont reconnu et apporté leur soutien au dialogue entre le FMLN-FDR et le gouvernement salvadorien, de même qu'ils ont appelé continuellement à reprendre les conversations entre les deux parties. Le monde sait que le gouvernement de Duarte est responsable de l'interruption du dialogue.
Ce dialogue déjà entamé doit se poursuivre sur la base de ces mêmes accords qui l'établirent et lui apportèrent une reconnaissance et un appui national et international.
Sur cette base, nous réitérons notre proposition d'entreprendre immédiatement des discussions avec le gouvernement de José Napoleon Duarte, qu'elles se déroulent à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, en public ou en privé, avec un ordre du jour incluant les points suivants :- Arrêt de l'approvisionnement extérieur des deux parties ; cessez-le-feu ; négociation globale et, au moins, les 18 points pour humaniser et réduire les conséquences économiques, politiques et sociales de la guerre, mesures que nous avons proposées à la fin mai et sur lesquelles nous n'avons toujours pas de réponse officielle (1).
Nous ferons parvenir rapidement au gouvernement une proposition pour faciliter la reprise du dialogue.
9) Il est irrationnel d'invoquer l'accord du Guatelama comme le fait Duarte actuellement, pour mettre des conditions et éluder le dialogue. Cet accord vise à chercher la paix et n'est pas contradictoire avec la nécessité de la rechercher dans le cadre des caractéristiques et conditions propres à chaque pays. S'il n'en est pas ainsi, on ne pourra parvenir à aucun résul-
Nous n'avons pas vu se concrétiser dans la pratique la volonté de dialogue et la bonne foi de Napoléon Duarte : il n'a donné aucune réponse aux 18 points que nous avons proposés. Bien au contraire, le bombardement des populations civiles, les disparitions, les arrestations sans mandat du juge et les assassinats se poursuivent. Il envoit les bataillons anti-émeute contre les grèves des travailleurs. Il donne l'ordre de prendre d'assaut les hôpitaux et les locaux syndicaux. Des bombes sont posées dans les locaux des organismes humanitaires. Le recrutement forcé se maintient. Les travailleurs se voient obligés de payer la guerre par les salaires de mières qui leur sont imposés ; les plus petites concessions leur sont refusées et la répression se poursuit. Il maintient et utilise un appareil judiciaire qui traque et emprisonne les travailleurs qui dénoncent la corruption ou exigent des revendications légitimes mais qui, en revanche, ne juge pas ceux qui assassinèrent Monseigneur Romero et militaires qui d'innombrables massacres et crimes contre
10) Le FMLN dénonce face à l'opinion mondiale que le gouvernement de Duarte s'apprête à recevoir plus d'hélicoptères et d'avions, plus de bombes et de roquettes, plus d'armement d'infanterie et plus de millions de dollars.
Reagan a déjà promis tout cela comme il a déjà ordonné de réaliser de nouvelles manœuvres militaires des deux côtés de lafrontière du Salvador avec le Honduras, auxquelles participeront des troupes américaines, honduriennes et salvadoriennes. Ainsi, Reagan fait obstacle à la recherche de la paix en Amérique centrale, poussant l'armée hondurienne à participer à la guerre contre le FMLN et manipulant le gouvernement et le haut commandement militaire du Salvador.
11) Nous appelons tout notre peuple à exiger de Duarte l'amnistie générale pour tous les prisonniers et disparus politiques et syndicaux, à exiger le respect des libertés et droits des travailleurs à s'organiser et lutter pour leurs intérêts, à exiger la fin de la répression et des assassinats, à exiger la reprise du dialogue avec le FMLN-
FDR. Nous appelons tout le peuple salvadorien à approfondir sa lutte politique, syndicale et armée, nous l'appelons à s'intégrer et à intensifier la guerre populaire révolutionnaire, tant que cette situation ne changera pas, tant qu'une solution. politique amenant la paix et la souveraineté ne sera pas adoptée par la voie du dialogue et de la négociation. Nous appelons tout notre peuple et nos combattants à résister et assurer la défaite de la guerre contre-insurrectionnelle qu'impose Reagan à notre pays. Nous les appelons à avancer et ouvrir ainsi le chemin de la paix.
12) Dans le même temps, le FMLN appelle les peuples d'Amérique d'Amérique latine et du monde, les gouvernements, les forces politiques et les organismes internationaux qui désirent la paix, à comprendre la situation réelle de notre pays xercer leur influence sur le gouvernement des Etats-Unis afin qu'il cesse sa politique d'escalade guerrière au Salvador, et sur le gouvernement de Duarte afin qu'il accepte de reprendre le processus de dialogue-négociation et d'y participer jusqu'à ce qu'on parvienne à des accords amenant une paix juste que le peuple salvadorien mande et mérite.
El Salvador, 11 août 1987
1) Le FMLN proposait un certain nombre de mesures devant prendre effet au 15 juillet dernier, dont la suspension des bombardements, l'arrêt du "sabotage économique" par le Front, la fin des déplacements de population, la mise en liberté de tous les dirigeants syndicaux etc.
Duarte a refusé en exigeant de la guérilla qu'elle dépose les armes comme condition préalable.