Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

MC/LCR : le processus unitaire progresse

· Inprecor n° 249, 21 septembre 1987 · p. 24 · 874 mots

France État espagnol

ETATS ESPAGNOL unitaire progresse

DEPUIS PLUSIEURS ANNEES, le Mouvement communiste (MC) et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section de la IV Internationale dans l'Etat espagnol, travaillent en commun dans le mouvement feministe, dans le syndicat Commissions ouvrières, dans le mouvement antimilitariste. Les deux organisations révolutionnaires ont mené de façon unitaire la campagne de soutien à la candidature de Herri Batasuna lors des élections au parlement européen en juin dernier. COMBATE

E Se CONGRES DU MC, qui s'est tenu les 3, 4 et 5 juillet dernier a discuté et approuvé une résolution sur les relations avec la LCR qui signifie une progression importante de ces rapports entre les deux organisations.

L'approbation du congrès était ainsi une ratification des accords auxquels étaient parvenus auparavant le comité fédéral du MC et le comité central de la LCR.

Ces accords impliquent de mettre en place un processus graduel, durant lequel nous aborderons une série d'expériences unitaires d'intervention et de débats, et où chaque nouveau pas en avant devra reposer sur les précédents.

Créer les conditions de l'unification

L'étape que nous commençons ici est antérieure et différente d'un processus d'unification, même si son principal objectif est de créer les conditions qui la rendent possible dans le futur, en clarifiant les divergences qui existent actuellement et en prenant les méthodes les plus à même de les dépasser.

Les mesures choisies pour entrer dans ce processus unitaire graduel impliquent des discussions politiques de fond, nécessaires pour clarifier la possibilité d'un processus de fusion ; l'assistance de membres des directions des deux partis aux réunions respectives de comité central et de comité fédéral ; la mise en place de formules d'étude et de formation conjointes ; une collaboration régulière dans la presse et, avec le caractère d'expérience pilote, des réunions régulières entre les responsables d'une direction nationale et une direction commune sur certains terrains du mouvement pacifiste.

Pris dans son ensemble, l'accord unitaire représente un saut qualitatif dans les relations entre le MC et la LCR. Mais d'importants éléments de continuité existent. En effet, les relations unitaires entre les deux partis remontent à plusieurs années, sur des questions qui comprenaient aussi bien l'intervention pratique que le débat politique général, avec un bilan que l'on peut globalement qualifier d'extrêmement positif. C'est sur cette expérience passée que repose le processus unitaire

Travailler activement

Pourquoi est-ce précisément aujourd'hui quese pose le problème de faire franchir un pas en avant à nos relations. Parce qu'à travers un processus si compliqué, les deux directions sont parvenues à la conclusion qu'il ne suffisait pas de constater le rapprochement entre les deux partis, de le favoriser sur certaines questions concrètes et d'attendre avec confiance que la maturation spontanée des relations nous conduisent à l'unité des deux partis. Nous voyons aujourd'hui la nécessité de travailler activement et consciemment vers cet objectif.

C'est une voie réaliste qui a été choisie, prudente, graduelle, qui précisément se base sur tous les éléments positifs de la période passée : une large expérience pratique commune, une constatation de la des divergences (notamment dans la dernière période) et une confiance mutuelle dans l'ouverture et la capacité de rectification de chacune des deux organisa-

Dans le développement du processus unitaire, il est prévisible que des problèmes et des difficultés surgiront, et chacun à la volonté de les résoudre positivement, de dépasser les obstacles qui s'opposent encore à l'unification.

Une partie des problèmes peut venir des frictions qui continueront d'exister dans l'intervention pratique, dans la mesure où nous demeureront des partis indépendants dont les tactiques peuvent se confronter à certains moments. Chacun des deux partis doit essayer de prévoir ces problèmes et quand - malgré tout - ils surgiront, ils devront être traités correctement, sans exagération, en prenant en compte les intérêts des deux organisations et la perspective unitaire commune.

Toutefois, les principaux problèmes peuvent surgir d'un accord politique insuffisant entre les deux partis. Sur ce terrain, nous ne pouvons pas avoir de certitudes et seul le développement de la discussion nous permettra de clarifier les accords et les désaccords. La seule chose que nous puissions faire, c'est aborder la discussion avec une méthode qui ne fige pas les divergences initiales, mais qui essaie de les dépasser par l'étude et l'élaboration

Tout au long du processus, il faut poursuivre le renforcement de chaque parti, paralèllement au développement du sus unitaire. Cela entraînera une certaine nouveauté, certains changements dans nos styles de travail respectifs qui, jusqu'à présent, n'étaient guidés que par la seule nécessité de se renforcer chacun pour soi. Le développement de l'unité ne doit signifier abandonner les efforts pour la construction propre des deux organisations. Il ne fait pas de doute que plus les deux partis seront forts, plus l'unité se renforcera. Enfin, il faut pas exclure la pire des hypothèse, l'échec de l'unification. Dans ce dernier cas, nous avons intérêt à ce qu'il y ait deux partis forts et sûrs d'eux, ayant des relations aussi fraternelles, pour le moins, que celles que nous avons à l'heure actuelle.

Mais en marge du réalisme nécessaire, nous misons clairement quant à nous sur le succès du processus unitaire que nous commençons, que nous allons développer avec prudence, sans échéances pré-établies, mais avec la volonté farouche qu'il culmine par un processus d'unification.

18 juillet 1987

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