Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

YOUGOSLAVIE

Sur le droit de grève

Inprecor n° 25, 30 mars 1978 · p. 15 · 332 mots

Syndicalisme Europe de l'Est

Les grèves ne sont ni interdites ni officiellement autorisées en Yougoslavie. A plusieurs reprises depuis 1969, la question a été ouvertement débattue de les légaliser. Dans une interview le 5 avril 1977, Jure Bilic, membre du Comité exécutif du présidium de la LCY disait au journal Borba du 7 avril : «Le droit de grève oblige à résoudre toutes les contradictions sociales et les problèmes de l'autogestion (...) Moralement, les grèves devraient devenir un instrument destiné à encourager . le développement des forces productives et des relations sociales», mais elles doivent être «contrôlées» car elles peuvent être « utilisées à des fins contre-révolutionnaires».

Extraits d'une interview télévisée en direct avec le président des syndicats yougoslaves, Spiljak, à la mi-novembre dernier : Question : (...) Approuvez-vous les arrêts de travail ? Réponse : ce n'est pas une bonne chose, lorsque cela arrive, mais cela arrive (...) Pour différentes raisons. Tout d'abord en raison de la violation des droits autogestionnaires et de procédés bureaucratiques ou parce que l'organisation du travail se trouve dans une situation difficile, en déficit, et que l'on avait caché la situation aux travailleurs (...) Dans ces cas, les travailleurs arrêtent le travail, mais pas pour longtemps. Mais nous ne pensons jamais - en tant que syndicats - que les travailleurs ont en premier lieu tort. Question : Comment expliquez-vous que les syndicats ne mènent jamais ces grèves ? Réponse : Très simplement. Les syndicats doivent veiller à ce que de telles situations ne se présentent pas. Si cela arrive, cela veut dire que le syndicat a préalablement failli à sa tâche et s'il a tout le temps mal fonctionné, comment peut-il mener (les grèves)? Question : Approuvez-vous l'arrêt de travail ? Réponse : Nous ne pouvons déclarer à l'avance que nous l'approuvons, car il constitue en lui-même une négation de l'autogestion et des rapports autogestionnaires. Mais si cela arrive, alors nous ne pouvons pas le condamner automatiquement.

Tiré du journal des syndicats yougoslaves, nov.-déc. 1977

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