Débat sur les réhabilitations LE 16 JUILLET 1987, la Cour suprême d'URSS a réhabilité pénalement le grand économiste russe Nicolas Kondratiev et ses co-accusés du procès de 1930 où ils furent condamnés à de longues années de détention. Avec son goût pour l'humour macabre, Staline avait intitulé ce procès celui du "parti de l'industrie" . En réalité, il s'agissait d'un procès avant tout d'agronomes travaillant à l'Institut d'économie rurale de Moscou, ainsi que de quelques collaborateurs de l'Institut de conjoncture internationale, le premier dirigé par Alexandre Chayanov, le second par Kondratiev. Ernest MANDEL C ETAIENT deux personnalités intellectuelles importantes de la Russie d'après la d'Octobre, tous les deux non-communistes et non-marxistes, dont l'activité, tout-à-fait légale, témoigne du degré élevé de liberté intellectuelle qui régnait en URSS avant la consolidation de la dictature stalinienne. Kondratiev, quelquefois présenté à tort comme l'inventeur de la théorie des ondes longues de la conjoncture (1), en a certes formulé la version académique sophistiquée. Il a créé un des premiers instituts d'étude systématique de la conjoncture économique internationale dont le prestige fut considérable. Sa théorie continue à faire autorité dans les milieux académiques, bien qu'elle ait été soumise à une critique serrée de la part des marxistes soviétiques, à commencer par Léon Trotsky.
Alexandre Chayanov fut l'un des principaux théoriciens de "l'agriculture paysanne non-marchande", d'inspiration populiste, en Russie. Beaucoup moins connu internationalement que Kondratiev, il est surtout l'auteur d'un article célèbre sur "La théorie des systèmes économiques non-capitalistes", publié en 1924, et d'une curieuse "utopie paysanne" (Voyage de mon frère Alexis au pays de l'utopie paysanne). Il fut un militant en vue du mouvement coopératif soviétique après la révolution
Le véritable grief de la fraction stalinienne contre les accusés du procès de 1930, c'est l'appui qu'ils accordèrent à Boukharine et Rykov contre la politique de collectivisation forcée de l'agriculture d'industrialisation précipitée dans laquelle Staline s'était engagé à partir de 1928-1929. Il faut souligner que Kondratiev et Chayanov, qui ne furent point membres du Parti communiste, gardaient leurs distances par rapport à l'opposition de droite, contentant d'avancer des faits, des statistiques, des analyses et des prévisions, sur lesquels Boukharine pouvait en partie appuyer son argumentation.
Boukharine, "l'enfant chéri du parti" De nombreux observateurs ont vu dans la réhabilitation pénale de Kondratiev la confirmation que Boukharine sera, lui aussi, bientôt officiellement réhabilité. La veuve et le fils de Boukharine, Youri Larin, avaient entamé une procédure officielle de réhabilitation dès l'époque de Khrouchtchev. Après une longue et pénible procédure, la commission de contrôle du parti avait rejeté cette réhabilitation à
A présent, les allusions positives à la personne, voire à l'orientation politique de Boukharine, se multiplient dans la presse soviétique, de même d'ailleurs que dans quelques publications chinoises. La Literaturnaia gazeta du 22 juillet 1987 publiait le texte d'une pièce en un acte qui met en scène deux personnages, l'un débattant en faveur de la collectivisation forcée, l'autre défendant les thèses gradualistes de Boukharine. Pour la première fois, Boukharine n'est plus seulement représenté comme un homme gentil et sympathique, bien qu'adversaire de Lénine, mais comme quelqu'un qui défend une ligne juste. Or, l'auteur de la pièce est Fédor Bourlatsky, l'un des principaux porte-parole intellectuels et médiatiques de Gorbatchev.
Vu la réhabilitation de Kondratiev, de Chayanov et de leurs associés, le refus d'une réhabilitation pénale de Boukharine placerait les autorités judiciaires d'URSS dans une situation délicate. Après tout,
1) Les véritables "inventeurs" de la théorie des ondes longues de la conjoncture économique capitaliste sont deux théoriciens marxistes d'avant 1914, le russe ParvusHelphand et le hollandais Fedder van Gelderen.
Kondratiev fut un ancien ministre de Kérensky, Boukharine un ancien dirigeant de la révolution d'Octobre, membre du Bureau politique du parti bolchevik, appelé par Lénine dans son testament, "l'enfant chéri du parti". Peut-on réhabiliter le premier et refuser de réhabiliter le second, alors qu'apparemment les mêmes idées sont en cause ?
Ce qui rend la réhabilitation de Boukharine assez vraisemblable, c'est que celle de Kondratiev et de ses compagnons d'infortune (2) n'est point un fait isolé Dès 1985, un des principaux accusés du troisième procès de Moscou, l'ancien commissaire du peuple aux Finances, ancien ambassadeur soviétique à Berlin, Nicolas Krestinsky, a également été réhabilité, avec cinq de ses co-accusés (3). Il est vrai que, contrairement à la réhabilitation du maréchal Toukhatchevsky et des autres di rigeants de l'Armée rouge, fusillés 1937, la réhabilitation de Krestinsky s'est effectuée de manière fort discrète. Alors que les chefs militaires s'empressèrent de faire paraître les portraits de leurs anciens camarades assassinés par Staline dans les livres de souvenirs qu'ils publièrent (4), ainsi que dans des manuels d'histoire, le nom de Krestinsky reste à peine mentionné en URSS.
Néanmoins, vu l'esprit de suite qui caractérise les préposés à l'histoire "officielle" du PCUS, la réhabilitation de Boukharine pourrait bien s'esquisser au bout du processus qui a commencé avec celle de Krestinsky - même si le délai reste imprécis.
Trotsky: la cause est loin d'être entendue
Après Boukharine, Trotsky ? Alexandre Adler l'affirme un peu rapidement (Libération, 10 septembre 1987). Pour le moment, les seuls indices précis sont les références publiques moins hostiles concernant le rôle historique de Trotsky, qui commencent à apparaître dans la presse et dans quelques pièces de théâtre et récits littéraires. Un des amis politiques les plus proches du fondateur de l'Armée rouge, le vieux bolchévik et héros de la guerre civile Mouralov, condamné au deuxième procès de Moscou, a d'ailleurs également été réhabilité par la Cour suprême.
Mais de là ne découle pas que la réhabilitation pénale de Léon Trotsky soit d'ores et déjà acquise. Les indices en sens inverse ne font pas défaut. A la foire du Livre de Moscou, qui s'est ouverte la deuxième quinzaine de septembre 1987, le livre d'Orwell, La ferme des animaux, célèbre satire allégorique axée sur le conflit Staline-Trotsky, a été saisi et interdit. Il en fut de même de la biographie de Staline par Isaac Deutscher, malgré les protestations des éditeurs (The Times, 12 septembre 1987) et le chef du KGB, membre du Bureau politique du PCUS, Victor Chebrikov, a prononcé le 10 septembre un discours commémorant le 110e anniversaire de la naissance de Dzerzjinsky, le fondateur de la Tcheka (police politique, fondé en 1917), discours qui comporte une référence très hostile à Trotsky (The Independent, 12 septembre 1987).
Le moins qu'on puisse dire c'est que la cause n'est pas entendue. Les dirigeants du PCUS soufflent-ils à dessein le chaud et le froid ? Sont-ils divisés entre eux sur cette question ? Quelle que soit la réponse qu'on donne à cette question, l'utilité et la nécessité d'une pression du mouvement ouvrier international, en faveur de la réhabilitation de tous les accusés des procès de Moscou apparaît clairement.
Pour saisir la portée d'une réhabilitation juridico-pénale de ces accusés - de tous les accusés et non seulement des principaux dirigeants bolcheviks assassinés à la suite de ces infâmes simulacres, il faut distinguer trois aspects de la répression stalinienne à l'égard des vieux bolchéviks:
- la falsification historique la plus grossière, qui consiste à taire complètement leur rôle dans la Révolution russe, et même dans le mouvement ouvrier russe avant la Révolution, dans la construction et la direction de l'Etat soviétique et du PCUS entre 1917 et 1928, ou à les mentionner seulement sous des appellations diffamatoires: espions impérialistes, agents de la gestapo, traîtres, contre-révolutionnaires, assassins, terroristes, saboteurs, etc. Ceci a été la règle depuis
- la falsification historique plus subtile qui consiste à déformer certains aspects de leur activité et certaines des idées qu'ils défendaient, taisant une partie de leur activité réelle et leur attribuant des conceptions qu'ils n'ont jamais défendues. C'est ainsi que la fraction stalinienne lutta contre les diverses oppositions entre 1923 et 1928, glissant progressivement entre 1929 et 1934 aux calomnies ignobles du premier
- la condamnation formelle par un verdict judiciaire, pour des crimes qu'ils n'avaient jamais commis, et l'exécution par suite de ces condamnations, sauf dans cas de Radek, de Rakovsky et de quelques autres qui furent condamnés à de longues peines de prison et moururent dans les camps, soit par suite des privations, soit par assassinat : on ne saura sans doute jamais la vérité. Cette condamnation entraînant la "mort civique" implique notamment que les écrits de tous ces leaders et cadres communistes restent interdits jusqu'à ce jour en URSS.
Supprimer les falsifications historiques les plus grossières
Pour s'en sortir à moindres frais, la bureaucratie peut fort bien se contenter de rectifier une partie seulement des séquelles des crimes de Staline, à l'occasion, par exemple, du 70e anniversaire de la révolution d'Octobre. Elle peut supprimer les falsifications historiques les plus grossières et infamantes, comme l'a fait la nouvelle édition de la Bolchaia Entsyklopedia soviétique, sans rétablir pour autant la vérité historique sur les victimes des procès ni permettre la réédition et la libre circulation de leurs écrits.
• Une réhabilitation totale, sans excluprocès de Moscou implique nécessairement que l'Etat reconnaisse, devant les masses soviétiques, que Trotsky, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, Rykov, Rakovsky, Pia-
2) Par la même occasion l'Académie d'agronomie de Moscou fut supprimée et ses principaux membres (maîtresà-penser de Chayanov) arrêtés.
3) Krestinsky se distingua au début de son procès en étant le seul accusé à plaider non-coupable et à rejeter en bloc toutes les accusations du procureur Vichinsky. Il alla jusqu'à affirmer que les aveux qu'il avait faits duran l'instruction lui avaient été arrachés par la force (Prozessbericht, version allemande du compte-rendu sté nographique, pp. 56-59). Lors d'une séance ultérieure du procès, il réitéra cependant ses aveux, sous l'effet d'horribles tortures (d'après des informations dignes de foi).
4) Voir notamment les souvenirs du chef de l'état-major de l'armée soviétique, le maréchal A. Vassilevski, La cause de toute une vie (Moscou, Ed. du progrès 1984 -l'édition en russe date de 1975), qui comporte après la page 80, une photo de groupe intitulée "Les premiers maréchau› de l'Union soviétique", montrant M. Toukhatchevski. C Vorochilov, A. Legorov, S. Boudienny et V. Blücher en 1935.
5) Trotsky a relevé un grand nombre de ces falsifications historiques plus subtiles dans son livre La révolution défigurée.
Les procès de Moscou
takov, Krestinsky, Radek, Smirnov et autres dirigeants du parti à l'époque de Lénine et immédiatement après la mort de Lénine, non seulement ne furent ni traîtres, ni contre-révolutionnaires, agents impérialistes, ni fascistes, ni assassins, ni terroristes. Qu'il reconnaisse encore qu'ils furent les principaux leaders de l'Etat et du Parti, membres du Bureau politique, en fait les seuls mentionnés, avec Staline, dans le testament de Lénine, qu'ils furent des révolutionnaires et des communistes convaincus et honnêtes et qu'à ce titre, leurs idées méritent d'être étudiées, leurs écrits méritent d'être reproduits. Si la critique doit en être faite, elle doit l'être de manière objective, fondée sur ce que ces écrits contiennent réellement, et non sur des "intentions" ou un "double sens" attribués mensongèrement la plupart du temps. Ces écrits ne doivent plus rester sous le boisseau, même leur reproduction partielle et sélective devient inadmissible. Aucun débat, aucune référence à ce qui s'est passé en URSS de 1917 à l'assassinat des vieux bolchéviks, voire jusqu'à aujourd'hui ne seront plus possible sans en tenir enfin compte !
Le "bloc des trotskystes et des droitiers"
La question de la réhabilitation pénale/ légale des accusés des procès de Moscou, le rétablissement de leurs droits civiques et politiques, comme ceux de leurs compagnes, et de leurs descendants, ne doit pas être confondue avec l'approbation politique accordée à tout ou partie des opinions qu'ils professaient en s'opposant à la "ligne générale" de la majorité du CC du PCUS, la fraction stalinienne.
Tout d'abord, ces accusés défendirent des idées fort différentes. Contrairement à la version policière stalinienne, il n'y a jamais eu de "bloc des trotskystes et des droitiers", dans le PCUS, ni avant ni après l'exclusion des oppositionnels. Zinoviev et Kamenev, par exemple, n'ont jamais été trotskystes ; tout au plus se sont-ils associés, publiquement et ouvertement - et non pas dans une quelconque conspiration - à l'Opposition de gauche dans les années 1926-27, ainsi d'ailleurs que la veuve de Lénine, Natalia Kroupskaia.
Il convient de classer politiquement les accusés des procès de Moscou en cinq catégories au moins: les "trotskystes" à proprement parler (bien que ce terme en lui-même prête déjà à confusion. Mieux vaudrait dire les adhérents des idées de l'Opposition de gauche) ; les zinoviévistes ; les partisans de l'opposition de droite dite boukharinienne ; d'authentiques staliniens des années 19231929, qui rompirent avec Staline sur des points politiques au début des années 30 (6) ; et quelques personnalités sans convictions politiques très précises. Il est donc impossible d'affirmer que leurs opinions politiques étaient toutes justes, car elles s'excluent partiellement les unes les autres.
Ensuite, l'enjeu d'une réhabilitation des victimes de Staline ne peut être l'acceptation (ou le rejet) de leurs opinions politiques car ce faisant, on se placerait sur le même terrain que Staline, en acceptant la base "idéologique" des procès et de la repression terroriste. Il faut réaffirmer le droit à l'erreur politique, sans lequel aucune démocratie, voire aucun débat sincère, ne est possible. Si le fait d'exprimer une idée qui pourra se révéler erronée se voit plus ou moins automatiquement taxé de comportement criminel et aboutit à la répression, la déportation ou la mort, plus personne n'osera exprimer des idées différentes de celles du secrétaire-général. Et comme l'histoire a abondamment prouvé qu'aucun Comité central, aucun Secrétaire général ne sont infaillibles, ce mutisme engendre l'impuissance à corriger les erreurs - y compris des erreurs catastrophiques - pendant de longues
Le verdict politique appartient à l'histoire
Nous restons convaincus l'essentiel, Trotsky, et l'Opposition de gauche avaient vu juste dans les grandes controverses qui déchirèrent le PCUS entre 1923 et 1933. Mais nous ne demanderons jamais qu'une résolution du CC du PCUS, et encore moins un verdict du Tribunal suprême d'URSS l'affirment solennellement. Ce verdict appartient à l'histoire. Il appartient aux ouvriers et aux intellectuels révolutionnaires d'aujourd'hui et de demain. Aucune "instance" ne peut se substituer à l'Histoire. Mais les instances peuvent et doivent se prononcer sur le caractère fondé ou calomniateur des actes criminels attribués aux inculpés des procès de Moscou. Elles doivent admettre l'évidence : ces accusations sont dénuées de tout fondement.
La question de la réhabilitation des victimes des procès de Moscou fait l'objet en URSS même d'une bataille politique ouverte et virulente. Seul ce qui s'est passé au sein de l'appareil reste sous le couvert du secret, malgré la glasnot réelle mais encore fort insuffisante. C'est que la réhabilitation pénale des accusés des procès de
6) Khroutchev ne mentionna nommément dans son "rapport secret" au XXe congrès du PCUS que les membres de la fraction stalinienne victimes des purges.
La revue Poivre rouge publie en 1918 à Moscou ce dessin de l'équipe de l'Etat ouvrier : Au premier rang, Radek, Sosdu nowsky, Trotsky, Riazanov et Boukharine. Au second rang, Zinoviev, Lénine, Mars, Kamenev, Lozowsky et Chicherine, ble". N'est-ce pas repren-
Moscou implique simultanément un jugement sur Staline, sur le stalinisme, sur les principaux tournants de la
"ligne générale" entre 1923 et 1938, voire
1953, sur l'ampleur des
"erreurs" de l'époque stalinienne et de leurs séquelles, leur explication matérialiste et non simplement psychologique, idéologique ou purement politique. Elle implique de même un jugement sur les limites de la
"déstalinisation"
sous Khroutchev, c'est-à-dire un réexamen critique de toute l'histoire de l'URSS, du PCUS et
"mouvement communiste international"
pendant plus d'un demi-siècle. Ses implications par rapport aux réformes de Gorbatchev sont non moins évidentes. Que des fractions de l'appareil n'acceptent pas un tel réexamen de gaité de coeur, cela tombe sous le sens. Il est vrai que nombre de ceux qui ont trempé personnellement dans les grandes purges ont disparu.
L'opposition d'une couche de la bureaucratie
De ce fait la peur de "représailles" et de suites pénales éventuelles d'une réhabilitation des victimes de Staline a diminué. Il n'en reste pas moins que toute une couche de la bureaucratie, la plus âgée, a été sinon complice, du moins témoin passif et tolérant de ces crimes, et surtout témoin des efforts frénétiques pour limiter la déstalinisation entre 1953 et 1963, et pour la corriger après 1965.
Les manoeuvres de cette fraction de la
Nomenklatura, composée sans doute aussi d'éléments plus jeunes qui y participent pour des raisons de convenance et de jugement politique, vont très loin, comme en témoigne le fait suivant:
"Les archives judiciaires soviétiques des années 30, 40 et 50 sont actuellement détruites au rythme de 5 000 dossiers par mois sous prétexte que l'on 'manque de place' pour les conserver, affirme le bulletin dissident Glasnost, dans sa dernière livraison.
Selon ce bulletin, publié par d'anciens détenus politiques dont M. Serguei Grigoriants, les documents concernant des millions de Soviétiques, victimes de la terreur stalinienne, sont conservés dans les archives du Collège (Tribunal) militaire de la
Cour suprême d'URSS. 'Les archives du parquet d'URSS et du ministère de la Justice ont été 'nettoyées' de ce genre de dossiers dans les années 60 et 70. Quant à celles du KGB, pratiquement personne ne sait où elles ont été conservées'
"Pendant plusieurs années", écrit Glasnost, "deux présidents de la Cour suprême, MM. Gorkine et Smirnov, ont réussi à 'sauver les archives de la destruction'. Mais 'lorsque le ministre de la Justice, Vladimir Terebilov, est devenu président de la Cour suprême, avec comme premier adjoint Serguei Goussev, le 'déblaiement' des archives a subitement commencé Cette opération se poursuivrait depuis deux ans. Ces deux responsables ont pris leurs fonctions en avril 1984.
Les archives ont dans un premier temps été brûlées dans la cheminée du palais de la Cour suprême. Mais relève Glasnost, 'cela fait beaucoup de fumée en ville. Maintenant, on les brûle en dehors de Moscou. " (Le Monde, 23-24 août 1987).
Tentatives de réhabilitation de Staline
A côté des efforts entrepris pour rendre formellement difficile voire impossible la réhabilitation de toutes les victimes des purges, il y a les tentatives acharnées pour "réhabiliter" en partie Staline et le stalinisme (7), pour sous-évaluer systématiquement les séquelles des crimes de Staline, dans le domaine humain, dans le mouvement communiste, et sur les plans économique, social, militaire, idéologique, cultuhiérarchie bureaucratique, Ligatchev, est coutumier du fait. Il revient inlassablement sur ce thème dans presque tous ses discours
(voir notamment son discours du 26 août
1987 rapporté dans la
Pravda du 27 août
1987).
Gorbatchev s'exprime de manière plus prudente à ce
Mais Gorpropos.
batchev, s'est lui aussi senti obligé d'affirmer à plusieurs reprises, notamment dans sa fameuse interview à l'Humanité de février 1986, que "le stalinisme est une notion inventée par les ennemis du communisme et largement exploitée pour noircir l'image de l'Union soviétique et du socialisme dans son ensemdre l'essentiel des calomnies contre toutes les tendances oppositionnelles au sein du
PCUS de l'époque de Staline, c'est-à-dire le point de départ idéologique des infamies des procès de Moscou ?
Un débat qui débouche en affrontements
Le débat qui avance à pas feutrés dans les sphères suprêmes de l'appareil, se développe de manière plus franche sur la place publique. Ainsi, dans les Nouvelles de Moscou (20 août 1987) généralement considérées comme l'organe de l'aile marchande des intellectuels gorbatchéviens, à la pointe de la glasnost, on a pu lire récemment un article de l'économiste Boris
Bolotine qui justifie la collectivisation forcée de l'agriculture et réclame qu'on réimprime les travaux théoriques de Staline, notamment 'les problèmes économiques du socialisme en URSS' . La Literatournaia Gazeta du 19 août 1987 publie une série de lettres concernant le fameux roman Les enfants de l'Arbat d'Anatoly
Rybakov, qui dénonce sévèrement la terreur stalinienne. La majorité de ces lettres approuve le romancier, mais le journal publie aussi une série qui accuse le livre d'être "nuisible" et qui réclame même des sanctions contre Rybakov.
Ce débat débouche déjà sur des affrontements publics dramatiques. Le journal autrichien Profil rapporte dans son nu-
7) Ces efforts ne se sont pas seulement poursuivis sous
Brejnev, mais encore très récemment. Lorsque Gorbatchev s'est cru obligé de citer le nom de Staline lors de son discours de commémoration du 40c anniversaire de la victoire de l'URSS contre l'Allemagne nazie, il fut interrompu par de frénétiques applaudissements du surgis paricit d'apparatchiks. Deux fois, il tenta d'arrêter ce flot ; deux fois il échoua.
méro du 13 juillet 1987 deux réunions publiques qui se sont récemment tenues à Moscou. La première, discrètement annoncée par une petite affiche manuscrite collée sur la porte de l'Institut d'histoire et d'archives, attira plusieurs milliers de personnes fin mars 1987. La leksija (leçon, conférence) fut prononcée par le professeur Youri Borisov sous le titre "Staline - Politicien et Homme". Ce fut, en gros, une apologie du dictateur, tout en admettant qu'il y a eu des erreurs et des abus.
La grande majorité de l'auditoire réagit de manière indignée. Les questions et protestations fusèrent : Combien y a-t-il eu de victimes ? Combien y a-t-il eu de réha-
? Beaucoup d'orateurs mentionnèrent explicitement le fait que leurs pères ont péri dans les camps staliniens, que leurs mères ont été déportées.
Borissov a été, cependant, sérieusement ébranlé lorsqu'il prononça la même conférence le 13 avril 1987 devant des écrivains, à la Maison centrale de la culture. A cette occasion, des intervenants dans la salle le confrontèrent avec des faits précis et terribles. Un historien travaillant aux Archives cita le dossier de l'interrogatoire du grand metteur-en-scène Meyerhold, une des victimes des purges. Meyerhold a été torturé, comme l'a reconnu Rodos, responsable du GPU (police politique qui a succédé à la Tchéka), qui l'a interrogé. On lui a brisé la main gauche, on l'a obligé à boire sa propre urine (rapport paru dans le quotidien de gauche de Berlin, TAZ, du 27 juillet 987).
En juin 1987, l'organisation des Jeunesses communistes Komsomol organisa une discussion publique avec Youri Afanassiev, le directeur de l'Institut d'histoire et d'archives, principal promoteur d'une critique vigoureuse de Staline. La salle était bondée. Des centaines de personnes dûrent rester à l'extérieur. Des questions écrites furent transmises à l'orateur. L'une d'elle était ainsi libellée : "Etes-vous en faveur d'une publication des œuvres de Trotsky ? Afanassiev répond : 'Oui, je suis pour que nos étudiants puissent lire et étudier toute la littérature de l'histoire soviétique, y compris les œuvres de Trotsky. Derrière moi, un vieux monsieur s'exclame de manière indignée : Voilà ce qui nous manque encore ! Immédiatement, d'aucuns se tournent vers lui : Avez-vous lu ses œuvres ? Savez-vous ce qu'il a écrit ? -Oui, je sais ce qu'il a écrit', se défend
Cette réponse excite davantage les autres intervenants : 'Alors, on voit bien d'où vous venez. Vous avez lu Trotsky et vous êtes tranquillement assis ici. Savez-vous combien de gens ont été envoyés en Sibérie rien que pour ça ?'
Des gens de plus en plus nombreux se mêlent à la discussion, un véritable petit tumulte éclate avant qu'on ne s'adresse de nouveau à la tribune. Des souvenirs remontent, d'une violence insoupçonnée, des sentiments surgissent qu'on a dû refouler pendant des décennies. Des visages se lèvent dont l'expression fait peur aux réformateurs.
Un autre épisode de la même réunion indique combien est profondément ressenti le besoin de régler finalement les comptes. Un billet du public demande qu'on cesse enfin de parler de 'culte de la personnalité", d'erreurs ou de déviations. Staline a été
TEPPOP
Un échantillon de l'amalgame stalinien des années 30... coupable de crimes contre l'humanité. Qu'on érige un monument à ses victimes et qu'on le condamne comme criminel. Afanassiev lit le mot à haute voix, de manière pensive. Il appuie la proposition d'ériger un monument, il ne réagit pas à l'autre proposition. Le public éclate en ovation longue et rythmée. Je me retourne et je vois une mer de visages sérieux, résolus, -comme s'ils voulaient dire : Nous avons assez attendu. Maintenant, c'est notre tour ! • Malgré tout mon scepticisme, je sens à ce moment-là la résolution de ces gens de ne plus se laisser refouler une fois encore, comme ce fut le cas à l'époque de Brejnev" (8). (Profil, 13 juillet 1987).
Un devoir interationnent
Il est de notre devoir, ainsi que celui de tout le mouvement ouvrier international, d'appuyer de toutes nos forces les jeunes et les hommes courageux qui mènent cette lutte historique pour la vérité et la justice.
Nous disons bien "de tout le mouvement ouvrier international". Car il ne s'agit pas seulement d'un devoir élémentaire de solidarité. Il faut bien se rappeler que les accusés des procès étaient presque tous des militants internationaux : Zinoviev et Boukharine présidents l'un après l'autre de l'Internationale communiste (IC) ; Rakovsky, Trotsky, militants de la Ile Internationale avant d'être dirigeants de la Ille Internationale ; Rakovsky, dirigeant du PS de Bulgarie et de Roumanie ; Trotsky auteur du manifeste de Zimmerwald, auteur de l'appel à la conférence constitutive de I'I.C., auteur des manifestes des quatres premiers congrès de I'I.C. ; Radek pendant des années secrétaire de l'I.C. après avoir été un des dirigeants de la socialdémocratie polonaise et militant de la social-démocratie allemande ; Piatakov délégué de l'I.C. auprès du PC allemand durant les semaines révolutionnaires de 1923 ; de nombreux autres permanents de l'I.C.
Une grande partie du mouvement ouvrier international a failli à sa tâche - à l'exception honorable de Friedrich Adler à l'époque secrétaire de l'Internationale socialiste, quand il s'est agi en 1936, en 1937 et en 1938 de défendre les vieux bolchéviks contre leurs assassins. Il ne faut pas que ce péché par omission se répète aujourd'hui.
Le "testament" de Lénine A l'occasion de sa nomination comme recteur de l'Institut d'histoire et d'archives à Moscou, Afanassiev avait lancé en janvier 1987 un appel en faveur d'un réexamen critique des manuels d'histoire du PCUS. De larges extraits de son discours inaugural furent publiés dans l'hebdomadaire Les Nouvelles de Moscou du 11 janvier 1987. Il y affirmait notamment : "Prenons ne fût-ce que la manière dont les dernières lettres et les derniers articles de Lénine sont présentés dans certains de nos manuels.
On expose longuement [le contenu de] ses dernières lettres et ses derniers articles, tandis qu'une ou deux pages seulement sont consacrées au plan [au texte] de Lénine proprement dit. Le reste abonde en généralités sur l'époque de transition de l'humanité du capitalisme au socialisme... c'est-à-dire sur des choses que Lénine n'a jamais évoquées à de rares exceptions près... Les appréciations de Lénine dans ses dernières lettres aux dirigeants du CC ont eu moins de chance encore ! Isolées de l'exposition de son plan, elles sont transférées dans le chapitre évoquant le XIle congrès du PC (b) de Russie. Elles sont citées de façon unilatérale ; toutes les appéciations positives sur les futurs opposants ont été retirées et seules les caractéristiques négatives demeurent. Il en résulte qu'à la lutte complexe et acharnée des idées et des personnes concrètes, du drame vivant de cette époque, se sont substitués soit des récits dans le genre roman policier, soit un schématisme stérile"
8) Avec son intuition politique exceptionnelle, Trotsky avait terminé son livre Les crimes de Staline, par ces paroles prophétiques : "L'histoire ne pardonnera aucune goutte du sang sacrifié au nouveau Moloch de l'arbitraire et des privilèges (...). La révolution ouvrira toutes les armoires secrètes, vérifiera tous les procês, acquittera tous les calomniés, érigera des monuments à la gloire des victimes de l'arbitraire (...).
Dès 1927, les attaques contre l'Opposition : Le tramway, conduit par Trotsky et transportant Zinoviev, Kamenev et les Koulaks, s'éloigne du bolché-
Pac. K. Exuceres К БОЛЬШЕ:
АНТИСОВЕТСКИЙ ЭЛЕМЕНТ: — Хоть • без балетов,
Cette prise de position a provoqué une réaction virulente de la part d'historiens qui ne défendent pas seulement leurs écrits, leur bifteck, mais encore leurs commanditaires c'est-à-dire toute une aile de la bureaucratie. Ils sont bien obligés de défendre Staline et le stalinisme dans la foulée, reprenant par là même l'essentiel des calomnies contre les oppositionnels, à commencer par Trotsky.
"Le jeu de l'historiographie bourgeoise"
Les Nouvelles de Moscou publièrent quelques extraits de l'abondant courrier qu'elles reçurent à ce propos. Anatoli Borissov, parlant au nom "unanime" (sic) de tous ses collègues de la chaire de l'Institut d'histoire où il travaille, ainsi que des membres du Conseil scientifique et méthodologique de la section de la société "Znanié" (savoir, connaissance) de la région de Moscou écrit :
"L'auteur (Youri Afanassiev) s'attaque à des problèmes pour lesquels il n'est guère compétent. Qu'il le veuille ou non, il fait le jeu de l'historiographie bourgeoise (...)
(...) Les tentatives de nous entraîner dans des discussions sur le passé menacent de nous distraire des tâches de la restructuration posées par le parti au XXVIle congrès du PCUS et de freiner tout ce qu'il faut décider et faire aujourd'hui" (Les Nouvelles de Moscou ).
Plus nette encore est la lettre signée par quatre titulaires de chaire d'histoire du PCUS, dont celle de l'Académie des sciences sociales auprès du CC, L. Chirikov :
"Y. Afanassiev ne se réfère qu'aux let-
ОППОЗИЦИОННАЯ линия ПЛАТФОРМЫ visme et se dirige vers le menchévisme. Les bourgeois sont derrière. tres de Lénine "Au congrès"
C'est-à-dire le testament de Lénine] tout en taisant la lutte âpre et durable que Lénine et le parti menèrent avant et après Octobre contre Trotsky et les trotskystes sur la question du caractère des forces motrices et des perspectives de la révolution en Russie, de la victoire du socialisme dans notre pays (...)
(...) après la victoire du fascisme en Allemagne en 1933 (...) Trotsky s'en tenait au renversement par la force du gouvernement soviétique et à l'utilisation, pour ses 'objectifs de chef, d'une possibilité de défaite 'inévitable' de l'Union soviétique dans la future guerre contre le fas-
(...) La ligne du trotskysme revenait à restaurer le capitalisme en URSS" (Nouvelles de Moscou, 10 mai 1987).
Ce n'est pas un cas isolé. Un spécialiste de la "lutte contre le trotskysme", Nikolaï Vasetski, a rédigé une brochure intitulée Le trotskysme contemporain contre la paix et la détente, imprimée dans de nombreuses langues en 1986 et très largement diffusée par les ambassades d'URSS, y compris à Cuba en langue espagnole. On y lit notamment: "Les trotskystes lièrent à la guerre l'espoir de pouvoir régler leurs comptes avec la direction soviétique (...) Ils espéraient que l'URSS subirait une défaite en cas de guerre. Et pour cela, ils n'économisèrent pas les éloges à l'adresse de l'Allemagne fasciste. Voilà où ils trouvèrent leur véritable allié dans la lutte contre l'URSS. Dans des directives envoyées à ses collaborateurs, Trotsky les appela à établir des contacts directs avec les gouvernements de l'Allemagne fasciste et du Japon militarisé".
(Le tout "prouvé" par une lettre citée par Radek au deuxième procès de Moscou, qui n'est qu'un faux
1 МЕНЬШЕРИЗМУ grossier.) (Novosti, Moscou 1986, numéro 15).
Dans sa réponse, parue dans le même numéro des Nouvelles de Moscou,
Afanassiev esquive la question des véritables positions de Trotsky, de leur falsification, des calomnies qui se trouvent à la base des procès de
Moscou et des purges massives et monstrueuses, c'est-à-dire le massacre des vieux bolchéviks et de centaines milliers de communistes.
Toutes les contradictions et tout le dilemme de Gorbatchev se révèlent dans cette abstention.
Mais en même temps, il riposte vigoureusement à l'argument : "Contentons- nous des tâches d'avenir, sans discuter des problèmes du passé". Le titre même de sa réponse proclame vigoureusement le contraire : "Nous parlons du passé, mais il y va de l'avenir du socialisme."
Le dilemme de Gorbatchev
Nouveau titulaire de la chaire d'histoire du PCUS de l'Académie des sciences humaines, Nikolaï Maslov, discute plus concrètement du contenu que devrait avoir le nouveau manuel d'histoire du PCUS pour l'enseignement secondaire et supérieur, pour la rédaction duquel le ministère de l'Enseignement supérieur de l'URSS vient d'ailleurs de lancer un concours. Il cite à ce propos les paroles de Lénine : "Notre force réside dans la vérité". Il donne en exemple une anthologie sur le léninisme parue en 1925, et qui contenait notamment des articles de Martov, de Trotsky, de
Boukharine, de Chliapnikov et d'autres révolutionnaires avec lesquels Lénine avait polémiqué au cours de sa vie. Soit dit en passant, Maslov fait, lui aussi, quelques entorses à la vérité historique, car dans la liste des ouvrages d'histoire du PCR (b)
parus après la révolution d'Octobre qu'il énumère il ne mentionne pas l'Histoire de
Zinoviev.
Plus péremptoire est la prise de position d'un autre "gorbatchévien" de pointe, l'écrivain Alexandre Nejnyi : Sous le titre
"La guérison par la vérité - Notes sur la rela conscience", fonte de il écrit notamment:
"Notre éducation morale perd presque toutes ses qualités si on la prive des vita-
mines de la vérité. Les maîtres du silence, les magiciens de la démagogie, les faux gardiens de la morale du peuple existaient et existent encore. C'est dans une grande mesure grâce à leurs efforts que nos meilleurs travailleurs ont été bannis et diffamés en douce, en petit comité, sans publicité (...) ils ont inventé une multitude d'instructions ouvertes et secrètes dont certaines imposaient presque automatiquement le 'veto' sur toute information sur l'état réel de l'environnement ou accordaient aux travailleurs des archives de l'Etat et du parti le droit non seulement de vérifier les notes faites par le chercheur, mais aussi de supprimer celles qui, d'après eux naturellement, étaient inutiles à l'historien ou à l'écrivain (...) (Les Nouvelles de Moscou, 21 juin 1987)
Le tout est résumé dans des formules lapidaires, dont le bon sens saute aux yeux. Staline "a infligé au mouvement révolutionnaire en Russie des défaites plus grandes qu'aucun de nos adversaires", proclame l'écrivain gorbatchévien Mikhail Chatrov dans la revue Ogonyok. "On ne peut avoir la perestroïka sans une perestroïka de la mémoire", poète Evtouchenko. Et la Literatournaia gazeta avait donné le ton dès son numéro du 22 octobre 1986 : "Si nous nous tournons vers le passé, c'est pour recevoir des réponses aux questions qui nous torturent".
En effet, les deux questions centrales posées par le courant réformateur de Gorbatchev sont : Comment en est-on arrivé là, après tant d'efforts et tant de sacrifices des masses laborieuses ? Comment pourra-t-on s'en sortir, sans voir se reproduire l'immobilisme et la crise d'ici quelques années ?
Or, la réponse à ces deux questions est inextricablement liée à toute l'histoire du PCUS et du pays. Elle renvoie aux problèmes du stalinisme et aux débats des années 20, notamment aux questions des destinées et contradictions de la NEP (9) et de l'évolution mondiale du capitalisme. Elle renvoie inévitablement aussi aux problèmes du "socialisme dans un seul pays", c'est-à-dire aux problèmes du "trotskysme". Cela implique à la fois des questions de contenu - de quoi discuter -et des questions de formes - comment discuter. Tout le problème de la démocratie socialiste et du pouvoir des travailleurs. Voilà ce qui effraye toute la bureaucratie et fait hésiter Gorbatchev.
20 septembre 1987
9) NEP: la Nouvelle politique économique est l'organisation économique qui a fait suite au communisme de guerre, introduite en 1921, Staline y a mis fin en 1928 par la collectivisation forcée.