Inprecor 1974–2004

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ISRAEL

Réouverture du Centre d'information alternative

Inprecor n° 251, 19 octobre 1987 · p. 23 · 491 mots

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BREF....

ISRAEL Réouverture du Centre d'information alternative

Les autorités israéliennes ont dû finalement faire marche arrière et accepter la réouverture du Centre d'information alternative. Comme nous l'avions rapporté à l'époque (voir Inprecor numéros 237 et 239 des 2 et 30 mars 1987), le Centre d'information alternative avait été fermé par la police israélienne en février 1987 pour avoir soi-disant servi de local et de couverture au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP, dirigé par Georges Habache). L'opinion publique israélienne, et en particulier la presse, s'était alors mobilisée contre cette mesure administrative sans précédent, obligeant les autorités israéliennes à libérer les membres du collectif, à l'exception du directeur du Centre, notre camarade Michel Warschawski qui, finalement, devait être inculpé de "services rendus à organisation illégale", à savoir impression de brochures et d'articles pour des syndicats, des organisations étudiantes, et des groupes femmes soi-disant liés secrètement au FPLP. Michel Warschawski devait d'ailleurs être libéré par la Cour suprême sous caution

Une seconde victoire allait être obtenue quand la Cour du district de Jérusalem a reconnu le droit au Centre d'information alternative de continuer ses activités dans d'autres locaux, et obtenu du représentant de l'Etat d'annuler l'ordre de confiscation du matériel du Centre.

Le fait que la police n'ait pas renouvelé l'ordre de fermeture après les six premiers mois est à juste titre considéré comme un aveu de la part du pouvoir israélien qui n'avait pas su lire les données politiques quand il décida de museler la voix du courant radical anti-sioniste.

Bien que le directeur du Centre attende toujours son procès pour "services rendus à organisation illégale", les autorités ont préféré laisser au tribunal le soin de décider si un crime avait été commis par le Centre, plutôt que d'appliquer à nouveau les décrets anti-terroristes utilisés il y a six mois.

Ceci est loin de signifier que l'affaire est close. Le jour de la réouverture du Centre, la police décidait de confisquer ce qui restait de matériel et d'archives dans les locaux, prétendant que cela pouvait servir de pièce à conviction pour le procès Warschawski. Cette dernière démarche, mesquine, exige une nouvelle procédure judiciaire qui oblige le Centre à démontrer que 90% du matériel et des archives confisqués n'ont rien à voir - ce que la police sait pertinement - avec l'inculpation de Warschawski.

Puis, d'ici quelques mois, ce sera le procès de ce dernier qui risque jusqu'à 23 ans de prison.

La réouverture du Centre d'information alternative est certes une victoire, mais elle ne doit en aucun cas, désamorcer le mouvement de solidarité qui en est la cause principale. La récupération du matériel et des archives du Centre, la levée de l'inculpation de Warschawski sont les deux axes autour desquels doit se poursuivre la campagne, avec une campagne financière pour couvrir les frais de justice qui peuvent se chiffrer à plusieurs milliers de dollars, et le rachat du matériel que les autorités ont confisqué et ne rendraient pas.

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