SUEDE Victoire pour les ouvriers de la confection
270 ouvriers de la confection ont remporté une importante victoire après une se. maine de grève, le 16 septembre. Leur entreprise, Malmö Strumpfabrik, a été obligée de reculer sur tout et de reprendre le responsable du syndicat qui avait été licencié.
Depuis longtemps, la direction menaçait de renvoyer le secrétaire du syndicat local, Bengt Svensson. Ce dernier avait fait de son mieux pour améliorer les conditions de travail et les bas salaires des ouvriers de la confection. Ces travailleurs sont désormais connus dans tout le pays depuis qu'une équipe de la télévision suédoise a fait un reportage sur leur travail, le rythme que leur impose le salaire aux pièces, les conditions de sécurité épouvantables etc.
La direction a licencié Bengt Svensson sous un prétexte incroyable : faisant son travail de militant syndical, il avait parlé
à un ouvrier qui avait dû éteindre sa machine bruyante pendant 18 minutes. En conséquence, pour l'entreprise, le syndicaliste est responsable d'une grave "entrave à la production", de même, la compagnie l'accuse de l'avoir "diffamée" à une radio locale.
Selon les lois suédoises, les entreprises doivent présenter des raisons fondées sur les faits, pour licencier des ouvriers. D'autre part, même si le tribunal chargé des conflits du travail pense que le licenciement est illégal, l'entreprise peut toutefois se débarrasser du travailleur en payant une somme dont le montant est spécifié
La seule façon de faire reculer la direction sur ce licenciement était donc la grève. Mais, toujours suivant la loi, se mettre en grève implique que l'entreprise peut licencier légalement tous les travailleurs si la grève dure plus de deux jours. L'entreprise devait assigner en justice les 143 grévistes pour "grève illégale".
Les grévistes et Bengt Svensson ont obtenu le soutien des syndicats de tout le pays en quelques jours.
Le Syndicat des ouvriers de la confection apporta son soutien à Svensson et affirma clairement qu'il n'était pas question de stopper le mouvement bien que le syndicat risquât de payer des millions de dommages et intérêts s'il ne travaillait pas à faire cesser une "grève illégale".
Les grévistes reprirent le travail pour une journée afin que le syndicat puisse entreprendre les négociations avec l'entreprise comme le stipule la loi.
Mais de négociations, il n'y eut que le nom puisque la direction affirmait son intention de maintenir sa décision.
Le jour suivant, les ouvriers se remettaient en grève. La grève était plus massive et plus déterminée que jamais.
C'est cette situation et la solidarité croissante des autres syndicats qui forcèrent la direction à reculer.
Bengt Svensson fut réintégré à son poste, le syndicat reçut des dommages et la plainte contre les 143 travailleurs fut retirée.
C'est une victoire totale, la première du genre pour les travailleurs de Suède après des années de défaite et de recul.