Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LES NOTRES

Chen Bilan (1902-1987)

Inprecor n° 251, 19 octobre 1987 · p. 24 · 521 mots

Chine IVe Internationale Femmes

LES NOTRES Chen Bilan (1902-1987)

Chen Bilan, dirigeante de la première heure du Parti communiste chinois (PCC) et militante trotskyste est morte le 7 septembre 1987. Pendant plus de 60 ans, elle a continué de croire au communisme et, comme son compagnon Peng Shuzi, elle a combattu toute sa vie les ennemis des exploités et des opprimés.

C'est en 1919 que Chen rejoint le combat du socialisme. En 1922, elle déclenche et dirige la grève du Collège d'enseignants pour femmes de la province de Hubei, ce mouvement sera la première victoire des étudiantes dans l'histoire de la Chine. La même année, elle rejoint la Ligue de la jeunesse socialiste et, six mois plus tard, le PCC. Ensuite, elle part étudier à Shangaï et Moscou.

Quand éclate le Mouvement du 30 mai en 1925, Chen retourne en Chine sur décision du PCC et se joint à la révolution. Elle devient secrétaire du Comité régional du département femmes de Shangaï et devient responsable du journal Femmes chinoises publié par le Parti.

Après l'étranglement de la révolution par le Kuomintang, Chen comme beaucoup de militants, essaie de comprendre les raisons de la défaite de la révolution. Elle étudie les différences entre Trotsky et Staline sur la Révolution chinoise, et à partir de sa propre expérience, en conclut que la position de Trotsky était juste.

Chen Bilan, Chen Duxiu, Peng Shuzi, et d'autres, soumettront cette appréciation aux organes centraux du PCC. Ils demandent une discussion générale dans le parti sur les raisons de l'échec de la révolution. Non seulement leur proposition est rejetée, mais ils sont exclus du parti.

A partir de 1929, Chen milite dans le mouvement trotskyste dont elle est l'un des membres fondateurs, se consacrant à l'activité révolutionnaire clandestine pendant la période de terreur blanche de Jiang Jeishi. Beaucoup de militants sont emprisonnés pendant cette période.

Quand éclate la guerre avec le Japon, les trotskystes emprisonnés sont relâchés. Chen et Peng restent à Shanghaï pour continuer le travail clandestin. Leurs casont arrétés par les forces d'occupation japonaises pour avoir dirigé des grèves ouvrières. Après la reddition du Japon, les trotskystes publient deux journaux mensuels, Femmes et jeunes (qui deviendra Voix nouvelle) que dirige Chen, et Pour la vérité que dirige Peng. A travers ces publications, l'influence politique s'élargit et l'organisation se renforce.

A la fin de 1948, Chen et les autres savaient qu'ils ne seraient pas tolérés par les dirigeants du PCC car le parti avait persisté dans ses mensonges et son hostilité vis-à-vis des trotskystes, aussi furent-ils obligés de sortir Quelques années plus tard, tous les trotskystes du pays étaient arrêtés et beaucoup furent emprisonnés pendant de longues an-

En exil, ils participèrent plus étroitement au travail de la Quatrième Internationale. Chen commença la rédaction de Mes mémoires en France, ce livre contenant son expérience et ses idées sur des décennies de lutte (en particulier sur la révolution de 1925-1927).

A la fin des années 60 Chen et Peng partirent pour les Etats-Unis.

Chen nous a quittés, trois ans après son compagnon Peng ; sa vie fut celle d'une militante révolutionnaire et prolétarienne qui a lutté pour la libération des femmes.

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