EN NOVEMBRE PROCHAIN se tiendra le IVe congrès confédéral
ETAT ESPAGNOL
Manifeste de la gauche syndicale des Commissions ouvrières. C'est une échéance importante pour le mouvement ouvrier, après un semestre et un enjeu particulièrement décisif pour le courant de la gauche syndicales face aux divers courants réformistes (1).
C'est dans ce cadre que plus de 500 hommes et femmes, militants syndicaux de longue date, membres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), du Mouvement communiste (MC) ou indépendants, ont signé un Manifeste qui rassemble les positions qu'ils du congrés.
Nous publions des extraits de ce
Combate, organe de la LCR
DOCUMENT
ERTAINS TRAITS POLITIQUES importants marquent le contexte dans lequel va se dérouler le
IVe congrès confédéral. Les attaques du patronat et la politique anti-ouvrière du gouvernement du PSOE se poursuivent, mais nous avons également connu un riche processus de mobilisations qui a montré le rejet populaire de cette politique et une volonté de lutte plus importante de la part de la classe ouvrière.
Notre syndicat qui est sorti renforcé de la grève générale du 20 juin 1985 et du résultat des élections syndicales de
1986 (2) et qui a eu une une présence de direction importante dans les luttes de cette année, a de lourdes responsabilités et d'intéressantes possibilités dans cette situation. Développer ces possibilités implique que les Commissions ouvrières soient capables de transformer ce malaise social en mobilisation généralisée, en créant un processus de résistance et d'accumulation des forces, de reprise de la combativité et de la participation de notre classe pour faire face à une offensive capitaliste qui va persister dans le futur.
Pour ce faire, il est nécessaire qu'il y ait une profonde réflexion autocritique dans les CO sur la ligne de concertation et de "solidarité nationale" suivie ces dix dernières années. Il faut définir une politique de classe claire pour affronter les nouveaux enjeux que pose l'offensive capitaliste au syndicalisme. Et il est nécessaire que nous sachions faire de la démocratie interne et de la participation ouvrière, l'instrument fondamental de notre renforcement organisationnel. Voilà défendront dans le cadre Manifeste, paru dans les trois questions clés que devrait résoudre le IV congrès.
Une alternative
500 camarades, hommes et hommes, ayant des responsabilités diverses dans notre syndicat et une large trajectoire de défense des positions de la gauche syndicale, représentant un large courant d'opinion dans les Commissions ouvrières, ont considéré que les Thèses officielles ne sont pas une réponse adéquate à ces trois questions. C'est pour cette raison que nous avons décidé de défendre une ligne alternative, qui se traduira sous forme d'amendements dans ce congrès.
Nous considérons que pendant cette décennie, les résultats néfastes de la politique de pacte social ont été amplement démontrés (...) Pour nous, il ne peut y avoir d'autre conclusion que l'abandon définitif de toute politique de concertation sociale et de "solidarité nationale" et son remplacement par une ligne de mobilisation, de résistance, de solidarité de classe.
Nous considérons qu'aujourd'hui, le
(1) La crise sans fin du Parti communiste espagnol (PCE) se répercute bien évidemment à l'intérieur des CO. Ce fut notamment le cas en mars demier quand les partisans de l'ancien secrétaire général du PC, Santiago Carrillo, regroupés aujourd'hui au sein du Parti des travailleurs d'Espagne-Unité communiste (PTE-UC) se sont alliés avec une partie de l'appareil de PCE, notamment de Catalogne, pour mettre en minorité contre la grève générale la direction confédérale (Camacho) qu'appuyait l'actuel secrétaire général du PCE, Gerardo Iglesias, . De même, la direction carrilliste a décidé de présenter un contre-rapport altematif lors du prochain congrès du syndicat.
(2) Voir Inprecor numéro 236 du 16 février 1987
syndicalisme est face à de nouveaux enjeux. L'offensive capitaliste implique la précarité de l'emploi, l'économie souterraine, l'implantation nologies, la flexibilité, la mobilité, la polyvalence dans les postes de travail, de nouvelles vagues de reconversion industrielle et de licenciements, produit en grande partie de l'intégration au sein de la CEE, le démantèlement du soi-disant "Etat-providence". ... Ce sont là des problèmes dont le syndicalisme doit écarter sans ambiguïté toute forme de coresponsabilité et de "co-gestion" - que nous retrouvons si assidûment dans les Thèses officielles - pour s'orienter clairement vers une perspective d'opposition et de résistance.
Nous considérons également que le renforcement organisationnel des Commissions ouvrières est aujourd'hui possible. Mais certains pensent qu'un tel renforcement signifie une reconnaissance et une présence institutionnelle, parvenir au financement du syndicat par l'Etat - avec toutes les servitudes que cela implique -et se consacrer à une action syndicale qui est discrimination vis-à-vis des travailleurs non affiliés, allant jusqu'à l'extrême d'exiger l'adhésion au syndicat comme condition pour avoir un emploi (...) Nous pensons, au contraire, que le renforcement des CO doit venir de l'approfondissement de la démocratie intérieure et de la participation ouvrière, le courant d'adhésion au syndicat étant le produit d'un travail actif, patient et combatif de présence dans les problèmes et les luttes du monde du travail.
Les leçons de l'expérience
L'expérience que nous avons connue depuis le Ille Congrès (tenu en 1983, ndlr), confirme nos propositions. La ligne officiellement approuvée lors de ce congrès a rejeté une orientation de résistance que proposaient de larges secteurs du syndicat et réaffirmé une orientation favorable à la concertation et aux accords généraux. Et pourtant, la pratique a obligé le syndicat à infléchir sa politique vers une ligne de plus grande résistance et de lutte. Nous n'avons signé aucun accord et nous n'avons pas signé l'AES (3). Nous sommes allés à la grève générale du 20 juin 1985 qui imprima une dynamique plus combative à notre syndicat. Depuis lors, nous avons enregistré une reprise de l'adhésion aux CO et les élections de 1986 furent un succès à la différence de ce qui s'était produit lors des scrutins précédents. La classe ouvrière a donné un avertissement au syndicalisme d'assistance et de conciliation de l'UGT et un appui important aux CO parce qu'elle nous vit plus combatifs.
Au printemps de cette année, le torrent de luttes sociales avait créé des conditions plus que favorables pour aller vers une nouvelle grève générale. Mais, l'étroitesse de vue de certains - qui tendent à cantonner le syndicat à l'entreprise et à l'assujettir aux seules mobilisations partielles - et d'autres - qui ont une conception réformiste de l'action syndicale, une grande méfiance dans la réponse de la classe ouvrière et qui, surtout, ont peur de la grève générale comme instrument "normal" de lutte -rendirent impossible cette convocation vote serré au Conseil confédéral.
La direction a joué le rôle de frein de la base. Cette décision fut une erreur grave qui a mis le syndicat en arrière et non devant ses responsabilités et possibilités.
Que s'est-il produit ensuite ? rien de bon ne sortira pour nous, écartant dans la pratique la dynamique de l'action et de la lutte qui avait porté de si beaux fruits.
Les Commissions ouvrières à la croisée des chemins
Les Commission ouvrières sont à la croisée des chemins en matière d'orientation. Il existe des secteurs qui font pression pour une plus grande modération, d'autres, comme nous, qui considèrent qu'il est l'heure de faire un tournant radical vers la gauche (...) nous représentons, a plus que jamais la responsabilité et l'obligation de défendre une ligne alternative cohérente pour que les Commissions ouvrières deviennent un syndicat de combat et démocratique.
points suivants résument ligne :
- opposition au pacte social, pour une politique de résistance et de solidarité de classe ;
- reprise des mobilisations, des méthodes d'action plus démocratiques, combatives et solidaires (assemblées, grève, piquets, solidarité avec les luttes en cours...) et de la grève générale comme instrument de l'action syndicale ;
- défense intransigeante du pouvoir d'achat des salariés par des augmentations salariales fixées suivant l'indice des prix de l'année précédente. Défense de la réduction de la journée de travail, des 35 heures, opposition aux heures supplémentaires et à la mise en place de troisième ou de quatrième équipe. Contre la philosophie du "troc" dans les négociations collectives visant à obtenir de meilleures conditions économiques en échange de concessions sur le plan des conditions de travail;
- opposition à la ligne de coresponsabilité et de "cogestion" à l'heure d'aborder des questions comme les nouvelles technologies ou les modifications de l'organisation du travail ;
- contre l'intégration à la CEE, pour exiger la sortie de notre pays de la Communauté ;
- pour un syndicat féministe luttant pour les pleins droits civils et économiques des femmes travailleuses, pour leur participation pleine et entière à la vie syndicale et contre toute forme d'agression ou de discrimination des
- Pour la mise en place de la plus grande démocratie interne, la fin de toute pratique bureaucratique et la recherche de la participation maximum de la classe ouvrière, base du renforcement des CO ;
- Revendication d'un syndicalisme socio-politique et internationaliste, engagé dans la solidarité avec Euskadi, dans la défense des libertés, dans la lutte pour la paix, contre l'OTAN, les bases et le militarisme, dans la défense de l'écologie et dans la solidarité avec les luttes et les révolutionnaires dans le
Nous appelons toutes et tous les camarades des Commissions ouvrières qui partagent ces positions à les défendre dans le processus de préparation du congrès et nous en appelons particulièrement à tous ceux qui les ont défendues dans le passé afin qu'ils continuent de le faire avec la même fermeté et le même enthousiasme qu'ils ont démontrés lors des précédents congrès.
Septembre 1987
(3) L'AES (accord économique et sociale). Alors que depuis 1977 (Pacte de la Moncloa), les Commissions avaient signé tous les pactes sociaux avec le gouvemement, en 1983, elles refusaient de souscrire à l'AES que signa l'UGT.
RECTIFICATIF
Deux (!) erreurs malencontreuses se sont glissées dans l'article sur les Philippines du numéro 250. Dans l'article de notre collaborateur Paul Petitjean, page 16, à la suite d'une erreur de transcription de bande, il était écrit "une dizaine de militaires ont manifesté.." alors qu'en réalité il s'agissait "d'une dizaine de milliers de personnes" ! Ce n'est pas exactement la même chose. La page d'avant, le message de condoléances du SU était adressé à Bayan et non au Partido ng Bayan. Que notre collaborateur et nos lecteurs nous excusent de ces "coquilles".