LE CHOC CONSECUTIF A LA MORT D'OLOF PALME s'estompe campagne afin de peser sur les négociations de la convention
Falun est située dans la province de Dalarna, qui est un bastion historique de la révolte ouvrière en Suède et l'approche des
Falun : une réunion combative
(voir pages précédentes), la classe ouvrière suédoise relève la tête. Des dirigeants et des militants implantés dans les syndicats et représentants 200 à 300 000 travailleurs se sont rassemblés à Falun le 12 septembre 1987 pour lancer une collective de 1988 qui doivent s'ouvrir à la fin de l'année.
négociations y fait renaître la combativité.
Gerry FOLEY
"ELA FAIT BIEN LONGTEMPS que l'Internationale n'a pas résonné aussi fort dans le mouvement ouvrier suédois", écrit Hakon Blomqvist (1) "A partir de
Falun, ville à la population dense et très populaire, le signal s'est propagé, avertissant tous les ouvriers et les petits salariés de Suède que le moment était venu d'arrêter de recevoir des coups".
Dans son discours d'ouverture, Ake
Wiklund, dirigeant de la lutte de Dalarna explique "... Nous voulons combattre ensemble pour le gâteau que nous avons déjà riches."
Déjà avant les dernières négociations pour la convention nationale, en 1985, les directions syndicales d'ASEA à Ludvika et de Saab-Scania à Falun avaient publié un appel pour une redistribution économique en faveur des ouvriers, l'appel de Dalarna.
Echec aux calomnies
Wiklund décrit l'objet de la réunion de Falun dans les termes suivants (Internationalen, 16 juillet 1987) : "Notre idée est d'avoir des gens venant de la base des syndicats, de simples délégués d'atelier, et des représentants des clubs de délégués d'atelier. Et nous ne pensons pas seulement aux ouvriers de l'industrie.
Nous pensons à tous les salariés qui subissent une dure période économique :
le personnel hospitalier, les employés du secteur public les plus mal payés.
Pour ma part, je pense que nous devrions attirer aussi les retraités qui n'ont que leur pension pour vivre."
La réunion de Falun n'a pas été favorablement accueillie par les dirigeants syndicaux du haut de la hiérarchie. Ils ont lancé une campagne pour la dénoncer comme tentative de créer un syndicat parallèle. Mais pour Göte Kilden, interrogé à cette occasion par Internationalen, la campagne des directions syndicales a échoué. "Avant, les gens tentaient de présenter ce rassemblement national (de Falun) comme une sorte d' 'alternative' à la Fédération syndicale nationale (LO). Mais nous avons souligné que cela n'était en aucune façon une alternative à la LO. Nous avons même demandé de l'argent pour les voyages aux échelons syndicaux locaux, car nous considérons ce rassemblement comme entièrement situé dans le cadre de l'activité du syndicat des métallurgistes". Solutions syndicales radicales
L'appel de Dalarna a obtenu un large soutien, même chez des travailleurs membres du Parti social-démocrate, ex-
"A Volvo, le Groupe 6 (département des pièces détachées) gros de 7 à 8000 membres nous a rejoint. Sa direction se compose de membres du Parti social-démocrate, mais ils soutiennent l'appel et envoient un représentant à Falun. La majorité du club syndical de Saab-Scania est sociale-démocrate et elle a décidé, à l'unanimité, d'y participer...
"De nombreux sociaux-démocrates sont intéressés par les solutions syndicales radicales. Ils admettent qu'ils ont été alertés par les informations sur le déficit budgétaire." La réunion de Falun était destinée à discuter des propositions pour la négociation de la prochaine convention. Kilden décrit en ces termes le programme proposé par la délégation du 1) Numéro du 17 septembre 1987 de Internationalen, journal de la section suédoise de la IV° Internationale.
Groupe 19 de chez Volvo : "L'Etat doit rester en dehors des négociations, pas de politique des revenus! Métallos et employés municipaux au coude à coude, assez de divisions! Proposition d'un relèvement des salaires réels pour renforcer la solidarité entre travailleurs, augmentation de cents couronnes par mois pour tous! Ouverture de négociations et référendum sur la convention!"
L'ordre du jour de cette réunion de Falun comprenait trois points principaux de débat : les négociations, la politique de redistribution économique et la démocratie dans les syndicats. La salle est restée pleine pendant toute la réunion. De nombreux groupes d'ouvriers avaient envoyé des messages, dont l'un provenait de 72 agents hospitaliers de Göteborg appelant à la fin d'une politique qui est "l'inverse de celle de Robin des bois" Un tonnerre d'applaudissements a salué la lettre du docteur Lars Persson qui a lancé la Campagne populaire contre la réduction du budget social.
Des augmentations égales pour tous
Un débat a eu lieu sur les augmentations égales pour tous ou une échelle différenciée selon le niveau du salaire, cette dernière proposition étant jugée trop compliquée par les travailleurs de Volvo qui proposent "Cents couronnes pour tous".
Christer Hagman de l'usine Fix de Göteborg souligna : "Nous devons reconnaître que nous ne représentons les gens que dans la mesure où ils sont actifs. La représentation passive fait reculer le mouvement syndical".
Internationalen note que Kilden obtint probablement les applaudissements les plus nourris de la journée en attaquant la proposition du dirigeant de LO, Stig Malm, de taxer de façon punitive les augmentations de salaires exédant les accords : "C'est purement et simplement suicidaire pour le syndicat" explique Kilden.
De nombreux regroupements de travailleurs du public, agents hospitaliers, enseignants de maternelles et postiers soutinrent la réunion et appelèrent les travailleurs des secteurs public et privé à s'unifier et à s'opposer aux privatisations. Les revendications finalement adoptées comprennent celle des cents couronnes pour tous, le rattrapage du coût de la vie, une convention d'une durée d'un an et la revendication des femmes de l'hôpital général de Falun pour une journée de travail de sept heures pour les équipes de jour et six heures pour les équipes de nuit.
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