de Guennadi Javoronkov pour les NM, Gleb Pavlovski du KSI, droit, et Youri Lubstev, chef du département de propagande du comité du PCUS de l'arrondissement Brejnevski (!) à Moscou.
Groupes parallèles de jeunes :
Il est temps d'en parler
EN SEPTEMBRE DERNIER, Les Nouvelles de Moscou publiaient cette table ronde qui réunissait autour
Nicolaia Beligiev, collaboratrice de l'Institut de l'Etat et du
Un seul sujet à ce débat, la rencontre des de jeunes", c'est-à-dire les Clubs, qui s'était déroulée quelques semaines auparavant...
Inprecor a gardé le titre des NM.
- NOUVELLES DE MOSCOU : Jusqu'à un passé récent, beaucoup liaient la notion même de groupement parallèle à toutes sortes d'excès, on imaginait des groupes incontrôlables de jeunes qui s'opposaient plus ou moins, à la société. Aujourd'hui, nous voyons en eux des individus qui désirent participer réellement à tous les processus de transformation de notre vie. D'où est venue l'idée de cette rencontre- dialogue ?
- G. Pavlovski : Tout d'abord, on se rendait compte qu'il n'existait pas de coordination des activités de ces groupes, exprimant parfois des intérêts opposés. C'est cela et rien d'autre qui suscite une réaction de rejet tant de la part de la population que de la part des organes de justice. Le mot parallèle est devenu presque injurieux, bien qu'il signifie seulement qu'un individu ou un groupe de jeunes s'adonnent à leurs occupations préférées en dehors d'un groupement officiel.
Alors dans les pages de l'hebdomadaire Sobéssednik, le "Club des initiatives sociales" s'est adressé à ses lecteurs en leur proposant de tenir une conférence. Le Comité du parti de Moscou a aidé à résoudre toutes les questions techniques.
La rencontre s'est déroulée de façon orageuse. Il s'est trouvé que chaque groupe interprète la démocratie à sa franchement !
"Groupes parallèles façon : "Nous sommes les seuls à savoir comment il faut protéger les monuments"; "nous sommes les seuls à savoir maintenir l'équilibre écologique", etc. Quelqu'un a qualifié ces discussions de "jardin d'enfants" de la démocratie. Mais après tout, ce n'était qu'une première expérience...
- L'extrémisme est non rationnel même en paroles. Quelle argumentation juridique peut-on y opposer afin de ne pas confondre l'ardeur et l'intérêt avec des manifestations inadmissibles ?
- N. Béliaïéva : Tout d'abord, quelques mots au sujet de l'extrémisme. Ces derniers temps, ce mot revient particulièrement souvent. Un groupe l'attribue à d'autres, sans se rendre compte de sa propre exaltation. C'est assez dangereux. On voit apparaître le phénomène de "lutte extrémiste contre l'extrémisme".
- Youri Vassiliévitch, cette première rencontre-dialogue peut être considérée comme une charge de plus pour les organes du parti, charge qui vous est imposée par des groupements sociaux, mais on peut la concevoir comme une occasion d'utiliser des aides supplémentaires pour la perestroika en URSS...
- Y. Lubstev : Cette dernière position nous est plus proche et plus chère.
L'impression de cette rencontre n'est pas simple, loin s'en faut. Tout ce que nous avons entendu peut être divisé, conventionnellement, en deux parties. La première, ce sont des propositions constructives sur la participation des clubs à la solution des problèmes écologiques et de production. L'autre théorique, exige des discussions pour pouvoir définir des positions claires.
Pendant longtemps, nous avons fait semblant de n'avoir parallèle. Ils existaient et naissaient là où nous ne savions pas ou ne voulions pas travailler. Actuellement, notre arrondissement possède déjà une certaine
Une affaire concrète remet tout à sa place. Les vrais leaders deviennent leaders et les beaux-parleurs avec une auréole de marginalité se transforment en
- Que nous le voulions ou non, la rencontre-dialogue a été l'occasion de l'apparition d'une nouvelle organisation des jeunes. Quelle sera l'attifude du Komsomol ? Fera-t-il bon voisinage avec elle ou bien cherchera-t-il des points d'interaction ?
- G. Pavlovski : Le Komsomol était au courant de cette rencontre, mais pratiquement n'a manifesté aucun intérêt. (un tonnerre d'objections). Je vous en prie, vous pouvez contester mon impression. Or, il nous est aussi difficile de coopérer avec le Komsomol qu'il nous est facile de contacter les organes du parti. Le Komsomol n'aspire pas à nous faire participer à une activité quelconque, il n'y prend pas part lui-même. Dans le meilleur des cas, il met à notre disposition un local, tandis que tout le reste ne figure que dans des comptes-rendus.
- Y. Lubtsev : Je tiens à signaler que parmi les membres des groupes parallèles, il y a de nombreux komsomols. Il serait plus logique de demander au Komsomol comment il définira ses rapports avec les jeunes.
- Ayant surmonté la tendance qui peut être formulée par les mots "ne rien permettre", nous tombons parfois dans un autre excès que je qualifierais de peur face aux jeunes. On entend déjà des voix clamer : " Qu'ils fassent ce qu'ils veulent !" C'est impossible. N'importe quelle société vit dans des cadres juridiques déterminés, aussi n'importe quel mouvement social doit-il avoir des bases, ainsi que des limitations juridiques.
- N. Béliaïéva : Nous assistons actuellement à un vrai boom juridique. NoInprecor nuiméro 253 du 16 novembre 1987 tre institut travaille comme une équipe de pompiers. Nous n'avons jamais déployé d'efforts aussi intenses dans la création de nouvelles normes juridiques. Vous venez de mentionner les limites juridiques, mais certaines ont été créées dans les années 50 et même 30. A présent, elles sont révisées, en particulier en ce qui concerne les associations bénévoles.
- G. Pavlovski : Il existe une magnifique règle démocratique : tout ce qui n'est pas interdit est permis. Il faut que tout le monde s'y habitue. Les récents conflits entre certains groupements de jeunes, les tentatives de résoudre les conflits d'opinions par la force et le jugement arbitraire se sont avérés être de triste leçons pour nous. Dans une grande cela s'explique par l'absence d'informations sur autrui. Cela ne doit
Un des résultats pratiques de notre rencontre : la création d'un centre de presse indépendant qui aura pour mission d'informer tout le monde sur les objectifs et les tâches de tel ou tel mouvement, et la constitution du groupe nommé "d'arbitrage", dont la mission est de régler les conflits par la voie pacifique en se basant sur la justice et la démocratie.
- La solitude est considéré comme la peste du XXe siècle, comme le SIDA. Maintenant, nous pouvons analyser le mouvement des jeunes des années 70, né en réaction à la stagnation. Des jeunes constituaient des clubs chez eux d'après leurs goûts et attachements musicaux pour se relaxer. En fuyant le néant, ils arrivaient à ce même néant, parce qu'ils n'avaient pas de perspective précise ni d'objectifs.
Le mouvement des années 80 n'est-il pas menacé par un danger analogue?
- G. Pavlovski : La solitude est le premier symptôme de la faiblesse des relations sociales, un signe de manque de connaissance sur autrui, de confiance en autrui. Tout cela peut être surmonté au cours d'activités communes. A présent, ces activités sont insuffisantes. Or, la plupart des clubs sont aussi jeunes que la perestroïka, ils ont des buts et des perspectives.
Lors de la rencontre, on a avancé de nombreux projets qui ont été appréciés par tous, car ils témoignent des intérêts sociaux : créer un monument aux victimes des répressions, organiser des équipes d'assistance aux cas sociaux, adopter un programme de charité, c'est à dire de parrainage concret des gens du troisième âge et des handicapés.
- Chacun de nous ressent que la perestroika a un besoin pressant de personnalités. Pensez-vous qu'un mouvement puisse proposer des leaders politiques et autres qui se chargeront des problèmes les plus actuels ?
- Y. Lubtsev : Tous ces groupements, et cela a retenti très fort lors de la rencontre, ont une idée commune : participer à la transformation de la société. Il est difficile de prédire qui parmi les leaders des jeunes d'aujourd'hui sera plus tard leader politique ou d'Etat.
- Je voudrais préciser quelques détails. Oui, cela dépend d'eux, mais aussi de nous-mêmes. Pendant de longues années, faisant preuve d'une constance enviable, nous avons reproché à nos jeunes que "certains, à leur âge, avaient commandé des régiments". Nous le leur reprochions sans leur donner de régiments. Les voici devant nous en qualité de "commandants de divisions". On peut, certes, craindre cet essor comme on craint un danger, mais on peut aussi le considérer comme école d'expérience sociale, d'efforts civiques actifs...
- Y. Lubtsev : Le dynamisme dont les jeunes font preuve quand ils défendent leurs idées m'a étonné et m'a plu. Ce n'est plus une "leçon apprise par cœur". Je serai franc : je n'ai pas observé un tel entrain à de nombreuses réunions du Komsomol, loin s'en faut.
De ce point de vue, nombre de ces jeunes ont des potentialités pour offrir de nouvelles conceptions et idées. Seulement, puisse cela être une école de réalisations concrètes et pas une école de médisance. C'est une école pour nous tous, car la rencontre-dialogue a montré que beaucoup d'entre nous ne sont pas capables d'avoir une nouvelle approche, de mener la discussion, de persuader, de rechercher des arguments
13 septembre 1987