A DICTATURE militaro-bureaucratique de Hafez El Assad, au pouvoir depuis 1970, n'a pu se tirer d'affaire au fil des ans que grâce à l'aide de l'URSS, d'une part, et des monarchies pétrolières, de l'autre.
Le soutien de la Syrie à l'Iran, dans la guerre entre ce dernier et lirak, a entraine la cessation de l'aide financière arabe qui était versée au régime baassiste au titre de l'effort de guerre contre Israël. L'aide fournie, en contrepartie, à la Syrie par l'Iran n'a pu compenser durablement cette perte, d'autant moins que cette aide était irrégulière et accompagnée de pressions politiques de plus en plus gênantes pour Hafez El Assad, notamment en ce qui concerne le Liban où les objectifs syriens et iraniens sont divergents. C'est pourquoi le tyran de Damas a dû négocier un virage sur la guerre du Golfe, dans tous les sens du terme négocier, lors du récent sommet arabe d'Amman, en Jordanie du 8 au 11 novembre 1987.
En attendant les résultats chiffrables de ce marchandage en cours depuis plusieurs mois (une réunion secrète de réconciliation entre les dictateurs syrien et
SYRIE
Arrêter la répression et la torture
LA DESIGNATION d'un nouveau Premier ministre en Syrie, le 31 octobre dernier, après plusieurs mois de campagne officielle contre la corruption, jalonnée de scandales, de sanctions ayant touché près de mille personnes
(y compris cinq peines capitales) et de démissions forcées de membres du gouvernement, témoigne de la gravité de la crise économique et sociale à laquelle se trouve confronté le régime baassiste.
Salah JABER irakien avait été organisée par le roi
Hussein de Jordanie en avril dernier et s'était soldée par un échec), le régime de
Hafez El Assad a dû faire face à une situation socio-économique explosive : inflation débridée sur fond de pénurie, de gabegie et de détournements illicites à tous les niveaux.
Pour calmer les esprits, il a mis en scène sa campagne contre la corruption. Par ailleurs, il lançait une féroce campagne de répression contre l'opposition communiste (la fraction stalinienne de Khaled Bekdache, soutenue par
Moscou est alliée au régime, contrairement à la fraction dissidente du
"bureau politique" dirigée par Riad El
Turk, lui-même détenu depuis
1980). L'offensive visait, en particulier, à liquider le Parti d'action communiste (PAC, voir encadré), organisation révolutionnaire qui est la force la plus dynamique de l'opposition à la dictature et la plus à même d'exprimer la rancœur des travailleurs. Le PAC est d'ailleurs l'organisation de gauche qui a le plus de militants détenus dans les geôles syriennes, près de 330 au total.
rallèlement à la protestation d'Amnesty
International contre la répression en Syrie (le mouvement a publié, en octobre, un dossier sur la torture dans ce pays), une pétition internationale sera lancée en sorictes de 14.
lidarité avec les militants communistes syriens victimes de la répression, et notamment les camarades du PAC.
Nous publions ci-dessous des extraits d'un texte d'information rédigé par la représentation extérieure du PAC et contenant des renseignements utiles pour l'organisation d'une campagne plus que jamais nécessaire et que la IVe Internationale a décidé de mener.
Novembre 1987